DuTiiL, Dict, dei MérogiypÂeSf p. xlii
8CIBNCE SOCULB. 353
SOCS L*EHPIRISUE, l'HI}MA»IT£ SE DIVISE IV^GESSAIRE- MEHIT. LA DIVERSITE DES LANGUES EST LA SUITE NE- CESSAIRE DE CE FRACTIOniNEMEIlT INEVITABLE.
« Ut silvœ foliis pronos mntantor hi annos, Prima cadant : îia verboram Tetns interit aetas.
HoHACE, Àri poétique.
Dans tout commencement -de société; et, jusqu'à répoque'oùle raisonnement réel, devient nécessaire à l'existence de Tordre ; renonciation et l'interprétation du droit sont essentiellement relatives : à l'opinion, au sentiment, au préjugé d'un seuL
Il y a dès lors, \is-a-\is des sentiments de chacun, beaucoup d'injustices commises, illusoires ou réelles. Pour se soustraire aux conséquences de ces injustices, des familles émigrent et s'isolent.
Dès lors, sous l'empirisme, l'humanité se divise nécessairement. Et, ses fractions peuvent seulement se réuniry et ne point rester en état d'anarchie : lorsque le règne de la justice contestable ou illusoire, est, luimême : devenu impossible.
Du fractionnement de l'humanité en peuples divers, nait la diversité des langues. Car, deux peuples, même ayant primitivement le même langage, ont bientôt des I. 23
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langues différentes : si, leurs communications viennent à diminuer de plus en plus.
Or, sous l'empirisme, les communications s'entravent nécessairement. Puisque sous cet état, la base de la conservation de Tordre est : de diviser ^ pour conti^ nuer de régner j de diviser^ pour continuer d'exister.
SODKTCB SMIALB. 3S5
GONSÉQUENGBS DU FRAGTIOIfNBMEnT NECESSAIRE DE l'HU- MAKITE ET DE LA DIVERSITÉ DES LAi!ïGUES. nOMITIES EXISTAlfT I«EGESSA1R£ME1IT ENTRE LES PEUPLES. ANTI- PATHIES NATIONALES. PATRIOTISME.
« Uoe idée commane entre les hommes est plas qn*aDe patrie commime. >»
Lâkartiits, Voyage en Orieni, t III, p. 21.
— « La dhreraité des langues facilite Tantagonisme des idées. »
Arovtmi.
Deux peuples ayant des lapgues différentes , sont facilement rendus ennemis. 11 suffît, à cet égard, d'un interprète intéressé à leurmésintelUgence.
Or, le despotisme ; c'est-à-dire alors les sociétés^ ont un intérêt d'existence à ce que les peuples soient ennemis : puisque l'ordre social, c'est-à-dire l'existence de l'humanité, repose, à cette époque, sur la maxime : diviser pour continuer de régner.
Les peuples , sous l'empirisme ; c'eayb-à-dire : A
l'origine des sociétés; et, jusqu'à ce que l'ordre
devienne impossible par le raisonnement illusoire;
sont, dès lors , nécessairement ennemis. Ces inimitiés,
nécessaires pendant cette période, se nomment anti*
pathies nationales. Et, le résultat de ces antipathies
356 SCIENCB SOCIÀLB.
nécessaires, se nomme, relativement à chaque peuple :
PATEIOTISME.
L'union des peuples ; la communauté d'idées entre les peuples j ou, l'exereice de la fraternité ; est, ainsi, essentiellement relative : à l'unité de langage ; à la destruction du patriotisme. Et, l'empirisme patriotique, ou despotique, doit protéger la diversité des langues.
jbcieuce sociale. 387
Histoire.
« Belot, avocat au conseil pmé da roî, sons le règne de Lonîs XflT, publia an livre qui le fit entrer avec pm d'konneur dans la fiunease requête des dictionnaires. Il entreprit de prouver qu'il ae fallait pas se servir de notre langue d^ns les ouvrages savants, et il allégua, entré anties raisona, quVn xormnumquant au peuple les tecreis dês sciences, ojr a produit dk grands macx. Il promettait un autre ouvrage où il devait faire voir le détail de cette preuve. Notez qu*il voulait que M. Seguîer s'interposât dans cette cause pour des raisons politiques.
« Il y va du bien de l'État et de celui de la « religion , » disait-il.
« Les anciens Romains, à son compte, se trouvèrent mal d'avoir employé à tout la langue vulgaire.
« Ce sont là (continue Bclot) les effets que les « secrets des savants, mal à propos découverts au <• peuple, ont produits chez les Romains , et dont « l'exemple seroit aussi périlleux à notre monar- « chic qu*il a été dommageable à cet empire. Je •• laisse à part les belles considérations qui pour- « roient être tirées de chaque science, et qui feroieut « voir clairement de quelle importance il est de les « tenir cachées , ou du moins ne les déclarer qu'à « des personnes qui en fussent capables ; ce sera « dans un traité politique à qui j*ai donné le nom « de France^ ou la Monarchie parfaite , où l'on « trouvera sujet d'étonnement et d'admiration , en « examinant combien la oonnoissance qu'on a doa« « née de la philosophie aux peuples a fiut de brouil*
388 SCISKCB SOCIâLS.
M Ions et de sophistes, combien celle de la théologie » à^ hérétiques et d*atkées, la morale de iânsseï a vertus et d*hypocrites , et combien la médecine, « que Ton professe en notre langue, a &ît d^empiu riques et d'homicides qui tuent plus d'hommes M que la peste et la guerre ensemble, et qui n^ont « point trouvé d*autres moyens de virre que celai M de faire mourir impunément tant de monde. •
«f 11 n'est pas inutile, ajoute Bayle, de conserver la mémoire de ces sortes de laussetés de Tesprit humain, ce sont des poisons qui peuvent sertir de remède.»'
BATLt, Dict, ait., art, BaLor.
— Ce que dit Belot est de la plus évidente vérité, pour l'époque d'empirisme. Cominent donc Bayle, Tun des hommes les plus perspicaces de son siècle, ne Tatr41 pas reconnu ? Par une seule cause : C'est, que Bayle croyait, malgré toutes ses affirmations contraires , passe-ports qu'il donnait à ses ouvrages : que, Veanslence sociale n était pas incompatible^ avec la vulgarisation du matérialisme. En effet, pour Fépoque d'empirisme, la vulgarisation de la science, n'est autre : que, la vulgarisation du matérialisme. L'époque actuelle en est la preuve.
Nous venons de dire : que, Bayle, malgré ses affirmations contraires, croyait à la possibilité d'une société matérialiste. Donnons d'abord : ces affirmations contraires; nous donnerons ensuite les preuves qu'il ne croyait point à ses propres affirmations. Ce que nous allons citer, est extrait de VEnct/clopédie nouvelle de P. Leroux et J» Reynaud.
' — • Je TMM é9 dKffv duos ^mA but Jkjle exposa, à la fin an dix-ieptnme nède, son e&thn pandoxe ifoir paiple athée. H fallait jeter de
Mnrci soeitu. 390
Tmv inr cettt nge dta perséeutio ^i vmà euwigkuté lINrefe pe»dtat àma cêbêê eof , et cpii régnait encora avssi violente et aussi aè^ mtàè efce* les proleslanls qoe «lies lés eatlioKqves. Ba^ rendît donc na gruid service en poossant comaM il le ftf à rindifnrenee reNgiense, etenaccoatamaiif les esprits à considérer Yathéttme s&m-mucune kermut, fÊÊM son paradoxe n*a pas pour eek ph» do vérilé ni d^iaipor-i Unee ipiil ne Kii en donnait lui-même. An hni Bayle n^a jamais so«tena qne Tatliéîsae fftt Téfat normal d'uno nation ; loin de là, il répèfe piasiBurs fois qne ce qni arriverait d*ttn tel peuple est «n grand problème : « Si Ton regarde, dit-il, les athées dans la (fisposttion de leuf eœnr, on troQTe qoe n*étant ni retenus par la crainte d*aucan chAliment dim ni animés par Fespérance d*anenne bénédiction céleste ^ ils doivent s'abandonner à tout ce qni flatte leurs passions : c'est tout ce que nous en pouvons dire, n'ayant point les annales d'aucune nation atbée. »
{Pensées diverses sur la comète,)
— Et pins loin :
— a N^en déplaise à Cardan, nne société d'athées , incapable qu'elle serait de se servir des motifs de religion pour se donner du courage , serait bien plus facile à dissiper qu'une société de gens qui servent des dieux ; et quoique Cardan ait quelque raison de dire que la croyance de Timmortalîté de Tàme a causé de grands désordres dans le monde , par les guerres de religion qu'elle a excitées de tout temps, il est hnx^ même k ne regarder les choses que par des vues politiques , quMle ait apporté plus de mal que de bien, comme il le voudrait faire accroire. »
{md.,§m.)
« Que voulait donc Bayle? Il voulait uniquement dire à ses contemporains : c J'aimends mieux un peuple d'al|iées que de fanatiques comme TOUS (I) ; j'aimerais mieux des gens sans religion qne des hommes qui
brûlent leurs adversaires » Voilà les horreurs qui révoltaient l'âme
de Bayle, et c'est contre elles que son esprit organisait ses paradoxes. Sll avait ADMIS la nécessité éCune religion pour na État , il ïni efti seaiUé qne toutes les conséquences qui le faisaient frémir venaient nécessairement à la snite d'une pareille concession
Bayle ne voulut pas faire cette concession, U soutint donc que la reC-
(1) Bayle ne comprenait pas : que, sous l'empirisme, il n'existe rien : entre Tathéisme et le fanatisme; et , que le règne de Vathélsme, dans le )»en8 de matériaUsmef serait la mort de l'humanité.
360 SGIBMCE ftOGlÀLB.
gîon n*a «ucone inAoence sur les actions des hommes , que les homnies n'agissent pas selon leurs principes, qu'ils se conduisent uniquemeat d'après certaines passions qui régnent constamment dans tous les ptjs et dons tous les siècles; « qne l'ambition, TaTarice^ TenTie, le désir de se venger, l'impudicité et tons les crimes qui peuvent satisfaire ces passions le voient partout; que le juif et le mabomélan, le Turc et le More, le chrétien et rinfidèle, l'Indien et le Tartarc , Thabilant de la terre ferme et l'habitant des îles, toutes ces sortes de gens qui dans le reste ne cooTiennent pour ainsi dire que dans la notion générale de l'homme , sont û semblables à l'égard de ces passions, c^ue l'on dirait qu'ils se copient le^ uns les autres. »
[Pensées diverses sur la comète, § 156.)
— Il soutient enfin :
— « Que le véritablo principe des actions des hommes n'est aaire chose que le tempérament, l'inclination naturelle pour le plaisir, le goût que Von contracte pour certains objets , le désir de plaire ù quelqu'un, une habitude gagnée dans le commerce de ses amis, ou qwlgw autre disposition qui résulte du fond de notre nature , en quelque pays que Ton naisse et de quelque connaissance qu'on nous remplisse l'esprit. »
[Ibid.)
«La religion étant aussi peu nécessaire, cl aussi peu efficace pour nous diriger dans la vie, il ne restait d'elle aucun bien'^ il ne resinit que le mal.' Elle servait uniquement h diviser les hommes, à les .-irmcr les ou« contre les autres (1) : et c'est ainsi que Bayie préférait, disait-il, un peuple d'athées & un peuple de croyants. »
{Encycîopéd, nouv,, art. Culte.)
— 11 est évident : que, malgré toutes ses affirmations contraires, Bayle croyait à la possibilité d'une société matérialiste.
(1) Gela est vrai pour l'époque d'empirisme; mais aussi c'est, que pendant cette époque, l'humanité ne peut exister : que, divisée en religions, en patries.
ddENCB SdCULS. 361
FAITS HISTORIQUES RELATIFS A LA DIVERSITE DBS