LANGUES
«r L*altéraUon da langage s'est reueoaifée sans les causes qui hâtent la barbarie et le déelin Eodal. Les idiomes cessent de vibrer poor Tinaginatioo et le goût , lorsqu'ils senreot eneore à la civilisation et à la vie ; ils meurent en6n coomm; les hommes, ils meurent avant Textinction des ra« ces qui les ont parlés... L*éniditioD nodeme nom atteste que dans une contrée de l'immobile Orient on nulle invention n*a pénétré, oà osOe barbarie n'a prévalu , une langue parreniie à sa pcrf4Bdi4Hi s'est déconslmite et altérée d«lleHméflM par to seule loi de changement natarelle à HmaMfrflé. "
AcADKM f t Fa ARCAisf, PtéfoM du DieUo/uudrt,
— M. Armand- Alexis Monteil, dont les eooDai»* San ces historiques sont si vastes et si précises, le premier peut*ètre qui ait réellement écrit l'histoire, non» fournit le fait suivant dans la 4 T épître de son HUUnre des Français des divers étais au quaU/rzieme ite4:le.
Cette épître est supposée écrite par un iiioine de cette époque.
— « Un de cpnx, dit-il, qui ont le pi os viiremait c&uAmiUê mim prt^ (la réunion de la langue d'Oc à la langue d*Oif) a tnmfmé «ne UïtUfïfff de U langue française dans une (orme qu'on a fcrrt approuvée el que votif
363 iCIBIfCB SOGULB.
approaveres de même. Il a écrit en lettres ronges, pour ainsi dire couleur de roaiUe, la traduction d*un discours de Gicéron £&ile sons Gktries Je GhauTe. On j voit en lettres noires quelques mots, ce sont ceux qa'tujourd*hui on emploie encore. Il donne ensuite la traduction dn même discours faite sous le bon roi Robert : il y a pins de mots écrits en noir. 11 y en a encore plus dans la traduction faite sous Pbilippe-Augnste. 11 n*y a presque plus de mots écrits en couleur de rouille dans celle qui a été faite sous Philippe le Bel. Il n*y en a pins dans celle iute de nos jours. V
— Si, chez un même peuple où les communications sont continuelles, la langue varie aussi rapidement, devons-nous être étonnés des différences plus rapides encore qui se sont étabUes entre les langues des peuples isolés ?
9GR9€V 89CfALE. 3fl3
lésOLTATS msraUQIïR DE LA DITHURl^ DB UUMSDIS.
«l^Mt coMqnénntf iH Tent sliMnponr la pi»> plfi conquis, doit faire adopter an laincu la langue du vainqueur. Deux agglomérations dliomaies ne pensent être réwilfaMnt wm, anssilengtafliipf qa*îl existe entre elles diversité de langage. »
— Quels ont été lies effets de la (firersîté des langues?
Dans FËcritnre, le premier pas fait hors la voie de la justice, après l'époqae de réconeilîation^ est signalé par la confusion des langues.
Jamais, peut-être, rétablissement du despotisme n'a été mieux caractérisé, comme nécessaire à l'existence de Tordre : aussi longtemps que l'incontestabilité , relative à l'unité de conclusion sur l'âioncé du droit, reste inaccessible à l'humanité; et que, par conséquent, il y a confusion de langues.
Plus loin, dans l'Écriture encore : un seul mot mal prononcé, suffit pour livrer une tribu à la mort.
Chez les Grecs, comme chez les Romains, tout ce qni ne parlait pomt grec ou latîn, était considéré comme barbare : expression qui , alors , était synonyme: f étranger ou fmnemi.
364 SCIKNCK SOCIALE.
Si /nous passons aux temps modernes, nous voyons partout les différences de langue : entre les diverses circonscriptions d'une part ; et, d'une autre, entre les maîtres et les esclaves dans chacune d'elles ^ caractériser le despotisme.
De plus : dans chaque circonscription agglomérée de peuples communiquant facilement entre eux, comme on a vu l'empire grec et l'empire romain; circonscriptions : qui se disaient seules civilisées; qui s'intitulaient, qu'on nous permette cette expression, de civilisation par excellence, à l'exclusion de toutes les autres qu'elles traitaient de barbares^ ainsi d'ailleurs que nous le faisons nous-mêmes maintenant ; da^is chacune de ces circonscriptions^ disons-nous, il y a toujours une langue spéciale, commune à tous les despotes qu'elle renferme, nonunée : tantôt sacrée; tantôt diplpmaiiqtie. Aujourd'hui, par exemple, notre civilisation européenne a la même langue féodale, partout où la féodalité est encore en vigueur. Et, ce qui peut^tre n'est pas le moins remarquable ; c'est, que le pays, qui a fourni cette langue, est celui qui, le premier, a détruit la féodalité.
Si, du domaine politique, nous passons au domaine domestique, que voyons-nous encore?
' Partout où il existe des esclaves de droit, les maîtres ont une langue que les esclaves i^e comprennent point. Et, oh il n'y a plus que des esclaves de fait : la langue du propriétaire diffère, plus ou moins, de celle des prolétaires.
Enfin, les voleurs eux-mêmes, classe de despotes la
SCIBNCB SOCIALE. 368
moins dangereuse peut -être, en ce que toutes leurs actions portent dès V abord à chercher le rétablissement de Tordre dans leur anéantissement ; les voleurs, disons-nous, ont un langage spécial, auquel la société a été obligée de donner un nom.
La diversité des langues est donc, à elle seule, nne canse suffisante pour rendre les nations ennemies. Et, par la raison contraire, les haines nationales s'effacent promptement : lorsqu'à la suite des communications entre deux peuples parlant des langues différentes, beaucoup d'individus de chaque nation, parlent les deux langues.
L'influence que, les différences dans l'expression de la pensée, peuvent avoir au milieu d'une circonscription, s'étend même au point : qu'au sein des peuples parlant un langage uniforme, une simple variation d'accent est souvent suffisante pour exciter des antipathies.
La disparition des patois, des dialectes, et de la diversité des langues, est donc le meilleur des mètres : pour juger de l'établissement plus ou moins prochain, du règne du raisonnement. La caractéristique de la réunion de .l'humanité , sous un seul droit , sera :
l'CMTÉ DE LANGAGE.
366 scmcs «oottu.
GHAMTRE IV.
DEUXIÈME ET TRDISIÊKE HOTEN DESPOTIQUE : EXALTITIO^ DES PASSIONS, OU FANATISIFE MIS EN OEUTBB SOrs TOUTES LES FORMES, ET SPÉCIALEMENT SOUS CELLES DE REUdON ET DE PATRIOTISME.
kt grandes nations. »
Gmlsot.
« Nulle QBose pins finitiiinlf de sépantîaa (fu la dÎTersité des croyances ; rien qui rende IliODUBe pku étraiger à Umbum, qaî crée des définon plus profondes, des inimitiés plus implscaibks. Cela est vrai , surtout pour les peuples. Qoaad^h religion ne les unît pas , elle crée entre eux un
▲BÎMB. »
L'abbb db la Mbitrais, de la BeUgion ooaadérée dans l'ordre politique ei ctn7, édit à 1826, pag. 293.
— « Par cela même 'que les systèmes rdigiesx, d'où dérÎTèrent jadis autant de civilintions dittnes. meurent à la fois, que ces civilisations te pénètitot et se dissolvent mutueUement , scmhtohia à des
8G1E1ICE SOCULfi. 387
fleuves qui, mêlant leurs oudes, se goofleot, débordent et dévastent au loin, et recouvrent de gravier les contrées qu'ils fertilisaient quand chacun d'eux • suivait le cours que lui traçait sa propre pente;
par cela même il se formera une doctrine plus complète, plus en harmonie avec tes progrès de la raison^ les développements de la science, et conséquemment une société moins impar&ite. De ce mélange des antiques croyances, ou plutôt de leurs éléments modifiés, il naîtra une pensée nouvelle, une conception, un dogme, destiné à devenir la base d'une civilisation commune à toutes les nations, fractions de la race humaine que divisent dks tu-