ANÉANTIE
La société actuelle, au contraire, proclame :
Que, vouloir donner le nom de travailleurs, d'ouvriers, aux riches ; n'est : que, du néologisme, conduisant à l'utopie ;
Qu'il y aura toujours : une classe de riches ne travaillant pas; mais, faisant travailler la classe pauvre;
Que, ces deux classes, nécessairement héréditaires, sauf des exceptions qui confirment la règle , sont inhérentes à l'humanité ; et , que vouloir les anéantir , est le fait : soit d'un fou ; soit d'un pervers.
Que, vouloir enfin : que, le monde soit hiérarchisé , par la seule intelhgence couronnant le mérite, est aussi une utopie, méritant sa couronne : soit à Bedlam; soit à la Nouvelle-Calédonie.
Et, cependant : le premier économiste de l'Europe, et par conséquent du monde , titulaire , fort sottement dépossédé , de la première chaire d'économie de France, et par conséquent d'Europe; M. Michel Chevalier enfin, écrivait et imprimait, en mai 1848 :
— « Il y a eu trois ordres avant 1789, il y avait deux classes avant le 24 février 1848 : il ne doit plus y avoir qu'un ordre, qu'une classe. Ce»e question domine elle-même la forme du gouvernement de toute la hau- TBUR qui sépare M/ie constitution politique de la constitution sociale. »
— Ainsi, voilà M. Michel Chevalier, qui met la question de l'anéantissement des classes : au-dessus des questions de royauté, d'empire , ou de république; et , même au-dessus de toute question d'absolutisme ou de représentativisme. M. Michel Chevalier a compris : que , si jadis, la constitution politique devait dominer la constitution sociale, à cause de la possibilité décomprimer l'examen; la constitution sociale, désormais, doit dominer la constitution politique, sous peine de mort sociale. S'il y avait eu un public, à cette époque, cette déclaration du célèbre économiste, aurait produit un grand effet; mais, comme en époque d'incompressibilité d'examen et d'ignorance sur la réalité du droit , il y a complète ahaencf de.
rommunavie d'idée, communauté pouvant seule former un public proprement dit; la proposition de M. Michel Chevalier est passée tout à fait inaperçue ; et , cela devait être, inévitablement, sous le règne des opinions. Néanmoins, l'Académie des sciences morales et politiques, «'imaginant à elle seule représenter un public, s'est émue de pareille hardiesse; et, elle s'est empressée, pour éviter la répétition de pareils blasphèmes, d'absorber. dans son sein, l'indiscret professeur.
En agissant ainsi, l'Académie a été d'une sagesse admirable; car , à son premier discours d'ouverture , ce professeur avait déjà dit :
— « Il y a des hommes juxtaposés, il n'y a plus de sentiment commun, si ce n'est peut-être la haike dd régime auquel l'ouvrier est astreint, »
— Et, le même jour, il disait encore :
— « La concurrence illimitée, qui est Tunique loi de l'industrie, et qui rend les maîtres ennemis les uns des autres, les oblige, sous peine du banqueroute, c'est-à-dire de mort industrielle , à augmenter sans cesse la TACHE de l'ouvrier en réduisant d' autant la rétribution de l'unité de travail, ce qu'en langage industriel on appelle le prix de la pièce. Elle a contraint l'ouvrier de regarder son voisin comme un rival qui lui dispute gon pain. »
— Malheureusement, le professeur n'avait pas encore remarqué : c[ue, si la concurrence illimitée est en effet , toujours et nécessairement, l'unique loi de l'industrie ; cette loi est générique, renfermant deux espèces : la concurrence illimitée , au critérium de la force, concurrence inévitable, tant que l'ignorance sur la réalité du droit n'est point anéantie; et , concurrence illimitée, au critérium de la raison , concurrence également inévitable : dès, que l'ignorance sur la réalité du droit, se trouve socialement anéantie. S'il avait fait cette observation, le professeur aurait reconnu : que , si sous la première concurrence, il y a des maîtres; et, si ceux-ci sont alors obligés, sous peine de mort industrielle, d'exploiter les prolétaires; sous la seconde concurrence au contraire, il n'y a plus ni maîtres, ni prolétaires, ni exploités; que tous sont frères et non
rivaux; que tous travaillent pour cliarun, en même temps que chacun travaille et pour soi et pour tous : les intérêls, de tous et de chacun, étant devenus identiques. Mais, et je le répète : si même, le professeur avait reconnu ces choses; il les aurait professées inutilement; n'y ayant aucun public proprement dit : ni, pour l'écouter; ni, pour le comprendre. Peut-être même, eût-il été immédiatement destitué ; et alors : sans aucun espoir, d'être jamais réintégré.
C'est, en raison de cette inimitié entre les classes; inimilié, inhérente à la première espèce de concurrence; que, M. Michel Chevalier a dit encore :
— « Il y a ua abîme entre le bourgeois d'une part , le paysan et l'ouvrier de l'autre. Le bourgeois ne sent rien de commun entre lui et le PROLÉTAIRE. Il est convenu de regarder ce dernier comme une machine qu'on loue, dont on se sert, et que l'on paye tout juste pendant le temps qu'on en a besoin; do même, aux yeux d'un grand nombre de prolétaires, le bourgeois est un ennemi dont on n'accepte la supériorité que parce qu'il est le plus fort. »
— Se tigure-t-on : combien, de pareilles prédications seraient anarchiques ; s'il y avait un public pour les écouter. Heureusement, ou mallieureusement , le public, en époque d'ignorance et d'incompressibilité de l'examen , est un centaure , un phénix, un idéal antédiluvien; ou, un idéal de la société future. Est-ce qu'il y a un public, sous le chaos?
En vérité , ce professeur est effrayant. Il était , sans aucun doute, plus que persuadé : qu'il parlait, ou qu'il écrivait pour un public idéal; sans cela, il n'aurait jamais écrit le passage suivant :
— « Faute d'une organisation fondée sur une pensée morale... »
— Si , le professeur n'avait pas été certain : qu'il n'écrivait que pour un public imaginaire; est-ce qu'il aurait osé lui dire : qu'il n'avait de base que l'immoralité?
— « Faute, dit-il, d'une organisation fondée sur une pensée morale.
l'homme n'est rien de pins qu'un instrument de production, rx pftit ENGIN naturfi-iement INSIGNIFIANT à cùlé des machines gigantesques dont se sert l'industrie. On n'emploie plus cet engin animé quVn attendant, jusqu'à ce qu'on ait trouvé un autre engin tout matériel qui coûte MOINS CHER. »
— Et^ cet autre pa^suge !
— « Il suffit, en France , de regarder autour de soi pour reconnaître que si la bourgeoisie représente en totalité l'élément d'ordre, ce n'est qu'à l'aide et par l'intermédiaire de quatre cent raille haionnelles , non compris les baïonnettes bourgeoises;,., ce qui démontre clairement que cette bourgeoisie ne conserve plus la prédominance qu'en opposant aux masses la force des masses elles-mêmes : position critique à faire frémir, et qu'il est impossible de faire durer, car toutes ces baïonnettes commencent à devenir intelligentes. »
— Comment... bon Dieu! Et, que serait-ce donc, si elles devenaient assez intelligentes pour comprendre M. Michel Chevalier ? Est-ce heureux, qu'il n'y ait pas de public 1
Et, savez-vous : combien, en France, il y a de ces baïonnettes qui, selon M. Michel Chevalier, commencent à devenir intelligentes? 11 va vous le faire connaître.
— « La bourgeoisie, dit-il, est responsable, de moitié avec le gouvernement, à qui appartient l'initiative de tous les grands projets d'amélioration, de l'avancement de vingt-cinq millions de prolétaires agricoles.»
— Vingt-cinq millions de prolétaires agricoles ! sans compter les prolétaires de l'industriel ! H y a de ([uoi faire le signe de la croix. Combien, c'est heureux : qu'il n'y ait pas de public, pour écouter M. Michel Chevalier!
Ce qu'il y a de plus heureux encore ; c'est, je le répète : que M. Michel Chevalier ait pu être absorbé, par l'Académie des sciences morales et politiques. Mais, il y a de certains esprits, qui ne se laissent pas du tout absorber.
Par exemple, le passage suivant a été écrit et imprimé :
— « La classe ouvrière ne possède rien, il faut lu rfndbk I'Kopriétaire. »
— Rcn-lrp propriél'iire ; une classe de vingt-cinq millions de prolétaires agricoles; sans compter ceux de l'industriel Mais, jamais, au grand jamais, M. Michel Chevalier n'a été jusque-là! Et, savez-vous : quelle est la signature, qui se trouve au bas de ce passage? C'est... vous ne le devinerez jamais vous, public, qui n'existez pas; et, qui ne pouvez lire; c'est... Louis- Napoléon Bonaparte. Miséricorde du ciel! que dira l'Académie des sciences morales et politiques; si, jamais elle vient à le savoir?
Au risque de faire tomber, en syncope, l'Académie des sciences morales et politiques tout entière, je suis obligé : de lui citer encore les passages suivants ; c'est toujours de la classe ouvrière qu'il est question.
— « Elle n'a de richesse que ses bras, il faut donner à ces bras un emploi utile pour tous. »
— Pour TOUS î Savez-vous : que, ce pour tous est effrayant; et, qu'il ne laisse pas même de place : à une ombre d'exception .
Je continue. Si l'Académie ne veut pas entendre, elle n'a qu'à se boucher les oreilles.
— « Elle est (la classe ouvrière, ne ronbliez pas, Académie!), elle est comme u» peuple d'iioles au milieu d'un peuple de Sybarites. Il faut lui donner une place dans la société et attacher ses intérêts à ceux du SOL... »
— Sainte Académie ! voilez-vous la face. Ce passage paraît montrer, dans le lointain : l'entrée à la propriété collective du sol et des capitaux acquis par les générations passées.
.Te continue : tant pis, si l'Académie se fâche.
— « Enfin, elle est sans organisation et sans lien, sans droits et sans avenir; il faut lui donner des droits et un avenir, la relever à ses propres yeux par l'association, l'éducation et la discipline. »
— Vovez-vous : l'association réelle, basée sur la réalité du
droit, rendue rationnellement incontestable ; et, sur l'instruction, révélatrice de cette réalité, et servant de base : à l'éducation !
Pauvre Académie ! il faudrait être bien cruel, pour ne point prendre ses peines en pitié. Et, je suis néanmoins forcé de lui dire : que, ces mêmes passages sont encore signés : Louis-Napoléon Bonaparte.
Par exemple, le passage qui va suivre, et qui porte encore la même signature, je prie l'Académie de ne pas y jeter les yeux ; elle en mourrait instantanément. Ce passage, je le copie, pour quand il y aura un public.
— « Aujourd'liui la rétribution du travail est abandonnée au hasard ou à la VIOLENCE. C'est le maître qui opprime , ou I'ouvrier qui se révolte. »
— Allons, Académie, faisons la paix^ je ne dirai plus un mot.
Ah ! s'il y avait un public ! Mais, il n'y en a pas. Vous voyez : que vouloir, par le seul raisonnement, convaincre un public qui n'existe pas, avant que l'anarchie n'en ait mis un au monde; et cela sous peine de mort humanitaire; est une utopie, élevée : à la dernière puissance possible.
Concevez-vous, maintenant : pourquoi, la science sociale, quoique rendue rationnellement incontestable , vis-à-vis de tous et de chacun, doit être, pour l'actualité, complètement inutile I C'est, que pour bien voir, il faut avoir une vue non cataractée : et, que pour raisonner juste, il faut un cerveau, non paralysé : par les préjugés.
— " Lorsqu'une doctrine d'ordre, de paix et d'union se présente, dit Bastiat, elle a beau avoir pour elle la clarlé et la vérité, elle troi've la
PLACE PRISE
o72 SCIENCE SOCIALE.
PROPRIÉTÉ {i\
La science sociale, rendue rationnellement incontestable vis-à-vis de tous et de chacun, établit :
Que, la propriété n'est autre : que l'expression du raisonnement; que l'appropriation de la ricliesse, par le raisonnement;
Que, la propriété est éternelle ; comme le raisonnement; comme l'humanité ;
Que , vouloir porter atteinte à la propriété , est aussi sot : que, de vouloir porter atteinte à l'éternité ;
Mais , que si la propriété appartient au domaine de l'éternité; l'organisation, de la propriété , appartient au domaine du temps; et, que l'organisateur de la propriété, impersonnel par essence, est exclusivement : la nécessité sociale ;
Que, pendant l'époque d'ignorance sociale, sur la réalité du droit; et, de possibilité de comprimer l'examen; la nécessité sociale exige :
Qu'un droit hypothétique soit , socialement , accepté comme réel;
Que, cette acceptation exige : la domination du sol, c'est-àdire : la domination des propriétaires du sol : sur les propriétaires du capital; et, sur les non propriétaires;
Que, cette domination exige : l'hérédité du sol, par droit de primogéniture ;
Que, pendant l'époque d'ignorance sociale sur la réalité du droit; et, d'impossibilité de comprimer l'examen; la nécessité sociale, quant à la théorie, est.... I'anarchie :
Par l'impossibilité d'exister hiérarchiquement, sans droit : soit réel; soit, socialement accepté comme réel;
Par l'impossibilité de faire accepter, alors, un droit hypothétiqve comme réel ;
Par l'impossibilité, à cause de l'ignorance sociale, de faire accepter le droit réel;
Que, pendant cette même époque, la nécessité sociale, quant à la pratique, est : la domination du capital; c'est-à-dire : la
(i) Voyez : Propriété, et ndo vi, t. III, J)r V économie politique, source des révolutions.
domination des piopriélaires du capital : sur les prupiiélaires du sol ; et , sur les non propriétaires; par ranéanlisseinent , quant à la transmission du sol, du droit de primogéniture.
Que, lorsque l'anarchie a porté le mal social à un excès suffisant; la nécessité sociale exige :
La recherche , la découverte et l'acceptation soci<de de la réalité du dioit.
Et, que ce droit exige :
L'entrée à la propriété collective, du sol et des capitaux acquis par les générations passées. .
Alors, le travail, I'intelligence domine : le sol et le ca|)ital ; c'est-à-dire : domine la matière.
La même science sociale établit en outre :
Que, la propriété est essentiellement matérielle; et, que vouloir donner le nom de propriété, à la faculté de travailler, intellectuelle par essence, en disant, par exemple : que, la faculté de travailler est une propric té ; c'est, confondre l'homme avec la matière ; et, donner lieu à des sophismes , justdianl le perpétuel esclavage des masses.
La société actuelle, au contraire, confond :1a propriété, éternelle par essence; avec Vorganisation de la propriété , contingente par essence, et relative aux nécessités sociales (1). Si, par exemple, le bon sens suggère .- que, l'organisation actuelle de la propriété, qui aliène, aux individus, le sol et les capitaux acquis par les générations passées , est une organisation de propriété essentiellement anarchique; et, que pour empêcher la mort sociale, il faut faire entrer, à la propriété collective, le sol et les capitaux acquis par les générations passées : sans faire tort à personne ; et, en faisant le bonheur de tous ; la société actuelle s'écrie : non pas que vous voulez porter atteinte à Vorganisation de la propriété; mais, que vous voulez porter atteinte : à la propriété.
Si, le bon sens veut répondre h la société actuelle: qu'en
(1) — « La propriété, » dit M. l'archcvcquc de l'aris, dans son maiulcment du 21 juin 18jl ; «la propriété est inliérente h l'humanité. Les « lois civiles en règlent les conditions. »
Il est impossible : d'être plus précis, plus clair, et i)lus rationnel. Toute !ii (juistion sociale se lrou\c c\puM.'c dans ces deux lij^nes.
1789, elle a porté atteinte à l'organisation de la propriété, en abolissant le droit de primogéniture; sans, néanmoins, porter atteinte à la propriété; la société actuelle, n'ayant évidemment rien de bon à lui répondre, lui adresse des injures; et, si ceux, qui soutiennent le bon sens, parlent un peu haut ; pour étouffer leur voix, elle lesjette dans des geôles cellulaires, pires (jue les oubliettes du moyen âge; ou, les envoie à des anthropophages quelconques, pour que ceux-ci puissent leur manger la langue. Mais, la force l)rutale est bien faible : contre la nécessité :
• — a Notre intelligence, dit M, MicLel Chevalier, quoique le principal représentant de la société actuelle, notre intelligence, dit-il, doit courber son orgueil devant les nécessités sociales ; lorsqu'elle s'entête à NIER LES FAITS, paice qu'cUc ne les comprend point, les faits s'imposent
BRUTALEMENT à elle. »
— La société actuelle proclame en outre :
Que la faculté de travailler est une propriété. Elle dit formellement par la bouche de M. Thiers, son prophète :
— « L'iiornme a, dans ses facultés personnelles , une première propriété, ORIGINE DE toutes LES AUTRES. »
— Auparavant, J. B. Say avait dit :
— « La plus sacrée des propriétés est celle des facultés personnelles. »
— Et, avant J. B. Say, l'auteur de la Richesse des nations avait dit :
— « Le patrimoine du pauvre est tout entier dans la force et dans l'adresse de ses doigts ; ne pas lui laisser la libre disposition de cette force et de celte adresse, toutes les fois qu'il ne l'emploie pas au préjudice d'autres hommes^ c'est attenter à la plus indispensable des propriétés. »
— Tout cela conduit : à la justification de l'esclavage des masses.
scii:m:e sociale. o75
L'arl du sophiste consiste : à prendre une expression : tantôt, dans un sens; tantôt, dans un autre; et , de la faire passer, indistinctement, d'un arcfument dans un autre, pour identifiei des propositions contradictoires : sans, que l'auditeur puishc s'apercevoir : de l'escamotage. C'est ainsi, qu'un saltimbanque tait passer ses boules, d'un gobelet dans un autre : sans, que le spectateur puisse deviner : comment, cela a pu se faire.
Voici, le sophisme mis à nu :
Il y a propriélé, signifiant : caractéristique des choses; comme la pesanteur est une propriété des corps ; et, propriété, signifiant : %ine richesse qui nous est attribuée par les lois. Et, toute richesse, ne l'oubliez pas, est matière. Le moi faculté, au moins pris au propre, caractérise au contraire : l'être réel , l'être à bnse immatérielle , éternelle , incréée, absolue. Car , si l'jiomme n'est qu'une machine, résultat d'organisme ou de création, le mol faculté, à son égard , ne peut être employé : i\uv, figiircmcnt. Maintenant, la société actuelle veut donner les facultés, c'est-à-dire l'humanité, comme propriété ric/f^sse. C'est, assimiler l'homme à la matière. Une fois, ce sophisme accepté; la société dit : toute propriété doit être imposée. Vous en concluez : que, le travail, c'est-à-dire la faculté de travailler, DOIT ÊTRE IMPOSÉE : puisqu'elle est une propriété. Et, comme du moment que la moindre parcelle de l'impôt frap[)e le travail; le travail, supporte exclusivement l'impôt; il en résulte : que, faire accepter : que, la faculté de travailler est une propriété; c est, faire accepter, implicitement : que, le paupérisme est une nécessité. Alors, l'esclavage des masses se trouve justifié ; et, il est possible de dire , par la bouclie de M. Thiers : // monda va da se. C'est, l'intronisation de la société bourgeoise.
Alors, la société actuelle , par la bouche de Mallhus, vous crie :
— « Que cliacuii en ce monde réponde de soi et pour soi. Tant pis pour ceux qui sont de trop ici-t)as ! On aurait trop à faire si on Youlait donner du pain à tous ceux qui crient la faim; qui sait même s'il en resterait assez pour les riclies? »
— El, la société actuelle a incontestablement raison : si,
l'organisulion actuelle de la propriété est la seule possible. Mais, avec de pareilles proclamations, en présence de l'incompressibilité de l'examen , on court à l'anarchie, à la mort sociale.
Vouloir ; par le seul raisonnement; et, avant que l'anarchie ne l'y ait forcé sous peine de mort sociale; convaincre la société actuelle : que, le paupérisme doit être anéanti ; que personne, désormais, ne doit souffrir la iaim , non-seulement de pain, mais de quelque besoin raisonnable que ce puisse être; est une utopie, élevée : à la dernière puissance possible.
Concevez-vous, maintenant : pourquoi la science sociale , quoique rendue rationnellement incontestable, vis-à-vis de tous et de chacun , doit être , pour racluahté, complètement inutile? C'est, que pour bien voir, il faut une vue non cataractée ; et, que pour raisonner juste , il fout un cerveau non jjaralysé par les préjugés.
— R Lorsqu'une doctrine d'onire^ de paix et d'union se présente, dit Bastiat, elle a beau avoir pour elle la clarté et la vérité, elle trouve la
PLACE PRISE