II
premiers pas, on nous barre le passage, on non interdit d'entrer dans le cercle où nous Toalioas pénétrer ; on ne veut pas disenter avec nons ; oo croît avoir tout dit lorsqu^on noos a crié : Prencx garde de noire en étendant trop les questions , es introduisant de nouveaux problèmes, en dérangeant les calculs de noire politique , en gênant ses opérations, ses mouvements, ses manœuvres.
« A nôtre tour donc, nous adressant anx poIiHques^ nous leur demanderons compte de leur sctencf; et, au nom même de la politique, nons leur dirons : Prenea garde de rendre la politique, non-seoleneot faible et débile» mais impuissante et stériJe, eo 17aolant de tout ce qui pourrait Téclairer et la diriger dans sou œuvre (t). Vous nous accusez de trop étendre les questions. Il s*agit de savoir si cV^i noos qui les étendons trop, ou si c'est voos qui le» restreignez à tort Vous prétendez que la rdigioa est en dehors de la question ; nous , à rinverse de vous, nous seotMis la religion sous toutes les questions politiques.
• Arbitres de la presse vous décidez trcp
vite les questious. Savez-vous ce qu'ont écrit sorce point les plus grands esprits de notre temps (?) ?
« Je ne vous citerai pas Saitit-Simoh otais
combien d'autres à qui, du moins, vous ne (koimi pas le génie !
nll faut nous tenir prêts, dit de Maistaz, pour en événement immense dans Tordre divin, vers leqnc^l nous marchons avec une vitesse accélérée qui doit frapper tous les observateurs. Il n'y a plos de religion sur la terre, le genre humain ne peot rester dans cet état Mais attendez que laffinité Data-
(1) Comment l'auteur n*a-t-il pas reconnu : qu'il est impossible d>clairer, de diriger l'établissement d'un droit, formulé par des majorités, chez lesquelles : les passions étouffent nécessairement les lumières; et. se refusent à toute direction rationnelle? Comment l'auteur n'a-t-il pa> reconnu : que, la souveraineté du peuple n'est autre : que, la souverainetides passions ; la souveraineté de l'anarchie : comme la souveraineté éi droit divin, est la souveraineté du despotisme?
(2) Est*ce que l'auteur s'imagine que les hommes soumis aux passioo^ aiment à raisonner? Ce que les passions ont le plus en horretir, c'&l '^ raison. Et, voilà précisément : pourquoi, l'exocs de mal social est t^ seule source possible : du remède social.
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relie de la religion et de la sdenoe les réonisse dans la tète d'oD seul homme de génie ; Tapparition de cet komme ne peut être éloignée, et peat-étre même existe- t-il déjà. Celni-là sera fameux et mettra fia au dix-huitième siècle, qui dure toujours; car les siècles intellectuels ne se règlent pas sur le calendrier, comme les siècles proprement dits (1).
« Dans ses ConsidératioMS sur la France^ dx Maxstxe ayait déjà exprimé cette pensée prophétique de la manière suivante : « Lorsque je considère « l'afTaiblissement général des principes moraux, la « divergence des opinions, téhranlemenl des sou- « verainetés qui manquent de base, Timmensité « de nos besoins et l'inanité de nos moyens, il me « semble que tout vrai philosophe doit opter entre « ces deux hypothèses : on qu*il ya se former une « nouvelle religi<m, ou qne le christianisme sera « rajeuni de quelque manière extraordinaire (7). »
PiESBX Leroux, Revue indépendante, discours aux politiques (3).
^- « Noos avons rejeté d'un coup tous les despoti«mes, toutes les idolâtries; les idoles que se fout les ignorants, et celles que se forgent les érudits et les mysiisqnes; les superstitions des hommes occupés des choses actuelles, et les superstitions de?) esprits méditatifs et rêveurs.
« Mais certes ce n'est pas pour constituer une autre idolâtrie, ndolâtrie d'une pure abstraction, appelée souveraineté du peuple.
«La souveraineté du penpieexistera, le peuple sera en effet le vrai souverain, le souverain l^itime, quand la science aura donné a cette souveraineté le souOIc de l'existence (4). Jusque-là ce nVst qu'un projet. »
Pierre Leroux, /c/., ihid.
(1) Soirées de Saint-Pétershourg, ll« entretien.
(2) Pag. 65.
(3) Tous ces raisonnements sont inutiles, vis-à-vis des gens : qui, implicitement ou explicitement, se disent machines; et , néanmoins , se croient capables de raisonner^ A cet égard , il n'y a pas une exception d*un par million ; et M. Pierre Leroux ne fait point partie des exceptions. Excès du mal social ! viens au secours de Tordre !
(4) Comme la science n*est que l'expression de la raison , ne sorait-il pas plus simple et plus intelligible de dire : que , lorsque la raison s'est cnoocée d'une manière rationnellement incontestable, la raison est le souverain; et, le peuple, le svjetf acceptant, librement, ce que la raison
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Empînsme.
«Est-il Traî, Messîears, qa*il y aitane BOBfenineté de droit, une volonté qui ait droit de gonver^ ner les hommes? Il est certain qu*ils y croient; car ils cherchent, et ils ont constammoit dMrché, et ils ne peuvent pas ne pas chercher, à m placer sous son empire. Conceves, je ne dis pas on people, mais la moindre réunion d^hommes ; ooocetczla soomise à un souverain qui ne le soit que de (ait, à une force qui n'ait aucun droit que celui de U force, qui ne gouverne pas à titre de raison, de justice, de vérité ; à Tinstant la nature humaine (I) se révolte contre une telle supposition : il f»t qu*elle croie au droit. C*est le souverain du droit qu'elle cherche, c'est le seul auquel rhomme oob* sente à obéir. Qu'est-ce que Thistoire, sinon iu udent effort vers ce souverain du droit, afin de m placer sous son empire ? Et non-seulement les peuples, mais les philoêophet croient fermement à son existence, et le cherchent incessamment Qu sont tous les systèmes de philosophie poUtiqiif, sinon la recherche du souverain de droit? Q^ traitent-ils, sinon la question de savoir qui a dnnt à gouverner la société ? Prenez les systèmes théocratiques, monarohiques, aristocratiques, dénocraUques, tousse vantentd'avoir découvert en qnirécideb souveraineté de droit ; tous promettent à h sodélé delà placer sous la loi de son maitre léffiiime. h k
déclare être la vérité? Pierre Leroux veut bien de la souveraineté delà science; mais, quelques pages plus loin , il crie : anathème sur U souveraineté de la raison! 0 époque ! comme tu es bien caractérisée par ^ même auteur, disant : Anarchie de la société; anarchie de chaque how^e dans le fond de son cœur, (1) Le raisonnement.
répète, c*est Jà le bat de toos les tnvaaz des philosophes, comme de tous les efforts des nations.
« Comment les ans et les antres ne croiraientils pas an sonferain de droit ? Conunent ne le chercbenient-ils pas constamment ? Prenez les snppositions les plos simples ; qu'il y ait un acleqadconqoe à accomplir, une action qnelconqne à exercer, soit sur la sociélé dans son ensemble, soit sur qoêlqoesans de ses membres, soit sur un seul ; il y a toujours évidemment ttne règle de cette action, une folonté l^itime à suivre, à appliquer. Soit que tous pénétriez dans les moindres détails de la ?ie sociale, soit que TOUS TOUS éleviez à ses plus grands érénemenls, partout vous rencontrerez une vérité à constater, une idée juste et raisonnable à faire passer dans les réalités. C'est là ce souverain de droit vers lequel les philosophes et les peuples, v^otU pas cessé et ne peuvent pas cetter tt aspirer
« En aucun lieu, en ancan temps, aucun pouvoir ne saurait lsgitim tMaiiT kire possesseur XITDÉPZlfOÀHT DE CnTE SOUVEUÀIlfETZ
« Quels sont les caractères du souverain de droit, les caractères qui dérivent de sa nature même ? D'abord il est unique ; puisqu'il s'y a qu^une vérité, une justice, il ne peut y avoir qu'un souverain de droit. Il est de plus rzaïf ahert, Toujouas lk
MiME (1): LA VÉaiTÉ HE CHANCE POINT (2). »
GuizoT, Histoire de la civilisation en, Europe, p. 265 à 268.
— «La démocratie de nq^ époque.... repose sur le dogme athée de la souveraineté primitive et absolue du peuple. Considérées en elle, nos institutions, sur lesqudles des discoureurs peuvent faire des phrases, et bâtir des systèmes sans fin, ne sont évidemment que des conséquences de ce dogme absurde. Il règne dans les esprits, il est Tâme de la société, et le fond réel quoiqOe inaperça des opi-
(1) Concluez, M. Guizot I Le droit dérivant de la souveraineté du peuple i variant comme les majorités, ne peut dériver : de la gouverainetc de droit.
(1) Et, le droit dérivant de la souveraineté bourgeoise, change continuellement
nions les plos divergentes. Combiné a^ec les idées étroites et HMtérieUes de la poliù'que modene et la corrnption morale qu Viles engendrent, il produit, et dans les lois one anarchie bideoae, et dans l'ad* ministratioQ on despotisme tel qu'il n*en exista jamais de si faneste et de si dégradant  la Toe de ce supplice, car c'en est an, on serait tenté de Croire qu'il y a des crimes pour lesquels la joslice sapréne condamne les peuples à être étoafles dans la booe. <«
<* Certes, nous sommes descendus bien bas, » bas qu'à peine conçoit-on qu'il soit possible de descradre encore. Une nation peut se corrompre et œêsie périr par Texeès de la corruption : cela s'est tb; mais qu'un peuple rejette systématiquement de «s lois tout principe spirituel, toute vérité religiease,et par conséquent ioate vérité morale, il n'en existait aucun exemple ; c'est un phénomène nonvean sur la terre. Cependant je m'étonne moins encore de cette prodigieuse dégradation, que de l'espèce d'orgueil qu'elle inspire à certains êtres qu'il (ànl hiea appeler humains, puisqu'il leur reste la figare et le langage de l'homme
« Un matérialisme abject a tout envahi : daos
la société on ne voit que de la terre, des bras el
^ de l'argent ; dans t.A loi que le rapport entre des
bouleê noires W det boules blanches ; dans la jiutioe q«i« les prescriptions variables ttwt h» wurde ei aveugle; dans le crime qu'un simple i^i^ dont, pour la sûreté commune, l'idée doit se lier à c^le du bourreau* »
L'aibé i>£ la Mennais, De la religion considérée, etc., p. 9Cà 103.
** Lorsque le jogement de la kaisoit devient la décision commune d^un État, il prend le uoin de