‹ Science sociale (volume 3)Chapitre 29 sur 102 · COMMERCE · texte numérisé non relu

COMMERCE

Si les finances sont, à la vie collective, ce que le sang est à la vie individuelle ; le commerce est, à cette même vie collective, ce que les cbylifères sont également, à la vie individuelle; il porte, au sang, le résultat du travail de l'organisme. Mais, si les gros vaisseaux atrophient les petits : l'organisme périt; le corps social meurt.

Voilà, ce qui arrive : sous la société actuelle ; sous la domination du capital. Le gros commerce, se gorge de finances ; le petit commerce, reste atrophié. C'est, que sous la domination du capital : le crédit ne se fait qu'au cajùtal ; et, par des capitalistes. Sous la domination du travail : le crédit se fait aux travailleurs ; eî, par la société : en concurrence avec les cnpitalistes.

Ici, économistes et socialistes, partisans de l'aliénation du soi, vont s'écrier également : Ah ! le gouvernement prête à tout le monde. Alors, j'eniprunterai, moi, pour faire tout ce qui me passera par la tète ; et, l'État sera bientôt ruiné. Ils ont raison, les braves gens ; ils sont à la houteur de la science matérialiste; ils ne craignent jjcis de voler le iJeuple, quand il nij a rien à craindre du bourreau. C'est logique. Mais, sous la société future, quiconque n'est pas un fou, n'est pas un voleur : même, en l'abseiicc du bourreau; qui n'existe plus alors. Ils oublient, ou plutôt ils ne savent pas encore, qu'à cette époque : le gouvernement ne prête pas aux fous; mais, a pitié d'eux; et, cherche à les guérir. Juger la société future par la société actuelle, est un moyen sûr de Sk tromper. Mais, prenez garde! vous pourriez juger la société future, par ce qui est opposé à la société actuelle ; et, vous tromper encore. Parce, que deux et deux ne font point cinq; il ne faut point en conclure : que, deux et deux doivent faire sept. !Millo chemins conduisent à l'erreur; un seul, conduit à la vérité.

Ce qui se fait, sous la domination du capital, se fait nécessairement ; et , les individus, quelque bonne volonté qu'ils puissent avoir, ne peuvent l'empêcher.

Ce qui se fait, sous la domination du travail, se fait aussi »éce5sa/reme«f; et, les individus, quelque mauvaise volonté qu'ils puissent avoir, ne pourraient également l'empêcher.

Je croirais injurier mes lecteurs, en leur faisant observer : que, le mot nécessaire se rapporte, partout oii je l'ai souligné, à ce qui se fait socialement ; et, que même, c'est seulement lorsque les choses sociales se font ainsi ; que, la Viherlé sociale, des individus, se trouve réelle. Nos langues actuelles sont si sujettes aux logomachies : qu'il faut, souvent, risquer d'être ennuyeux ; pour n'être point obscur.

Je continue.

De plus, le commerce ne peut jamais se faire : que, pour ceux qui consomment. Or, sous la domination du capital : l'immense majorilé de la population ne consomme pas ; et, ne fait que fonctionner. Et, si une révolution se fait ; ou, se prépare; ou, paraît ne point finir : la confiance, c'est-à-dire le crédit, s'évanouit ; les consommations diminuent; le fonctionnement des machines prolétariennes s'arrête ; les petits commerçants tombent dans le gouffre du prolétariat : n'ayant plus de capital, ils ne sont plus que travailleurs du commerce; ils sont esclaves.

Sous la domination du travail, au contraire : le petit commerçant, s'il travaille plus que le grand, est plus rémunéré: car, alors, la rémunération se mesure : au travail ; et non au capital. Et, quant au capital, le petit commerce n'en manque jamais : car alors, je le répète, la société rivalisa avec les capitalistes, pour donner le capital aux travailleurs, à l'intérêt : le plus bas possible.

Mais, il est un autre point commercial, cause de la ruine du prolétaire, sous la société actuelle ; c'est, le commerce international, dit libre. Car, il est à remarquer : que, sous

la domination du capital, le mot liberté est toujours employé : à masquer un esclavage quelconque.

Sous la domination du capital : le commerce, entre des nationalités différentes, ne peut se faire, avec utilité pour le commerçant; qu'eu offrant des marchandises , qui lui coûteront moins; qu'elles ne pourraient coûter : à ceux, auxquels il va les offrir.

— Est-ce clair ? Auriez- vous la bonté, maintenant , de rester attentifs : encore un petit instant ?

— Sous la domination du capital : le bon marché des marchandises ne peut, néanmoins, avoir lieu qu'aux dépens du salaire; qui, alors, est toujours : au plus bas possible; tandis que, l'intérêt du capital est alors, toujours aussi : au plus haut possible.

C'est DOJXC : la nationalité, où le travail est le plus exploité; qui offre le plus d'avantage au commerce. Et, la nationalité, qui alors : veut, ne pas se ruiner; veut, ne point laisser ses prolétaires sans travail ; doit, aggraver l'exploitation des masses ; pour, qu'elles puissent : ne point mourir.

— Encore une fois, est-ce clair ?

— Oui, mais seulement pour les voyants. Pour ceux que le préjugé aveugle : « leurs yeux ont, pour ainsi dire, la « faculté de s'ouvrir ou de se fermer selon leurs désirs. Ce « qui est clair leur paraît réellement obscur ; ce qui est « prouvé demeure incertain ou même faux. Tls vivent plon- « gés dans leurs propres ténèbres, et quand la lumière esn saye de pénétrer, elle leur est à la fois insupportable et « douteuse. »

— Sous la domination du travail, au contraire : le bon marché des marchandises ne peut exister : que, par l'abaissement de l'intérêt du capital : car, le salaire, alors, est toujours : au maximum possible. Mais, il y a plus, il y a infiniment plus: c'est, qu'alors, il n'existe qu'un seul droit, celui de la ^érilé, qui est unique. El, les nationalités n'existent :

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que , par la multiplicité de droits , relatifs aux différentes forces, qui sont multiples : par essence.

Faites dominer le travail ; anéantissez la domination du capital, par l'entrée du sol à la propriété collective ; et, l'humanité devient ce qu'elle doit être : la société. C'est, exclusivement alors : que , le commerce peut être libre ; c'est, exclusivement alors : que , vous pourrez iuscrire, et arec raison, sur vos monuments : liberté, égalité, fraternité.

Je m'arrête; et, je me résume.

Laissez le sol aliéné : le monde est esclave ; le monde meurt.

Faites entrer le sol à la propriété collective, par l'anéantissement de l'ignorance sociale : le monde est libre ; et reste libre : jusqu'à l'anéantissement du sol.

Comprenez-vous maintenant :

« Que, les prétendus conservateurs, n'importe à quel dran peau ils appartiennent, sont tous des destructeurs de « l'ordre, des conservateurs d'anarchie ; tandis, que moi : « je suis destructeur d'anarchie; et, conservateur, pour « l'avenir : de l'ordre rétabli ? »

Le monde sera libre ; le monde ne périra pas. Tous, riches et pauvres, nous travaillerons à l'établissement de la liberté : car, c'est dans l'intérêt de tous ; dans l'intérêt de l'humanité ; sans, qu'il soit possible d'en excepter : un seul individu.

Un seul mot de plus ; nu seul, et bien essentiel.

L'organisation de la société nouvelle, établie sans nuire à personne et en étant utile à tous, peut seulement commencer pratiquemetvt : lorsqu'elle aura le concours de ceux qui se trouvent, niaintenant, à la tête delà société : par l'intelligence ; et, par la richesse.

Aussi longtemps, que les riches et les prétendus savants s'opposeront : à ce que, la société nouvelle s'établisse, de la seule manière qu'elle peut être établie; iis seront exposés : à toutes les violences, qui sont, uécessairemeut, les suites de l'anarchie; c'est-à-dire : aux suites du règne de la force brutale des individus, prédominant la force sociale. Euxmêmes, alors, seront la cause : de tous les malheurs, qui pourront leur arriver , Qu'ils y réfléchissent !

Hélas ! ils n'y réfléchiront point.

« Leurs yeux ont, pour ainsi dire, la faculté de s'ouvrir ( ou de se fermer selon leurs désirs. Ce qui est clair, leur paraît réellement obscur; ce qui est prouvé demeure incertain ou même faux. Ils vivent plongés dans leurs propres ténèbres, et quand la lumière essaye de pénétrer, elle leur est a la fois insupportable et douteuse. « Que les destins s'accomplissent !

Qu'il me soit permis, maintenant, d'ajouter : quelques lignes à ce qui précède.

Peut-être beaucoup de personnes, malgré l'autorité delà raison, refuseront de reconnaître: la nécessité, défaire entrer le sol à la propriété collective ; par cela seul : que, moi, homme obscur, j'en suis seul linveuteur. Je tiendrais, à grand honneur, d'avoir découvert le moyen : d'anéantir le paupérisme. Mais : cuique suum; à chacun ce qui lui appartient. L'honneur , de la découverte , remonte plus haut ; en voici lapreuve :

— « Nous avons supposé que l'association ouvrière ne ferait d'abord ([u'affermer la terre, puisqu'elle payerait aux propriétaires actuels le laible revenu qu'ils tirent des terres incultes et des communaux ; mais, au fur et à mesure , elle les racheteroU afin d'être seule propriétaire. »

(L.-N. Bonaparte.)

— Vous croyez peut-être : que, l'auteur borne ses vues

au quart de la propriété territoriale ? Son bon sens — un flatteur dirait son génie — lui a indiqué : que, ce n'est point le quart du sol , qui doit entrer à la propriété collective ; mais, la totalité. Ecoutez plutôt.

— « Nous disions dans le principe (le quart), parce que, dès que l'association serait en voie de prospérité , il serait de son intérêt d'établir des colonies agricoles dans chaque département, soit en défrichant les terres incultes , soit en achetant des terres dont l'industrie PRIVÉE ne tire pas un grand profit, mais qu'une association ( la propriété collective) pourrait faire valoir à son avantage. »

(L.-N. Bonaparte.)

— Ce que je viens de citer est à la page 270. '^e croyez point, qu'après, cela l'auteur abandonne son idée. A la page 278, il dit encore :

— « La classe ouvrière aura pour elle seule ces trois produits : elle sera à la fois travailleur, fermier, propriétaire; ses bénéfices seront donc IMMENSES. ... la troisième partie donnera les moyens d'accroître sans cesse le capital de la société en achetant de nouvelles

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