LA FORCE
Il faut avouer, cependant : que, celle doctrine n'obtient pas encore l'unanimité absolue. Certes, il n'y a pas une exception, par million d'individus; peut-être, pas même une exception par dix millions d'individus; mais, enfin, il y en a. En voici, quelques-unes
— «Il y a des horamcs juxtaposés , il n'y a pas de sentiment commun, si ce n'est peut-èlre-la haine du régime auquel l'ouvrier est astreint. »
(Michel Chevalier.)
— « La misère publique est un grand fait social , particulier aux temps modernes, et qui se manifeste de plus es plus à mesure que la civilisation se répand. »
(Blanqui, de rinstitut.)
— « La concurrence illimitée, qui est Tunique loi de l'industrie et qui rend les maîtres ennemis les uns des autres, les oblige sous peine de banqueroute, c'est-à-dire de mort industrielle, à augmenter sans cesse la tâche de l'ouvrier en réduisant d'autant la rétribution de l'unité de travail, ce qu'en langage industriel ou nomme le prix de la pièce. Elle a contraint l'ouvrier à regarder son voisin comme un rival, qui lui dispute son pain. 11 semble que le génie de la guerre, repoussé par le bon sens des nations et des gouvernements, ait cherché à se ménager dans Vinduslrie un dernier asile, et qu'il y ait provisoirement réussi. »
(Michel Chevalier.)
— « Essayez de persuader au pauvre, lorsqu'il saura bien lire et ne croira plus; lorsqu'il possédera la même instruction que vous, essayez de lui persuader qu'il doit se soumettre à toutes les privations, tandis que son voisin aura mille fois le superflu; pour dernière ressource, il vous
LE faudra tuer. »
(Chateaubriand.)
— « J'ai voté , avec la cLanibre des députés, un crédit pour l'émancipation des noirs ; mais ne savez-vous pas que nos ouvriers blancs sont BEAUCOUP moins HEUREUX QUE LES NOIRS dout OH a réglé l'émancipation ? Et, eu vérité, je comprends qu'on ait parlé d'exporter des prolétaires français pour les substituer aux noirs, puisque, les assimiler a ces der-
(1) Vous voyez : que, pour le droit, certitude et preuves sont : des utopies.
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NIERS, c'est leur donner une existence supérieurs « celle qu'ils ont en France. »
(Berryer.)
— « Il existe en France deux millions de familles qui ont à peine le nécessaire, et souvent même en sont privées. »
(M. Thiers.)
— « Les philanthropes sont insensibles à la misère du prolétaire fraui;ais, au dénùment de l'ouvrier qui habite le même toit qu'eux; mais aussitôt qu'aux antipodes quelques iniquités se commettent, oh! alors leurs passions s'exaltent : l'iiumanité qui souflVe au bout du monde leur parait bien plus digne de pitié que celle qui languit dans leur propre patrie. »
(Louis- Napoléon Bonaparte.)
— « .aujourd'hui, la rétribution du travail est abandonnée au hasard ou à la violence ; c'est le maître qui oppiiime ou I'ouvrier qui se révolte. »
(Louis-Napoleon Bonaparte.)
— «Si l'on jette un coup d'œil sur les destinées des diver.-es nations, on recule d'épouvante, et Ton élève alors la voix |)our défendre les droits (le la raison et de l'humanité. En eflet, que voit-on partout? Le biek-
ÉTRE DE tous SACRIFIÉ, NON AUX BESOINS, MAIS AUX CAPRICES d'uN PETIT
NOMBRE. Partout deux partis en présence : l'un, qui marche vers l'avenir piiur atteindre l'utile ; l'autre, qui se ci'ampoune au passe pour conserver les abus. Là, on voit un despote qui opprime; ici, un élu du peuple qui corrompt; là, un peuple esclave qui meurt pour acquérir sou indépendance ; ici , un peuple libre qui languit parce qu'on lui dérobe sa victoire. «
(Louis-Xapoleon Bonaparte.)
— (( Une telle situation est sans exemple dans l'histoire; de quelque côté qu'on la considère, ou ne \oit que malheur. Que résultera-l-il de tout cela? Deux peuples sur un même sol, acharnés, irréconciliables, (lui se chamailleront sans relâche et s'extermineront peut-être.
u Bientôt la même lureur gagnera toute l Europe (1). L'Europe ne loruiera bientôt plus que deux partis ennemis. On ne s"y divisera plus par peuples et par territoires, mais par couleurs et par opinions. Et qui peut dire les crises, la durée, les détails de taut d'orages? Car l'issue n'eu saurait être douteuse, les kunièies et les siècles ne reculeront pas. »
(Napoléon à Sainte-Hélène.)
— « L'Europe attend, sollicite la fondation d'une nouvelle sociéteJ Le vieux système est à bout. »
(Napoléon « Sut nie- Hélène.)
— i< Appelez-vous donc conservaieurs tant que vous voudrez, hommes
I) Ccbl le inonde qui tallait duc. Oumc/. plutôt les ^cux!