‹ Science sociale (volume 5)Chapitre 10 sur 70 · SCIE»GB SOC?JULB · texte numérisé non relu

SCIE»GB SOC?JULB

Supposons, de plus : que, les bruits et les modîfieatioDs successifs, de peine ou de plaisir, se répètent, à de certains intervalles ; alors, il pourra y^voir différents passages : de l'état d'éternité à l'état de temps ; et, de l'état de temps à l'état d'éternité; si, les intervalles sont assez considérables: pour que, pendant ce temps, h perception de la succession ait pu s'effacer de la mémoire. Mais, la cause de ces modifications étant censée dépourvue : de sensibilité, d'un organisme ayant les mêmes besoins ; et, la société nécessaire n'existant point; cette cause ne pourra aider l'homme à dé^ velopper : le signe du moi successivement modifié; wgne qui est, alors, le bruit uni à la peine ou au plaisir. L'attraction de l'homme, passé à l'ordre de temps, interrogeant matériellement^ demandant matériellement, l'expression du moi restera sans réponse, soit maté* rielle, soit intellectuelle : sans réponse matérielle, parce que les attractions et leurs conséquences ne sont pas les mêmes entre l'homme et la cause extérieure que nous avons supposée ; sans réponse intellectuelle, parce que cette cause est supposée dépourvue de sensibilité réelle. Dans le cas de répétition, le verbe ne se développera donc point; et, dans le cas de non-répétition, la mémoire centralisée , par défaut d'exercice suffisant, ne conservera point le premier signe comme intellectuel; et l'homme, passé à l'état de temps par une illusion de société, retombera, par la réalité , dans l'état d'éternité. C'est ainsi : que, des enfants, ayant déjà reçu le verbe par la communication de ceux qui les (Hit élevés, sont retombés dans Tordre

S€isiiC8 aocuLE« 253

d'éternité ; lorsque, des circonstances les ont pkiDgés jeunes et kmgteQips, dans l'état d'isolement. Et cependant, chez eux, le verbe, lorsqu'ils ont été livrés à l'état d'isolement, ne se bornait point à la simple expression du fiwiy comme dans la supposition que nous venons de faire ; il s'était développé : dans toute l'éten* due qui appartient à un enfant, déjà capable de vivre au sein du désert. 11 est bien plus difficile de comprendre :comment le verbe, acquis à un certain degré de développement, peut se perdre dans l'isolement ; que, de comprendre: comment il se développe, nécessairement: au sein de la société nécessaire.

L'homme, à l'état d'isolement, passe souvent à l'état de temps, par des illusions de contact avec des sensibilités apparentes. Mais, le temps n'apparaît alors : que, comme des éclairs, passages d'une éternité à une autre. Le verbe, pour que sa génération puisse se développer, a besoin du contact d'un autre verbe,; et, s'il était permis de comparer deux ordres essentiellement différents, il serait possible de dire : que le verbe, non point pour naître, mais pour vivre et se développer, a besoin : du contact de deux intelligences ; comme l'humanité, pour vivre et se développer, a besoin : du contact de deux organismes.

qcelle est là cause qui fait passer nécessaiaement l'homue a cet ordre de temps, du momïTnt qu'il

EST A l'état de société NÉCESSAIRE?

Iki mement que deux sensibilités , unies à de sem-

blables organismes, sont en contact nécessaire ; les attractions causent, nécessairement^ des mouTements et des jouissances successives, qui se placent, nécessairement, dans les mémoires centralisées comme successions perçues; et. ces perceptions nécessaires constituent le passage de l'état d'éternité à l'état de temps, ainsi que nous venons de le voir pour l'état d'isolement. La société nécessaire rend nécessaire : la répétition des contacts'; et, le maintien à l'état de temps.

Comment le verbe se développe -t- il nécessairement

APRÈS LE passage A l'oRDRE DE TEMPS ET DANS l'ÉTAT DE SOCIÉTÉ NÉCESSAIRE?

Le premier signe du moi modifié est le mouvement de contact uni au plaisir. C'est : la première sensation intellectuelle; la première perception intellectuelle.

Alors, chaque sensibilité passée à l'ordre de temps, ayant sa première sensation réelle, sa première perception réelle, sa première expression, sa première parole, sa première idée, devient capable de volonté ; et, le mouvement traducteur de la sensibilité modifiée, n'ayant été jusqu'alors produit que' nécessairementj comme résultant de l'organisme, pourra l'être volontairementj comme résultant de la sensibilité, de l'âme, par l'intelligence.

Et, ce mouvement pouvant être produit par l'âme

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au moyen de rintelligence, Test nécessairement ; parce que, Fattraction vers le mouvement, expression de la sensibilité modifiée de l'individu avec lequel la pre* mière sensibilité se trouve en contact, se change en volonté réelle produisant ce mouvement interrogateur; mouvement équivalent : à moi interrogeant toi; laquelle réponse est un même mouvement équivalent : à moi répondant à toij et, hégiproquement. Le notis est l'ensemble de ces mouvements.

Ârrètons-nous un instant. L'expression, volonté réellcj a ici besoin de quelque éclaircissement.

Nous avons déjà dit: que, les expressions ne font que suivre les idées. Tant, que celles-ci ne sont point nettes; les expressions, qui les représentent, sont obscures ; c'est-à-dire ; indéterminées. Il n'est donc pas étonnant : que, le mot volonté soit, jusqu'à présent, resté sans détermination précise.

Examinons les différentes valeurs du mot volonté.

11 y a volonté apparente, volonté au figuré : c'est, celle de l'animal figurément dit; celle, de l'être exclusivement zoologique.

Passons à l'homme existant encore dans l'ordre d'étemité.

Ici, ce n'est aussi : qu'une volonté figurément dite, une attraction ou une répulsion, qui est sentie si elle est peine ou plaisir (1); mais, qui n'est point perçue.

Du moment que l'homme existe à l'état de temps,

(1) Il y a des atractions et des répulsions qui appartienneDt à la vie organique et ne font ni peine ni plaisir.

n'y a-t-il chez lui qu'une espèce de volonté réelle? Analysons.

Qu'est-ce qu'une volonté réelle?

C'est une attraction perçue^ comme le temps est smcession perçue.

Mais, pour qu'une volonté soit réelk^ ne faut-il pas qu'il y ait choix : entre deux attractions opposées ; ety acquiescement lihre à l'une des deux?

Cela dépendra de la valeur que nous attacherons à l'expression : volonté réelle. Si, nous nous contentons de donner, à cette expression, la valeur (ï attraction perçue; il n'est pas nécessaire : que, cette volonté.dépende de la liberté. Et, c'est la valeur que, maintenant, nous attachons à cette expression. Si, à l'expression volonté réelle y nous attachons la valeur : non-seulement d'attraction perçue; mais, encore celle d'acquiescement à Tune des deux attractions opposées, l'une déHvant de l'organisme, l'autre du raisonnement \ il est évident : que, la volonté réelle n'existera : qu'après le développement d'un raisonnement complexe, mettant en opposition les deux tendances perçues et leurs conséquences : ce qui, dans notre cas, ne peut encore exister.

Mais, nous disons : que, la volonté réelle^ en attiichant à cette expression la valeur d'attraction perçue^ existe : dès, que la perception d'une attraction existe ; et, que la volonté réelle et libre : exige le développement du raisonnement ; exige la connaissance de deux tendances, l'une d'organisme, l'autre d'intelligence; et de plus, le jugement de leurs conséquences.

A chacune de ces \ aleurs, il faudrait une expression

particulière pour éviter les équivoques. C'est pour les éviter que nous donnons ces explications.

Maintenant, l'expression volonté réelle se comprendra facilement. C'est, qu'il nous soit permis de le répéter encore : une attraction perçue, non encore pourvue de liberté. C'est, s'il est permis de s'exprin^r ainsi : une volonté encore involontaire^ une volonté dans l'enfance. Nous aimons à mettre ces mots, pour ainsi dire en opposition dans une même valeur; pour faire voir : avec quel soin les expressions doivent être déterminées ; quand on veut : et, se comprendre soi-même ; et, se faire comprendre par les autres.

Maintenant, continuons.

Dès, que le premier signe existe; dès, que le mouvement, traducteur de la sensibilité modifiée, est pris chez chacun comme l'expression intellectuelle du moij et leur ensemble comme l'expression intellectuelle du noiisj dès, que la mémoire intellectuelle existe ; dès, que le temps existe ; dès, que deux intelligences, déjà existantes dans le temps, sont en contact nécessaire; riNTELLiGENCB COMMUNE EXISTE; ct, Ic raisonuemeut commence son développement : sous rexcitation des besoins» Car, ce n'est jamais que par le besoin; que, le raisonnement se développe. Si, le premier couple restait perpétuellement enlacé et sans besoin ; le laagage se bornerait à moi^ toi, nous.

Donnons un exemple des développements du verbe,

sous l'influence des besoins. Mais, auparavant, nous

renvoyons à la partie du g 4, commençant par les

mots : De nouvelles attractions brisent VétreintiBy etc.

BCIBNCC SOCIALK*

Dans ce que noua allons dire, nous ne prendrons jamais : le possible ;mmB toujours, et exdnsiTement : iê néeesmire.

Tant, que l'bomme et la femme sont seuls et bien portants ; il y a peu besoin de communications t?ocales : ils sont toujours ensemble. Si, la voyelle ou a été prise : pour si^fier chaque moi; ou-ou signifiera noM,- nuns, fiera rarement employé; parce que, Tétreinte y supplé^^. Nous supposerons qu'ils n'ont nul besoin : des expressions ayant pour valeur lui^ euoy teème au figuré ; iri de noms, ni de verbes, etc , ce qui est absurde; et cependant^ s'ils en ont besoin, ils donneront : des expressions & ces besoins.

Vient un enfont. Supposons qu'il grandisse jusqu'à ce qu'il puisse courir, sans avoir nécessité le développement du veri^. C'est, encore absurde; mais, n'importe. Dès ce moment, il hii faut un nom pour l'appeler : dès, qu'on ne le verra plus. Supposons : que, ce fmiah, pour le distinguer: de ou père; et, de ou mère. A^lui, il kii faudra distinguer : le ou père, du ou mère; nonvettes expressions. Vient un autre enfant; nouveau nom. Que ce sort rA, pour rester dans les voyelles. La valeur eux devra avoir nue expression. Bientôt, toutes les voyelles seront employées. Il faudra les répéter; ou. arriver aux consonnes. Et le tonnerre, le vent, les eaux, les cris des animaux en auront donné rimtiative; si, elle est nécessaire.

• li'un des enfants dort, ou frappe, ou pleure, etc.; nouvelles expressions devenues nécessaires; et,'Celleseî contiennent : le verbe et Tadjeclif....

En iF^rité, moû cher Agathon, en alknt plus loin : je féraÎB iojttre à votre intdligenee.

ToiA ce que noue venons d'expliquer, très-longuement, se produit nécessairement : au contact nécessaire de deux individualités réelles ; dans les circonstances damnées. Il est évidemaieBt impossible : que , cela ne soH pas ; et •odia ^e peut être coDAesté ; que : par la volonté de nier.

Telles sent les causes : ■

!• De la permaaenœ de TorAre d'éternité, -au sein de rieolement ; >

S* Du passage à l'ordre de temps ; et, du retour à Téteft d'éternité, lorsque ta société est illusoire ; ou, lorsque la aooiélé entre deux individus réels se trouve inrisée : avant, que la m^oire centralisée ait reçu le verbe, d'une maniée ineffaçable ;

P Bu passage de l'ordre d'éternité à Tordre de temps, au sein de la société nécessaire;

4f Des dév^ppements cécessures du verbe, sous TmÉMBce des besoins.

Veyoiis les "preuves pratiques j de ces différentes assertions théoriques^ toutes, théoriquement, incentestriilee.

La penBanence, de l'ordre d'éternité au sein de Tiselement, est prouvée pratiquement; par les exemples que neus avons donnés : aux précédents paragraphes.

Le retour, à Tétat ^'éternité : lorsque, la société est illusoire; ou, que la société, entre deux individus réels « se trouve brisée, avant que la mémoire matérielle ait reçu le verbe d'une manière ineffaçable ; est prouvé

iêO SCIENCE SOCIALE. •

pratiquement : par les enfants qui ont été trouvés dans des solitudes ; et qui, certainement, avaient reçu le verbe, et sont retombés, par Tisolement, dans l'état d'éternité.

Le passage, de l'ordre d'éternité à l'ordre de temps, au sein de la société nécessaire ; et, le développemrat du verbe, sous l'influence des besoins; seront prouvés pratiquement : avec la même facilité ; et, une facilité plus grande cmcore; dès, que la société fera élever des enfants : soit ensemble, hors de toute communication avec des individus manifestant le verbe; soit isolément, et de différents sexes, dans les mêmes conditions; pour les mettre ensuite en contact, par couples, après l'époque de puberté. Ces expériences : que, la société fera nécessairement; dont, le résultat sera incontestable vis-à-vis de la pratique; comme, il Test déjà vis-à-vis de la théorie : serviront à convaincre ; ceux, qui ne peuvent être autrement convaincus.

Nous croyons : que, les explications, que nous venons de donner, se trouvaient tmphctïement : dans la démonstration citée ; mise en rapport, avec les précédents paragraphes. Seulement, l'ellipse était trop forte. Et, comme les observations faites, par M. Â. de Potter, pourraient l'être, par beaucoup d'autres personnes ; puisque lui-même, malgré sa bonne foi et ses connaissances, a eu besoin de ces mêmes explications ; nous les plaçons en note, comme appendice à la démonstration •

• SfilBKCE SOCIALE. 201

M la dirnlim dcf langiiet est encore oapaUe dm tenrir d*appiû

un defpotUme.

« La défense d*écnre les lois se trouTe trop sqp- Tent consignée dans les monuments de rantiqaité pour ne pas lui supposer une raison ( \)* Les envahissements de la parole écrite étaient sans doute trop étendus et trop rapides, et Ton voulait en retarder TefTet, parce que les institutions étaient fondées dans un esprit de fixité (3). On avait peut-être aussi déjà des exemples antérieurs du

(1) Le but de Tanliquité tout entière; c'est-à-dire : do tous les collèges de prêtres, moins quelques renégats qui se disaient philosophes; était : le maintien de Tordre. Ils avaient reconnu : qu*ane loi écrite est une loi, qui sera examinée; et, qu'une loi examinée est bientôt une loi sans vigueur ; pour toute époque : où, la justice de la loi ne peut être incontestablement démontrée. Cette coutume est arrivée jusqu'à nous. Les Écritures, sont la loi des peuples chrétiens; et, partout où le christianisme est en vigueur, comme base d*ordrd, il est défendu : de les lire.

(2) Et, relativement à l'ordre social, Tesprit de fixité, consiste exclusivement, pour l'époque d*ignorauce : dans l'établissement de Vobéissance aveugle; obéissance incompatible avec Texamen. Les philosophes, rené* gats des temples, ont toujours accqsé les prêtres , leurs anciens collègues , d'exploiter le peuple : pour le seul plaisir de l'exploiter. C'était une calomnie à laquelle eux-mêmes ne croyaient pas. Se mépriser soimême; mépriser ses complices; mépriser ses victimes; vivre dans une atmosphère d'hypocrisie ; en souffrir toutes lès angoisses et n'avoir de perspective , que le néant ; n'a jamais été et ne peut être : une base d'ordre. Les législateurs étaient sceptiques ; ils ne pouvaient être : ni croyants; ni savants. Eeconnaissant : que, le scepticisme social est la soufce de l'anarehie ; ils l'anéantiaBaient par la foi, ne pouvant l'anéantir par la science. L'exploitation des masses était nécessaire pour empêcher Texamen ; et, il& établissaient cette exploitatiou. Quant au scepticisme , il restait le partage : des chefs du sacerdoce. Il était la parole traditionnelle ; mais, la masse des prêtres ne la possédait pas ; comme le peuple, elle était croyante. Ceux, qui dépassaient le scepticisme; ceux.

danger qui résulte de la confasioii du langage (f). Mais la pente est irrésistible (2). Il n*y a pas très* longtemps que T Europe a secoué le joug de la langue latine, par laquelle les rédacteurs des lois et les dépositaires de la science mettaient une barrière entre eux et les peuples, ce qui était toujours une manière de remplacer la parole tradttionuellc (3). »

Ballarche, Eisai sur Ua imâtiêuUoms sodaleê, U II des Œuvres, p. 180.

— •• L'introdnction des langues vulgaires dans la philosophie y représente plus on moins Tindépendance et Toriginalité de la pensée (4). *»

M. Cousin , Hist, de la philosophie au diX' huitième siècle j 1. 1, p. 248.

qui niaient, ce qu'ils n^avaient pas 'plus de droit de nier que d'afflnner; étaient : ou, sacrifiés au maintien de Tordre; ou, si le temple venait à manquer de force, ils échappaient au châtiment ; et, on les appelait philosophes. Platon était aussi matérialiste qu'Aristote. Mais, le premier, était encore sous la puissance d'une inquisition; le second, était sous le bouclier d'Alexandre.

(1) La confusion du langaga est la suite inévitable de TexameD, pour aussi longtemps : que dure Tépoque d'ignorance; pour aussi longtemps: que, toutes les expressions^ base d'ordre, restent nécessairement : indéterminées.

(2) La pente n'est irrésistible : qu'après, l'établissement de la presse. Auparavant, des inquisitions lui résistent. Lorsque, la confusion du langage vient à s'établir socialement; il faut: que, l'humanité se divise; ou, qu'elle périsse; ou, que la vérité vienne anéantir cette confusion. L'humanité peut-elle encore être divisée, par des soumissions à des obéissances aveugles? quel est celui qui oserait l'affirmer? 11 faut donc : que, la vérité soit cherchée, trouvée et universellement acceptée ; ou, que l'bnmanité périsse.

(3) L'Europe n'a secoué ce joug : qu'au moyen de la presse. Et, tous les bons esprits de l'époque ont prévu : qtie, ce prétendu affranchissement était : la source de l'anarchie. Il est vrai qu'ils ne pensaient pas : qu'il faut passer par l'anarchie ; pour arrivera l'ordre réel.

(4) Au propre , la pensée n'est pas indépendante. Pour être indépendant, il faut être un être réel; et, la' pensée m Test pas. Au figuré, la pensée dépend nécessairement : soit, de la tcndanca de raison; soit, de la tendance de passion. Dire: que Dieu est un et plasiears; n'eal paatfu toat une pensée indépendante ; c'est, une pensée dépendant : d'un mauvais raisonnement. Dire : que, cette pensée n'est pas indépendante; n'est pas non plus une pensé§ indépendante ; elle dépend : d'uii;bon raisonnement;

S€I£|iCE SOGULE. 963

— « La fraternité qui résolte d une lan^e com- , muse est un lien mystérieux «Tuoe larce immenae'(l). »

De Maisthx, rfit Pape, t. I, p. 198.

«— n Les nations peuvent auJQurdhày an moyen des langues, se toucher à distance (2). » De Maistrb, du Pape, t. Il, p. 242.

d'os raisomieineiit, qai ne peutétre cootesté : que, par un malade. Quant aux peBsécB originales, il n*y a que les découvertes qui méritent ce titre; et, noue ne croyons pas : que, les philosophes en aient jamais fait. Si, par indépendance et originalité de Tesprit, M. Cousin comprend la ré* velte eontre toute autorité ; il a raison ; Vintroduction des langues vulgaires, dane la philosophie, représente* cette révolte : non pas, plus ou nMBS ; mait, totalement.

(f) Cette proposition est bien vague; et, même plus. Une langue peut être commune : soit, entre ceux qui exploitent les masses ; soit, à ceux qui les exploitent et à ceux qui sont exploités.

Une langue commune, à ceux qui exploitent le peuple, est un lien d'une force inimense ; mais, n*a rien de mystérieux. Et encore, cette force n'est immense : que, pour autant que la hiérarchie sociale vient aboutir : aux mains d'un seul. Dans la civilisation chrétienne, )a langue latine n'était parlée : que, par les exploitants. Mais, du momentr que la hiérarchie n'a plus abouti au pape ; la langue latine a été sans force. Il en serait de même, pour la Chine; si, l'empereur cessait d*étre absolu.

U y a communauté de langue, entre les exploités comme entre les exploiteurs, du moment : que, l'examen devient incompressible. La communauté du langage ne consiste pas : à exprimer les idées par les mêmes sons ; eUe consiste : dans la communication des idées, devenue incompressible- Quand on établira Tusage de sons communs, pour exprimer des idées communes, on ne fera : que substituer un outil commode à un outil incommode; comme on le fait : en substituant des chemins de fer aux chaussées ; qui, elles-mêmes, avaient remplacé : des chemins non pavés.

Mais, cette prétendue communauté de langue, loin d'être un lien social d'une force commune, est précisément : la dissolution de tout lien social. Quand, une fois la communication des idées est devenue incompressible; il devient impossible de ne pas reconnaître : que, toutes les idées existantes sont indéterminées; que, leurs expressions n'ont aucune valeur j>réci5e; et, cette prétendue communauté de langue devient : la confusion dès langues, qui fait régner l'anarchie, jusqu'à ce que la vérité apparaisse. Jusqu'alors, il n'y a eu,, en réalité : ni langues, ni 'communauté de langue. Une fois, que la vérité est trouvée ; le verbe réel existe ; et, les idiomes disparaissent.

(2) De Maistre a raison <le dire : aujourd'hui car, c'est seulement de-

264 8GIBNGE SOCIALE.

— « Si GaKlée «Tait sevlemoit écrit en langue latine, au liea d'échaalTer les esprits en langue vulgaire, il ne loi serait rien anrÎTé (1). »

De Maistrb , Examen de la piiioêopkie de Bacon, t. II, p. 278.

<— <« L'auteur que j*ai cité (Thucydide) observe encore que dans le cours de cette fatale guerre (2}, il se fit un tel reuTersement dans les idées et les principes, que les mots les plus connus cbaogèieni d'acception ; qu'on donna le nom de duperie à la bonne foi, d'adresse à la duplicité, de faiblesse et de pusillanimité à la prudence et à la nodératioa; tandis que les traits d'audace et de TÎolence passaient pour les saillies d'une âme forte et dTai zèle ardent pour la cause commune (Thucydide, lib. m, cap. 82). Une telle confusion dans le langage (3) est peut-être un des plus eflrayants

puis que l'examen est devenu incompressible; que, les nations peuvent se toucher : soit, de loin; soit de près. Mais aussi, c'est depuis cette époque : que , l'ordre social est devenu impossible et restera impossible : Jusqu'à ce que le langage réel vienne à exister. Jusqu'à présent, l'humâ* nité n'a fait que bégayer des sons, qui ont suffi pour lui conserver la vie. Mais, jamais encore : elle n'a parlé.

(1) L'autorité n'en voulait donc : qu'à la vulgarisation de l'examen; et, non point à l'examen, dont elle se .moquait : aussi longtemps, qu'elle pouvait le comprimer. Si même, Galilée eût*écriten latin; ses ouvrages eussent été traduits et imprimés : dans toutes les langues de l'Europe. Quand, l'autorité a frappé Galilée; il était trop tard. Une fois la presse établie, il n'y a plus d'autorité possible : que, celle qui dérive de la vérité, rendue inéontestable vis-à-vis de chacun. Avant, l'incompressibilité permanente de l'examen, au moyen de l'établissement indestructible de la presse, il y a eu quelquefois : incompressibilité passagère, dans les pays où dominait le capital. Dans ce cas, l'anarchie se développe avec une rapidité, qui n'est point assez remarquée; et alors, ce pays est bientôt subjugué : par un autre, qui vient reprimer l'examen : sous le joug, d'une révélation quelconque.

(2) La guerre, et une guerre exterminatrice, est la suite inévitable : de toute incompressibilité de l'examen. Il en est de la guerre, pour l'in* compressibilité de l'examen ; comme de la débauche, pour une grande ville; où, les deux sexes iraient : absolument nus.

(3) Cette confusion, dans le langage, est précisément: la suite inévitable de rincompressibilité de l'examen; aussi longtemps : que, la vérité n'est point trouvée; et, socialement acceptée. Quand, elle est trouvée : il n'y a plus rien à examiner.

SCIBMCE SOCIALE. 265

symptômes de la dépraraiion d*an people. Dans d*autres temps, on porte des atteintes à la terta : cependant c'est reconnaître encore son autorité qâe de lui assigner des limites; mais quand on va jusqu*à la dépouiller de son nom , elle n'a plus de droits au trdne : le vice s'en empare et s'y tient paisiblement assis (1). »

Barthélémy, Voyage du Jeune Anacharsis»

— «« Déjà les sociétés ne s'entendent plus entre elles. Je vois naître la diversité des langues, puissant moyen : de réunion entre les familles ( parlant la même langue), de séparation entre les SO" ciéiés (parlant des langues diflérentes). J'ai remarqué ailleurs qu'aujourd'hui comme alors, la diversité des langues a été lb plus orah d ossta- CLR à l'achève ment de l'ouvrage de l'impiété et de Torgueil, et j'ajouterai que le parti philosophique, pour conduire son œuvre à sa perfection, cherchait Bttlaiit qu'il le pouvait à faire disparaître la diversité des langues, en répandant en Europe le goût de la langue de la société dans laquelle son œuvre était le plus avancée. Chaque peuple doit conserver sa langue, parce que toute langue suffit aux besoins du peuple qui la parle , et qu'elle peut se perfec* tionner avec sa conslitation (2). »

BoiTALD, Théorie du pouvoir politique et re- Ugieux, t. II, p. 81.

-— « On doit laisser à chaque province sa langue particulière. C'est une barrière que la s^e nature met aux progrès des innovations , et encore aujourd'hui comme autrefois, la diversité des lan-gués empêche que f édifice de l'orgueil et de Vim^ piété ne s'achève. C'est le moyen le plus efficace que la nature puisse employer pour la conservation de l'espèce humaine. La révolution a pénétré plus lentement et n'a jamais été bien alTermie dans les

(1) Avant, que la presse ait rendu universelle, l'incompressibilité de l'eiamen; la domination anarcbique du vice est éphémère. Ceux, que les bourgeois de tous les temps nomment barbares, viennent subjuguer les civilisés; et, l'ordre règne : jusqu'à ce que les barbares, devenus civilisés; soient eux-mêmes subjugués : par d'autres barbares.

(2) La réduction, à une seule langue, est la perfection du langage. Mais, cette langue unique , en tant que rationnelle, est à faire : et, elle se fera.

266 SCIEMCE SOCIALE.

provinces du midi de la France ^ xbas la Bretagne, dans le pays desBasqaes, dansTAlsaoe, -dans toutes les parties da royaume où l'on ne par* lait pas la langue de la capitale. »

Id,, t. ni, p. 45.

— *' SI le monde entier entendait le français, il y aurait de qaoi bouleverser le monde (l). **

BoMALD, Démontiration philos, du prinâpt contiilutif de la iociété, p. 3(8.

— « Nous montrerons que s'il était impossible de faire da latin une langue vulgaire, commuse à l'Europe entière, la conservation de Tusage d^écrîre en latin sur les sciences n'eût eu pour ceux qui les cultivent qu'une utilité passagère ; que rexistence d'une sorte de langue scientifique, la mèmecbes toutes les nations, tandis que le peuple de chacnne d'elles en parlerait une difTérente, y eût séparé ks hommes en deux classes , eût perpétué dans le peuple les pi'éjugés et les erreurs; eût mis on éternel obstacle à la véritable égalité, à un usage égal de la même raison, à une égale connaissance des libertés nécessaires; et, en arrêtant ainsi le progrès de la masse de l'espèce humaine, eût fiai, comme dans l'Orient, par mettre un terme à ceux des sciences elles-mêmes. »

CoifDoaccT, Taàleau des progrès de l'esprit humain, p. 171.

— o A la vue de tous ces désordres

je ne vois que deux expédients : le premier, de ne point avoir d'esclaves d'une seule et même nation, mais, autant qu'il est possible, qui parlent différentes langues, si l'on veut qu'ils portent plus aisément le joog de la servjtude; le second est, etc.'-

pLATOîf, Loisy I. VI.

En combien de manières, la division des langues peut-elle servir : au maintien du despotisme; au mono pôle des développements de rintelligence ; à Fignoranee; à l'exploitation des masses?

(1) C'est très-vrai. Et, comme, au moyen des traductions, le monde entier «ntcnd le français; le monde est bouleversé. Et, c'est précisément ce bouleversement, qui est nécessaire, pour l'amener : à Tunité.

SCISHCB SOCIALE. 267

De deux manières principales :

Par la division des langues, entre les classes for^ mant une même société j

Par la division des langues , entre les diverses sociétés.

Division des langues^ entre les classes formant une

même société.

11 y a deux espèces de langues : langue parlée; langue écrite.

H y a maintenant deux espèces de sociétés : société soumise au droit divin ; société soumise au droit des majorités.

Commençons par les sociétés de droit divin.

Cette espèce de société est exclusivement relative : à Tabsolutisme ; à l'infaillibilité du chef ou plutôt de l'interprète de la révélation. Tout ce qui est enlevé, à cet interprèle, appartient nécessairement : à une majorité, pour toute l'époque d'ignorance.

Dès lors, nous pouvons affirmer : qu'il n'y a plus de société soumise au droit divin : dans toute la valeur de cette expression. Constantinople et Saint-Pétersbourg lui-même, plus absolu que Constantinople, n'oseraient faire reposer Tordre, sur une décision arbitraire du chef de l'Église ; si, elle opprimait, trop ouvertement, les principaux chefs de la société. Quant à l'Angleterre, l'autocratie divine n'y est que nominale; et, la mi^rité aristocratique, qui la domine, est bien près de passer : du régime nobiliaire; au régime bour*

geois. L'Autriche et la Prusse admettent, en droit, la tolérance religieuse; et^ cette tolérance ne laisse au droit divin : qu'une valeur nominale.

Partout, où le droit divin règne nominalement ; la division des langues parlées peutrcUe, au sein d'une même nation, servir : au maintien de l'ignorance ; à la conservation des préjugés 3 bases de cette espèce de société ?

En théorie : du moment, que la tolérance religieuse existe ; du moment, que l'infaillibilité de l'interprète de la révélation n'est plus soutenue par une inquisi* tion ; la différence des langues parlées, entre les différentes classes d'une même société, ne suffit plus : pour empêcher l'examen; alors, les individus, de la classe exploitante, cherchent, parmi les classes exploitées, des appuis à leurs opinions. Partout, où une inquisition réelle existe ; il n'y a pas d'opinions ; il n'y a que des dogmes : tenus pour vérités.

En pratique : la différence de la langue parlée, entre les différentes classes, s'évanouit insensiblement.

Dans les sociétés, où le droit divin a déjà cessé d^être nominal; dans les sociétés, soumises au droit des majorités ; l'aristocratie nobiliaire s'y trouve, depuis que la presse existe, bientôt anéantie : par l'aristocratie d'argent ; et, l'aristocratie d'argent a besoin d'une langue commune : pour pouvoir exister.

La division, par langue écrite, ne peut servir an maintien du despotisme : que, là où le droit divin existe, dans toute sa vigueur. Du moment, que l'infaillibilité

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du pape a pu 6tre attaquée ; la langue latine a cessé d'être : la langue scientifique. Les rois , eux-mêmes, esclaves réyoltés, s'empressaient de parler et d'écrire, ce qu'ils appelaient : le langage de la liberté.

Division des langues^ entre les diverses sociétés.

Diverses sociétés I Que signifie cette expression? Si, nous voulions être exact; nous ferions cette demande : presque, sur chaque mot du dictionnaire. Arrêtons-nous un instant.. Ne craignez-rien, lecteur! nous serons bref.

Comment appartient-on : à une même société ?

1* Par la soumission à une même loi religieuse;

2* Par la soumission à une même loi civile ;

S"" Par la communication des idées.

Partout, où la tolérance religieuse existe ; la soumission, à une même loi religieuse, n'est plus le lien social. Si elle l'est : en France, il y a dix sociétés ; en Angleterre, cent ; aux États-Unis, mille.

Partout, où la loi civile n'est point absolue; elle ne peut être lien social. Non-seulement : le Parisien et Thabitant de l'île Bourbon ne sont pas soumis à une même loi ; mais, le Parisien et l'habitant de la banlieue n'ont pas les mêmes lois.

Reste donc la communication des idées. Sous ce rapport, les hommes de toutes les parties du monde se communiquent leurs idées. 11 n'y a donc déjà plus de sociétés diverses ; il n'y a déjà plus qu'une société,

^0 SClKlfCE SOCIALE.

anarchique il est vrai , mais une ; à moins, qu'on ne nous prouve : que, nous avons mal raisonné.

Mais, évitons les difficultés. Supposons .-que la France soit une société; l'Angleterre, la Russie, etc., d'autres sociétés. En quoi la division des langues peut-elle, au sein de ces prétendues sociétés, servir plus longtemps, au maintien : du despotisme ; du monopoledes développements de rintelligence ; de la conservation des préjugés?

Si, la division des langues peut y contribuer; ce sera au profit : des préjugés religieux; des préjugés politiques; ou, des préjugés soci<iux. En laissant de c6(é les préjugés, relatifs aux sciences physiques, il n'y en a pas d'autres.

Préjugés religieuœ.

Non-seulement : dans chaque nation, chaque individu examine les. préjugés religieux de son voisin, ce qu'il est autorisé de faire , en vertu de la tolérance ; maïs, quoique ceci n'appartient pas.au point que nous examinons, chaque nation examine les préjugés rdigieui de ses voisins. Et, ces examens,, faits en dehors de la soumission aux préjugés qu'ils examinent; et^ que dès lors ils supposent nécessairement; restentrils renfermés, dans la nation qui les a faits? Nullement. Chaque examen est traduit, dans la langue relative au préjugé attaqué; et, il n'y a pas de barrière qui puisse empêcher qu^il n'aille déraciner les préjugés : si, ce n'est chez ceux qui s'y soumettent; au moins, chez leurs enfants. 11 en est de même : des préjugés politiques; et, des

8C1EICCE SOGIAIE. STl

préjugés sociaux. Il est inutile : de s'étendre sur l'évidence.

La division des langues : soit , au sein de chaque nation; soit, entre les nations; est donc devenue incapable, de servir plus longtemps d'appui, à l'existence de l'ordre : par le despotisme.

272 SCIENCB SOCIALE.

Pratique looîale, oppoiitioa et opinion.

«• Si les mots ne signifient rien, il est de tonte impossibilité pour les bommes àt s'entendre entre eux, et, disons plus, de 8*entendre avec enx-aénies.» Aristote, Méitq^t,^ 1. n.

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