‹ Science sociale (volume 3)Chapitre 65 sur 102 · MISERE, PAUPÉRISME · texte numérisé non relu

MISERE, PAUPÉRISME

La science sociale, rendue rationnellement incontestable, vis-à-vis de tous et de chacun, étabht :

Que, la misère, le paupérisme, est l'exploitation des faibles par les forts ;

Que, cet état social de misère, de paupérisme, est de nécessité absolue, pour la conservation de l'humanité, aussi longtemps : que, l'ignorance sociale sur la réalité du droit, sur la réalité de son éternelle sanction, n'est point anéantie ;

Que, ce même état social de misère, de paupérisme, augmente pour les majorités, proportionnellement à l'augmentation des richesses pour les minorités ;

Que, ce même état social de misère, de paupérisme, qui a sa source intellectuelle dans l'ignorance sur la réalité du droit, a sa source matérielle : dans l'aliénation, à des individus, du sol et des capitaux acquis par les générations passées.

Que, cet état social, reste base d'ordre, base de vie humanitaire : tant, que l'examen peut être socialement comprimé ;

Que lorsque l'examen ne peut plus être socialement comprimé; cet état de misère, de paupérisme, de base d'ordre qu'il était, devient la source d'une anarchie inextinguible : jus-

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qu'à ce que l'ignorance sur la réalité du droit, et sur la réalité deson inévitable sanction, soit anéantie ; et, que par suite de cet anéantissement, le sol, et les capitaux acquis par les générations passées, puissent entrer, utilement, à la propriété collective;

Qu'alors, misère et paupérisme, se trouvent irrévocablement détruits.

La société actuelle, au contraire, proclame:

Que, du moment qu'il y a des lois, l'exploitation du faible par le fort cesse d'exister ;

Que, la misère, le paupérisme ne dérivent point d'une exploitation ; mais, apartiennent à l'essence de l'humanité. Alors, et par la bouche de M. Thiers, elle vous dit :

— « Ou il faut l'Iiomnie travaillant pour lui, pouvant amasser le produit de son travail, le transmettre à ses enfunis; l'iiomme existant ainsi à ses risques et périls, réussissant un peu, t)exiucoup, quelquelois pas du tout; souvent, après avoir réussi, essuyant des malheurs imprévus, tombant dans l'indigence et y 'précipitant ses enfants... »

— Ce qui signifie : que, les enfants doivent être responsables des sottises et des malheurs de leurs pères; qu'ils doivent être ignorants, voleurs ou assassins : parce qu'ils sont nés ici plutôt que là; ou, parce qu'ils auront été changés en nourrice.

Quant au danger, que peut courir l'ordre d'un pareil état de société, dès qu'il se trouve en présence de l'incompressibiiilé de l'examen; la société actuelle, vous assure :

Qu'avec des gendarmes et des bourreaux, soit à courtes, soit à longues échéances, il est toujours possible d'étouffer les clameurs : de la misère et du paupérisme ;

Que, ce moyen d'avoir de l'ordre, et de procurer de la tranquillité aux riches; a toujours été le seul employé; et, qu'il restera, perpétuellement, le seul efficace;

Que, relativement à l'accroissement de misère, de paupérisme, proportionnellement à l'accroissement des richesses; c'est, une idée folle, mensongère, anarchique; et, qu'il faudrait mettre à Gharenton, ou môme à la nouvelle Cylédonie,

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quiconque est assez fou ou assez méchant Tpour chercher à la propager.

Si;, cependant; et avec. tout le respect que mérite la société actuelle; vous osez lui représenter : que, des hommes d'un certain mérite, ne sont point de cet avis;

Que, M. Blanqui, par exem[)le, en sa qualité de membre de l'Académie des sciences morales et politiques a osé dke : que,

— « La misère puolique est un grand fait social, particulier aux temps modernes, et qui se manifeste de plus en plus à mesure que la civilisation se répand. «

— Que, le même M. Blanqui, a osé, en présence de l'Institut, citer le docteur Gasselet, disant :

— « Il meurt, avant la cinquième année, un enfant sur trois naissances dans la rue Royale (le beau quartier) , sept sur dix dans les rues réunies, et dans la rue des Étaques, considérén seule, c'est, sur quarantehuit NAISSANCES, QUARASTE-SIX DECES QUE NOUS TROUVONS. A CC fléaU, il

faut une barrière; il faut qu'eu France on ne puisse pas dire un jour comme à Manchester, que sur vingt et un mille enfants il en est mort vingt mille sept cents avant Tàge de cinq ans ! En attendant, nous ne cesserons de répéter : là, à deux pas, de vous, dans la demeure de l'ouvrier, SUR vingt-cinq enfants, un seul peut atteindre la cinquième

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