EDUCATION ET INSTRUCTION
— «Il n'y aura pas d'état politique fise, s"ii n'y a pas de corps enseignant avec des principes fixes. »
LoLis-NAroLÉoN Bonaparte.
— c< Quant à nous, nous voudrions qu'a« lieu de faire quelques nobles, le gouvernement pi ii la résolution d'en faire des milliers et millions. Nous voudrions qu'il prit à tâche d'anoblir r.ES trentecinq siiLLioss DE Français ek i.tua donnant l'instruction, la morale, l'aisancf, biens qui jusqu'ici n'ont été l'apanage que d'un PETIT
NOMBRE , ET QUI DEVRAIKNT ETRE l'aPANAGE
DE TOUS. » Louis-NAroLÉON Bonaparte.
Vouloir : que, Téducatiou et l'instruction des individus, soient relatives, en quoi que ce soit, au hasard de la naissance; et, j)i'étendre à Tegalité de tous devant la justice sociale, devant rorganisaliou de la propriété; c'est une utopie : à nulle autre pareille. Et, si l'égalité sociale, l'égalité devant la justice, est devenue nécessaire : à l'existence de Tordre, delà pai.\, du Lien-ètre universel; prétendre à cet ordre, h cette paix, à ce bien-être, en laissant l'éducation et l'instruction des individus relatives au hasard de la naissance ; est une double utopie, pouvant seulement exister : chez la folie portée : au dernier degré possible.
Les conservateurs, tant économistes que socialistes, de l'organisation actuelle, auront-ils la bonté : de discuter sérieusement ce passage? Je préviens qu'il est capital : et, pour le bien-être social, qui est l'ordre; et, pour le bienêtre domestique, qui est le bonheur. Désormais, hors l'éducation et l'instruction, données socialement à tous avec un égal soin; ordre social et bonheur domestique sont également : des utopies.
— Vouloir : que, la liberté sociale des individus, puisse exister : eu présence, de ïinégalilé sociale de ces mêmes individus; est une utopie: de même force.
— Est-ce vrai, oui ou non? Répondez !
— Vouloir : que, l'égalité d'éducation et d'instruction puisse exister : en dehors, d'une éducation et d'une instruction socialement données à tous indistinctement, comprenant : logement, nourriture, habillement, entretien, etc.; est une autre utopie : de même force.
— Est-ce vrai, oui ou non? Répondez!
— Vouloir : que, l'éducation et l'instruction relatives à l'égalité sociale, puissent être données : dans l'état actuel des finances; ou, dans tout état de finances relatif à la société actuelle ; est encore une utopie : de même force.
— Encore une fois, est-ce vrai, oui ou non? Répondez ! — Hélas! vous ne répondrez : que par le silence. C'est, la
réponse ordinaire de l'ignorance aux abois, se réfugiant : dans le sein de la vanité.
Vous êtes embarrassé de réjjondre, sur des généralités. Voyons! je vais particulariser.
Une famille, c'est-à-dire l'homme et la femme, n'ont point d'enfants. Une autre famille, c'est-à-dire l'homme et la femme, oat dix ou vingt enfants (l). Et, vous voulez : que, pouB ces deux familles, l'égalité sociale existe; si, la société ne se charge point complètement : de l'entretien, de l'éducation et de l'instruction des enfants ! Utopie.
Un autre exemple : deux familles ont des enfants. La première fait de ses enfants des voleurs; la seconde en fait d'honnêtes gens. Et, vous voulez : que, pour ces enfants, l'égalité sociale existe! Utopie.
Continuons!
(1) En 1818, j'ai connu en Belf;i(|uc le (locleurK., médecin en chef de riiopital, d'.\... Sa femme a fait neuf enfants en trois couclies consécutives.
L'état des finances, pouvant permettre l'éducation etl'instructioii de tous, seules compatibles avec l'ordre, la paix et le bien-être universel ; est donc exclusivement relatif : à celui qui permet : l'entrée du sol à la propriété collective.
Qu'il nous soit permis d'ajouter : un nouveau développement à cette pensée.
Eelativement :
A l'ignorance sociale;
A l'incompressibilité de l'examen ;
Au paupérisme;
A l'éducation et à l'instruction;
Et, enfin aux finances; il existe un cercle vicieux : que, la société actuelle, la société relative à l'aliénation du sol, est incapable de briser.
Yoici ce cercle.
l""^ partie. — En présence : de Y ignorance sociale, sur la réalité du droit ; ignorance qui dure encore;
En présence : de Vincompressibililé de la presse, dérivant de l'imprimerie; et, des communications, devenues inévitables, entre les nationalités ;
Le paupérisme doit être anéanti; ou, l'iiumanité doit périr : au sein de l'anarchie.
2e partie. — Le paupérisme moral, ou l'ignorance; dont, le paupérisme matériel est la conséquence nécessaire ; ne peut être anéanti : que, par une éducation et une instruction socialement données, à tous et à chacun, avec un égal soin.
— La société actuelle est absolument incapable :
Au moral, de donner une éducation et une instruction communes : parce qu'elle est ignorante;
Au matériel, de subvenir aux dépenses : que, cette éducation et cette instruction exigent.
3*^ partie. — La société actuelle ne peut donc anéantir : le paupérisme.
1"' partie. — Et, en présence, etc.
Tel est ce cercle.
Par la société nouvelle, permettant, par l'anéantissement dé l'ignorance sociale, l'entrée du sol à la propriété collective : ce cercle est brisé, comme verre.
Ainsi, du côté du développement d'une éducation et d'une instruction communes, devenues nécessaires à l'existence de l'ordre, de la paix, du bien-être universel ; pas l'ombre d'une objection raisonnable : contre l'entrée du sol, à la propriété collective.
Voyons, maintenant : les résultats.
Existence possible de la concurrence rationnelle, substituée : à la concurrence anarchique.
La concurrence rationnelle existe : lorsque, tous les moyens de travail sont développés, avec un égal soin, parla société; et, que le travail se trouve libre : du joug de l'impôt. C'est, ce qui a lieu : lorsque, l'ignorance sociale se trouve anéantie ; et que, par suite, le sol peut appartenir : à la propriété collective.
La concurrence anarcbique, relative 5 la compressibilité de l'examen, succède à la concurrence despotique : lorsque, les moyens de travail, restant monopolisés, les prolétaires continuent de subir le joug et les entraves de l'impôt; et, que l'incompressibilité de l'examen empêcbe : que, cet esclavage reste compatible : avec l'existence de l'ordre.
Sous la concurrence rationnelle, chaque enfant, devenu majeur, sortant des mains de la société collective, entre dans la société des individus, avec les développements de tous ses moyens, tant physiques que moraux; riche :
De sa part inaliénable, dans la richesse collective;
Et, d'une part aliénable, résultant : de sa dot sociale.
Cette richesse, le met à même de concourir, dans la société des individus, avec rincontestable conviction :
De toujours pouvoir travailler : la consommation générale étant au maximum possible.
Et, d'avoir, pour l'aider dans son travail :
Le concours : de tous lesdévcloppeineutsdelïiitelligence;
Le concours : de la richesse naturelle ;
Le concours : de la richesse acquise, par les géne'rations passées ;
Et, la certitude : que, le produit résultant de son travail, lui appartiendra eu totalité : car, alors, Vimpôt pèse exclusivement sur la richesse.
Et, si le malheur ou la folie Tenaient à le frapper :
La société, qui alors est une assurance mutuelle contre tous les maux, le protège : soit contre le malheur; soit contre sa propre folie. Car, du moment que l'ignorance sociale est évanouie ; du moment, qu'il est prouvé : qu'agir, contrairem.ent à ce qu'ordonne le dévouement à ses frères; c'est agir, contre son propre intérêt; il n'y a plus de méchants sur le glohe ; il n'y a que des malheureux insensés : digues de toute la pitié sociale.
Ce résultat, ne se rapporte qu'aux individus. Ceux, qui se rattachent à la société, sont, s'il est possihle : plus considérables encore.*
Alors : plus de richesses perdues; plus d'intelligences perdues. Que de Aewtons ! que de grands hommes en puissance! dans les sciences, dans les arts, sont nécessairement perdus : qiiaml,lesdéveloppementsdeVinlelligence, dépendent du hasard de la naissance I Sous la société rationnelle, tout est nécessairement développé.
Peut- ou se faire actuellement une idée, du bien-être social et du bonheur domestique : lorsque, toutes les intelligences, sans exception, seront complètement développées; et, lorsque toutes les intelligences auront reconnu : que, la seule vertu est sagesse ; et, que le vice n'est que folie !
Sous la société actuelle : le développement d'une richesse généralement répartie ; mis en rapport, avec l'ignorance sociale, qui en est la caractéristique; serait, nous l'avons vu : une éternelle source d'anarchie. Il placerait les individus à même de reconnaître : que, dans ce même état
SCIENCE SOCIALE. dôl
d'ignorance, il n'y a de droit : que, la force, assez adroite pour triompher : par l'hypocrisie, le sophisme, la corruption et tous les crimes heureux; qui, alors : sont les seules yertus privées possibles .
Dans la société rationnelle, au contraire ; où, le droit se trouve incontestablement démontré : l'éducation n'est plus eu désaccord avec l'instruction; la probité, inculquée dans l'enfance, par l'éducation; l'instruction vient démontrer : qu'elle est rationnelle; et l'égoïsme, exclusivement relatif à cette vie, se trouve reconnu : être un acte de folie ; nuisible : non-seulement aux autres; mais aussi, à soi-même.
Sous la société actuelle, rous la société relative à la force, il va anarchie nécessaire : entre l'éducation et l'instruction.
Sous la société future, sous la société relative à la raison; il y a harmonie nécessaire : entre l'une et l'autre.
Sous la société actuelle, il y a anarchie nécessaire : au sein des sociétés, des familles, des individus, au sein même de chaque individu.
Sous la société rationnelle, il y a ordre nécessaire : au sein de l'humanité, des familles, des individus, et de chaque individu.
Ainsi :
Anéantissement : de toutes les sources d'anarchie, dérivant : de l'éducation et de l'instruction ;
Substitution : de sources d'ordre, à toutes les sources d'anarchie;
Tel est le résultat nécessaire: de l'entrée du sol à la propriété collective, quant à l'éducation et à l'instruction.
Contradicteurs! Kst-ce vrai, oui ou non? Répondez! Et, répondez clairement : sous peine, de ne trouver de protection : qu'au sein de la logomachie et du galimatias.