DE LA VERTU
Vous paraît-il : que, la société soit encore ignorante?
— Donc , direz-vous , le paupérisme est encore nécessaire.
— JVouvclle concla^on, aussi vicieuse que la première. Résolvons celte nouvelle difliculté.
Le paupérisme a pour source : l'aliénation du sol. C'est devenu évident.
Maintenant, je dois prouver : que, pendant l'époque d^ignorance sociale, sur la réalité du droite Tordre ne peut se baser : que, sur le paopérismb. Nous verrons ensuite : si, actuellement, Tordre peut encore reposer : sur cette base.
— D*abord, quelle est la conséquence nécessaire : de l'absence de paupérisme?
— C'est : la richesse de chacun, en proportion du développement de son intelligence.
Et, quelle est ensuite la conséquence : de la richesse de chacun^ mettant chacun à même de posséder : tous les dé- Tcloppements deTintelligence?
— C'est, de raisonner; c'est-à-dire d'examiner : le droit et la base du droit; c'est-à-dire : ce qui doit permettre , ou restreindre.: la satisfaction de nos passions.
Vous concevez : que^ si Tignorance sociale existe encore; c'est-à-dire : si, la société ignore encore :
Quelle est la base du droit;
Quelle est la sanction du droit;
Si, Thonnète homme est un sot, dupe d'un sophisme;
Si, le fripon, hypocrite et adroit, se trouve seul raisonner juste;
Si, enfin, il existe un autre droit que la force;
Chacun deviendra : hypocrite, pour jouir du masque de la vertu; ef, fripon : pour jouir des fruits de son hypocrisie.
Dans une pareille société , la force aura bientôt détruit un état social j au sein duquel le paupérisme n'aura été : qu'un seul instant anéanti ; cet anéantissement, ne pouvant être durable : que, par l'anéantissement de Tignorance.
Voilà, l'existence dû paupérisme ; et, Taliénation du sol, . qui en est la source; parfaitement justifiées.
Auriez-vous la bonté : de me continuer votre attention!
Pouvoir justifier : et le paupérisme ; et TaliéuHtion du sol; était insuffisant au maintien de Tordre. Il fallait, au
contraire, pouvoir conserver Tordre, sans parler d-une pa* reille justification ; qui, elle-même, eût été essentiellement anarchique : en ce, qu*elle eût été un aven de Tignoranœ sociale; et, que cet aveu peut seulement être fait utilement : lorsqu*il est devenu : socialement nécessaire.
Alors, qu*est-ce qui devait arriver : nécessairement ?
Si, les masses avaient examiné le droit social, elles auraient vu : qu*il était basé sur le paupérisme; c'est-à-dire : sur une injmtice; si, cette injustice n'eut pas été ellemême NÉCESSAIBE : A l'eXISTEISCE DE l'oRDRE, VIE SO- CIALE; ce qui rendait : Tinjustice du paupérisme; la justice, relative à Fépoque.
Alors, pour que la société pût ne point périr ; il fallait donc empêcher : que, les masses pussent examiner.
— M avez-vons suivi? Est-ce parfaitement clair? Comprenez-vous, maintenant : comment, l'injustice absolue, peut être la justice relative à une époque ! Continuons, j'aime à croire : que, vous resterez attentifs.
— Et, comment empêcher : les masses d'examiner?
— En établissant, et faisant accepter par l'éducation : une FOI. relative au droit; qui, sous peine de mort, défendit l'examen, la discussion du droit. Voilà pourquoi : et Socrate ; et le Christ ; et tant d*autres ; ont été mis à mort. C'était, le seul moyen possible d'avoir de l'ordre; et, ce seul moyen possible a été : universellement adopté. Toute société, qui en a négligé l'emploi, a toujours bientôt péri : sous les coups d'une société, qui n'avait point commis la même imprudence. A cet égard, l'histoire est sans exception : sans exception , ne l'oubliez pas. Aussi Platon , l'oracle commun : et, des théologiens; et, des philosophes ; déclare : que, l'Inquisition pour la foi, est : le sine quà non d'ordre social. De Maistre n'a fait que le copier, quasi textuellement. Et, M. Guizot, bien certainement à son insu, ne fait que traduire : et Platon et de Maistre, en s'écriant : « Le travail « est une garantie efficace contre la disposition révolutUni'
SCIEX^CE SOCIALE. 315
« noire des classes pauvres. La nécessite digessahte du » travail est le côlé admirable de notre société. Lb travail
« EST VU FBEIN. »
Jamais, la nécessité de baser Tordre, sur le paupérisme, n'a été mieux exprimée.
MaiSy il vient une époque : où, Texamen ne pent plus être comprimé. Cette époque est celle : où, la presse se trouve indestructible.
Alors, qu^arrive-t-il ; et, nécessairement?
Que, sous peine d*anarcbie, sous peine de mort sociale, rignorance doit disparaître ; c'est-à-dire : que, la forge ne pouvant plus être : ni le droit ; ni la sanction du droit ; il faut : que le droit réel apparaisse; ou, que la société pé-
risse;
Que, le paupérisme; que, le prolétariat; que, tout escla- Tage quelconque, doit être anéanti;
Que, le sol doit appartenir : à la propriété collective.
Et, comme nous n'avons à nous occuper ici : que, de l'anéantissement du paupérisme, en supposant Tignoranoe sociale anéantie ; et, que TaDéantissement du paupérisme tient, essentiellement, à l'entrée du sol à la propriété collective; c'est donc exclusivement de cette entrée : que, nous avons, ici, à nous occuper.
£n effet :
Tant, que l'examen peut être socialement comprimé; c'est de l'existence du paupérisme; c'est-à-dire : du maintien de l'aliénation du sol; que, la société doit s'occuper. Mais, du moment : que, par l'incompressibilité de l'examen, le paupérisme, le prolétariat, tous les esclavages possibles, sont devenus des causes d'anarchie ; c'est , de l'entrée du sol à la propriété collective ; que, la société doit spécialement s'occuper; et, elle doit s'en occuper : toute affaire