‹ Science sociale (volume 3)Chapitre 83 sur 102 · V. ^ iO · texte numérisé non relu

V. ^ iO

ë!26 SCIENCE SOCIALE.

d'Étal à petite vue et à petite portée, nous rirons de pitié; car, prècheh

LE MAINTIEN d'l'N ÉTAT FÉBRILE ET MALADIF, AU LIEU DE CHERCHER LE RE- MÈDE EFFICACE, c'est LE COMBLE DE l'iNEPTIE ET DE LA SOTTISE. »

(Louis-Napoléon Bonaparte.)

— « Il faut un remède aux maux de Tindustrie ; le bien général du pays, la voix de l'humanité, l'intérêt même du gouvernement, tout l'exige impérieusement. «

(Lodis-Napoléon Bonaparte.)

— « L'indusirie, cette source de richesses, n'a aujourd'hui ni règle, ni organisation, ni but. C'est une machine qui fonctionne sans régulateur ; peu lui importe la force motrice qu'elle emploie. Broyant également dans ses rouages les hommes comme la matière, elle dépeuple les campagnes, agglomère la population dans des espaces sans air, affaiblit l'esprit comme le corps, et jetle ensuite sur le pavé, quand elle n'en sait plus que faire, les hommes qui ont sacrifié, pour renrichir, leur force, leur jeunesse, leur existence. Véritable Saturne du travail , l'industrie dévore ses enfants et ne vit que de leur mort. »

(Louis-Napoléon Bonaparte.) ^- « Pour la classe la plus nombreuse , qui n'a aucun superflu et par conséquent aucun moyen de faire des économies, ce système (des caisses d'épargne) est complètement insuffisant. Vouloir, en effet, soulager la miàère des hommes qui n'ont pas de quoi vivre, en leur proposant de mettre tous les ans de cùlé quelque chose qu'ils n'ont pas, est une dérision ou une absurdité, »

(Louis-Napoléon Bonaparte.)

— « J'espérerais encore en la justice, si l'intérêt du moment n'était ia seule morale des partis, »

(Louis-Napoléon Bonaparte.)

— « La classe ouvrière ne possède rien, il faut la rendre propriétaire. »

(Louis-Napoléon Bonaparte.)

— (( Elle n'a de richesses que ses bras ; il faut donner à ces bras un emploi utile pour tous. »

(Louis-Napoléon Bonaparte.)

— « Elle est comme un peuple d'ilotes au milieu d'un peuple de SYBAKiTEs; il faut lui donner une place dans la société et attacher ses

INTERETS a CEUX DU SOL. »

(Louis-Napoléon Bonaparte.) . — « La classe ouvrière aura pour elle seule ces trois produits : elle sera à la fois travailleur, fermier, propriétaire. »

(Louis-Napoleon Bonaparte.)

— Vous croyez peul-èire •• que, la nécessité du droit sera oubliée? Non

sciEjNCK SOCIALE. 6:27

— «La classe ouvrière est sans organisation et sans lien, sans DROIT ET SANS AVENIR. Il faut lui donner des droits et un avenir, et la relèvera ses propres yeux par l'associatioîj, l'éducation, la discipline. »

(Lodis-Napoleon Bonaparte.)

— Voilà, quelques exceptions à la presque unanimité de la société actuelle, proclamant : que, le travail est libre; et, qu'il faut conserver la vieille société. Mais, numériquement, ces exceptions sont bien faibles; et, si elles n'étaient appuyées, SUR LA NÉCESSITÉ socLiLE ; ellcs Seraient complètement : impuissantes.

Aussi, vouloir, parle seul raisonnement; et, avant que l'anarchie l'y ait forcée sous peine de mort sociale ; convaincre la société actuelle : que, pour que le travail soit libre, le sol et les capitaux acquis par les générations passées, doivent entrer à la propriété collective, après que l'ignorance sociale sur la réalité du droit se trouve anéantie; est une utopie, élevée : à la derluère puissance possible.

Concevez- vous maintenant : }iourquoi, la science sociale, quoique rendue rationnellement incontestable, vis-à-vis de tous et de chacun ; doit être, pour l'actualité, complètement inutile ? C'est , que pour bien voir, il faut une vue non cataractée; et, que pour raisonner juste, il faut un cerveau, non paralysé : par les préjugés.

— « Lorsqu'une doctrine d'ordre , de paix et d'union se présente, dil Bastiat, elle a beau avoir pour elle lu clarté et la vérité, elli trouve la place prise. »

— Et, pour ceux, chez lesquels la place est prise.

— «Leurs yeux, dit M. Guizol, ont, pour ainsi dire, la faculté de s'ouvrir et de se fermer selon leurs désirs. Ce qui est clair leur ])araîl réellement obscur ; ce qui est prouvé devient incertain ou même faux. Us vivent plongés dans leurs propres ténèbres; et quand la lumière essaye de pénétrer, elle leur esta la lois insupportable tl douteuse. «

— Ces deux passages sont admirables. Il n'y a pas de démonstration d'circur, ipii \\v\\ - lïie des millier? d'applications,

OiiS SCIENCE SOClALi:.

Je l'ai déjà (JiliiiillG Ibis : l'anarchie, seule, peiil abaisser les cataractes de l'ignorance sociale. Jusque-là, toutes les démonstrations possibles sont inu4iles. Mais, il est du devoir de celui qui les possède, de les présenter au public. Je remplis ce devoir. Le reste ne me regarde pas.

En présence des regrets que peuvent causer : et l'entêtement de i'ignorance: et, les difficultés de lui abaisser les cataractes intellectuelles ; voici, néanmoins, des paroles consolantes :

— u Le sort commun de toute vérité nouvelle qui surfait est d'efiVayer au lieu de séduire, de blesser au lieu de coiivaincie. C est qu'elle s'élauce avec d'autant plus de force qu'elle a été plus longtemps comprimée; c'est, qu'ayaut des obstacles à vaincre , il faut qu'elle lutte et qu'elle renverse, jusqu'à ce que, comprise et adoptée par la généralité, elle devienne la BASE D'UN NOUVEL ORDRE SOCIAL. »

(Louis-Napoléon Bonaparte.)

VALEUR. CGxNSTlTUTION DE LA VALEUR.

La science sociale, rendue rationnellement incontestable, vis-à-vis de tous et de chacun, dit :

— « Le mot valeur est une expression relative : comme, toute expression, SANS EXCEPTION AUCUNE, qui n'exprime point ce qui est éternel : soit, réellement; soit, illusoirement.

« Le mot matière n'a de valeur absolue, en réalité ; que, si la matière est éternelle. Si, elle est créée ; elle est relative : au créateur.

« Le mot Dieu n"a de valeur absolue, en réalité ; que, si Dieu est éternel. S'il est inventé; il est relatif: à linvenlion.

« Les âmes ne sont absolues , en réalité; que, si elles sont éternelles, immatérielles. Si, elles sont des résultats d'organisme; elles sont relatives : à la matière.

«Le mol UN n'a de valeur absolue : que, par figure, par bypolhèse. Et il en est de même : pour toutes les quantités matliématiques , considérées comme absolues. Le mot un est l'bypoibèse : d'une ou de plusieurs existences , indépendantes de toute relation , par conséquent immatérielle au singulier, immatérielles au pluriel; dans tous les cas, égales comme immatérielles et éternelle.-; ce, qui exclut l'unité éternelle seule; ])uisque, toutes les autres unités i-eraient alors : unités créées ; unités illusoires et

SCIENCE >iOCIALE. 029

rpl.T(ivp> à lonr ri'i'MlPiir. Ain':i, Inutp PTpiv -Mon ffiipicr.nqin' m'a ni:'iiiv râleur relative; excepté : l'expiesçioii Dieu, qui, si elle a une va/»'?»- absolue réelle, exclut toute autre t'a/ew ahsoiue ; les expressions âmes, qui, si elles ont des valeurs absolues réelles, excluent toute valeur absolue unique; et, l'expression matière, qui, comme divisible, exclut : toute individualité réelle ; toute individualité absolue.

« Nous répétons : le mot valeur est une expression : relative par essence. «

Très-bien ! mais, relative à quoi?

— «Parbleu! relatif à tout ; si, (ont est exclusivement relatif au matél'iel. Dans ce cas, tout élimt relatif à toul; tout, a une égale valeur ; et il n'y a pas de valeur. C'est, la constitution de la valeur, pour M. Proudhon ; ccsl, l'égalité du matérialisme ; c'est, le règne de la nécessité; c'est, l'automatisme universel.

« Ainsi, les valeurs réelles ne peuvent exister: que, s'il y a des immatérialités; et, comme les valeurs sont essentiellement relatives ; il ne peut y avoir de valeurs : que, s'il y a des immatérialités^ des absolus ; unis, à des matérialités, à des organismes, à des relatifs.

« C'est clair commd eau de roclie.

« Mais, y a-t-il : des immatérialités, des absolus ; en union : avec des matérialités, des relatifs?

« Voilà, ce que la société ne sait pas encore ; ce qui fait que la société ne sait pas encore : si, elle peut savoir, plus qu'illusoirement. Mais, à supposer qu'elle puisse savon", plus qu'illusoirement, ce qni i st C' rtain : c'ist, que parler de valeurs, avant de savoir s'il y a des valeitrs : c'est, parler de valeurs : comme, les aveugles parlent des couleurs. »

— Eh bien ! supposons qu'il y ait des immatérialités, etc ; unies, etc. ; alors, nous pouiTons parler de valeurs.

— u Certainement, comme les aveugles parlent des couleurs. Et, à quoi vous servira votre supposition ; si, vous ne pouvez dire, d'une manière absolue; c'est-à-dire : d'une manière se déduisant des individualités éternelles : Là, il y a immatérialité unie à de la matérialité; là, il y a exclusivement matérialité? »

— Mais, à rien du toul. El, cependant, je désire entendre ]:iarler,de ralpum : d'une manière rai'^onnabh^ Mois, ('taliiis-

030 SCIKNCË SOCIALE.

Sî7 vous-mAmo Ips siipfiosi lions quo vous nrnjoz néppssnires; puis, p.'irlez-nioi do valeurs, sons Kfilimatias.

— « Soit! j'y consens. Mais, n'oubliez pas . que, ce ne sont que deshypollièses ; hypothèses, qui ont besoin d'être démontrées d\ine: manière rationnellement incontestable , sous peine de ne pouvoir que radoler : en parlant de valeurs. Ces hypothèses , j'ai voulu en démontrer la réalilé ; vous-même ne l'avez pas voulu. Alors, et si vous en avez besoin, cherchez vous-même ces démonstrations,

" Je suppose (1) : que, la Fensibilité est l'essence caractéristique, des immatérialités unies à des malérialités.

« Je suppose : que. Ton peut dire avec certitude absolue : ou, se déduisant des immatérialités reconnues : Là , il y a immatérialité unie à un organisme ; là, malgré toutes les apparences possibles de sensibilité , il n'y a <[ue matérialité, organisme.

«Je suppose : qu'il y ait exclusivement sensibilité, immatérialité ; chez l'homme.

« Je suppose : que, l'humanité a exclusivement pour caractéristique le verbe.

« Je suppose": qu'il n'y a : ni sensibilité , ni immatérialité, ni verbe, à partir du premier des singes ; que, vis-à-vis de l'homme, tout ce qui n'est pas homme n'a de valeur réelle que relativement à l'homme; cl, qu'en dehors de la relation à l'homme ; rien, n'a de valeur.

« Voilà tout. Maintenant, nous pouvons parler valeur.

« Toute valeur étant : relative à l'homme ; subordonnée à l'homme ; l'homme , vis-à-vis de la raison, si la raison a une sanction éternelle ; l'homme, dis-je: domine la valeur ; et, ne peut être valeur. »

— Mais, la raison a-l-elle une sanction éternelle?

— n La sanction éternelle est une déduction : de l'éternité des âmes. Tant, que la démonstration de l'éternité des âmes n'est point faite ; la société ignore : si, la sanction éternelle existe. Mais, elle s'aperçoit : que, la croyance, ou la connaissance relative à cette sanction, est, pour elle : Une nécessité d'existence. Alors, elle suppose cette existence ; et, elle la fait accepter par la force : existant, chez les forts.

« Alors, les forts font la loi ; et, ils déclarent : que, l'homme faible peut être VALEUR : vis-à-vis du fort. Cette déclaration implique : que, le

(1) Ces suppositions ont été démontrées, dans le présent ouvrage. Ce que nous disons, ici, sur la valeur ; est extrait de notre Économie politique, t. III, étude vm; Appendice, page 433 à 438.

SCÏKNCE ^.OriALF. 631

ort seul est un homme; f[\ip, l'espkve n'a pri« (rùnio ; que IVsrlnvf^ rsl un animal. Voyez Aristote.

« Cette déclaration est une nécessité sociale , dérivant de l'ignorance ; comme, l'a été la déclaration de réalité de sanction religieuse. Sans cela, i! aurait fallu dire : que, le faible est un homme ; que, le singe est un homme; que, le chien, l'huître, le chou, la carotte, le cristal etc., etc., sont des hommes. Alors, tout éinnl valeur; rien, ne sérail valevr;et, nous arriverions : à la constitution de la valeur, selon M. Proudhon.

« Et', quelle est la valeur du faible , vis-à-vis du fort? »

— Son travail.

— « Très-bien ! Alors, le travail est exclusif aux faibles : le faible travaille; le singe, le cheval, le sol, l'instrument, l'eau, l'air, le feu travaillent. Le fort ne travaille pas ; il commande, il jouit du travail ; il jouit des valeurs; lui seul est homme.

« Le fort raisonne, ou tout au moins s'imagine pouvoir raisonner. Et, tant que la force règne nécessairement; le fort seul raisonne bien ; la force étant, vis-à-vis de la société : le seul critérium possible du bon raisonnement.

« Par le raisonnement , le fort aime à distinguer : les valeurs qui lui procurent des jouissances. Il appelle, plus particulièrement : valeir du travail; ce, que font pour lui les êtres qui lui paraissent, comme lui , doués de sensibilité : les faibles, les élcphauts, les chevaux, les ânes, etc.; VALEUR DD SOL, la source de toutes les valeurs; et, valeur du capital : le résultat du travail sur le sol ; ou, sur ce qui en provient.

« Le sol, étant la source passive de toute valeur; les forts se le partagent; dès, qu'ils croient cette appropriation utile : à leur jouissance.

u Cette aliénation faite, les forts, non-seulement sont les maîtres de la vie des faibles ; mais, chaque fort est d'autant plus fort : qu'il a plus de sol ; et, qu'il commande à plus de faibles.

(( Les faibles sont : des blancs , des noirs , des éléphants , des chevaux , (les ânes, des machines quelconques, des valeurs mobilières enfin ; que, l'on nomme : capital. Encore aujourd'hui, le principal, capital, d'une habilaliou coloniale , sont les nègre?. La. valeur des chevaux, et autre bétail, ne vient qu'après.

(( Ainsi, tant que l'ignorance, sur les immatérialités, existe; il n'y a, sur un globe quelconque où se trouve le raisonnement :

« Que, des forts ; et, des valeurs.

« Et les valeurs se divisent :

« En, capital, comprenant les faibles : blancs, noirs, éléphants, chevaux, etc. ;

« Et, en sol.

632 sriKNCF ?oriAi.F.

'■ Cf.t élal sorial , pour dos ini'ons qiiP nous avon'; énonrépi nillt^iirs , dure : autant, qu'il p?I possible de comprimer l'examen.

« Dès, que l'examen devient socialement incompressible, Vordrr slalle ne peut plus se baser sw la force ; et, cependant : tant que, l'ignorance sur la réalité des immatérialités, sur la réalité de l'éiernelle sanction, n'est point anéantie; Vordre stable ne peut encore se baser: sur la raison.

« Alors, la hiérarchie ne pouvaul plus se baser sur la force; il v a nécessairement : anarchie.

« En efff t : dès, que l'examen est devenu socialement incompressible ; les faibles, au moins ceux qui peuvent se parler, se disent :

« Les forts nous considèrent, comme des valeurs, en nous assimilant : r.ux éléphants, aux chameaux, aux chevaux, aux machines; et cela: parce qu'ils sont les plus forts. Eh bien! concertons-nous; et, nons serons forlraussi ; et, nous ne serons plus des valeurs ; et, nous aurons des valeurs.

■' Mais, les forts ne veulent point perdre, ce qu'ils oui de plusprécienx, pirmi leurs valeurs: et, ne veulent point partager les autres valeurs, tiycc ceux qu'ils regardent : non, comme des hommes ; mais, comme de simples valeurs. Alors, ils tuent les faibles, ne voulant point les admettre parmi eux. Mais, plus il y a de faibles tués; plus, il surgit de faibles voulant devenir forts. En présence de l'incompressibilité de l'examen et de l'ignorance sociale, la révolte est une hydre : pour chaque tête coupée, il en renaît sept.

« C'est alors : que, les prétendus économistes et les prétendus socialistes proclament comme remède : toutes les sottises qui vous ont martelé le bon sens, depuis 1789. Ils n'avaient qu'une seide bonne chose à dire; c'était : Nous sommes des sots, nous le reconnaissons. Celte seule bonne chose, ils ne veulent point la dire. Laissez-les s'égorger entre eux. Leurs enfants, peut-être, seront moins sots.

« Pour cesser d'être sot, il faut pouvoir dire :

« Là, il y a humanité ;

« Là, il n'y a que valeur. »

Si , quelque cliose de mieux a été dit , sur la valeur; iiou> prions nos lecteurs de nous pardonner : ce long extrait do y Économie politique.

Arrivons à la constitution de la valeur.

A cet égard, la même science sociale établit :

Que, si par l'expression hétéroclite constitvtion delà valeur, il faut comprendre la loi de l'échange; cette loi est aussi claire que possible.

D'abord, elle n'appartient point à l'ordre matériel ; étant exclusivement relative : .^ l'ordre intellectuel;

?.riF\CF. soriALF, 633

Ensuite, relte loi Psl n^hitivf : h 1V|;U des ron naissances; Enfin, elle est définitivempul relative: au travail; e( , au capital.

Voici, celte loi :

Pendant, l'époque d'ignorance ; le travail a lu phis petite m- /eMr/)055/6/e vis-à-vis du capital; et cela : selon les circonstances.

Pendant, l'époque de connaissance; le travail a la plus grande valeur possible, vis-à-vis du capital ; et cela : toujours selon les circonstances.

Ces valeurs sont soLialement déteriiiiiK'fS : en époque (rignorance, parla concurrence des travailleurs, pour odrir Jeur travail aux capitalistes ; en é[)oque de connaissance , par la concurrence des capitalistes, pour offrir leurs capitaux aux travail jeurs.

La société actuelle, au contraire, proclame, sur la vulenv du mot VALEUR, qu'elle donne comme base de l'économie politique : le chaos, le plus ténébreux, d'innombrables galimatias, qu'il ait été possible à l'ignorance d'établir : pour, se cacher, à elle-même, sa propre vanité (1).

Quant à la constitution de la valeur , ceux qui en parlent, prétendent : qu'elle doit dériver de rautomatisnie; et, avoir pour caractéiisiique : l'intuition réciproque; et, l'échange machinal. Par l'intuition réciproque, chacun attache une même valeur à une même chose ; par l'échange machinal , les individusaffectés d'intuition réciproque, échangent nécessairement : quelles que soient les distances. Alors, les valeurs s'échangent nécessairement aussi; et, même sans que les propriétaires s'en mêlent. Concevez-vous, maintenant : combien, l'automatisme est une belle chose!

Quand, les illustrations de la société actuelle sont parvenues à se pénétrer, de la réalité de l'automatisme; elles donnent, pour VALEURS d'expressions principales, les définitions suivantes :

Par exeujple, en parlant du talent, elles diront :

(1) Voyez, i\ cet égard, noire troisirme \n\\\n\v iV l'.cunnmip poliliqite, •'•tilde viii; et. l'Appendice à cette étude.

— » Lp tnlent est, d'ordinnirp, rnllrilnil d'iinf iinlnrp (li«prariép, fii i|iii Iharraonie des aptitude-; produit une spécialité extraordinaire, monstrueuse. Uu homme n'ayant point de main écrit avec son ventre ; voilà l'iiiiLge du talent. »

— En parlant de l'artiste, elles diront encore :

— « L'idée du juste et de l'honnête glisse sur son cœur sans prendre laciiie; et de toutes les classes de la société, celle des artistes est la plus pauvre en âmes fortes et en nobles caractères. »

— En parlant de la fraternité, elles vous diront :

— « Fraternité ! Frères tant qu'il vous plaira , pourvu que je sois le îrrand frère et vous le petit ; pourvu que la société , notre mère commune, honore ma primogéniture et mes services, en doublant ma portion.»

— En parlant de charité :

— « Charité ! Je nie la charité, c'est du mysticisme. Vainement vous rae parlez de charité et d'amour ; je reste convaincu que vous ne m'aimez guère, et je sais très-bien que je ne vous aime pas. »

— En parlant de dévouement :

— « Dévouement ! Je nie le dévouement, c'est du mysticisme. Parlezmoi de DOIT et AVOIR, seul critérium, à mes yeu.x , du juste et de I'in-

Jf-STE, m BIEN ET DU MAL. »

— Et encore :

— « La théorie du dévouement, de même que celle des récompenses, est une théorie de fripons, éversive de la société et de la morale. »

— En parlant de Dieu :

— « Dieu! Je ne connais point de Dieu, c'est encore du mysticisme.

Commencez par rayer ce mol dp vo« discours, si vous voulez que je vous

pnoule , car Irois millo. ans (]'expéricnce mo l'ont appris : qniconqu? me parle (in Dieu en vont à ma liberté ou à ma bourse. Combien me ileve/vous? combien vous dois-je? VoiLà ma religion et mon Dieu. «

— Et encore :

— « Le premier devoir de l'homme intelligent et libre est de chisser incessamment l'idée de Dieu de son esprit et de sa conscience. Car Dieu, s'il existe, est essentiellement hostile à notre nature, et nous ne relevons aucunement de son autorité. Nous arrivons à la science malgré lui , au bien-être malgré lui, à la société malgré lui ; chacun de nos progrès est une victoire dans laquelle nous écrasons la divinité. »

— Et encore :

— « S'il est un être qui, avant nous et plus que nous, ait mérité l'enfer, il faut bien que je le nomme, c'est Dieu. »

— Et encore :

— «Dieu est un ùlre essentiellement anticivilisateur, antilibéral, antihumain. ))

— Et, en parlant de religion :

— « L'homme est destiné à vivre sans religion. »

— Et encore :

— « La religion est désormais un non-sens. Si je me trompe , le ?alut (le mon âme ne pavera pas trop cher ce triomphe de la théologie. »

— Et encore :

— « La démonstration analytique et la certitude rationnelle sont l'opposé de l'esprit re!ii;;icu\. .)

— Et encore :

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