‹ Science sociale (volume 4)Chapitre 17 sur 79 · TITRE IL · texte numérisé non relu

TITRE IL

Dès l'origine des sociétés, une règle des actions, tant individuelles que sociales, est indispensable à Texistence d'un ordre non physique ou nécessaire, mais moral ou libre.

C'est cette règle d'actions, ou plutôt la sanction lui servant de base , qui, socialement, prend le nom d'AoroRiTÉ.

Mais, une règle d'actions ne peut contribuer à la permanence d'un ordre non physique, si, généralement, elle n'est incontestée.

Car, le doute, relatif à la possibililé de Cdntester rationnellement la. réalité de l'autorité sur laquelle celte règle se trouve établie , on le scepticisme, ou encore le protestantisme contre l'autorité , est précisément : ce qui constitue I'étàt n* anarchie.

De plus, une règle d'actions ne peut être incontestée : que rationnellement; ou que, sentimentalement. Et, à cause de l'ignorance essentiellement primitive, inhérente à toute humanité possible, une règle d'actions» dès l'origine des sociétés , ne peut , rationnellement, être incontestable.

Dès l'origine de toute humanité .possible, le besoin d'ordre, nécessité sociale, force donc la société d'établir une règle d'actions, qui soit : non point rationnellement , intellectuellement; mais sentimentalement, éducationnellement, organiquement incontestée. Celle règle se trouve établie par les minorités dont l'intelligence est le plus développée. Par le besoin d'ordre encore , ces minorités devaient aussi employer tous tes moyens possibles pour établir cette règle : comme seutimentalement, éducalionnellement, organiquement incontestable.

Maintenant, une règle d'actions, essenliellenient basée snr un sentiment non rationnellement incontestable, ne peut rester incontestée; à moins que le sentiment, qui la soutient, ne soit lui-même appuyé : sur l'éducation, d'atwrd, qui modifie l'organisme ; et ensuite, sur une instruction, ellemême toujours soumise à l'éducation : l'Instruction , en dehors de cette soumission, pouvant s'opposer aux tendances d'organisation , et même aux tendances d'éducation.

Pour que l'ordre soit permanent au sein des sociétés; c'est-à-dire : pour que la règle, ou plutôt que les règles d'actions restent sentimenfakiMDt , organiquement incontestées, les minorités qui , nécessairement , ont établi une règle dans chaque société , se trouvent donc forcées : de se réserver le monopole de l'éducation et de l'instruction ; ou, le monopole complet des développements de l'intelligence ; le monopole complet de l'établissement des opinions. L'emploi de ce monopole est alors exclusivement dirigé vers la permanence de fincontestabilité sentimentale de la règle, dont ces mêmes minorités conservent une interprétation arbitraire : par le monopote de l'établissement des opinions. Elles s'attribuent ainsi la force morale ou l'autorité. Elles peuvent alors eiptoiter les masoes. Et, dès qu'elles le peu-

SeUMGIS SOCIALE. JK>3

TCDt, eUes te font Déce^sairement; car, le monopole de l'autorité conduit fléeesBairement à cette exploitation.

te monopole de« déTeloppenients de rintelligence, de rétablissemeut des opinions, devenant nécessairement le monopole de l'autorité, conduisant nécessairement à l'exploitation des masses , forme un ensemble Tulgairement nommé oespotisme.

h6 despotisme , dès lors , est l'un des termes d'un premier rapport social, dont le second est Vesclavage, Un ensemble de despotes et d'esclaves se trouve ainsi être, nécessairement, le premier état social poisible, pour tonte première époque d'hnmanité.

L'autorité despotique doit lutter, en effet , dans chaque sodété, contre la nature intellectuelle de chaque esclave qui le porte à examiner la règle d'adions à laquelle il se troofe soumis. Et les différentes autorités despotiques doivent lutter contre les tendances intellectuelles des pays soumis à d'autres règles; pour que les règles ne soient point réciproquement examinées en dehors des préjugés nationaux ; et, que les résultats de ces examens ne puissent se communiquer de nation à nation.

Cest donc : en faisant des esclayes , et en pervertissant la nature intellectuelle , chez les esclaves , au moyen d'une éducation et d'une instruction» se refusant à tout examen rationnel ; et, en excitant des haines : non-seulcroenV entre les esclaves d'une même nation ; mais surtout, entre les nations soumises à des règles différentes , pour les empéclier de communiquer entre elles; qu'il est possible, aux minorités despotiques, de conserver l'autorité.

Ainsi, les moyens que le despotisme se trouve obligé d'employer pour établir et conserver le seul ordre social possible à cette première époque , peuvent se résumer dans les maximes : R^iiFji par l4 foi; et oiviser, poor cok-

TmUBR ns RÉCRER.

L'état de despotisme reste un état social subsistant nécessairement, comme seul susceptible de servir de base ù l'exislence de l'ordre, jusqu'à la naissance de la PRESSE.

Hons donnons à cette première époque de l'humanité , existant nécessairement sous le despotisme, le nom d'ENFANCs de l'humanité.

204 seixifCB socuLB.

« Le tywlkmê prolettent on phitotopliîqiey détruit, poar lei iiidindiit, eoBmt po«r lei ÉJt»iis^ tonte Térité fans oxceptioB ; «i VATuàxMmM. abnoln, qui on oit la tnito inéritâbley en ort anasi la fimdomenta * L'ABtti DB 1^ MaVMAii, i)« la nUgkm eotui' diréê doM* m mppoHi m§û toréb^epoUtique et àvii, 3* édition, 1836, p. 64.

« Qu'est-ce qne Taibéisme ?

« Le mot DiEV, dont Tathéisme est la négation , a DEUX significations principales et coMFLÉTBiiBHT différentes :

« l"" Il signifie : la négation de la réalité de ranthropomorphisme, dont la création est la conséquence nécessaire;

a 2* Il signifie : la négation de la réalifi de la sanction religieuse, de Texistenoe de la justice éternelle, dont le Dieu anthropomorphe n'est que la personnification.

« Il est évident : que, si l'anthropomorphe est supposé réel , si l'homme n'est qu'une machine, un pot de terre, toute liberté, et par conséquent toute moralité disparaissent chez l'homme. Dès lors, la négation de l'anthropomorphisme, ou I'atbéisiu pris dans le premier sens, devrait étro ordonné, pnssour par la loi : si la loi devait ordonner, près- GRiRB , ce qu'il est nécessaire que la société accepte, pour que Tordre, en dehors de la force brutale, puisse exister.

ft Puis, il est également évident: que, si la croyance ou la certitude que le lien religieux n'est point une illusion; mais, au contraire, que cette croyance ou cette certitude sont les bases exclusives de Tordre, la société devra condamner, PRoscanui, au premier chef, T athéisme, dans le second sens de l'expression.

« Et, si la situation sociale est telle : à

SGIBIICI SOCIALE. 905

cause de Tignorance , non encore anéantie , et de l'examen I devenu incompressible, qu'il soit devenu impossible à la société : soit d'ordonner ou de prescrire Tathéisme, dans le premier sens; soit de le condamner, de le PROSCRIRE, dans le second; il en résultera, nécessairement : que, Tanarcbie sera la suite : et, de Timpossibilité de prescrire Tatbéisme ; et, de Timpossibilité de le proscrire.

« Résumons I Texpression athée signifie : dans le premier sens, homme religieux, homme opposé à la doctrine du matérialisme ; dans le second sens , homme irrélioiEux, partisan de la doctrine du matérialisme.

n La confusion de TatbAismb avec le matérialisme, est la source : de toutes les logomachies religieuses. »

CoLins, Qu*e8t<e que laêdenee tociaieP 1. 1, p. lee.

S06 SCIBNCB SOCIALE.

TITRE m.

La presse une fois découverte, les moyens qui servaient au despotisme, |iour maintenir un ordre apparent, s*usent, peu à peu, à mesure qu'elle se généralise.

Cependant, les moyens qui seuls peuvent établir, au sein de IMiumaniitf, un ordre réel, un ordre basé sur une autorité rationnellement incontestable, ne se découvrent pas aussitôt que la pbesse : puisque, ce n*est que parles maux que celle-ci cause, en dehors de cet ordre, qu'il est possible de sentir le besoin de ces mêmes moyens , de les chercher , de les trouTer.

De l'incapacilé, dans laquelle le despotisme se trouve alors tombé ; de maintenir, au sein de l'humanité , môme un ordre seulement apparent ; et «le l'impossibilité , encore existante pour l'humanité , de voir l'ordre maiiH tenu autrement que par le despotisme; résulte, nécessairement, un état de désordre, ou d'anarchie quftsi-permanent.

Cette époque d'anarchie quasi-permanente est celle où se tronve notre génération.

C'est une époque où toute autorité, toute force morale, se trouve rationnellement contestée.

Nous donnons, à cette époque, le nom d^ÉiAT puéril ue l'humaniti:.

SGIBRCB SOGULK. 207

«* Toai se lie et s'enchaîne teUement dans les sociétés bamaines, comme dans l'uniTers, que Ton ne saurait traiter nne question de quelque importance , saus en remuer un grand nombre d'autres , surtout lorsque l'absence de maximes établies et généralement reconnues , oblige d'éclaircir et de prouver jusqu'aux vérités les plus simples. Aujourd'hui principalement qu'il n'est rien sur quoi l'on ne conteste ; aujourd'hui qu'à la place de' la raison publique , presque entièrement éteinte , il n'existe que de^ opinions aussi opposées entre elles, aussi diverses que toutes les chimères qui peuvent s'ofTrir à des esprits abandonnés sans règle à eux-mêmes, on ne doit supposer comme admis , aucun principe , ni aucun fait , mais chercher d*abord, eu parlant aux hommes, à se faire avec eux urb raison commuhk, si l'on vont être entendu. Ce n'est pas assurément une d^colté médiocre; et parviut-on à la surmonter, il y a

LOIK DB LA BWCORX A nUSUADER ET A COHVAlJf-

CRE. Malgré l'anarchie des croyances , Jamais oh ne fat plus affimuUif; et le caractère du temps présent t%i lb dogmatisme irditidubl et le

SCEPTICISME social. »

L'abbb DB LA Mbvvais, iW., p, 94.

— Noua embrassons les titres II et III sous un même ensemble, parce que les deux âges de l'humanité, qu'ils représentent, se lient et s'enchaînent tellement : qu'il est impossible d'approfondir l'examen de l'un, sans être souvent entraîné à parler de l'autre . Vouloir maintenir leur division, d'une manière absolue, serait tomber dans la confusion.

Nous éviterons, héanmoins, d'embrasser à la fois un point de vue trop étendu. A cet effet, nous diviserons,

308 SCimiCB SOCIALE.

en trois livres, l'ensemble des titres II et III traitant

spécialement du despotisme.

Le premier livre se rapportera plus particulièrement

à la nécessité et à l'établissement du despotisme, avant la naissance de la presse. Le second à l'insuffisance du despotisme et à sa décadence : par suite du développement de la presse. Le troisième, à la période d'anarchie progressive existant : entre l'état de despotisme ; et l'état de liberté relative, mentionné au titre VI.

Avant d'entrer en matière, conformément à la division que nous venons d'établir pour la discussion des titres II et III, éclaircissons plusieurs expressions qui peuvent offrir quelque obscurité.

Nous avons souvent opposé senlimentalementkratimfollement; ei^ratiormeUement à sentimentalement y organiquement. Voyons ce que peuvent valoir ces oppositions ; et, occupons^ous d'abord : de l'expression sentiment^ racine de sentimentalement.

Dans l'état indéterminé de presque toutes les connaissances , sur ce qui est incontestablement vrai , pfesque toutes les expressions sont nécessairement indéterminées ; puisque toutes représentent dos connaissances. Si nous sortons des mathématiques, qui n'ont elles-mômes d'incontestabilité : que, parce que les propositions qu'elles renferment peuvent toutes être ramenées à l'unité, abstraction du sentiment de l'existence, il n'est, dans aucun langage, aucune expression parfaitement définie, sauf quelques-unes, qui encore pourraient se rattacher aux mathématiques ; et l'expression sentiment^ à l'exceptian de son application à l'existence

rqpoBDue, est Tune des plus indéterminées. Nous ren- TojoDs au dictionnaire ceux qui pourraient douter de cette assertion. Ils y verront : que, sentiment signifie tonte espèce de jugement ; puisqu'il a aussi pour valeur Qfiinion.

Exposons les principales valeurs de l'expression sentiment.

Le sentiment , toujours en dehors de son applica* tion à l'existence reconnue, est relatif :

l"* Â l'organisme :.Ie sentiment de la faim, du sommeil, de l'amour;

2^ A un contact plus ou moins rapproché : les sentiments d'attraction et de répulsion, de sympathie ou d'antipathie, d'amitié ou de haine, entre des individus circonscrits dans un même cercle ;

3* A l'éducation : les sentiments de famille entre des êtres qui souvent n'ont en réalité aucun lien de parenté ; l'antipathie contre l'inceste entre des individus souvent étrangers l'un à l'autre ; le sentiment religieux qui fait adorer un oignon, ou telle autre idole de notre époque ; le sentiment de patriotisme que ses limites font varier ou anéantissent ; etc., etc ;

^"^ Au raisonnement : le sentiment de la religion mu-

suhnane, erreur pour un chrétien, et réciproquement ;

1^ sentiment matérialiste du philosophe actuel , qui

condamne les révélations sans être plus certain, vis-à-vis

du raisonnement, de la réalité du matérialisme; que,

chaque fidèle ne l'est de la vérité de sa révélation. C'est,

surtout ici : que, l'expression sentiment est synonyme

^'(^nion.

210 SC1£KG£ SOCIALS.

Voyons, maintenaint^ en quoi consiste Topposîtion : entre sentimentalement; et, rationnellement.

L'expression sentiment^ nous venons de le reconnaitre, «st aussi un synonyme d'optmon ; et toute opinion est le résultat d'un raisonnement, bon ou mauvais, mais non encore à l'état de démonstration rationnellement incontestable. Comment donc opposer sentimenlalemenl à rationnellement ?

Lue des valeurs de l'expression sentiment^ celle de dériver d*un raisonnement bon ou mauvais, va nous indiquer : en quoi peut consister l'opposition.

Sentimentalement^ en outre de se rapporter à l'organisme, à l'éducation de l'organisme, se rapportera p/«.s parliculièrement encore : à tout ce qui dérivera d'un raisonnement, bon ou mauvais, sans qu'il soit incontestablement déterminé : si, ce raisonnement est bon ou mauvais : ce qui le rend, alors, essentiellement relatif. ' Rationnellement, absolument pris, indiquera : ce qui est déterminé, démontré : par un raisonnement rationnellement incontestable; par un raisonnement partant du sentiment de l'existence (1), ou y aboutissant; et^ composé exclusivement d'identités (2).

Rationnellementy absolument pris, sera enfin : l'expi'ession caractérisant ce que nous avons appelé : raisonnement réel (3).

(1) Préalablement démontré absolu; oa» préalablement admis, oommt tel, hypothétiquement.

(2) Ne pas oublier : que, les identités ne peuvent exister qae dans lo domaine des absolus , que dans le domaine des Loùnaténalités. Dans Je domaine de la malicro, les identités sont impossibles.

(3) Voir : Qu^est-ce que la science sociale? t. Il, p. 434.

n est maintenant facile de voir : qu'intellectuelletnmt est donné comme synonyme de rationnellement^ et organiquement^ comme synonyme de sentimentalemeiU. Par exemple : nne opinion, basée sur l'éducation, enracinée [par Thabitude, devient : un sentiment^ que Ton croit tellement dériver de Vorganismey dans lequel on inclut le raisonnement ; que le dix-huitième dècle donnait à cette espèce de sentiment : le nom de

.liTTEEL.

Quelquefois, nous nous sommes servis de Texpression : nature intellectuelle. Ici un éclaircissement devient encore nécessaire.

Les philosophes du dix-huitième siècle reconnurent : que, les règles d'actions, données par les révélations, perdaient toute force de sanction , vis-àrvis de Texamen ; et que, par conséquent, elles devenaient, alors, incapables de servir de base à l'existence de l'ordre. Ils virent aussi : qu'il en avait été fait des abus énormes, quelquefois monstrueux ; et, ils voulurent en renverser le règne : sans savoir, néanmoins, d'où devait, précisément, dériver la rlgle réelle. A cet égard, ils marquèrent leur ignorance en énonçant : que, la règle réelle dérivaitd'un être indéterminé, fantastique même, qu'ils nommèrent natdbe. En cela, ils imitèrent leurs devanciers anti-réyélationistes. Cicéron , Virgile, Lucrèce, à l'exemple des Grecs et des Égyptiens, avaient aussi invoqué la i<ïAtCRE. Mais que signifie cettq expression ?

Si, l'expression nature embrasse toutes les tendances

possibles, par conséquent celles de raison, la nature,

alors est unique ; et, cette unité de nature anéantit la liberté qui ne peut être : que, le choix entre des ten* dances de natures essentiellement différentes, la nature unique rendant tout raisonnement illusoire, pour ne laisser exister : que, le domaine de la nécessité, le domaine de l'automatisme, même au sein d'une apparence de liberté.

Les encyclopédistes ne réfléchissaient pas aux conséquences de leur nature unique, anéantissant : toul ordre moral plus qu'illusoire ; et, par suite, la réalité de ce qu'ils croyaient être leurs propres raisonnements.

Si, par l'expression nature, les encyclopédistes ont entendu : une règle d'action, devant être comprise intuitivement par chaeun; cette nature régulatrice devient un Dieu anthropomorphe, si elle est personnelle; et, se réduit à la matière, si elle est impersonnelle. Dans les deux cas, c'est la négation de la liberté réelle ; et, l'automatisme toujours, sous une apparence de liberté.

Ce ne peut encore être là, ce que les encyclopédistes ont voulu exprimer : par le mot nature.

En parlant de nature^ et relativement à la liberté des actions, relativement à leur moralité, les encyclopédistes comprenaient probablement : nature intellectuelle; expression équivalente à nature rationnelle on libre ; nature différant essentiellement : de nature organique, essentiellement privée de liberté. Hais, ils n'ont point osé étabUr ouvertement cette distinction. S'ils avaient prononcé : nature intellectuelle^ nature relative auraisonnementy il leur aurait été opposé : qu'il y a raisonnement contestable, et raisonnement incontes-

SCIENCE SOCIALE. St3

taUe; que, jusqu'à présent, les mathématiques ont en seules le privilège d'avoir u n critérium incontestable, une unité hypothétiquement absolue, pour distinguer un raisonnement réel d'un raisonnement illusoire; c'est-à-dire ioi : un raisonnement bon d'un raisonnement mauvais ; et que, si eux, encyclopédistes, ne donnaient : et ce critérium pour juger tout raisonnement extra-mathématique, tout raisonnement moral ; et, les moyens de s'en servir ; ils ne faisaient : que, mettre à la place d'un sentiment règle d'action basé sur la /bt, et, coùdi^saïLt à Tordre ; un sentiment ne réglant rien, et conduisant au désordre ; qu'ils ne faisaient enfin : que, renverser le despotisme de la foi ; pour lui substituer V anarchie du scepticisme.

Nous ne craignons point de pareils reproches ; et, nous disons :

Que, l'expression nature, donnée sans épithète, est une expression indéterminée, complètement vide de sens, et qui ne peut être employée : que, par l'ignorance ; ou, que pour masquer sa propre ignorance.

Qu'il y a dans l'homme : nature organique, nature physiologique, nature physique, nature à laquelle il est impossible de résister, à supposer que la résistance soit possible, sinon : par la nature intellectuelle, la nature rationnelle.

Que, la nature intellectuelle, la nature rationnelle, a pour expressions : le raisonnement, l'examen, dont la tendance, vers la vérité, est nécessairement vaincue par l'ignorance primitive, et doit rester vaincue, pour que Tordre puisse exister : aussi longtemps que l'examen

2i4 SCIBNCB 60GULE.

n'est poiot devenu inconipressible, par les développements de la presse ; aussi longtemps que l'incompressibilité de l'examen n'a pas développé l'intelligence^ au point de rendre possible la connaissance de ce qui est incontestablement vrai, relativement à l'inévitable sanction des actions ; aussi longtemps que, l'anarchie, causée par l'incompressibilité de l'examen , n'a point rendu l'ordre impossible : en dehors de la vérité.

Nous donnerons : et le critérium de raisonnement ; et le moyen de s'en servir ; et la démonstration : que, la sanction des actions, selon leur conformité avec une règle dérivant d'un raisonnement, est: inévitable.

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