‹ Science sociale (volume 4)Chapitre 16 sur 79 · FORCE INTELLECTUELLE · texte numérisé non relu

FORCE INTELLECTUELLE

(Bbcquebel, dû avril 1839.)

— M. Becquerel prétend à une troisième statue. 11 a beaucoup de collègues qui passeront avant lui.

— «Des forces physiques sont Tenues les forces vitales, puis les propriétés vitales. 11 n*y a que des propriétés matérielles. C'est Tinstinct de causalité qui a personnifié les forces. »

(Bêrard, 10 avril 1838.)

— C'est très-vrai. Mais, en fait de raisonnement , il n*y a pas d'instinct. 11 n*y a que le matérialisme qui puisse confondre : l'instinct, expression de la matérialité ; avec le raisonnement, expression de Tintelligence. Est-ce que M. Bérard prétçnd aussi à une statue ?

— a L'organisation est un phénomène matériel, une modification de la matière. De cette modification surgit une force nommée vie, d*oii les forces vitales. »

(ÂMDKAi.vl6 novwibre 1857.)

SC1ENCB 80CIALB. 117

— Très-bien! Mais, n'y a-t-il que cela ?

— c On peut inventer des propriétés vitales à l'infini. M. le professeur Gerdv en compte dix-sept : i** faculté de sensation; ^ transmission sensoriale; 3^ peiceptiok ; 4o ivonoN db l'ai»; 5<* excitation nerveuse ; 6° coniractilité ; 1^ érectilité; 8» absorption, etc., etc. »

(Bébabd, 10 avril 1858.)

— Nouvelle statue à M. Gerdy !

-* « La force vitale est la force des forces. »

(ÂMDBAL, 7 novembre 1839.)

— Il eût été plus clair de dire : force et matière sont identiques. Après cela vous auriez eu force à faire les pavots^ force à faire les œillets, etc.

— « II y a unité de composition organique, c'est-à-dire unité de vie de k matière. La nature est ukb. »

(Gboffbot Saint • Hilaibb^ 9 novembre 1856.)

— Et, il n'y a que matière. Savez-vous que cela commence à devenir ennuyeux !

— « Nous sommes portés à tout animer dans la nature. C'est que nous >s»milons tout à nous, b

(Amdbal, 7 novembre 1859.)

— Cette pensée est d'une haute portée. C'est cette cause qui nous a fait animer la série dite animale. Heureusement, l'activité rationnelle finit par détruire cette tendance de la paresse intellectuelle. Il y a longtemps qu'Àristote disait : Nous avons fait les dieux à notre image.

-* « Le TÎtalisme est une erreur tenant à la poésie des Greet qui ckttt»

118 SCrEMCB SOCIALB.

chaient quelque chose 6*à peu près vrai, h'à peu près vrai est le vkk- SOHGB. La piie est la source de la vie. »

(Gkoffrot Saint-Hilaiee, a novembre 1854.)

— C'est possible : si la pile n'est autre que la matière.

— « L*eau est nécessaire à la YÎe. Il y a des animaux desséchés pendant deux ou trois ans qui reprennent la vie aussitôt que Teau leur est rendue. Ces animaux sont à Tétat brut pendant tout le temps qu'ils restent desséchés. »

(Chevieul, 16 avril 1835.)

— C'est possible : mais, il serait également possible qu'il en fût autrement. La matière ne se connaît que par l'observation.

— « Âfant de reconnaître une immatérialité dans la vie, il faudrait la démontrer. Sans cela, il n'y a plus de physiologie possible. Si nous voyons une montre sans la connaître, dirons^nous guUl y a en elle quelque chose qui résiste aux lois physiques? N 'est-ci pas la mAmb çompabaisoit poue l'homme?»

(Geopfeoy Saiet-HiIaibb^ 11 novembre 1854.)

— Sans aucun doute. Et, ce que demande M. Geoffroy Saint-Hilaire est très-raisonnable. M. le professeur demande la démonstration rationnellement incontestable de l'immatérialité des âmes. Nous aurons l'honneur de la lui donner.

— €( Les corps vivants, animaux ou végétaux, sont actifs par eux-mêmes. Cette activité est relative aux forces vitales. »

(DuMÉEiL, 10 septembre 1859.)

— C'est vrai. Mais, il y a activité dérivant de la matière ; et, peutpètre activité dérivant des immatérialités.

Ces deux activités existent-elles? Et, si elles existent, comment les distinguer? Si FactiTité matérielle existe seule : adieu raisonnement; adieu morale; adieu liberté !

— « La vie générale ou Tégélalive comprend la nulrîtion et la reprodactîon. La vie spéciale ou animale comprend la motilité et la sbhsibi-

UTÉ. «

(DuMiaiL, 10 septembre i839.)

— Et, partout où il y a motilité , il y a sensibilité : n'est-il pas Trai ? Toujours pétition de principe.

» « La nutrition est la combinaison du corps senti et du coips sbic-

UlT. »

(Blainvillk, 19 novembre 1835.)

— Ainsi, partout où il y a nutrition, il y a sensibilité. Voilà le champignon sensible. Nouveau candidat à la statuette.

— ft £a sensibilité n'est jamais séparée de la motilité , n\ la motilité dt la sensibilité. Ces fonctiohs sont toujours en harmonie. »

— Vous voyez ! nous l'avions deviné.

— « Les animaux , continue le professeur, s^éloignent des végétaux en raison de la sensibilité et de la motilité.

« L'homme est i la tête des animaux. Un animal est un être animé. Uoétré animé est un être sensible. Un étk sensible est un étbb qui se

IIUT. CbQOI CAIACTÉEISE l'ÉTRE ANIMÉ EST LA FACULTÉ DE SE HOUVOIB. »

(DuMÉHiL, 14 septembre 1859.)

— Si, vous n'êtes point satisfait d'une démonstration aussi logique ; c'est, que vous êtes difficile.

120 8C1BNCB SOaALE.

— « La leMibilité est localisée dftns le système nerveax. »

(Floubbhs, iïi octobre 1859.)

— Voilà des propositions qui vous rendent, nécessairement : secrétaire perpétuel d'une Académie des sciences... qui ne sait pas grand chose.

— « La vie animale est relatiye à quatre espèces de forces : « 1<> Forces chimiques ;

« 3iP Forces mécaniques ; « 3^ Forces ptychiquis ou vitales; « 4*^ Forces organiques. •

« La force psychique est une propriété de la TÎe y comme les forces physiques, chimiques et organiques. »

(Flodrers, 17 octobre 1839.)

— Avec de pareilles propositions , on doit être deux fois secrétaire perpétuel. C'est une bien belle invention que les Académies... pour bouleverser le monde, en V introduisant l'anarchie !

— « La vie se décompose en faits chimiques, mécaniques, psychiques, et organiques.

« PrimitiTement la TÎe est divisible : ce n'est qu'en montant sur Téchelle qu'il y a multiplicité de fonctions et ufilf^de vie. »

(Floubens^ 19 octobre 1839.)

— C'est toujours le bon Dieu un et plusieurs de M. Cousin.

— « la chaleur est le principe de toute vie animale, L*appareil nerveux est destiné à mettre Tanimal eu rapport avec l*éiectricité. »

(Flouebns, 19 novembre 1839.)

— Et, rélectricité a fait l'Iliade. Une statue à M. Flourensl

SCnnCB 80C1ALB, 121

~~ t L'emnce de l'animalHé est la sensibilité, Là toijOUTé^ nnstrncty rintcUigeBce : et, us Tomrett reUtif aa système nerreux. »

(FiiODBB», 29 oetcbre 1859.)

— J'ai dit une statue. Il faut qu'elle soit colossale.

— < L'animal n'existe que par le système ncnrenx. En dehors du système nenreux l'animal n'existe pas. »

(Flocrehs, 51 octobre 1859.)

— PauTre éponge ! la Voilà destituée de sa qualité d'animal. Elle en appellera.

— « L'animal est par le système nerrenx. En dehors du système ner- Teu ranimai n'existe pas. m

(Floubens, 51 octobre 1859.)

— C'est une répétition. Mais c'est égal, les belles choses doivent être répétées. Bis repetita placent.

^ a L'animal se distingue du yégétal par le canal intestinal. »

(Blainville, 5 avril 1859.)

— a Le système nerf eux est le système animal. »

(Blàixville, 15 août 1854.)

— Le lecteur remarquera : que, ces deux définitions sont du même professeur.

*- « Les nerfs donnent le sentiment et le mouvement. »

(Floureks, 21 avril 1840.)

— Je vous donne ces répétitions : pour, que vous sachiez bien que le professeur parle avec conviction. C'est si honorable d'être une machine I

122 3CIBMCR SOClALfi.

— « Le ne digestif est le caractère esseatiel de ranimalité. i»

• (VALiHCiniins, 5 juin 1836.)

— « Une cavité digettiYe est le caractère essentiel de l'animalité. »

(Brohohuit^ 13 avril 1840.) -

— Ainsi, ayez une gueule, vous avez une âme. C'est une définition bourgeoise .

SCIBirCE SOCIALE. 123

— c Les organes da mouTemeat constituent essentiellement ranimai.»

(DuMÉML, 5 septmbrs i836.)

— £t, la plus belle âme donne ses preuves : à la course.

— « Le tube digestif caractérise mieux V animal que la sbitsibiutb , IHÛs^iie la iensUive est plus shisiblk que Véponge, v

(Gboffiot Saint-Hilaibb, 9 wwembre i836.)

— Dans notre époque, la définition bourgeoise doit triompher.

— ff II est impossible de caractériser les animaux par le mouTement , piiaqoe les fplantes ont des mouvements spontiréb aussi marqués que heauoomp d'animaux. »

(Bborgbubt, i3 avril 4840.]

— Nos lecteurs remarqueront : que, MM. Blain- Tille, Brongniart, Duméril, Flourens, Geoffroy Saint- Hilaire , Valenciennes , sont professeurs au même établissement, au Muséum d'histoire naturelle; et, qu'ils ne s'entendent certainement pas comme larrons en foire.

— 9 Les reptiles sont des êtres animés , c'est-à-dire doués de tiiouvements^ et percevant les corps extérieurs pour se diriger Ters eux ou 8*ea éloigner à leur volonté. »

(DuMÉKiL, 6 septembre 1836.)

124 SC21BHCE SOCIALE.

— Pauvre volonté! Elle est véritablement mise à toutes sauces. Ces messieurs se font*ils bien une idée claire de la volonté réelle ?

— ^ La faculté de sentir est une niOPRiBTB dont jouissent les anîmanx, at4 tiombre desquels Vhomme se trouve. C'est par cette propriété que les animaux , au moyen d'organes, jouissent de la faculté de perceToir les modifications externes. »

— Voilà l'âme qui est une propriété de la matière !

— « La fucullô de sentir, conclut le professeur, est complexe,

ce l^* Les modifications externes sont perçues intérieurement; et ces perceptions sont les causes de ce qu*on appelle sensation. Cette fcc«1lé est ainsi passive ;

« 2° La faculté de sentir ou la sensibilité est active^ lorsquVIle est le produit d'une puissance qui se forme lAtérîeurement , et met le centre commun de Tèlre en rapport avec les corps extérieurs par un phénomène que les physiologistes appellent innervation. L'action s'exerce alors du dehors au dedans. Celte opération physiologique est impossible à conhprendre, n

— Vous voyez : que, chez messieurs les panthéistes, il y a aussi des mystères.

— « Tout ce que nous savons, sur le pouvoir de la volonté, c^est, continue le professeur, que celle-ci dépbrd dbs kibfs, do colybau. «

— Alors, au diable la liberté !

— « Qu'elle est^ continue le professeur, déterminée par la peine on le plaisir; et que c'est parce que les animaux ont peine et plaisir, c^est-idire conscience de leur existence ^ qu'ils se consenrent.

a Les animaux ne peuvent, en efTet^ continuer d'être que parce qu'ils ont conscience de leur existence, et cette conscience est exclusivement inhérente au plaisir et à la douleur,

« Nos sens et ceux des animaux , c<ir nous sommes constitués camme cnX| FBBçoivsirr les actions et les corps extérieurs par un contact. Et,

SCIEHCE SOCIALE. 125

(•■■e Imarèct « n^as n'appelons eor^s qne ce qni peut iouchtr on être toHché, Il r&ul donc un contact pour qu'il y ait sensation.

« Alors, par des moyens chimiques on physiques, la réaction a lieu, quoique nous ne sachions pas encore comment. Ce que nous savons, e*est qne les sensations se centralisent pour les vertébrés dans un organe que nous nommons cenreau, organe qui communique par la moelle épinièreetpsr les nerfs avec toutes les parties du corps; enfin qu'il s'établit ainsi une>actio» centripète qui e»t la seksâtioh , et une réaction centrifuge qui est là volonté, d . ^

(DcMÉBiL, 12 septenOn-e 1856.)

— Et, voilà pourquoi... votre fille est muette. Ah Molière! si tu existais de notre temps, cène serait plus les marquis que tu ridiculiserais I

— « La vue est un tact qui se fait de la représentation de Tobjet et produit la perception du mouvement.

« Les bruits sont la perception du mouvement.

a TOUTB SS2C8ATI0N BST UN PaODUIT DU MOUVEMENT. « La MATlrâK EST L^BXPBBSSION DU MOUVEMEKT.

c Le MOUTEMEirr est une matiâee qui b'urit aux coapB. »

— Et, comme les corps sont matière, nous avons : la matière, expression de la matière, qui s'unit à la matière, etc. — Quel galimatias !

Malgré cette incohérence d'idées, nos lecteurs verront plus tard : que, toutes ces propositions , quoique en^onées, sont néanmoins bien près de la vérité.

— « C'est par l'atmosphère des corps, continue le professeur, quelle qoe soit cette atmosphère, que se transmettent les effets de la matière , les effets du mouvement. i»

— Le mouvement n'est pas une cause, c'est un effet. Tout mouvement est un effet de force.

— «Gtttstaittû». continue le professeur , que Tair sert de conducteur

aux vibrations qui produisent le son, et Téther aux vibrations qui produisent la lumière.

« Lb MOUVBMBIIT LUI-MÉMB Uft lUTlÉU. »

(DuMiRiL, 13 99pt€nibr0 4836.)

— a La sensibilité et la motilité sont inhérentes Tune i Tautre et constituent Tanimalité. Il n'y a de difTérence entre Fanîmal et le Tégétal, sinon que le végétal doit attendre Panimal, et que Tanimal va an^devani.

« Être sensible, LOCOMonua ou animé, c'est la même chose, »

— Et, VOUS concevez : que, la branche, qui va audevant de la lumière; et la radicule, qui va au-devant du fumier ; ont chacune une âme : de la même nature que celle de M. le professeur.

— - « La sensibilité, continue le professeur, a sa source dans la nutrition ; et la nutrition est une reTivification : car rien ne vient de rien. Nihil de nihilo, »

— La sensibilité, l'âme, doit être bien fière d'avoir une source aussi noble !

— a Supposez, continue le professeur, une formation primitive, du sable inerte sans aucun principe d'organisation.

« Il y a dans l'ensemble matériel un principe organisateur qui se développe dans le sable. Il se forme ainsi une matière organisée. Des lichens se développent et meurent : ils commencent la couche végétale. Puis viennent les mousses : celles-ci meurent et augmentent la couche. Eosuile viennent des fougères, des bruyères, des graminées, des dycolilé doues et toute la série végétale : c^est ainsi que la végétation s'établit. Les animaux ont la même origine et ont subi les mêmes transformations.

« Dans la nature tout est métempsychose. »

(DuMBBiL, i septembre i836.)

— Oui dans la nature matérielle. Mais, cette nature est-elle unique ? Tel est l'état de la question. Et, ce n'est point la résoudre : que, delà trancher, par une pétition de principe.

— - « la nutrition a pour objet de décomposer la matière em denier

dff^r^ pour la conduire à la vie sirsibli. C'est la digestion qui commence U série des phénomènes de la tie Tégélative et de la tfie animale.v

(DuMÉftiL, i5 septembre i836.)

— Oui. Mais, si Tâme a une existence réelle, immatérielle, il y a : Tie animale réelle; et vie animale apparente. Comment lesdistingue-t-on, si les deux exislent ? Telle est encore la question.

— c La fîbrc cbarnne est nne mécanique qui a son mouvement en elle-même. Les artères réagissent sur elles-mêmes, et le mouvement continué aussi longtemps que la machine vitale est intacte.

« La machine vitale est analogue à la machine i vapeur. La vie^ dans le sang, est un mouvement d'attraction et de répulsion.

« La perfection de la vie se rapporte aux organes relatifs aux corps extérieurs qui doivent la conserver. »

(DuKÉBiL, i5 septembre 1836.)

— Ainsi, nous sommes des machines vitales. Que de candidats à la statue !

^«Les liquides sont destinés i former les solides, et toute organisation se bit dans un liquide : c'est donc dans les liquides que réside la vie. Cest des liquides que se fait une sécrétion qui se transforme en nerfs, m

SRISATION, EH VOLONTÉ. V

(DuHÉBiL^ 17 septembre 1836.)

— Nous verrons plus loin : que, cette théorie matérialiste, reçue avec enthousiasme par la jeunesse studieuse, a été couronnée : dans la personne du professeur Braussais.

-^ 9 La sensibilité est bxclusivbhsnt inhérente à la respiration. »

— Ceci est une nouvelle source. Tout à l'heure la sensibilité était relative à la digestion. Est-ce que le système bourgeois perdrait faveur ?

iSS8 SCIENCE SOCIALE.

— « Voilà , coutume le professeur , une salamaiidre à laquelle j'ai coapé la tète. J'ai mis cet animal sur da sable avec on peu d*ean ; il ne pouvait se nourrir et maigrissait : la tête néanmoins est revenue en partie. Cet animal vivait, sentait, existait; il a été négligé : il est mort avant que la nouvelle tète fiït parfaite. »

(DoMéaa, 15 septembre t854.)

' — « Voilà une salamandre (triton) à laquelle j'avais coupé la tête. Cet animal a conservé la conscienee de son existence , a vécu pendant trois mois. Il n*est resté aucune ouverture ni pour l'air ni pour les aliments, il respirait par la peau : il n'a péri que faute de soin. »

(DuHBRiL, ^0 septembre 1836.}

— Hélas ! pourqaoi M*. Duméril n'art-il pas expérimenté surnn autre animal et avec plus de soin? Mais quand il lui serait revenu deux têtes au lieu d'une, qu'est-ce que cela prouverait en faveur du matérialisme ? La conscience et la sensibilité de la salamandre sont des hypothèses de M. Duméril.

— « G^esl dans les rayonnes que se présentent les premiers rudiments du système nerveux. U n'y a poini de nerfs dans les éponges.

« Ce n^est qu'au miliea dv diz-4iailième siècle que la nature animale des polypes a été recomiue. Linné les regardait comme la transition dn règne végétal au règne animal. »

(Valemciehnes , 23 mai 1837.)

— a Le système nerveux détermine f intelligence, »

(laxD. Gboffkov SAiKT-HiLAtaB, 23 mat 1837.)

— Est-ce encore clair ?

— « Les radiaires ne différent des végétaux que par un estomac. C^est par cela seul qu*ils sont animaux. Chez eux il n'y a pas encore de système nerveux. La reproduction a lieu par glumes, comme chez les végétaux.

a G* qnî h'ù^rMkment L'aniBial, c'est le système neveux. Ihk reste l'animal est plus ou moins Amwà seUm quUl est plus ou moins capable de

MOUVKVEMT. »

(VAUscnmraBt 9/wfii 1857.)

SCIENCB 80CULB. i29

— Ds frappent 4ou8 sur la même cloche et n'en re<tirent jamais qu'un même son : le matérialisme.

— c Vonimalité a ))oir caraçUre la sensibilité rendue pkkcbptiblb par U hcomoiilité.

c Le sîége de la sensibilité est dans le système nerYeax. ff Donc l'animalité se jugera par le système nerTeax. « La série animaie doit sUtdblir en mettant en tête ce qui est plus «iteal, et en queue ce qui est plus végétal, < L'éponge est- elle Tégétale ou animale ? »

—Pauvre éponge ! aujourd'hui elle est animal; demain elle ne Test plus.

— «On classe l'éponge, conUnne le professeur, dans le règne animal, parce quelle renferme Hu phosphore et de l'ammoniaque, i»

t (Blaihtille, 10 novembre 1855.)

— Voilà, l'animalité caractérisée par une propriété chimique. Ce caractère manquait, à la prétendue science, pour exposer ce que c'est que la sensibilité. Après cela , tirez l'échelle.

— c La TÎe a des degrés différents. Elle est composée d'organes et

d'appareils. Les organe» de la Tie animale font connaître les objets ex»

térieiirs i l'animal. »

(Blaintillb, 9 novembre 1835.]

— « Les reptiles ont une sensibilité très-obtuse , mais beaucoup d^irrtlabililé on d'eicitabilité. Cbex les opbidiens, souvent le cerreau n'est que la 1/800e partie de l'animal. »

'(DuMVBiL, 9 octobre i854.)

^ « Rbédi a tu une tortue, i laquelle on avait 6té le cerreau^ vivre

encere six mois. »

(DuMsaiL^ 22 septembre 1836.)

— c L'excitabilité est une propriété générale inbérente i la matière organisée vivante.

« La sensibilité est une raoraiiTi spéciale nntnnn à certaine modi^ lication m la MATitei ORCiiriaiB yitamti. »

(Ahdbal, 18 novembre 1837.)

130 8G1BNGB SOCIALE.

— AUez demander, à M. Andral,«8'il est matérialiste ? Avec la meilleure foi du monde, il vous répon- ' dra : 'que, non. Demandez-lui si, d'après ses leçons, il croit être propagateur du matérialisme. Il vous répondra également que non ; et toujours avec la même sincérité.

Seigneur 1 ayez pitié d'eux ; ils ne savent pas ce qu'ils font.

— et II j a une transition insensible entre le règne Tégétal et le rïgne animal. On arrive depuis l'homme^ jusqu'aux dernières limites de Vùrgor nisation végétale, par une sshis moh interrompub. »

(Blâinvilli, 12 avril 1836.)

— tt II n*y a rien de tranché dans la nature. »

(Auguste Saint-Hilàieb, 10 avril 184P.)

— Dans la nature matérielle, c'est bien vrai. Mais, n'y a-t-il que cette nature ? L'unité de nature est la négation de la liberté, la négation du raisonnement.

— a Entre les divers tjpes des animaux, il y a des sous-tjpes qui scr- Tenl de transition ; comme il y a des sous-règnes qui servent de transition de l'animal au végétal. »

(Blâinville, 12 avril 1856.)

— « Les végétaux et les animaux ont un point de départ commun. Les végétaux les plus simples ne diffèrent pas des animaux les plus simples. Si, le mouvement conslilue Tanimalité^ on trouve dans les conferres des •scillaires qui ont des mouvements, n

(De Jussieu, 13 avril 1836.)

— Tout cela est vrai. Mais, tout cela prouve-t-il : «|ue, ce que vous appelez animal, soit de la même nature que l'homme ? Cela prouve-t-il : que , partout où il y a mouvement, il y a sensibilité ?

âCUUICB SOCIALE. 131

— « La sensibilité est la faculté de perceToir et eonnaitre l'actioa des cerps extérieurs sur notre organisation.

c La sensibilité est passive et actiTe.

t La sensibilité passive est la cause des sensations.

c La sensibilité active agit du dedans au debors. Elle veut^ elle dirige les organes et &ît d'un animal un tout identique. Ce sont les mêmes or^ ganes qui sont lis causes de ces différents phénomènes qne les physiologistes appellent iimsayATiOH.

« Les impressions reçues du dehors au dedans constituent les sensations, et les sensations dépendent de la manière dont les qualités de la matière sont jugées par les sens. H s*opère une application de la substance, de Tobjet sur une portion étalée de la pulpe nerveuse, dans laijuelle

KÎHDS LA FACULTÉ DB SESTIR. »

(DunÉBiL, 5 septembre 1854.)

—Il est, au sein de la science ^ une contradiction qui ne frappe que le vulgaire des savants. Cherchez à établir, devant eux, l'hypothèse de Descartes qui donne les animaux comme étant des machines, des automates, ils ne vous répondront que par le mépris. Et , cependant qu'est<-ce qu'une machine, un automate; sinon, un ensemble matériel plus ou moins compliqué, agissant comme si c'était dans un but rationnel ? Si cette objection leur est faite ; et, que quelques-uns d'entre eux daignent sortir de leur dédain ; ils répondent : dans le sens d'ensemble matériel les animaux sont certainement des machines; mais, des machines comme NOUS qui SBirroivs. Ainsi, c'est dans le mot «en^'r que gît toute la difficulté. Donnons-lui un instant d'attention.

Primitivement que produit la sensation relativement à la direction des animaux ?

Peine et plai$ir. Rien d'autre, de l'aveu des matérialistes.

Qu'est-ce que le plaisir relativement à la direction

des actions ?

132 8G1BNCB SOCULB.

Une attraction.

Qu'est-ce que la peine ?

Une répulsion.

Placez donc, dans la machine, attraction et répulsion au lieu de peine et plaisir; combinez ces condilions, avec le reste de Tinnervation ; et, les machines animales se conserveront identiquement comme avec la propriété de sentir. En effet, il est aussi facile, au cerveau, de paraître juger , par suite d'attraction et de répulsion; que, de juger réellement, par suite déplaisir et de peine. Le premier mode serait]^une espèce d'intel-* ligence relative au cerveau^ une intelligence figuré--' ment dite ; et, celle de l'homme en serait une réelle^ mefit dite, relative à la sensibilité réelle. Y aurait*il là rien d'extraordinaire, rien qui ne fût très-compréhensible.

Nous savons, qu'à cet égard, les matérialistes sont en droit de dire : les animaux crient quand on les frappe ; et, rationnellement, nous sommes autorisés à affirmer : qu'ils souffrent, parce que nous souffrons et crions quand on nous frappe. Prouvez-nous, d'une manière rationnellement incontestable, o^'une manière scientifique; que, les animaux ne sentent point ; et, dès •lors nous dirons : que, les animaux font^ par automatisme matériel, par automatisme cérébral j simulant notre raisonnement ; ce que nous faisons en oiUre par SENTIMENT, dout uu raisonnement non simulé, bon ou mauvais est la conséquence nécessaire. Mais , une pa« reille réponse n'est pas du vulgaire des savants ; elle appartient aux savants réels. Et, toutes les fois que le

d^, renfenné dans cette réponse, nous sera fait avec sincérité ; nous Taccepterons avec empressement : si le public nous est accordé pour témoin.

— • < De quoi se compose la sensation? « De Taclion sur l'organe 4 « De la transmission par les nerfs ; « Du jugement par le cenreau. »

(Bérard, 14 awrW 4838.)

— Toujours le matérialisme : c'est le cerveau qui juge.

— « Les sensations sont perçues par le cerveau. »

(BaoussAis, 24 iuin i836.)

— Toujours le cerveau, jamais l'âme.

— « C*est la rétine qui apprécie les sensations de lumière. »

(DniiÊRiL, 17 septembre 1839.)

— Toujoui*s le matérialisme.

— ff Les sensations constituent rintelligencf". »

(Blainvillk, 9 novembre 1835.)

— Toujours le matérialisme.

— a C'est le cerveau qui sert de critérium à rinlelligence. »

(IsiD. Geoffroy Saint-Hilaibe, 13 mai 1837.)

— Ainsi, le cerveau est en même temps : et le critérium ; et la personne qui se sert du critérium ? Quel galimatias 1

— « La puissance nerveuse est une puissance multiple. Chaque puis-

134 SCnSNCB SOCIALE.

mucê spéciale a ses propriétés particalières. L^ihtbllisbiicb nai son ou-

GIVE DB LA PDI68ÀNCB 8PÉCULB DU GEIYBÀU. »

(FLOuwras, 17 octobre i839.)

— Comprenez-vous? Je vous en fais mon compliment.

— - ^ Les sensations constituent l'intelligence. »

(Blaintille, 9 novembre 1835.)

— Cette proposition, évidemment vraie, doit être par^ ticulièrement remarquée : c'est, sur elle, que repose le matérialisme scientifique.

Elle est vraie : parce que sentir signifie : éprouver peine et plaisir. Tous les naturalistes, tous les philosophes sont d'accord à cet égard.

Éprouver peine et plaisir, c'est avoir de Is^ mémoire. C'est rapporter le sentiment présent à un sentiment passé.

Distinguer la peine du plaisir c'est avoir de renten-dément.

Fuir la peine et rechercher le plaisir, c'est avoir de la volonté.

La faculté de sentir renferme donc : la mémoire , l'entendement, la volonté.

Par conséquent : les sensations constituent Vintelligence.

Si, maintenant, la faculté de sentir est répandue depuis l'homme jusqu'au végétal, et même jusqu'au minéral inclusivement, sans qu'il soit possible de dire, en parlant de deux degrés contigus : elle est plus certainement ici que là ; il est évident : que, la faculté de

SCIENCB 80C1ALB. 135

sentir est elle-même matérielle ; est elle-même wie des propriétés de la matière.

Nous savons que des croyants peuvent dire : l'&me deThomme est immortelle par la seule tolonté de Dieu. Mais , cette manière de raisonner n'est point philosophique. D'ailleurs, nous avons déjà prouvé : qu'une pareille proposition, rendant injuste le dieu anthropomorphe, l'anéantit : ce qui rend cet argument athée^ même pour l'anthropomorphisme.

Nous reviendrons souvent sur cette question. Il est essentiel de savoir : que, la science est matérialiste, anarchique, mauvaise, avant de chercher à la corriger. Généralement, on sere fuse : à vouloir corriger ce qu'on croit bon.

13G «CICNCE SOCIALE.

— (f Dans rhommc , le ccrTcau est plus Tolumineux ches le fœlus que chez Tadulte.

<i Le nègre est un homme chez lequel le développement physique a continué d'aTancer : c'est pour cela qu'il est plus notTé Le nègre en naissant n'est pas noir.

<c L«e cerveau du blanc est caractérisé par un arrêt de développement. Dans le nègre le cerveau a continué de diminuer comme dans les singes.

« L'angle facial est de quatre-vingt-dix degrés chez le fœtus du singe comme chez le fœtus de Thomme. H diminue le moins chez l'adulte hinnc , varie en diminuant chez les différentes races humaines jusqu*à soixante- quinze degrés, diminue plus encore chez le singe, et continue à diminuer jusqu'à disparaître.

« Le développement physique est opposé au développement intellectuel : les races singes les plus intelligentes sont les moins développées physiquemeut. Les mauvaises espèces de singes sont développées intellectuellement dans le jeune fige; ce n'est que plus tard que le développement physique a lieu et que le développement intellectuel s'efface. Le blanc, relativement au nègre, est un arrêt de développement physique : ce qui lui donne sa supériorité intellectuelle. »

(IsiD. Geofprot Saikt-Hilairi, 22 mai 1838.]

— A quoi sert ce développement crérudition ? Il s'agit de savoir : si, la sensibilité existe réellement sur toute la série. Si, elle y existe, le matérialisme est démontré. Vous dites : que, le matérialisme est à Tétat de démonstration. Alors , vous et le reste, n'êtes que des machines ; et, des machines qui raisonnent réellement sont plus absurdes : que, tous les mystères de l'anthropomorphisme. De plus : c'est nier toute moralité ; et conduire à la mort de l'humanité par l'anarchie. Vous

SCIEIfGB SOCIALE. 137

Yoolez donc que l'on en revienne à TinquiBÎtion? à moins que tous ne préfériez : voir mourir Thumanité par le matérialisme ; à la voir vivre par Tinquisition? Vos matérialistes m'ont répondu : oui , qu'elle meure!

— « Ce qui caractérise rhomme par rapport au singe , c'est l'arrêt de déreloppemeot de la face et le maintien du cenreau.

c II en est de même pour les différentes races humaines.

c Ce gui distingué V espèce des singes de V espèce humaine, c'est que àuïi l'espèce bumaîne il y a depuis Tàge fœtal un arrêt de déToloppement de la boite cérébrale ; tandis que, dans l'espèce singe, le cerreau qui, dans Tige fatal, est l'analogue du cerveau de l'homme, diminue, parce que la Iwite cérébrale, continuant son développement , augmente dans les m&cboîres ou la face, et perd du volume cérébral par la diminution de la cavité osseuse.

• Dans l'espèce humaine les facultés psychologiques vont en se déieloppant depuis la conception, âge apathique, en passant par l'âge de setbùbilité^ jusqu'à l'âge d'intelligence,

c/{ en est de même dans la série des animaux au-dessous de l'homme, 9tti a Us facultés psychologiques les plus développées. »

(IsiD. Geoffeot Saikt-Hilaiee, 19 novembre 1857.)

— Est-ce clair de matérialisme? Et, M. Isidore Geoffroy St-Hilaire, est certainement l'un des hommes les plus instruits, dans la science actuelle, de toute rAcadémie des sciences.

— c L'étude de l'inUlligenee des animaux est de la plus liaufe impor* taace. M. Frédéric Cuvier a étudié pendant trente ans les facultés inlet- ItctueUes des animaux, »

(Flociuis, il octobre 4859.)

— Et, M. Flourens est actuellement : le repré^f utant de l'Académie des sciences, pour le» sciences dites naturelles.

138 SCIENCB SOCIALE.

— « L*iBt«Uigence apptmit cliei les «nlmanx «tint d'arriver an tébrés. »

(Floubkni y 26 octobre 1839.)

— Voilà les huîtres intelligentes.

— c Les poissons ont très-peu d'intelligence.

« L'intelligence ainsi que les instincts se trourent portés à un degré ranarqnable ches les oiseaux. Di comprennent la Piftou ni l'bohbb , et même ils l'imitent. »

— Le savant secrétaire perpétuel de l'Académie des sciences connaît sans doute une parole autre que celle de l'homme. Il aurait bien dû en donner un exemple.

— « Les mammifères, continue le sarant professeur, ont plus d'intelligence encore.

a C'est par le développement de Tencéphale, et par consAquizit de l'intelligence, que les mammifères se distinguent. »

— Le PAR CONSÉQUENT cst délicicux !

— n LUntelligence du singe, continue le professeur, est trés-^appr^ ehie de Vmtelligenee de V homme, »

(Fxx)UBBHa, 26 ocMire 1S39.)

— Pour peu qu'une monstruosité vienne à se rencontrer chez les singes ; pour peu que le développement de la boîte cérébrale vienne à s'arrêter chez l'un d'eux; il ne faut pas désespérer : d'en voir un siéger à l'Institut comme secrétaire perpétuel.

— « Les facultés intellectuelles se développent de plus en plus dans la série animale, c'est-à-dire que de fitw en plus Tinstimct sb batiohâusb.»

(Blainvillb, 27 mars 4836.)

— L'instinct qui se rationalise est encore délicieux.

— c Les philosopliei natorafistes ont tons reconmi qne les fitcnltés mteDMtneUes ont pour origine le citerne nerreux. »

(Flouudis, 25 avril 1840.)

— J'en fais mon compliment aux philosophes naturalistes, qui ont la modestie de se placer au rang des brutes.

— « Vestemie de i'dmmal est rnrrsLUGiifCi ; cela n^a point été asies Ttmarqné : c^est Bl« Frédéric Carier qui a posé cette base. »

— Frédéric CuTier était le frère de l'illustre Cuvier, dont M. Flourens était, à juste titre, Télève favori.

MM. Cuvier et Flourens ont donné une bien belle base à l'existence de l'ordre social 1 La postérité, à défaut de la génération actuelle , leur en sera bien reconnaissante.

— € L'inteUîgence est la dernière expression du système nenreux. « Le système nenrenx est l'essence de Tanimalité. »

(Flouebiis, 31 ocMre 4839.)

— Puis, morte la bête, mort, le venin. Sont-ils adadmirables, ces académiciens !

— a Le eerrean est im organe multiple. Chaque organe particaUer a sa fonction particnlière.

« La fonction dn cervelet est de coordonner les fonctions des antres organes. C'est au cervelet que se rapporte la volition, »

(FLODUDiay 2 novembre 1839.)

i-iX) SCIENCE SOCIALE.

— Comment trouvez-vous un fonctionnement coordonnateur? 11 n'y a qu'une Académie des sciences, confite dans le matérialisme, qui puisse se faire représenter par un savant de pareille force.

— « Dans les articulés^ les chaînes des ganglions tendent à se réunir sar la ligne moyenne du corps ; de manière à faire croire qu*il n'y a qu^nn seul ganglion : cette centralisation est .le cerveau des Tertébrés. A mesure qnc l'animal s^élève sur Téchelle, le système nerveux se concentre, et les facultés intellectuelles sont en rapport avec la centralisation. »

(ÂuDouiNy 29 mat 1834.)

— Toujours pétition de principe, toujours le matérialisme présupposé réel. Nul doute: que, la série ne soit continue, quanta l'organisme; nul doute : que, l'intelligence apparente n'augmente, à mesure que le système nerveux se centralise. Mais, l'intelligence, dont la sensibilité est la base, est-elle réelle chez les animaux ; et, si l'intelligence' ou la sensibilité, n'existe point pour toute la série; où, cette sensibilité qui est incontestable chez l'homme, finitrcUe dans la série ? Ce qu'il y a d'incontestable, c'est que le règne moral, le règne humanitaire, existe : partout où il y a souffrance et jouissance ; et, que si le chien souffre et jouit, le chien est un homme.

— « Le cerveau est un organe complexe, et de là vient la localisation des facultés intellectuelles chez les animaux, p

(Floubevs, 15 novembre 1839.)

— C'est la statue de Gall qu'il aurait fallu prendre, pour secrétaire perpétuel de TAcadémie des sciences.

— a L'encéphale est une agglomération d'organes. »

(IsiD. Geoffeot Saint-Hilàike, 29 octobre 1839.)

SCIKKCB M)€IALE. 141

— c VnMUgme» prédMiiine llnstinrt en nison de réléfation sur TêcUla iminale. L'instinct prédomine snr Tîntelligence en raison de i*abiiiKBieot snr cette même échelle. »

(Ism. Gkoffiot Saiht-Hilairi, 29 octobre 1839.)

—Le mot instinct exprime : ce qui se fait, nécessaire* ment, par les lois étemelles de la matière. L'intelligence exprime : ce qui se fait, en raison de la liberté ; liberté qui ne peut exister, rationnellement, que chez les êtres composés : d'une âme immatérielle, éternelle, absolue, nnie à un organisme. Une machine créée ; ou, une machine résultat d'organisme ; ne peut avoir : qu'une in* telligence apparente , intelligence prétendue qui n'est que de l'instinct.

— « Dtos toute la série des mammifères il y a instinct et intelligence; et i roesnre que l'on descend les déterminations toloiitaieis bt »Èn^ CHU dminueni. »

(IsiD. Gkoffaot Saiht-Hilaiie, iZ mai JS37.)

— ■ Il y a des tiget asseï résistantes par elles-mêmes, et qui s'incli* Mot «ers la terre par une force qui leur appartient; et, comme par un effet de leur volonté. »

(MiEML, 11 avril 1840.)

— Voilà, la volonté qui s'étend : jusqu'au bois a faire des fagots. Ils en font des fagots les académiciens!

— c VintelUgence est le degr^ le plus élefé de la sensibilité. L'intelligeace ne se trouve que dans les animaux les plus élevés. »

(Blaistillb, 12 septembre 1835.)

— Le 9 novembre 1835, M. de Blainville afOrme : que les sensations constituent V intelligence. Est-ce que les animaux, du bas de l'échelle, n'ont pas de sensa»

Hi SCIBirCE SOCIALE.

la sentibilîté. Aacnn serpent B*a de conduit auditif, mais ils ont Torgane de rouïe, au moyen duquel ils ont les idées des bruits extérieurs. •

(DuHÉAiL, 5 teptomère 4836.)

— Les serpents pourront-ils entrer à l'orchestre de r Opéra?

— «Clies les reptiles, il n*y a qne la nécessité instinctifequi rapproche les sexes , et non point atCachement ou eamuxité inteUectueUe , comme dans les classes supérieures. »

(DoaiaiL, 16 sepUnUfre 1854.^

— Comment les huîtres ont de rintelligence ; et^ les serpents qui se trouvent presque au milieu de Téchelle des vertébrés, n'en ont point pour faire l'amour ! Le serpent du paradis terrestre sera peu satisfait de M. Duméril.

— « Les oiseaui, sous le rapport de VinteUigence, sont ce qu^ils doîf eut être quant au système nerf eux. Lsur intelligence est moins développée que chei les mammifères. »

(ISIO. (jlOFFftOT SAIMT-HlLAltl, 14 fiiaî 1836.)

— « Un oiseau à ailes aiguës passe auprès d'un oiseau de proie à ailes obtn«es sans aucune crainte^ parce qu'il a conscience de la supériorité de son Tol ; et l'oiseau de proie à ailes obtuses ne poursuit point la proie à ailes aiguës, ayant aussi la conscience de son impuissance.

« Les oiseaux de proie savent tellement bien calculer leur chute, qu'ils mesurent leurs mouTements de manière à écraser leur proie sans se fra* casser contre le sol. »

(IsiD. GxoFFiOT SimT-HiLAni, 25 mai 1836.)

— Et , tout cela sans avoir suivi un cours de mécanique, sous un professeur de l'Académie. Je commence à croire : que, les professeurs ne feraient pas mal de se mettre à l'école chez les oiseaux.

— « Le faucon est pins hardi , a VimteiUigenee plus déœhppée riBCi

^VL est mieux armé: il va chercher la proie dans les airs. La buie, fitM'n^ Qrmée, se borne au cadaTre : elle a t intelligence moins dévelcppée, »

(BudMTiLLB, i2 avril 1836.)

— 11 parait : que, chez les oiseaux, c'est comme chez nous : la charogne pour le faible et l'ortolan pour le fort. Casti a eu beau mettre les animaux en révolution, cela n'a rien changé.

— c L'oie n'est pas stnpide ; cette réputation est due à sa démarche : iUe moudre une inteUigenee irès-^dévehppée. »

(IsiD. Geofprot Sairt-Hilaiib, 50 juillet 1836.)

— Témoin le Capitole.

— c La poule donne des soins eitrèmeknent tendres et extrêmement iMUgenis â siâ oeufs pendant Tincubation. »

(IsiD. GEOPyROT Saint- HiLAiBB, 7 juillet 1836.)

— Et, le réveille-matin, qui vous obéit à la seconde, croyez-vous qu'il n'ait pas des soins autrement tendres et autrement intelligents pour son maître : ce qui est plus désintéressé encore, que d'en avoir pour ses petits?

— c Le pie a la notion très-parfaite des arbres f ermoulai où il y a des insectes. »

(biD. GiOFFftOT Saint-Hilaieb, 6 juin 1836.)

— Et, si VOUS avez une paillette de fer dans l'œil, le barreau aimanté a la notion trhs-^rfaite : de l'endroit où elle se trouve ; et , des moyens de Ten retirer.

— « On fait coQTer des chapons. Lorsque celui-ci condoit let petits, il

146 8GIB5CB SOCULl.

«si nspeeté des aalrei oîicaiix de son espèce : il raprsiMl «o» rtmg àtms LA êocttfÈftÊtl'^mé. m

(liiD. GmtFBOT SÀiMT-HiLAïaK, 7 juilkt 1836.)

— De pareilles phrases feraient fortnne dans un club l surtout dans un club d'académieiens.

— « Les constructions des castors sont-elles des effets de i'intelligeiiee ou de Tinstinct, d'un instinct sTeugle^ ou est-ce une suite de rinstraclion?

« D*ak>rd le castor conatmit en dehors du besoin.

« Un castor était à la ménagerie, dans une botte ouverte à tout Teat. H entrelaça» avec des branchages» les barreaux de sa cage, les remplit de carottes et de pain ; puis ayec de la neige il tapissa le tout. Cet animal était sans éducation aucune de ses parents; donc^ il dcTait le tout à l'instinct : aussi son cenreau est peu déreloppé. y»

(ISID. GlOFFI^OT SAlItT-HiULIlB, 16 jfUUet 1835.)

— Et, cependant le castor, dans la série, est bien au-dessus du chapon. Je parie : que, si ce castor avait reçu de l'éducation, il aurait été supérieur au chapon. Si l'on donnait l'éducation aux prolétaires, Sb vaudraient souvent mieux que des académiciens } et cela , sans se donner beaucoup de peine.

— c V^éphant est mains inteUigent que le chien, m

(Isio. GiOFFaoT Saiiit-Hilaux, 16/tM0ef 1835.)

— Allons! encore une réputation qui se perd. Si, l'éléphant possédait le jargon académique, que facilement il prendrait sa revanche sur les académiciens I

— « Gliei les éléphants, les cheb sosit ceux ^ ont doué des pnsfcs de courage ; les vicieux sont exilés es là aocini. »

(FLOcuotSk 16 monewére 1839.)

SCISNC& SOCIALE. 1^47

— Les académiciens devraient bien aller prendre des leçons chez les éléphants.

— « Les chats ont beaucoup éTMeUigmce et une grande adresse pour DU6IIII de? roMs; Leur eervean comporte tous les éléments de Vintelligettee, >

(leiD. GioFFROT SAurr-HiLAttB, 16/utn 1835.)

— Anssï, Casti en avait fait le ministre de la police des quadrupèdes.

— « Le ehst ae not» sert qne pour son ayantage. »

(PLOUBSifB, 16 novefnbre 1839.).

'— Je suppose : que , c'est pour son avantage dans cette VK. En présence du matérialisme, ce n'est pas si bète.

— cChes le barbet us facultés inteUectueUes sont trés-développées : 1« ceneau s^eat accru. »

(Isn>. CrKOFFKOT SAiMT-HiuiaE^ 2 juillet 1835.)

— «Le poil laînem ne sa trouTe que chez le chien peu civilisé, comme chei le chien de la NouTeile-Hoilande. »

(FLOUftsxrs, 14 novembre 1839.)

— n parait : que, chez les chiens, la civilisation ar* HTesans révolution. Nous devrions bien aller à l'école chez les chiens.

— « Les animaux à poil ras habitent nécessairement les pays chauds, quoiqu'il» n^aieni poini„ commA rhomme, l'amonr de la patrie. »

(Dbspoktits, 15 mai 1840.)

*— C'est bien domiNug» z car , Vammur àe la patrie est le chef-d'œuvre de la eivilisatioa*!

i48 SCIENCE SOCIALE.

— « La condition de perfectibilUé de Vintelligence des chiens, par le développement de leur cerveau, prouve la perfectibilité d'intelligence des races humaines , par le développement de leur cerveau.

« Les développements du cerveau, occasionnant la perfectibilité de l'intelligence, se transmettent par génération. »

(IsiD. Geoffbgt Saint-Hilairb^ 24 juin 1837.)

— Je suis charmé : que, la preuve de perfectibilité iûdéfinie de notre intelligence, ait été trouvée chez les chiens.

— « Vahoiement des chiens est un lingagb acquis. Vaboi^tnent est une véritable laugub que les chiens apprennent comme nous apprenons les langues. Les sons, ches les roquets , ne peignent quVn petit nombre d*iDÉBs ; tandis que, chez les chiens de chasse^ les sons peignent un bien plus grand nombre d'iviiMS. ^

a Les IDÊBS acquises se transmettent par la génération. Les chiens, maintenant , aboient naturellement le^ mendiants , par suite de Téducation donnée aux pères. 9

. ( Gboffbot Saint-Hilaulb, 27 juin 1S57.)

— Alors, le fils d'un professeur, au Muséum d'histoire naturelle, devrait propager le matérialisme, même sans apprendre à parler.

— « Vintelligence^ chez les chiens, est plus facile à développer que cliei les chevaux, parce que le cerveau est plus volumineux chez te chien que ches le cheval. »

(Floubbns, 14 novembre 1839.)

— a Les plus petites races de chiens sont celles oiî Tencéphale prédomine : c'est que la forcé diminue toujours, à mesure que TintelUgence augmente. »

(Isio. GionnoT Saiht-Hilaibb, léj%Un 1837.)

— Et, voilà pourquoi, sans doate, les académiciens sont d'une force herculéenne.

~ c Depois que les singes sont en demi-liberté an jardin du Musée, ks FoiCTiOHS de l'inlelligence se sont modifiées, »

(IsiD. Geoffroy Saiht-Hilairb, 31 mai i858 )

— Vous verrez : qu'un de ces jours, ils feront des TÎsites de candidature.

— a VitUelligence des cynocéphales varie avec le développement physique de leur cerveau, c Les singes hurleurs ont beaucoup d^inielligence. »

(IsiD. Geoffeot Saint-Hil&iee^ 27 mai 1837.)

— Alors, eriez'leur donc : Dignus est intrare.

— « Ches les gibbons, les mères sont extrêmement tendres pour leurs petite : c*est du reste le trait de la conformation morale de cette espèce. »

(IsiD. Geoffeot Saint-Hilaiee, 18 mai 1855.)

—Conformation morale est charmant !

— « Dans le saîmiri le volume du cerveau est supérieur, proportion gardée, au cerveau de plusieurs races humaines.

« La pmssAncB intellectuelle est au summum dans le saîmiri. »

(IsiD. Geoffeot Saint-Hilaiee, 50 mai 1835.)

—Puis, étonnez-\ous donc : que, des négresse soient prosternés : devant des singes élevés sur des autels ! (-'était preuve de jugement.

Combien de blancs, alors, devraient imiter ces nègres.

— « Le développement de V intelligence, du saîmiri équilibre ce qui loi manque sous le rapport du développement pbysique. »

{IsiD. Geoffeot Saint-Hilaiee, 1 juin 1858.)

i50 SCIENCE SOaALE.

— Et le sàïmiri ne s^est pas encore fait le roi des singes I Le saïmiri est un égoïate.

— « L'i'n^e//f^0fice de Vouistiti est en rapport tTec le déreloppement de son cerrean.

« La même chose existe entre les difTéreotei raees homaina. b

(IsiD. GiOFFaoT Sairt-Hilaiib, 30 mai 1857. »

— Et, sans doute aussi, entre les différentes races de puces.

— « U y a, dans Porang-ontang, des &it8 de développement intéUectuel et de spoRTAiiÉnrÉ méillb. Il y a, chet les orangi : calcul^ miaonimirr,

aiFLIXlGH. »

(Isin. GiorFaoT Sairt-Hilaibb^ 26 mot 1838.)

— J'en suis bien aise 1 Cela fait équilibre avec les académiciens qui déraisonnent.

— « Maupertuis disait : qu'il aurait préféré avoir un quart d'heure de couTersation avec un orang , qu^avec le premier philosophe du monde. »

(IsiD. Gboffiot Sàirt-Hilaibb, 26 mot 1838.)

— Pour ce qu*il y avait à gagner avec le philosophe, il est possible que Maupertuis ait eu raison.

— • « Le troglodyte est plut prés de l'homme que Torang.

« Les principaux détails du cerveau du troglodyte sont les mêmes qoe chez rhomme : seulement il y a moins de circonvolutions. D en est dn reste de même pour le nègre vis-à-vis dn caucasique ; bt, il t ▲ plus di niFFitmcci bicteb l'homiib db la bacb caucasiqub bt l^hghmb ob la bacb

HÈOBB, QU*BRTBB l'hOMMB OB LA BACB NÈ61B BT LB TBOGLODTTB. »

(Isin. (xBGFFBOT Sàiht-Hilaibb, 26 mai i838.)

— Nous verrons aux titres II et III : que, cette doc-

SOnCI BOGIALB. 151

trine conduit : soit au despotisme le plus atroce ; soit à l'anarchie la plus effrénée. La citation suivante de M. Bérard, qui ouvrira le prochain chapitre, est la con* séqu^ce inévitable de cette même doctrine.

182 SCIENCE SOCIALB.

— a II ne faut point proscrire les vivisections, sous prétexte des douleurs que l'on cause aux animaux : TunLiTÉ JCSTins ce qu*oii appelle

GKUAUTi. »

(Bérakd, 7 avril 1840.)

— Celse, contemporain d'Auguste et ami d'Ovide, était d'un a^is différent. Voici ses paroles :

Après avoir dit : qu'Hérophile et Érasistrate ont ouvert tout vivants les criminels que les rois leur abandonnaient, pour saisir, sur le vif, ce que la nature leur tenait caché, il ajoute :

— « Ce qui est cruel , c'est d^ouvrir les entrailles à des hommes vivants, et de faire, d'un art conservateur de la vie humaine, Tinstrument d*une mort atroce ; surtout quand les questions qu^on essaye de résoudre, à Taide de ces affreuses violences, ne sont jamais qu'imparfaitement connues, ou pourraient être éclaircies sans crime. »

— Et cependant Celse était panthéiste, matérialiste, etc., car voici comment il- s'explique sur l'origine des dieux :

—a II est constant que la science médicale fut bien plus cultivée chez les Grecs que chez les antres peuples , non pas, il est vrai, dès leur première origine, mais peu de siècles avant nous, puisque Esculape est célébré commele plus ancien médecin. Pour avoir montré, dans la pratique d'un art

SCIEMGB SOCIALE. 153

encore iororme ci Tolgaîre, tin peu plus (thahiUté que ses devanciers^ il fol reçQ ptrmi les dieax. »

(Préiiace des CEiwres de Celse, trad* du docteur des Étangs.)

— < C'est dans l'homme que se trouve le plus grand déTeloppement de rintelligence, ce qui dépend d*uD plus grand développement du système Derreox. »

(Blairyillb, 12 avril 1836.)

— Est-ce clair de matérialisme?

— « Les instincts, chez Thomme comme chez les animaux , dépendent d'organes existant dans le cerveau. La vénération, le respect pour les chefii, l'amour de l'ordre et Vintelligence existent chez beaucoup d'ani* mani comme chez l'homme. Certains phrénologistes ont refusé aux chiens les quaUtés supérieures de l'homme : je proteste conire celte doctrine. »

(Broussais, 5 juin 1S36.)

— Le sacré collège protestait aussi : contre la doctrine de Galilée.

— a II est dans Vinstinct de l'esprit humain de faire des comparaisons.»

(IsiD. GsorFROT Saimt-Hilaire, 8 mat 1838.)

— De l'esprit qui a de Tinstinct ! ! Nous (ivions cru que l'instinct appartenait exclusivement à Torga- DÎsme.

' —• la croyance est un acte instinctif de V homme. »

(LBsaxiNisR, 5 décembre 1835.)

— Alors, intelligence et instinct sont une seule et même chose^ C'est juste : au sein du matérialism^ I

-- « Toujours, il y a eu des croyances religieuses qui naissent , se dé--

184 SGIBIIGE BOOIALB.

veUippenl et tomhmU en àéeadence, comme toat ce ^ ei( iMmuin» comme les opimoKS philosophiques, dont Us croycmces rtUgimue$ ne emU gu'wH forme. Les croyances religieuses sont un besoin, Sextus EmfMricns a (ait, à tort, abstraction de ce besoin* »

(B^azttiLiMT Saut-Hiuxu, 26 mot 18iO.J

— Cela signifie : qu'il n'y a de vrai que le matérialisme.

^~' 9 On ne fait rien en hbligiom , comme en tout , sahs àrgiht : il faut donc que le pouvoir religieux ait un temporel. 0

(LBroBKAim^ 25 moi 1840.)

— C'est juste. M. Aug. Comte, pape du positivisme, ne demande, pour son clergé matérialiste : qu'im budget de 1500 millions.

— « Le scepticisme n*a tort qn^en généralisant le doute ; car, toute saine philosophie établit le doute spécial. »

(Bàrthélbmy SAiHT-Hiuias, 26 mai 1840.)

— Voilà une santé philosophique qui équivaut à la peste.

— « On ne peut réfuter le scepticisme que par la démonstration d^Arîstote, basée sur Tindémontrable. Seztus Empiricus a nié Tindémontrable. Nous, nous admettons des vérités étemelles quoique indémonira" blés, »

(BabthAlbht SAUTT-HiLAïaB, 26 mat 4840.)

— Je suis persuadé : que, M. Barthélémy Saint-Hilaire admet aussi le gaUmatias.

— « Premier motif de scepticisme (i).

(1) Ck>mmentaire sur Seztus Empiricus.

< Les ■mnaax ont ém wewM «t jageot dei ehtttê «nlFement qne nmu. f II est certain que les sens existent ches les mimaoK comme ckei

■ODS, qa'ïk rat de rintelligenGe, mais pas à l'égal de Thomme. Quelle est II différence? Gela n*a jamais éfé résolu et probablement ne le sera jaoïais. »

(Baithélext Sairt-Hiuliii^ 26 mai 1840.)

— M. Barthélémy Saint-Hilaire prend son horizon pour les bornes du monde.

— c Ches tous les Tertébrés, il y a des phénomènes psychiqites de daiz sortes:

c i* L'intelligence : manifestation d'actes ayec conscience et volonté ;

c 2*» L'instinct : manifestation d'actes sans conscience ni Tolouté.

c Dans les vertébrés il 7 a spontanéiiét lUferté^ eoeûstence de rintellignee et de l'iostiBct.

c L'intelligence et l'instinct sont toujours en raison inverse.

c Tons les vertébrés peuvent être divisés en deux calégories :

• i<* intelligents ;

a 2» InfttÎBCtils*

t Gbes les singes et les camassie», il y a prédaniBancft încontaftahk de rinteUigance sur Tinsliiict.

cCbei les rougeurs, il y a pnédMiiinance de rinstiact sur Tintelligence.

< Dans rbomme, il y a prédominance très-grande de l'intelligence sur llnstinct. 11 lui est même impossible de concevoir l'instinct. »

— Âlors^ comment avoir idée d'une chose qu'on ne peut concevoir? Et^ pourquoi parler d'une chose, dont on ne peut avoir d'idée ?

— a L'intelligence, continue le professeur, est proportionnelle : c Au développement du cerveau ;

«Au volume des hémisphères; « Au nombre et à la profondeur des circonvolutions : c A la grandeur du trou occipital, qui est en rapport avec la masse encéphalique. 9

(biD. OiOFFiOT SAnrr-HiLAni, f 2 septembre 1837.)

— Est-ce clair de matérialisme ?

156 SCIENCE SOCULB.

— «c C'est l'instinct qui constitw les bociètèb : chB% Vhùmme^ comme chez les autres animaux, »

(Flouikhs, 16 novembre 1839.)

— Alors, socialistes et politiques : ne vous tracassez point. Car :

<f L'instinct est une manifestation d'actes sans conscience ni volonté. »

— « L*homine est sociable. La brute elle-même recherche ses eemblables. »

(MACiEBL, 5 maî 1840.)

— Cela signifie-t-il que la brute est sociable ? Pourquoi pas? si, les lois de Solon dérivent de l'instinct.

— c( L*homme a plus d'intelligence que le reste des animaux ; mais, il est irrationnel de donner le raisonnement comme caractéristique de l'homme, parce que le raisonnement existe dans beaucoup d^animaux, »

(TsiD. GvoFFROT SAmT-HiLAiRB, 15 décembre 1857.)

— Sans cela, où diable en serait le matérialisme ?

— « La prédominance des lobes cérébrauT cARAcriaisB l'humahité. »

(IsiD. Geoffboy Sairt-Hilaieb, m décembre 1837.)

— Ainsi, toute la différence de Thomme au singe, à la buse, au reptile, au poisson, est un peu plus de matière cérébrale. Mais, non. Il en est une autre; nous allons la connaître.

— «Ce qui place Thomme au-dessus des autres animaut, paoTiSNT non point seulement de la prédominance de son intelligence, supériorité relative à la prédominance de son cerveau, mais encore de ce qu'il est

OMMITORB. »

8CI£lfCE SOCIALE. 157

— Et, le cochon qui est omniTore; et, le canard qui est omnivore ; doivent-ils céder le pas à Thomme ?

— «LHotelligence , ainsi que la spontanéité, dépendent de la sensibilité; et, la sensibilité du btstèhb nbrteux. Dans les mollusques, le sys^ ténu nerveux disparait ; et, par conséquent, la spontanéité, »

(IsiD. Geoffaot Saint-Hilaibe, i*^ décembre 1837.)

— Diable ! voilà l'huître privée de son peu d'intelligence. Elle en appellera, je le répète.

— a Être sensible, c'est sentir l'action d'un corps extérieur. L'effet de la sensibilité est de faire se rapprocher ou de faire se retirer l'être sensible des corps extérieurs : selon la sensibilité de Vitre, »

(Blainyillb, 12 avril 1S36.)

— Et, voilà pourquoi : les pôles opposés s'attirent; et, les pôles de même nom se repoussent. Dès, que le mouvement est donné comme caractéristique de la sensibilité, tout ce qui se meut, d'une manière apparem^ vient spontanée, est sensible. Le fer est sensible devant l'aimant. C'est , sur la sensibilité , ainsi déterminée , que reposent : la série continue des êtres ; et, le matérialisme de la science.

— a J'approche cet aimant de ce circuit ; ce circuit en a-t-il le senti" ment ? Ouï, sans doute. »

(PoniLLBT, 6 mai 1837.)

— J'en suis charmé ; et, cela me fait un extrême "* plaisir. Sans doute, il y a réciprocité ; et, l'aimant sera également sensible.

158 SCISNCB SOCIALB.

— c La seosibilité, produisant le moaremeiit, la namnie voUmté. »

(BLÀiinriLts, 12 avril 1836.)

— Ce qui fait : que, l'aimant est très-volontaire.

— * « Le monremeiit Tolontairey ainsi qne le sentiment, dépendent de la force nerveuee, v

IKFlourbitb, 15 aci(Àjre 1839.)

— Ce qui rend l'âme , complètement inutile : pour avoir une volonté.

— « La volonté est une impulsion instinctive qui appartient i chaque organe. »

(BaouBSAis, 13 avril 1836.)

— C'est la volonté du canard en porcelaine, qui, avance ou recule : selon le bout du barreau qui lui est présenté.

— « Le cerveau juge les sensations. De là, fonction de perception et d'entendement : d'ù^y dérive le moral : pour la fonction relative à la oo-

lonté. »

(BiRAED, 14 avrU 1838.)

— Je suis charmé qu'un cerveau puisse juger. Et , ces messieurs reprochent les entités aux métaphysiciens! C'est pure jalousie de métier.

— a Les poissons ont peu de sensibilité et beaucoup dirritabilité. Ds ont le vouloir et le non-vouloir : cohvi nous. »

— Cela concerne les pêcheurs à la ligne.

— « Les poissons, continue le professeur, quoique muets par k v#ix.

SCiBMCB SOCULB. 180

ont letiilétt des wn» comme nom» Us s^enleiideiit entre eux et se com« moiii<|iient leurs idées : par les vibrations de leurs nageoires. »

(DcuniL, 9 septembre 1859.)

—Quelque ricËeules que paraissent ces propositions, elles sont, néanmoins, d'une exactitude mathématique : II, les poissons ont le sentiment de leanstence. C'est ee qae nous démontrerons aux titres II et III. Le savant pmfesseor a bien senti : que, le matérialisme scientifi- (pie exigeait le langage chez les poissons : il a été logique.

— « Chet les reptiles, la respiration est arbitraire; c'est-à-dire : qu'elle se &it d [a volonté de Vanimal. »

(DuhAril, 5 septembre 1836.)

— Pauvre volonté ! à combien de sauces n'estrclle pas mise!

—-«Les reptiles sont des êtres animés; c'est-à-dire : doués de mouvement, et perceyant les corps extérieurs , pour se diriger vers eux ou s'en Hoigner ; selon Uur voUmté. »

(pDMBHiL, 6 septembre 1856.)

— n est évident : que, si l'homme, exclusivement matière, a une volonté réelle ; il n'y a pas de raison : pour, que le reptile, n'ait également une volonté réelle.

— c n y a, dit'On^ dans la tête de l'homme une intelligence ^ui Juge, qui Teai; alors c'est un homme assis dans la (été d'un autre homme. Cest une supposition donnée comme une réalité : c'est iMinniMERT rincuLB.

c Demander wa point eestrat^ c^est demander un hemme, oit esprit plteé dans la glande pinéale^ oo ailleurs, pour être phis à sou aise : c'est

AiSGlDE. >

(feorssAis, 15 avril 1836.)

160 6C1ENCB SOCIALE.

— Toutes les fois que rame immatérielle, éternelle, absolue, ne sera point considérée : comme constituant exclusivement l'individualité réelle ; comme constituant exclusivement la base de Thomme, sous quelque forme qu'il apparaisse; le professeur sera dans le vrai. Et, aussi longtemps que Texistence de Tâme immatérielle, éternelle, absolue, n'est point démontrée comme une réalité; et, que tout bûcher d'inquisition se trouve éteint; tout professeur aie droit de s'exprimer ainsi. Il y a plus : il a le pouvoir de se faire croire, par des audi* teurs incapables de comprendre : combien la confusion, de la fonction avec l'action, est absurde.

— « U n'y a point d*organe central dans le cerveau : cet organe central est une liypotlièse. Le hoi est une fonction coxpossb comme toute

ADTBE.

a On a dit à 1* Académie de médecine que le moi tue la multiplicité des organes cérébraux. Je nie le moi : il n*y a pas d^organe central. »

(Bhoussais, l«r juin 1836.)

— Là, OÙ il n'y a que fonction, nier le moi est logique . Ce qui est illogique , c'est : de dire je , après avoir nié le moi. Là, où le mot réel n'existe pas, il n'y a rien de réel ; et , tout est exclusivement phénoménal.

— > « Lesphilosophes ont dit: qu'ail y avait un moi, pour pereeYôir les sensations. Cela u*est pas : il tCy a pas de moi.

« Le moi est un être hypothétique : appelé Ame, esprit^ sensoriwn com^ mun, ou tout ce que tous Youdrei. »

(Baoussiis, i0/ttml836.)

— ^Le lecteur ne perdra jamais de vue : que, c'est pour avoir professé ces doctrines, tant en chaire que dans ses écrits : que, le docteur Broussais a été nommé

SCIENCE SOaiLE. i61

membre de Tlnstitut, section des sciences morales et politiques. Où demanderez-yous ? À Charenton? — Non, à Paris.

— « Un mai antérienr à la sensation , une sensation antérieure an moi, sont des abstractions de m^re esprit, a dit M. Royer-Collard. »

(Valktte, 8 juin 1837.)

— Qu'estce que cela prouve ? Que M. Royer-CoUard était aussi matérialiste que ses collègues.

— « Pour iaîre de V esprit^ on distille de la matière jnsqa*à rendre le produit ioTisible : cela s*est toujours £iit et se fera toujours. »

(Broussais, 10yum1836.)

— Et, toujours Tignorançe vaniteuse dira : Je sais ; quand elle sait fort bien : qu'elle ne sait pas.

— c Tout bst matérul. le spiritualisme est une négation, et une négation h'a pas dk talbub. »

(Broussais, ^ juin 1836.) '

— Le spiritualisme est l'affirmation : qu'il y a deux natures : la nature matérielle et la nature immatérielle.

Le matérialisme est l'affirmation : qu'il n'y a qu'une nature : la nature matérielle.

Le spiritualisme est la négation : que, la nature matérieUe est unique.

Le matérialisme est la négation : que, la nature immatérielle existe.

U n'y a pas d'affirmation qui ne soit négation de la u il

162 SCmCE 80GULB.

proposition opposée ; U n'y a pas de négation qui ne soit raffîrmatioD de la prqpositiûa opposée. Tout cela est logomachique.

— « Je crois ^*i{ est knpostl^ dt prouver que nous sommes suBS-

TAMCX. »

(yÀLBTTB,8itt<fll857.]

— De nos jours, il faut laisser les croyances aux saint Augustin , s'il en exkte encore. Un professeur devrait dire : Je sais ou je ne sais pas.

<— « Newion se demande : 8iy.réiher n'est pas la cause des mouTemenla des animaux. »

(Becquerel, 15 avril i839.]

— Cette citation de Newton a été faîte dans le but : d'inclure l'homme au sein des animaux. Ce n'était point là Tintention de Newton, qui croyait à l'existence de l'âme pour l'homme. Mais, cela prouve : que, Newton, empiriquement, était de l'avis de Descartes.

— a Tout dans l'homme est relatif i l'ionerTation. »

(BteARD, 14 aortl 1838.)

— C'est toujours la même ritoumeUe.

-» «, Le système nerveux est on mamrais ^stàme j^mu servir dft basa à une classification. L$s caractères de l'espèce humaine se trouvent issbh- TiBLLEHENT dans Ics orgoMS de la génération et de Ut nutrition, »

(àiMB^Sl éàosmbre 1859.)

— Si encore le professeur avait dit : de l'organisme

.8CIBIfC8 80CULE. 163

hnmaiii I II est vrai que pour lui il n'y a que des organes.

— cD ett impouibU de d^erminer f espèce humaine par ruiTBLUGiHci, eeU^€• éUuU graduettemerU répandue : c'est dans les profondeurs de Vor^ gamsation quUl faui chercher cette détermination. »

(S1EIB8, 27 décembre 18390

— Tous ceux qui ne sont pas étrangers aux sciences physiologiques connaissent le mérite de M. Serres. Pour le Tolgaire , nous dirons : que, M. Sen^ préside souvent l'Académie des sciences, ce qui indi« que : que, cette doctrine n'est point repoossée par cette Académie. Et, en effet , si Tintelligenee était graduel-* lement répandue, ce serait dans les oi^anes de la génération , qu'il faudrait rechercher les caractères de Ftifèce humaine.

— «G*ettle défeloppement à» la masse eaeéphaliqiia ç^ conspue la supériorité de l'homme sur le reste du règne animal, »

(Sbirbs, 25 novembre 1839.)

— Et, alors, il faudrait se rappeler : que, Bf. Geoffroy Saint-Hilaire a dit avec beaucoup de raison : qu'il n'y a pas d'espèces dans la série zoologique ; qu'il n'y a que des races, doBt l'origine se perd dans la nuit des tfflsps.

— « J*ai déjà dit Vespèee humaine ; je devais dire le genre humain t parce qu'il y a plubisues bspAcu humaihxs.

« On a Toula classer les races par rinieïïigence ou rnraftPHALB ; mais cela élaît impossible : par la ?ariation de Tangle facial, chez Vhomme et les OMtres races animales. »

(SniBs, Z Janvier 1840.)

164 SCIEKCB 80GIAU5«

— ÂTec la série continue : tout est homme ; rien n'est homme. Le matérialisme est à la fois : et le pan* théisme ; et le nihilisme.

— « Les races bumainei sont inégales en forces physiques et morales. Les races les plus fortes pèsent et héckssaihkmext doivent peser sur les plus faibles.»

(Suftis, 29 janvier 1840.)

— Voilà l'application inévitable du matérialisme des gouvernants : c'est le despotisme de nation à nation ; et, comme suite nécessaire , le despotisme, au sein de chaque nation, du plus fort siu* le plus faible ; du matérialiste sur le superstitieux. C'est ce qui a existé depuis l'origine de l'humanité. Maintenant, que la superstition se détruit ; et, que le matérialisme se généralise ; la conséquence, de cette généralisation, est une anarchie générale qui pourra seulement disparaître : lorsque le matérialisme aura lui-même disparu du sein de la science.

— « Il 7 a diTerses espèces d'hommes.

« Un physiologiste a touIu faire de ThonSme un être à part. Quilu ii>iB 1 ! »

— En effet, c'est une bien singulière idée : que, de vouloir placer sur deux lignes différentes : l'homme et le crapaud.

— « Linné lui-mime, continue le professeur , atait placé le troglodyte dans le genre homo.

a La définition faite pour l*homme à^animal raisonnàlAe est aussi mauvaise que celle de bimane. Pour que la définition fût Bomcx, il fan-

8G1BNGE SOCIALE. 165

ànii que clias Us anUres animaux il H*y eût pas de raison, pas é^intêlli-' gtnee; or msoHirs h*osb plus soutemie cette tTRAiiGE propositioh. »

(BsRARD, 14 avril 1838.)

—C'est uoe proposition bien étrange, en effet, que de prétendre : que, Thomme n'est pas de la boue. Il est vrai : que, cette proposition étrange n'a plus lieu : que, hors les académies.

— c Xe raisonnement s'étend très-loin sur l'échelle animale.

c On voit lef hirondelles s^assembler pour le départ. 11 y a entre elles liea de rassemblemenl. Elles consultent pendant un jour , et elles partcBila nuit, pour éviter les oiseauœ de proie. »

— M. Isid. Saint-Hilaire est aussi certain de ce qu'il vous dit : que, si lui-même avait présidé le conseil des hirondelles.

-^ a Les individus d'une troupe s*aident, continue le professeur , et les troapes s'aident entre elles.

."9t« Des moineaux ayant pris un nid d'hirondelles» des hirondelles furent chercher de la boue, toutes en firent autant, et elles murèrent le nid.

• Uoe hirondelle fut prise par un fil sur un toit; toutes les hirondelles trrÎTèrent, et à coups de bec elles brisèrent le fil.

« Une belette fut soupçonnée par les hirondelles : elles la tinrent captife dans son trou.

< Ghes les hirondelles il y a intelligence,^ il y a raisonnement. »

(Isin. Gboffeot Saint-Hilairb, ii juin 1856.)

— Soit! Alors, quand vous vous exercez au tir, sur les hirondelles, vous êtes un assassin.

-^ c Ce n*est point au ponce que Vhomme doit sa supériorité sur les tnimauXy ainsi qu^il a été prétendu, c'est à son cerveau, « Le boscfaimane est la transition diT singe à Thomme. »

— Voilà la qualité d'homme refusée au boschimane.

196 SClBliCB aOCIAiift.

Dès qu'il y a gndatioa ÎBseniible, eoBçoit-Mi où eela conduit en politique?

a II est certain, contione le professeur, que les espèces ne sont point •bsolnes y on passe insmHbletmnî de Tune à l'antre ; et, chê% les anhnauxj comoM ckeM les jrfonfaf, ki ngfèot$ stml rekUwu à des eareusUrei âmmniiiis. »

(BiiitD, 14 amrU 1838.)

— Et, c'est à cet arbitraire que l'on doit : de placer le boschimane au rang des singes.

— « L'homme n*arrife à son état parbit qu'en passant par tMrta la série animale : c*est àihsi qu'il se trouve réellement en tète de la séné.»

(SiaïKa, 9 février 1840.)

— Oui, quant à Torganisme. Mais, s'il n*y*a qu'organisme : il n'y a ni tête ni queue ; ni premier ni dernier ; il n'y a qu'un grand tout.

— « Le rè^e animal pe«t être «onsîdéré conme vu animal en Toie de dévMoppaoMiA. a

(Snm, 9 /yvrwr 1810.)

— Toujours le grand tout qui n'est rien«

-^^ a T a^vw wBcTCMea aspacas « Qu'est-ce qu'une espèce?

« U y a plus da différaaea anira k rana ranrssiwwn et la race koUenlote qu*il n'y a de différence entre le cheval et rine, l'âne et le sèbre, le . daim et le cerf.

« La race holtentote est la plus rapprochée du singa. a

(lan. GnnnoT Sanr-Hiuu, 13 mai 1837.)

— H. Geoffroy Saint-Hilaire a dît avec raison : qu'il ne peut y a^oir d'espèce absolue, au sdn de Tor-

SCIBRCB SOCIALE. 167

ganisme, au sein d'une même nature. Pour que des espèces absolues puissent exister, il faut : que la nature matérielle et la nature immatérielle puissent coexister. Alors, il y aTespèce intellectuelle et l'espèce matérielle. La question, alors, est de savoir : où finit, d'one manière absolue, l'espèce intellectuelle, l'espèce humaine; où commence, l'espèce purement matérielle.

~ « On imvale les anioiauz en préteitant un prétendu mur d'airain entre Thomme et eui. G'bst infamb : rien ne sépare l'homme des animaux. »

(fiaonsAAis, V"" juillet 1836.)

— Vous voyez : que , les matérialistes se mettent en colère. Il faut le leur pardonner, ils ne sont que des machines.

— « Ge qui cffaei rhonme constitue le moral existe' cfaes un grand nonbre d'aniiiuinK. »

(BaoussAis, !«' juin 1856.)

— Alors, pourquoi les tuez-vous ? Mais, demander de la logique, à ceux qui, vis-à-vis de la logique, nient la logique , est très-illogique .

i63 SCIENCE SOCIALE.

— « Par la Toix, les animaux se communiqueDt leurs désirs^ leurs besoins. »

(DoMiBiL, 20 septembre 1836.)

— Et , probablement, ils ont des tribunes et des gouvernements représentatifs.

— « Le crapaud accoucheur porte les œufs de la femelle huit ou quinze jours, selon la chaleur de Talniosphère. 11 a la conscience du moment où les œufs doivent éclore ; alors il va à Teau, dont il est souvent très-éloigoéy pour y déposer les petits au moment qu'ils éclosent. »

(DuHÉBiL, 22 septembre 1836.)

— Vous voyez : que, chez les crapauds, il n'y a pas d'enfants trouvés. Ce que c'est que d'avoir une conscience aussi sorcière !

— aCommenous, les animaux sont conduits par la peine et le plaisir.»

(Valette, 9 itttM 1836.)

— Ce qui procure, à M. le professeur, le plaisir de professer le matérialisme comme M. Jourdain faisait de la prose : sans le savoir.

«- a Le chien est très'intelligent , car il est très-édacable ; et, sans in« telligence il n*j a pas éducabilité. »

8CIBNCE SOCIALE. 169

— Le professeur se trompe. L'éducation se donne à l'organisme. L'instruction seule est relative à l'intelligence.

Dans l'esprit du professeur les pêchers de Montreuil sont très-intelligents ; car, l'éducation qu'on leur donne, leur fait produire d'excellentes pèches.

— ft Le chien, continue le professeur , a été amené à an grand degré de dTiLUATiOH ; car, ce mot peut lui être appliqué. »

(biD. GioFFioT Saxht-Hilairi, 24 juin 1837.)

— Sans aucun doute. Voyez plutôt les chiens savants : ils donnent des séances plus amusantes que celles de l'Académie.

— « CivHiiaUon et domestication, c'est une même chose : s'il y a deoxmotSy c'est la vanité humaine qui veut se séparer des animaux. »

(kiD. Gkoffrot Saiht-Hilàiri, 2 juiUet 1835.)

— Ont-Ils de la vanité ces hommes ! Par compensation, il faut convenir : qu'ils ont bien peu d'orgueil. Vouloir se séparer des animaux ! Fi ! l'horreur ! Aussi, les académiciens ont bien plus de modestie.

*- « L'aboiement est un produit de la ciTilisation du chien, b

(IsiD. Gkoffbot SAiMT-HiLAntB, 4 juillet 1835.)

— C'est une répétition. Mais , les belles choses ne peuvent être trop répétées

— c La Providence nous a favorisés d'un langage articulé, tandis que les animaux n'ont point été iaTorisés de la même manière : ilt n'ont que

170 6C181IGE 80CUM.

da Mms pour «taifeiter leurs wntwwntg, lean pans elleon platitrs. m

(Dflspoxnrs, i8 mai 1840.)

— a Les animaux ont des notions intellectuelles en parfaite anal<yie avec celles de l*homme. L'acquis du langage du chien est le résultat de Boliom inlelLectuflUes*

a Chez les phoques , !l y a un grand développement du crAne : cet animaux sont donc très-intdtigents et très-sociables. »

(Ino. Gatmaor âAsn-fiiLun, 4 isiiUsil 18». )

— Avec un peu de bonne volonté, il serait possible : d'en faire des aeiMiémideiM ^rès-distîiigaéB •

— « La parole n^est nullement nécessaire i la satisfaction des besoins jmimaax. La parole m*a donc pn èire investée, tmt ies amoMMi, ^t otU des sensations et des besoins^ ne VinventetU pas. Ce qui n'est pas utile n*est ni cherché ni trouvé : il faut en conclure : que, la parole était inhérente au premier homme ; et, que la parole b*a fmn élé inrealée. »

(DBSPORTETSy 8 mat 18i0.}

— Je suis persuadé que M. Desportets n'a pas ju^ : que , l'anéantîssement dn maténalîsme fût utile. Et, voilà pourquoi il n'a ni cherché ni trouvé : les moyens de raiiéaiitir.

— a Dans Fétat saurage les phoques sont très-familiers ; c*est depuis qu*îls connaissent la guerre qui leur est faite qu^ils sent devenus défiants. Ghes eux chacun a sa pkoe ^UsùtUla «oCtoii de im frofrUti : le «aleiir est banni de la troupe et exilé, »

(IsiD. GEOFPaOT SiiHT-HlLAlEB, ijutlUt 1835.)

— Après une pareille affirmation , de la part d'un des membres les plus distingués de l'Institut, allez dire aux quatre-vingt-dix-neuf centièmes des auditeurs : que, la série animale n'est point continue. C'est, comme si vous alliez dire à un vrai chrétien : que, trois ne «ont pâs luu

SGiBNGS SeCIALB. 171

«-> c Jkm la «f *49e^ le mtvub est aiM cîmmnoIuImbs, comme dois le cerreau embrjODDaire. Ces animaux auront Donc p$u d^inteUigeace^ peu de spontanéité, peu de libre arbitre; maie, ils ont beaucoup d'instiict; ils ionllee actes comme les ceston^ iostinotiiemeai, sans les SToir appris. »

(Ism. OioFFROT Saiht-Hilairb, iA juillet 1835.)

— C'est <, comme ou sein des académies. Chez les aeadémicieiis , le matérialisme est instinctif. Us sont comme les castors ; ils prêcheraient le matérialisme en para£s.

— • l^M «MMirv des anîmanz ne sont qae des mmêéqvmœs de lear orgaaimtisB, et l'homme #af kn^ours compris à la tête de la chaîne animaU* »

(BLAnmixx, 12 avril iS36.)

— Voilà les mœurs : déri+ant de l'organisme; de la nécessité. C'est , la négation du bien et du mal. Du teste , le matérialiste qui raisonnerait autrement, serait illogique.

Alors, tuez père et mère si vous voulez : c'est votre (organisation. C'est le pendant du : Cest votre léthargie.

-- • Â Otahiti, le coït s^j pratiquait aussi publiquement que le boire et le manger : la pudeur n'est pas instinctive , mais appartient à Tédocitioiu n

(Bi&ABi), 30 aaril 183S.)

— n aurdt fallu ajouter : elle dérive du raisonnement.

— « L^bomme, dans les commencements de la cinlisation^ sépare Tentendement de la rolonté. D nomme esprit cette iacnlté , aussi Tive qne i'écUir, qni ne paraît rien de matériel ; et il suppose on itre ImrnotlHsi

172 BCrBNGB SOCIALE.

quU apptUe âme : ra la «m fimk d'hypothéMs rouns plus FAVsna Lts

OMIS QDB LU AXJTBU.

« Voici ce qui doit être admis :

« Sensations, sentiments, facultés intellectuelles, mouTeuents : le tout proTenant du cirvbau. »

(BioutsAis, 11 avril 1836.)

— Broussais était candidat à la statue. Et il l'a eue, peu après sa mort. C'est à dégoûter des statues.

— a On peut supposer que le cerfeau digère la pensée comme 1* tomac digère les aliments ; que la pensée est le résultat des forces Tîtales, quitte à donner la vérification de son hypothèse. Biais il est impossible de nier la proposition de Descartes : Je suis un être pensant. »

( DABiioir^ i9 avril 1840. )

— Ouï, mais, penser réellement présuppose la liberté. Et quand on ne parle pas clairement, on s'exprime comme une sibylle. La proposition de Descartes peut signifier : Je suis un être pensant réellement; et, je suis un être pensant illusoirement. Si, parler inintelligiblement, mérite une statue : une statue à Descartes !

— a L'organe de la vénération ne donne point d^idées. Gall et Spuriheim ont dit que cet organe donnait Tidée de Dieu. Us ne le croyaient pas eux-mêmes. »

— 11 faut rendre justice au' docteur Broussais et à M. Âug. Comte. Ils sont presque les seuls qui aient eu le courage d'exprimer sincèrement leur pensée. La plupart des autres propagent le matérialisme ; et nient qu'ils soient matérialistes.

— « Cet organe , continue le professeur , porte seulement YartitU à construire un Dtni, et la multitude se prosterne devant ridole« »

SCnCKCB SOCIALE. 173

— Que l'organe existe ou n'existe pas, il est certain: que, tout dieu anthropomorphe est une idole. Et, comme jusqu'à présent, l'immatérialité de l'âme a été exelumement basée sur l'idolâtrie, c'est probablement cette fausse base qui a porté Broussais à rejeter l'immatérialité , sans réfléchir : à toutes les conséquences absurdes que le matérialisme implique.

-^ t Da reste, eontinue le professeur, on peut être Ténérant snns être sdoraleur. L'adoration part de Torgane de la merreillosité.

« Le senliment de yénération est un des liens de la société. Les princes lestTeot; et, au moyen des cultes, ils se servent de ce sentiment afin de M caosacrer daTantage. r

« L'opposition à Torgane de la vénéralion et à son auxiliaire , Torgane de 1« menreillonté ^ se trouve dans l'organe de Tintelligence réflective. Celoi-ci éclaire le monde et fait disparaître les idoles que l'ignorance et la crédalité peuvent créer. »

— Pour suivre la métaphore il aurait fallu ajou*

ter :

— « Et jusqn^à ce que cet organe ait fait découvrir la réalité du lien, religieux, il plonge le monde dans Tanarchie. )»

— ^Mais comment trouvez-vous un organe qui éclaire? Il faut avoir la monomanie du matérialisme pour parler ainsi. Et, je le répète : ces messieurs osent crier contre les entités I

— « Plusieurs vertébrés ont l'organe de la vénération. Il existe chei les chevanx , les moutons , chex les chiens. Le chien met le maître en léte, puis les enfants , puis les domestiques , puis les étrangers , puis les bien vêtus, puis les bonnes physionomies.

« Et d'ailleurs, que signifie cet orgueil âe vouloir nous placer dans une nature supérieure aux animaux ? Il y a dans la nature , dans la nature essentiellement uns, des gradations et non des sauts, TOUT EST MATIÈRE. »

174 SGOrnCB SOCULE.

— Alors , tout n'est rien : que phénomène , apparence. Broussais est le grand prêtre dn nihilisme.

«— «Ce qvi rriète k plu k pkiéoologk, c«aliaiiA k

c*e8t qu'elle est fondée bkclusiybmiht 8UE là màtiAri. » •

(B1101J88AI8, 17 /vin 1836.)

— Ce qui relère le plus la phrénologie, c'est que, comme dans un jeu de cartes, comme^dans un marc de café , comme dans la kme , comme dans un brai* sier, comme dans l'école historique ^ on y voit tout ce que l'on veut y voir. Dans un de ses coiu» , M. Bérard nous a prouvé : que, le mouton avait la bosse des assassins»

— <c La conscience est le sentiment de ce qui est juste et injuste , du dewir» de Tobligation morale. La consdeBce est considérée comme immatérielle par les philosophes modernes, et comme placée dans T&me hormaine par le créalear. Tout cela est fort beau. Mais je dis que la conscience tient à un organe, et qu'elle est en proportion de Torgane. Cela paraîtra îiNpte, hkuphématoire à certains croyants. Peu importe^ c'rar là vtetrÉ.»

(Bhousbais^ 17/ii<fti836.)

— Ehl Monsieur; la conscience est le résultat de l'éducation ; et, quand l'éducation est erronée , il est bien difficile à Tinstruction de déraciner Terreur.

— a L'honune est dans l'ordre toutes les fois que ses organes sont dirigés vers ce que la nature te porte à faire, b

(Valbttb, 25/ttml896.]

— Dirigés par qui ? Par le hasard , le préjugé , ta force ? Puis, la nature , énoncée comme unique , c'est la nature matérielle. Celle-ci est le diable ; et, porte à

SCIKHCfi 80CULE. 17B

Uma ka crimea* Si, le pséjugé de cette luiture uaiqae n'est bientôt anéanti , les hommes se mangeront jusqu'au dernier.

— c Cenx qm ont dit : qne, les idées db Bien et de mal étaient nécesiiJMUt liéfli àlTiMtcaM» é> Dt» a sot woMrta. »

(yALiTTB,30/ttini836.)

— Us D^aeeQBt point trompés. Les idées de bien et de mal sont nécessairement liées à Fexistence de Dieu : soit que le mot Dieu signifie l'anthropomorphe personnel -y soit qu'A signifie le Dieu ixzqpersonnel , i étemelle justice. Hors de là : il n'y a de bien y que d'être fort ; de mal, que d'être faible.

— « Xe chêf'tTœuvre âê la philosophie a été de rendre la morale tn* iépendanU de tûuU reUgioiua

(Yalittb, 21 Janvier 1836. ]

— C'est pillé de M. Guîzot. A rendre à son propriétaire.

— ml^momiémonl wpwa mu éeê prvpi-iitéi tOÊMua kaonde phy* Bqoe; et si nous observons bien, nous pourrons conclure relativement au «oral comme nous concluons au physique, v

(GàMiEM, 96 avril iS40.)

— Quand on veut prêcher le matérialisme, il faudrait être clair et franc du collier. Sous ces rapports : tive Broussais f

-* « Lei^orgMW» relatifs è Teitint de^soî^ au désir èê l'estime des tnlRs el à la conscieuoe, forment va groupe. G^esl à» ce groupe que natt is isnienis.

176 SCIBIICB SOCULE.

« C'est ane eon^ète îmmenie pour l'hiftoire natarelU d*a«otr raUa^

ché la conscience à la luniRX. »

(Brovssàib, i7jiiifi 1836.)

— Si, c'est une conquête immense pour l'histoire naturelle ; c'est une perte immense pour l'ordre social.

— « Ce dont toutes les pbilosophies se sont occupées a toujonrs été Dieu, âme,matière^ etc.^ questions ontologiques^ peucMogiques^ complètement AU-DKSSnS DES FORCBS DE l'bSPRIT HUMAIN. »

(R0881, 16f7iaflBéO.)

— En voici un qui aimait l'ordre ; et, faisait tout son possible pour le détruire. Choléra moral!

— « La société ne serait pas tenable, si elle ne s'appuyait : que, sur Ut raison et non sur le sens moral. »

(Yalbttb, 21 janvier 1836. )

— Raison et morale sont donc en opposition ? Cette proposition ne peut être vraie qu'autant que le matérialisme est reçu comme vérité. Choléra moral 1 Alors les gens moraux sont les imbéciles ; et , les fripons les rendent tels pour mieux les exploiter.

— « La saugtioh bst lb plaisir ou la pbikb qui ebsultb de l^actioh • »

{ Valette, 1 1 févri^ 1836. )

— Volé à Bentham. Matérialisme. Choléra moral.

— « Si, Torgane de l'espérance s'applique aux afiaires reUgietues^ alors Tespérance se donne à l'antre monde.

« L'organe de là menreillosité est l'organe de la snrnalnraliti. La

mniÊhKraiUé 9êt fffi« ¥Mpti9 (1). Nova sornss vn^ pioduit de la ceoutt 0D Gumi , un PRODUIT DE l'orgamisation . N'est-ce ^1 une fatatlé que ^i vosioir s'imaginer qii*il y a pour sot un être au-deisus de la nature? »

— Je le répète : le matérialisme est> la réaclion contre l'absurdité anthropomorphique. Le dix-huitième siècle et le dix-neuvième n'ont point vu : que, si Tantropomorphisme était absurde, il avait été, et même il était encore, la base de Tordre, vie humanitaire ; et, que le matérialisme ne pouvait jamais être, que base d'anarchie, source de mort humanitaire. Mais , la prétendue science existante les a aveuglés. Ils se sont dit : le ma« lérialisme est scientifique; il nous est impossible "de prouver que cette science est fausse ; donc', elle est Traie. Le besoin d'ordre a toujours été la source de l'anthropomorphisme ; l'ignorance vaniteuse a toujours été la source du matérialisme.

— c L'organe de la merTeillosilé, continue le professeur, se trouTe ehez Moïse. C'est une disposition à croire aux miracles , aux démons, a la magie , aux fées, etc. Les MiUe et une Nuits et la Vie des Saints sont écrites sous l'influence de cet oigane. U n'j a point là ombre de raison.

« L'organe de la merveillositc csl le roi de Tignorance. »

— Cert possible ; mais d'une ignorance curable. L'organe de la vanité , pour m'exprimer comme ces messieurs, est le roi de l'ignorance incurable.

— « Les apôtres de religion ne peuvent, continue le professeur, s*appnjer que sur l'influence de cet organe. Vn logicien en chaire ne cause^

(1) Est-il besoin de dire : que , surnaturalité signifie ici immatéria' Uté?

178 SCIXMCB SOGIALS.

rmiimtemnêétmUkm* Un Aomme qui wiidrait oppuytr ImrtUgiamêmrk^ raémn fumU MiU«r« »

— Ces deux propositions sont d'une incontestable vérité , pour les temps passés et pour le temps présent. Il n'y a que les malheurs, causés par l'iiréligiQii prétenduement scientifique, qui pourront un jour empêcher les peuples de bâiller, en écoutant un logicien. Nous ferons observer néanmoins : que, le cours irréligieux de M. Broussais, loin de faire bâiller, causait un enthousiasme presque universel ; et, dont nous parlerons bientôt. Cependant, M. Broussais se prétendait logicien. D'après lui-même, alors, il n'était logicien qa'illusoiremenL

— < Les comédiens, continue le professeur , jouant le même rdle que les apôtres, doifent s'appuyer sur le même organe.

« Les poètes religieux , qui composent des anjeU dits aacréa^ doivent aToir cet organe.

« La Ténératjon, jointe au merreilleuT, produit Tadoration. « Si cette acuité dominait, les hommes setnient des fims, a Le jugement est le correctif de cet organe, »

— Il y a jugement bon et jugement mauvais ; jugement sain et jugement malade. Le docteur Broussais aurait bien dû nous enseigner : comment il est possible de les distinguer avec certitude ; et, surtout, comment il est possible qu'une organe soit un juge.

— « Du reste, continue le professeur, l'ignorance est nécessaire aux matses; et» c'est soua l'influence de cet organe : que» les wuuses sont expMtées depuis le berceau de Vkumanité* »

(Broussais, ^juin 1836.)

— L'ignorance est nécessaire, dit le professeur. Alors

aClBKCB SOCIALE. 179

il ne faut point s'en plaindre» Il faut avouer , néanmoins : que y le matérialisme est une doctrine consolante : l'exploitation nécessaire des masses dans ce monde; et le néant ensuite. O choléra! I

— cl« fait est que nouê ne C0nnaUs0Hê point âe certitude, H y a donc iau VkMmanitéune foeUe gui doit croire par sympetMe^ pur sentiment, »

(Valktb^ I«' décembre 1836. )

—Et, ce qui n^estpaâ foule ne croira rien, n* est-il pas Trai ? C'est toujours Tignoranoe nécessaire des masses. C'est l'établissement théorique du despotisme. Le despotisme pratique en est la conséquence inévitable 1

-^ t L'orgilie Téktîf à k iketltè de coitij^àrftîioii ett nôtn cour de

tBftocssAis, 4 JuiUet 1856.)

^ Et, comme il y a autant de cours de cassation qoe d'individus , cette belle doctrine sert de base : au tohi»»bohu dans lequel noua nous trouvons.

— c L'ioditida est concentré dans le temps et dans Tespacoi V L^îndmdoalité, c^est la forme unie à la matière.

t L^iodindtt est ftnl do domaûie àù l*oèservation.

«Ce qm est avant et après l'individu est la matière cahotique^ Tin-

COBUtt, X.

«L*àme et Dieu, 8*il8 bustbnt, appartiennent au domaine des

idées. »

(IaVbbit, man 1857.)

— Comprenez-vous quelque chose à ce gaKmatias ?

— t Les cft^oliquet ont toultt itebllr Pkton en pnphlte» pftrce qu'il

''Moniitt h ptireatôln;. *

{ixsiu Etmm , 18 «Krt 1840. )

— « Vous Terrez , Messieurs , que Platoo , sur l'antre TÎe , n^avait que des espérances. »

(Jules Simoh^ i8 mat 1840.}

— A quoi tout cela conduit-il, s'il vous plaît?

-» « Mersen et Ârnault objectent à Descartes :

« Vous appelez la chose pensante dme, Connaissez-Tous assez le corps pour affirmer qu'il ne peut penser?

a L'objection de Hobbes est plus matérialiste encore. Pour lui mbrliance est synonyme de matière ^ et substance immatérielle synonyme de non-sens. Les deux premiers l'attaquent par la forme , le second par le fond. Vient ensuite Gassendi. Il fait les objections suivantes :

a Vous dites que l'âme est le cogilo, »

— Le plus grand des obstacles à la conception claire et distincte de l'expression âtne^ est de faire de l'âme un être pensant, la chose pensante, le cogito etc. Tout être pensant est nécessairement complexe. Il est composé : de l'être capable de sentir l'existence; et, de l'être capable de modifier le sentiment de l'existence. L'âme, si l'âme existe, en donnant à cette expression une valeur immatérielle, ne peut , isolée, que sentir l'existence dans l'éternité. Et, toute âme : capable de subir des modifications et de se les rappeler ; capable de penser ; est unie à une organisation : que celle-ci soit humaine, angélique, ou diabolique.

— a C'est, continue le professeur, Tœil qui se Terroit lui-même. Cest irrationnel. Si nous nous connaissons, c'est comme être matériel. Puis la question n'est pas de savoir si vous êtes un corps grossier , mais si tous n*êtcs pas une matière subtile. N'y a-t-il pas d^ailleurs une telle dépendance des phénomènes physiques et moraux^ qu'il soit possible de conclure qu'ils aient une même source? Si Tâme n'était pas étendue, comment pourrait-elle mouvoir le corps? Gomment, si Tàme nest pas étendue, peut-elle recevoir l'idée du corps? La douleur elle-même n'est qu'une

SCnSMCE SOCIALE. i81

itesCractioa de parties. Vous diies que les animaux ont du sentiment et pis d*âme; pourquoi l'homme n'aurait-il pas également du sentiment et psd*àme?

« Deseartes répond à toutes let objections , mais souTont avec hauteur, dédain et difficulté.

tk isT ns Fin : que, Y immatérialité n^eat pas démontrée, quoiqu'il bille l'admettre, m

(DAmaoH, 29 avril 1840.)

— « Descartes admet dans les bètes le sentiment. 11 donne des armes

contre lui. Du reste, il est facile de garantir le spiritualisme de cette

objection. Admettons le sentiment dans les animaux , il y aura une âme

immatérielle dans les hétes, et l'âme de l'homme restera immalérielle. •

(Damibon, 29 avril 1840.)

— Ouï, et le inatérialisme sera à Tétat de démonstration. Quand on professe la philosophie, il faudrait an moins connaître l'histoire naturelle.

— « L*ftme , dit Descartes , est immortelle parce qu^elle est immortelle. Descartes dit cependant que par des causes inconnues et par la volonté de Dieu, l'âme pourrait être matérielle. Aussi, Mersen lui reprochet-il qu'il n'a point prouvé Pi m matérialité de l'âme , ainsi qu'il l'avait promis. ^ Je confesse, dit Descartes, qu'en dehors de la révélation le raisonnement ne donne aucune preuve de l'immatérialité de Vdme , bt

STKTOUT DB l' IMMORTALITÉ aBLl6IEUSB«

c Et DxiCiBTBS à biisoh. »

(Dahiboii, 6 mai i840.}

— Ainsi : la société doit se soumettre à une révélation quelconque ; ou, la société doit se baser sur le matérialisme ; ou, l'immortalité religieuse doit se démontrer. La première condition est devenue impossible ; et, la seconde est absolument impossible.

— a U ne serait pas impossible que l'âme fût mortelle : et, il serait même nécessaire qu'elle le fût, si elle était une simple modifîcatiou de la Dalière. Alors, il n'y aurait que YiUusion du moi, Mais^ Cela n'est pas ;

t89 scamci soaAu.

iiillM|iWûi,

« Je TOUS demande encore de m*accorder que Tâme est simpk , Î4 ti^M^ HitAlUgeMlt, )îbr«, Mortltt. Ce ii't«# pat wu gnmêe ca«ce«ff<M giM je fxnu demande^ mais elle m'est MtesssAUE pour déoMatrer ^ial■M^*

« L'ecniB Bouvpu. N*y eût-il que cette condition d« lî'Waune , •!!• suffit pov immàrm Tia—rtilité de l'àme. »

— M. DamiroKi n'aura nullement besoin de la petite conceasioQ qu'il deinaude, laquelle renferme des absurdités , quand il aura prouvé : que , les animaux ne souffrent pas«

Il résulte de ce phudoyer ; qu^ , si les aoiuwix souffrent, les âmes sont matérielles^ c'est vrai. Mais, avancer une pareille proposition, sans prouver que les animaux uû souffreuf pas, c'est : professer le matérialisme.

— c Les Esquimaui dirent au capitaine Ross ; que, ses navires étaienl des créatures vivantes, parce quUls les voyaient sv mouvoir, et leurs meoibres (les voiles) se mouvoir. Us demandèrent aux navires s'ils venaieat de la lune ou du soleil, v

(Béiasd, 90 avrU i83S.)

— Ces Esquimaux appartenaient, sans le savoir, à la série des philosophes modernes : qui , donnent le mouvement comme earaetéristique de la sensibilité.

— « Les dieux sont lei produils de Torgane de la causalité. Ce «nU des produits erronés de Vintelligence. Les prôlres et les chefs régnent an nom des dieut. C'est au noia dee dîêui que les guerres s'étaUifseat K que les vaincus sont esclaves. Fa? viciis I »

(BaoussAM, 8 juillet 1836.)

— r Bien l Mais^ avant de détrôner les faux dieux, il

SGlBIiai MOâLI* 188

eét faDu iiunigiBrer, recoDiiaître : e IMea réel , Téternelle justice» Sans cela, c'est plonger le monde dans ranarchie ; et, le despotisme est moins infernal que ranarchie.

— « C'est «More la koM fdative à l'organe de la causalité qui in- « Dtfu et substance sont des généraUsatioM. »

— S'il n'y a pas de substance , il n'y a donc que des modifications. Il y aurait donc des modifieations, qui ne modifieraient rien. Est-ce logique?

— « L'idée de darée infinie, continue le professeur, appartient encore à cet organe. QihmmI cet organe ne peut afler pins kmi, tt &ut appeler fîi/M ce je ne puis aller plw Um.

« L'infini n'est que la lassitude de Toiguisée la ctanlité. »

— Non maître : l'infini en durée c'est l'éternité. L'infini numérique est ime folie. Et, ce qui n'est pas fini, c'est l'immatériel. Il y a longtemps que Leibnitz a dit toutes ces choses.

— ft QueHe reconnmsanee, eoB^oM )& profestev,'n6 doit-on pas aux phrénologisles qui ont rapporté la morale à Un organe matériel relatif au cerreau! *

— Àuasi^ la société a nommé l'auteur de cette découverte : membre de rinstitnt, seetic» des menee$ morales et politiques j commandeur de l'ordre de la Légion d'honneur i et, après sa mort, elle lui a âevé une ctetiie. Anacharsis Uootz voulait qu'on élevai une statue à l'auteur du Curé Meslier^ comme ayant pro-

184 SCIEHCS SOCULR.

fessé le matérialisme avec le plus de saceès ; 1830 a réalisé : ce que 1793 avait tenté inutilement.

— « Cet organe, continae le professeur, appartient aux animaux les plus rapprochés de Thoinme. Car, tout ce qui se trouTO dans rhomme se trouve ^%t les animaux qui s*en rapprochent U plut, »

(Bboomau, 4 juilkt 1836. )

— « Nous n'aurions pas d'idées de morale si nous n*étions dooéa d'ui sent particulier pour les distinguer, i» '

(Valette, 46 itttii 1837.)

— Il paraît, qu'aux yeux de MM. les professeurs de philosophie, la morale n'est point accessible au raisonnement, au sens commun.

•— « Se demander la question de la certitude, donnée par le aeas moral, est la question môme de Teiistence du sens moral. La certitude morale n'est pat en notre puittanee. •

( Gàenixb, 28 avril 1840. )

— Elle est consolante cette philosophie I Elle livre la société à une anarchie inextinguible, si ce n'est : par la mort de l'humanité.

-*- o Les mœurs sont une déduction nécessaire de l'organisation. »

(laiD. GsoFFaoT Sauit-Hilaus, 4 juUlet 1837.)

— Alors, adieu morale et liberté.

— « Les individus qui ont Torgane de la destructivité poussé 1 iib certain point, sont dévouée au crime et 1 l'échafand. »

(BftonssAis, 9 Juin 1836.)

— A l'échafaud ! c'est possible, pour une époque comme la nôtre. Mais, il n'y a de crime, que là où il y a liberté.

SGiraCB SOCIALE. 485

— « Les actes UUeUectueU et moraux appartîeniiniit aux propriétés ielavie animale, et non aux propriétés de la vie générale. »

(Bébard, 10 avril 1858.)

~* Comprenez-vous ce galimatias ?

« c n n*j a point d^actions spontanées indépendantes de l'extérieur. LVmbryon n*a pas de mot. Le moi ne détermine nullement la nature de l'homme. Les animaux ont le même moi qne Thomme. Quelquefois le mot est le maître. Uinstrurtion tend à faire prédominer le moi ; quand le mot prédomine, il j a liberté; quand il ne prédomine pas^ il n'y a point H- Urié. Du reste , la liberté hausse et baisse comme le thermomètre. Prenoos garde de ne point faire de la liberté une entité. Gomme entités , Uberté, senêoriwn, esprit^ sort des hckaks, »

(BHO088ÀIS , 6 juilUt 1836. )

— Comprenez-vous également ce galimatias ?

— < Cest im instinct intellectuel qui nous donne l'idée de l'aTenir. »

(Gàuiibi, 28 avriliaiO.)

— Un instinct intellectuel est très-joli I

— « Cbex le petit être qui aspire le lait peu après sa naissance t il J e déjà h conjecture^ Vidée de l'avenir. »

( GjkiHiu, id,) I

— Seigneur ayez pitié (feux !

— < Toutes les choses que nous faisons librement , nous les avons biles une fois iRVOLOirrÀiKXiOQrr. p

( Valbttk, 25 mai 1856. )

— Quand, donc, sortirons-nous du galimatias?

« La religion, dans son essence, nie la liberté. »

(Ldermikier, b décembre 1835. )

186 scmcB socuLB.

— Gda ne finira donc pas?

— - « // n'y a aucune cofUradiction à supposer que l'homme n'est pas libre. La philosophie ne peut résoudre cette difficulté. »

— Elle est savante cette philosophie !

— « CammMt admettre^ contiimo le profimeur^ la liberté «mc fo prescienGê? CTbsx iwowuu»»

(yAuniti6i«t»lS360

— Eh bien 1 niez la preseience , qui eal absorda ; et pronvez : que, la liberté existe.

— « Ott a fiil «M «Btîté du geèt. CTest Taptitudt ft bien ja^. Cette

aptitude est relatif e & un organe; le goût absolu^ la vérité absoltie n'exis^ tent fos, »

fBkovssAM, O/ttlOM 1836.)

— Parbleu 1 au sein du matérialisme , rien d'absolu ne peut exister.

— a G*e8t une chimère qne de vouloir rameeer les cboeet à FéviéettOi mathématifna. »

( Valette, i 2 janvier \ 837.)

— Oui, pour ceux qui nient la vérité. Le maître de M. Valette, Laromiguière, ne pensait pas ainai.

— « La vérité absolue n*a d'autre critérium que la perception claire el distincte. »

-^ C'est-à-dire la démonstration rationnellement incontestable de la réalité de son existence.

^t Tint €tf«i M frcoîl^ coKtiAiiiQi te pr«ht9«ir» UT« »

-- Voilà les phénomènes , les apparences transformés en réalités ; et, considérés comme les seulea réa- Ktéi possibles. C'est le matérialisme appUqué.

— c La artitude vient de ce que la croyance est inébranlable. »

— Voilà la vérité dépendant : de la résistance aux tortures ; ou bien encore, de la force brutale qui établit les croyances.

— < Une théorie a ta «ai pu moin» sckatifii^ut pour «'être fcbA

~ Âinai, la scieoce actuelle peut fort bien n'être point la \énté. G'eat un secrétaire perpétuel de TAcadémie des sciences qui nous l'apprend.

— « UM Mttrit» ctflUtiiiM b professeur, est scientifique quand elle est probable. »

(FLOURKHi, 22 octo&re 1839.)

— Une explication probable, n'est pas une théorie réelle, c'est une hypothèse. Voilà la science réduite aux hypothèses.

— c Le droit est ce qui est conforme à 1* ordre. »

(Yàlbttb, 30 juin 1836.)

— Ainsi, lorsque l'ordre exigeait de brûler les professeurs de philosophie qui niaient la liberté, cela était dans le droit? Dans le droit relatif à une époque d'ignorance, oui. Mais, dans le droit absolu, non.

188 SCIElfCE SOCIALE.

— - « Le droit positif est le contenu de la loi; le droit alors ^ent de la loi, la loi CRÉB le droit. Le législateur proclame ce qui lui pAain droU natur$l : c'est là Grotius,

V « Il y a une opinion opposée qui prétend : que, la loi n'est que la reconnaissance du droit.

o II n*bst pia bhcorb DÉaoÉ; si, le droit vient de la toi; eu, H Im loi vient du droit. »

(PoNCBLST, B novembre \2S6.)

— 11 est impossible de mieux peindre l'ignorance de l'époque, que par ces propositions.

— - « Le travail est' une garantie efficace contre la disposition réTolntionnaire des claeses pauvres, La nécessité incessante du travail est le côté admiruble de notre société. Le travail est un fbkir. »

(GnizoT, Chambre des députés, 3 mai 1857.)

— Oui, tant que l'examen peut être comprimé. Mais, après... ce n'est plus un frein, c'est un éperon.

— et £a propagation est k but issertibl de l'être vivant. »

(DuHÊHiL, iO septembre 1836.)

— Pour les chiens, c'est possible.

Ici arrêtons-nous un instant.

Relativement à la science sociale, toutes les cita- UoDs que nous venons d'exposer se résument dans les dernières, dont voici incontestablement le sens :

c 11 n'est pas encore décidé si le droit vient de la loi, 00 si la loi vient du droit ;

i Le droit est ce qui est conforme à Tordre ;

« H n'y a d'ordre que par la force ;

< L'ordre consiste à exploiter les classes pauvres, de manière à les rendre tellement malheureuses , qu'elles ne puissent résister à l'oppression ;

« Le but de l'humanité, est exclusivement matériel; et, par conséquent, exclusivement relatif à l'exploitation des pauvres parles riches. »

Telle est l'instruction donnée à la jeunesse ; et lious disons : que, pour une époque, où il est impossible de parquer la prétendue science , dans une caste, cette instruction est essentiellement anarchique. Quant à la religion, tout ce qui s'y rattache, au sein des écoles supérieures, se rapporteà une maxime maintenant devenue générale : il faut une religion pour le peuple. Cela, une fois admis, la jeunesse qui se croit instruite, et prétend bî» ne point être peuple , court les prédicateurs les plus célèbres pour voir : comment chacun d'eux peut 8'y prendre pour faire admettre, par le vulgaire, ce

190 scnmcft soculs.

que tout homme éclairé sait n'avoir été établi : que, pour contenir les masses ; et, servir de complément à la nécessite incessante du travail.

Arrivons , maintenant , à constater : l'enthousiasme avec lequel Tinstruction matérialiste est reçue , par la jeunesse de la génération actuelle.

Parmi les professeurs officiels, dont nous venons de rassembler des citations orales, il n'en est qu'on seul qui ait osé coordonner la science ; et, en présenter les conclusions à ses disciples. C'est le docteur Broussais. Il y a là un immense mérite ; c'est cdui de la franchise. Cet honmie peut être attaqué, corps à corps, au tribunal de la raison : soit pour combattre ses doctrines, si on les trouve fausses ; soit, pour en prouver les conséquences anarchiques^ si l'état des connaissances ne permettait pas encore de les combattre. Mais, que faire avec ces hypocrites qui disent : « Nous respectons la Bible , elle est au-dessus de la science. Néanmoins, notre devoir est de vous exposer la science. Ce que nous ditons n'est que du raisonnement ; et, la foi est au-dessQS du raisonnement. > Agir ainsi : c'est, caresser d'une main ; et , poignarder de l'autre.

Le docteur Broussais énonça sa conviction, d'abord dans l'amphithéâtre de TÉcde de médecine ; puis, le local étant trop petit, dans un immense salon de la rue du Bac. Il y avait constamment environ deux mille auditeurs.

A la séance de clôture, qui eut lieu le 8 juillet 1836, il résuma son cours de la manière suivante ( 1) :

. (1) Le coan de phrénologie du docteur Broussab a été imprimé du

ficiacc sociALc. 191

— € Lft mièmit epénUioa produite par TorgoM de 1« eamlilë, qui a créé le Dieu unique^ cbék aussi les entités terêu, cmurage^ généraiité, etc. Tool cela est personnifié, déifié. Les snbttaniifs abetnits^ c'ett^à-dire les ■gBSfdes eeBtiiaeBU, ioat lÉAuete en diTinilée«

« De là guerre religieuse pour les dieux , pour le dreh divin. Il y â des joges pour ces ditinités qui eendamnent tont en qui leur déplaît : k qnestîeav ria^inCîon, les profaoatîona, l'anaUièiBe, paraissent pour ▼enger Ventité qui aurait été offensée.

«Ceux auxqnek profite la soeiélé prennent tout : on dépouUie par la loi, on lieu de dépouiller par la guerre, c Alan les maiteeè ont tontes les jonissances» « Yoili le règne de la métaphysique^ et oela est la religion et la politique du siècle présent et des siècles passés (1). « Cela pent-Û rester ainsi ?

< Quel est le remède T e L'obtermtîon, la phrénolagiê.

tLa phrénologie se trouve en présence des métaphysiciens (2). Les métaphysiciens veulent rejeter Tapplication de la logique à Tétat social (3).

Tivant dason auteur. Une foule de phrases que nous rapportons ne 8*y trouvent point C'est que, pour Timprimé, il y avait des susceptibilités à ménager. Néanmoins, le matérialisme s'y trouve également à no. Quant à la véracité de nos citations, nous en appelons à tous ceux qui, comme nous, ont suivi ce cours. De plus nous affirmons sur Thonneur : que nous n'avons pas changé une seule expression. Si, le docteur Broussais vivait, ce serait à lui que nous en appellerions.

(I) Sans accepter les idé^ de rauteor sur Timportance de la phrénologie, et sans vouloir expulser celle-ci du domaine de la science , nous n*hé6itons point à dire : que, nous approuvons ce qu*il affirme relativeflieiit aax oooséque&ces sodalea de ce qui a été et de ce qui est. Seule» ment nous ajoutons : ce qui a été était nécessaire à cause de l'ignorance primitive et de la possibilité de comprimer Texamen ; ce qui a été, c'està-dire ce qui est, es^ devenu impossible comme ba$é d'ordre, par Timpossibilité de faire accepter : non^seulement l'absurde ; mais même, une simple hypothèse, comme étant la vérité.

(?) Pour les matérialistes, les métaphysiciens sont ceux qui croient que l'àme ii*eet point ]^g$lfuê^ n'est point matériaie.

(3) La philosophie du dix-neuTième siècle vent baser l'état sodïl sur le matérialisme au moral, et les intérêts matériels au physique. En 1843 m prefteseur d^éoonomie politique en incssfe nous disait : que, TorgairintMo padflqae ne pouvait se baser que sur le matérialisme et les in^ térèts matériels. C'est la doctrine du saint-simonisme, du fouriérisme^ éneommunisme, du républicanisme, et de tout ce qui veut substituer l'anarchie du seeptioîeme au despotisme des révélatioM*

19S 8CIBNCB SOCIALE.

« Voyons ce que pensent les phrénologistes, ci qv^ils K*oan mn, et ce qne je prends sur moi de dire (1) :

« !<* Toute connaissance vient des sens (2) ;

« 2* Tout instinct et tout sentiment serait confus, s^il n^était spécialisé par les perceptions.

« On ne dépassera jamais ces limites.

« A entendre le jargon des sectes qui nous sont opposées , on peut aller au ciel, en enfer (3),

« Nous SOMKBS UNS PRODUGTIOH DI LÀ CROUn DU 6L0BI , ET VOUS VI POUYONS PAS KN SOftTIft.

a Le grand moyen dont on se sert est donc la terreur d'une autre vie. « On fait intervenir un Dieu vengeur , pnnisseur , rôtisseur... »

— Ici, le professeur a ajouté une foule d'épithètes, en vociférant avec une telle vitesse, qu'il y avait impossibilité de les recueillir.

Puis, il a continué avec plus de calme.

— « L'eipérience a prouvé que cette terreur n*a jamais arrêté un criminel. Les plus grands criminels se sont trouvés parmi les hommes religieux. »

— Ici, Broussais aurait pu ajouter : que Thomme riche ne recule point devant un crime que l'argent, obtenant des prières, peut racheter ; et, que le pauvre compte sur l'absolution, comme le riche sur son argent. L'anthropomorphisme a moins été inventé pour empêcher les crimes, que pour rendre facile l'exploi-

(1) Ainsi, Broussais dit lui-même : que, les phrénologistesy les matérialistes ne disent point franchement leur pensée. Dès lors écoutons attentivement le novateur.

(2) Cela signifie : toiUe connaissance jusqu'au sentiment de Teiistenoe base de toute connaissance, vient des sens. Le sentiment de Texistenoe, Tàme est matérielle.

4 (3) C'est-û-dire : les sectes qui nous sont opposées croient qu*il y a en nous, une âme, une immatérialité qui persiste après la mort.

SClUfCB SOCIALE. 193

talion sociale* Il n'en est pas moins vrai : que , dans les commencements de toute humanité, un anthropomoiphisme quelconque, fétichisme, polythéisme , ou monothéisme, est, la seule base qu'il soit possible de donner : à l'existence de l'ordre.

— « Cette tmrêwr d'une autre vie^ continue le professeur, n*a aucun rffet Berne nir ceux dont Tintelligence est faible : il n'y a qu'un petit nombre de suf?Lis qui en sont les victimbs.

« Je Tiens de tous faire des obser? ations claires sur tout le fatras des religions. Du reste, toutes ces fantiunuigories d^enfer sont depuis long^ ttvèfs refousséu, »

— Ainsi, la pensée franchement exprimée des phréoologistes, est : que, le lien Religieux n'existe pas en réalité.

— * c Mais, dîni-(HMi« continna le professeur, fotre comcience est donc

notre évangile? « Non ; mon étangile c'est mon cerreau.»

~ ici, les ai^laudissements les plus frénétiques, de l'immense majorité des auditeurs, se sont fait entendre. L'un d'eux est sorti des rangs; et, au nom de tous, a présenté au professeur une médaille en or sur laquelle se trouvait une inscription exprimant la reconnaissance qui lui était due : pour toutes les vébités quil cenaitde développer (1).

Nous nous arrêtons. Nous croyons avoir prouvé : que, la doctrine enseignée à la jeunesse, dans toutes les

<t) Ëftl-il nééeesBire de faire oemarquer : qu'une médaille ne peut être trappce sans rautorisation du gouvernement représentant la société; et» que parcette leule autorisation, la société protège elle-même les doctrines : qui doivent la conduire à l'aDarcbie.

écoles supérieures, est : qu'il n'y a entre rhomme et les dii^érents individus de la série des êtres, que des différences en plm ou en moins. Si, maintenant, des parents éclairés, viennent à croire, après avoir lu ce qui précède : que, leurs enfants peuvent aller s^asseoir sur les bancs de l'instruction actuelle ; et, sortir des écoles, sans être des imbéciles ou des matérialistes ; ils auront des motifs : que nous serions curieux de con naître ; et, qu'il nous est impossible de deviner.

Avant de passer à l'examen des doctrines écrites , nous croyons cependant devoir donner quelques citations des mêmes professeurs ; citations, que nous considérons comme ayant un mérite incontestable. Nous saisissons cette occasion, pour répéter de nouveau : que, nous sommes loin d'accuser les professeurs, de vouloir corrompre la jeunesse. Loin de nous cette pensée. Ces messieurs exposent l'état de la science, il leur est impossible de faire mieux. Ce ne sont point les professeurs, qu'il faut réformer ; c'est la science. Et, lorsque celle-ci sera réformée, les professeurs les plus capables de l'exposer, seront peut-être à Paris.

Voici les qudques citations dont nous venons de parler.

— « Avant rexistence de la parole il n'y avait rien, absolument rien que des êtres physiques. Avant cette existence , l'esprit n'existe ni pour lui ni pour les autres. »

(DupoRTiTs, ii mai i840.)

— C'est-à-dire : qu'avant le verbe, l'homme n'est qu'un être dont le moral n'est point développé. Nous verrons «lilleurs : que, partout où il y a : humanité

réelle, sensibilité réelle, la société, le non-isolement,

développe immédiatement : Tusage de la parole.

— « Pour les hommes, dont l'intelligence n^est point développée, le prêtent est tout, le ptssé n'est pins, l'aTenir n'existe pas. v \

(DSSPOETBTS, 11 fTUIt 1840.) I

— L'homme, avant le verbe, n'existe que dans Téter- i ^iTÉ : la seule succession des idées, donne le présent, le

passé, Tavenir, et constitue le temps.

^ tt Le mouTemènt n'est pas plus nécessaire à la vie de rhonune, que la ptrole à Texistence de la société. »

(Desportsts^ 11 mat 1810.)

— Nous répétons et nous prouverons ailleurs : que, partout où il y a humanité réelle, sensibilité réelle, et noQ-isotement, le verbe se développe nécessairement. Le verbe et la société, naissent : simultanément.

— « (Test snr des analogies qu'ont été fondées les premières erreurs. Us premiers systèmes religieux , le fétichbme et l'anthropomorphisme Q oot pas même eu d'autre hase. »

(Gasrub^ 28 avrU J840.)

— C'est admirable de vérité! Mais, tant que la vérité absolue n'est point démontrée être une réalité, il n'y a de possible : que, des hypothèses ; et des analogies.

— « Sans une définition précise des faits et des mots qai les expriment, il 11*1 « que logomachie. »

' (Ahuràl, 26 novembre 1832.)

~ Encore admirable de vérité. Mais , tant que la

li)t} SCIENCE SOCULE.

.réalité de la vérité absolue n'est point démontrée pour servir de critérium, il ne peut y avoir : que, des indéterminations ; et, par suite, logomachie.

— « Avant que le génie puisse caoràoVinêr les faits, il faut que les TaiU soient déjà observés. Si, NèwtoD fut arrivé deux siècles plus tôt*» il n'eût pu rien faire. » '

(DuMAs,5/i«ml8S5.)

— Avant de pouvoir prouver : que, la continuité de la série est absurde ; il fallait, qu'elle fût établie comme continue.

' -* « La nétbôde natmr9U9 n'est autre que la méthode rationnelle. Il est absurde de dire qu'une science se compose de faits : une science se compose de faits et de raisonnements, p

(Blaiwillb, iO avril i838.)

— Les faits même n'existent, dans la science, que |>ar Tobservation , le raisonnement. Et toute science reste illusoire , problématique : tant qu'il n'est point encore possible de distinguer, incantestablemetU^ le boo raisonnement du mauvais.

— tt II ae faut pas craindre le raisonnement. Parce qu'on a abusé do raisonnement, il ne fiint pas le prMerire. L*obtêii«tioa a Vielle pas causé plus d'erreurs encore? Faut-il pour cela renoncer à i'ohserTation? »

(biD. OaomiôT SAiifr-HiLinB, ^ jànMr 1855.)

— La folie capitale du dix-huitième siècle a été : de séparer l'observation du raisonnement ; de mbordonnor le raisonnement à l'observation ; et de prendre les analogies pour des identités. Cette logophobie conduit à toutott les erreurs. i.efioleilparattÀl'orîeat etdispa-

SGIEMGB SOCIALE. 497

rnità roecident : le soleil marehe. Le chien crie quand QQ le frappe : le chien est sensible. L'eau monte dans les pompes jusqu'à 32 pieds. C'est qu'elle a horreur du vide. Mais, elle ne monte pas plus haut que 32 pieds. C'est qu'elle n'a horreur du vide que jusqu'à 32 pieds. Bacon va nous donner un exemple d'idolâtrie d'observation et de ]xBine du raisonnement.

— t CSomment te forme le eriital de roche ? Rien de plas simple encore. L*eau, en circulant au hasard dans Ua enlraillcB de la terre, arn^e* eofin , sans trop savoir pourquoi, jusque dans les eavités obicnret et profondes où elle gèle misérablement ; à la fin , cependant, lorsqu'elle a demeuré longtemps dans cet éiat sans espoir de chaleur, elle prond son parti et ne veut plus dégeler : et Toilà ce qui fait le cristal de roche. » .

— (f G*est à tort que l'on divise les médecins en rationalistes et en obierfatêDri. Galieo lut-mdme a dit : Tobservation est impossible sans le raisonnement. »

(ÂNDRAL, i6 novembre iS39.)

— C'est évident comme le soleil pour quiconque n'est point aveugle. Eh bien ! nous vivons dans une époque, où, l'énoncé d'une pareille vérité : paraît un paradoxe, pour la grande majorité des individus ; et, pour le reste, un acte d'éminent courage.

"-« c Tontes léi fois que Ton observe on raisonne. »

(Andhal, 46 novembre 1839.)

— Et voilà : ce qu'on est obligé de dire au dix-neuvième siècle !

— « Les déductions du raisonnement sont toujours essendellemenl 'opérieures aux déductions de l'eipérience : mais^ il faut que le raisonnftnent soit réel et non sophistique, »

(BioT, 22 novembre 1837.)

198 SCISMB SOCUUB.

— Voilà un de nos premiers mathématiciens, qui reconnaît la nécessité de pouvoir distinguer : le raisonnement réel; du raisonnement illusoire. Mais, cette distinction ne peut être faite réellement, c'est-à-dire d'une manière absolue : tant que la vérité absolue n'est point incontestablement démontrée : comme réelle.

— « Rien n*est plus &ci1e que de trouver ce qui a été trouTé hier. « Eien n'est plus difficile que de troufer ce qui doit être tronvé delin.

« Bim ir^KST PLUS mtficilb qdb di faiu àiubttu la TniTÉ. »

(BioT, 22 nooenûirt 1857.)

— Tant que la vérité sociale n'est point devenue socialement nécessaire , vouloir la faire admettre est une folie.

— « Nous trouTons dans Téloge de Fagon, qu'mi dkkI'SiAclv après U découverte de la circulation, Fagon fut le premier qui osa soutenir Texistence de cette circulation. Les Tieux docteurs, dit FonteneUe, tronTèrent que le jeune récipiendaire s'était asses bien tiré d'affaire , dans la justification de cet étrange paradoxe, »

(ÂNDEAL, 26 flOt70m&f9 4839.)

— Allez dire à M. Ândral : que, la doctrine de la série continue est absurde et anarchique ; vous trouverez M. Andral, homme très-instruit et de très-bonne foi : parmi les vieux docteurs.

— « Copernic fut joué sur un théâtre pour aroir annoncé le moottment de la terre.

« Galilée, confirmant Copernic, fut persécuté par les savants et par les prêtres.

% Uu élèye de Kepler publia que son maître était timbré de corps d^esprit.

8CIBNCB SOCIALE. 199

c Dcf ACASÉMBs ont opposé i Newton que la lumière ne se décompose point dans le prisme.

< Le contraire est également dangereux, fl L*nn est de la foi ; c L'autre est de riHDiFFBiEHnsMB. »

(BiOT, 22 novembre 1857.)

— Et, tout cela est inévitable : jusqu'à ce que la vérité réelle, absolue, soit devenue socialement nécessaire, cherchée, trouvée et socialement admise.

— a Le progrès de la science est la marche de l'humanité depuis Ttgwrance ffrimitive jusqu*à l'arrivée à la connaissance de Dieu. »

— Cette proposition, du professeur de théologie, est éminemment vraie. Mais, en partant de l'ignorance primitive , sommes-nous arrivés à la connaissance du Dieu réel , èe la justice éternelle, de la sanction reli-^ gieuse ? Cette connaissance se borne nécessairement à la démonstration rationnellement incontestable : de l'immatérialité des âmes ; et, du lien, par une sanction fatale : des actions volontaires ou libres ; avec le bien être ou le mal être en d'autres vies. Toute autre idée de Dieu, que celle attachée à cette sanction éternelle : ne peut être claire et distincte ; ne peut être que logomachique.

— « Là, continue le professeur, là s'arrête le progrès. 11 doit s'arrêter : en ne dépasse point l'infiDi. d

(L'ahbé FsÉai, 14 avril i836.)

— n fallait dire : on ne dépasse point l'absolue vé rite. Au delà, il n'y a qu^erreur ou mensonge.

200 SGIEMGB SOGIALB.

•M « Le moarenent n^st pas dn procrée : on ptnt naanker ea «mère ou de c&té ai ne pas approcher du but. o

(Ardbal; 26 décembrt 4839.)

— Allez dire cette vérité aux partisans du progrès indéfini ; ils vous traiteront : comme les vieux docteurs traitèrent Fagon ; et, probablement pis encore.

— « Ce sont toujours les applications résultant des besoins qui ont fait progresser les méthodes mathématiques ou analytiques ; et non : le déreloppemenl théorique de l'unité. »

(Poissoir, i9 janvier 1857.)

— C'est aussi , exclusivement , le besoin d'ordre, causé par Ùanarchie dans laquelle le matérialisme aura plongé la société, qui fera chercher, trouver et accepter : la démonstration de l'immatérialité des sensibilités, des sentiments d'existence ; et, de leur excWsivité à l'humanité.

— « 11 n^y a premièrement qu'une vérité absolue, la perception de Texistence. »

(Poisson, 5 novembre 1836.)

— C'est évident comme la lumière : pour quiconque n'est point aveugle. Et encoye, cependant : si, le sentiment de l'existence n'est point, lui-même, relatif à l'organisme : quod est demonstrandum.

— « Notre propre existence est la se^ chose primUivement eeriahe (Vune manière ibsolub : les autres sont relatÎTes à nos connaissances. •

(Poisson, 8 décembreidlS^.)

— Voilà les sensibilités, les sentiments d'existence donnés : comme seul critérium absolu qu'il soit possible

BCimm socutB. tOl

d'avoir; et, c'est le premier mathématicien de notre époque qui nous le donne.

— € NoQt jageoDs mal les animiui, parce que noua les faisons à notre image, comme nous faisons Dieu à notre image. »

(DuHÉRiL, 20 septembre 1836.)

— Et, toute sa vie, M. Duméril a fait les animaux à sa propre image.

Telles sont les preuves : que, Tinstruction orale propage le matérialisme, comme scientifique. Ici, devraient se trouver les preuves : que l'instruction écrite, est en harmonie avec l'instruction orale. Mais, ainsi que nous l'avons dit, dans notre avertissement au lecteur, nous publierons dans des ouvrages séparés, ce qui n'est point absolument indispensable, à la marche vers notre but : la nécessité de briser la série con-

TIKCE ; ET, LA DÉMONSTRATION : QUE, CETTE SÉRIE EST BRI- SÉE : d'une manière absolue.

L'ouvrage, qui se rapportera à l'instruction matérialiste écrite, aura pour titre :

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