‹ Science sociale (volume 5)Chapitre 16 sur 70 · THÉORIE GÉNÉRALE DE L'ORGANISATION DE LA PROPRIÉTÉ · texte numérisé non relu

THÉORIE GÉNÉRALE DE L'ORGANISATION DE LA PROPRIÉTÉ

•• C'est pour n'aroir pas vodIu reconiuûtre

cette GRAHDE HÉV0L1}TI0ir DANS LA. PaOPAIBTÊ,

pour s'obstiner à fermer les yeux sur de telles Térites, qu'on fait tant de sottises aujounThui, et que Ton s'expose à tant de bouleTersements. Le monde a éprouvé un grand déplacement, et il cherche à se rasseoir; voilà en deux mots toute la dé de l'agitation universelle qui nous tourmente. On a désarrimé le vaisseau, transporté du lest de l'avant à l'arrière, et de là ces furieuses oscillations qui peuvent amener le naufrage à la première tempête, si l'on s'odstiite a toulojs ie MAROKCVAER coMUB DE COUTUME, sans avoir obtenu un nouvel équilibre. »

Napoléoic ^à Sainte-Hélène.)

— « La classe ouvrière ne possède rien, il faut h rendre propriétaire.

« La classe ouvrière est comme un peuple d^ilotes au milieu d'un peuple de Sybarites.

« Il faut ATTACHER SES INTERETS A CEUX VV SOC » L -N. BuNAPARTS.

— « Pour rendre la classe ouvrière, la société, rhumanité, nécessairement propbiétaire ; il n'est qu'un seul moyen : faire khtrea

LE SOL» A LA PROPRIÉTÉ COLLECTIVE , SAN^ FAIRE TORT A AUCUN INDIVIDU; ET, EN FAI- SANT LE BIEN DE TOUS. »

Colins, Commentaire.

— «La constitution de la propriété est la base MATÉRIELLE de l'ordrc social, m

EïfPAifTiif , Colon, de tAlgérie^ p. 43.

-— • La liberté doit se fortifier par le développemeut le plus complet de la propriété pour tous les individus d'une association. >•

M. Lbermi2tier, Philos, du droit.

La théorie générale de TimpAt, que nous avons exposée, renferme implicitement : les deux seuls états possibles de rorganisation de la propriété.

« Tant, que dure l'ignorance sociale, sur la réalité du « droit; et, que Tex amen peut, socialement, être comprimé; « le sol, pour que l'ordre puisse exister, doit être compW- « tement aliéné : soit à un seul, comme eu Orient; soit à «^ plusieurs, comme en Occident.

« Dès que Tignorance sociale, sur la réalité du droit, se » trouve anéantie; le sol, par suite de cet anéantissement, « appartient à la propriété collective.

« Tant, que l'ignorance sociale, sur la réalité du droit, « n'est point anéantie ; et, depnis que l'intronisation de la « découverte de Guttenberg est venue rendre l'examen in- " compressible; que le sol soit aliéné ; ou, qa il appartienne ^ à la propriété collective; Tordre social, plus qu'épbé- ^ mère, devient absolument impossible. »

Telles sont, je le répète, les données générales expesées : dans la théorie générale de l'impôt.

Hais, il ne suffit pas de dire, ni même de prouver : que, telle chose doit être, pour que l'ordre puisse exister; il faut encore exposer : comment il est possible que cette chose soit établie : sans léser qui que ce soit ; tout en faisant le bonheur de tous.

Tel est, eu effet, le problème social, relativement à rorganisation de la propriété. Il renferme deux conditions : La première, anéantir les injustices existant dans la société actuelle;

La seconde, les anéantir sans faire tort à qui que ce soit; e(, en faisant le bonheur de tous. Ce problème, je vais le résoudre.

Commençons par exposer les injustices ; et, tâchons de distinguer : ce qui est socialement injuste, d'une manière réelle; de ee qui n'est socialement injuste, que d'une ma- I nièrc illusoire.

A cet égard, nous verrons :

Que, ce qui était juste, relativement à certaine situation sociale, est devenu injuste, en présence de telle autre situation de la société.

Pour arriver à notre but, reconnaissons, d'abord, qu'il y a deux espèces de propriété :

La première est relative aux individus;

La seconde, à la société.

Ce qui est possédé, par chaque famille, est possédé individuellement ;

Ce qui est possédé, par la société, est possédé socialement.

Yoilà, qui est clair ; et, ne sera contesté : par personne.

Ici, nous prions nos lecteurs de devenir attentifs : parce que, rien n'est plus ordinaire ; que, de glisser sur les propositions capitales.

La richesse sociale, la richesse collective, peut être possédée :

Par quelques-uns ;

Ou par tous.

Est-ce également clair?

Passons !

Quand, la richesse sociale ou collective est possédée par quelques-uns seulement ; il y a inigaliti : quant à la richesse sociale ou collective.

Quand, cette richesse est possédée par tous igcUement; U y a égalili sociale : toujours quant à cette richesse.

Est-ce encore accordé?

Je vous demande pardon, lecteurs ! Mais, les propositions les plus simples sont souvent les plus difficiles, non point à comprendre, mais bien à retenir : par cela même qu'elles sont si claires ; qu'on ne s'imagine point : pouvoir les oublier.

Auriez-vous la bonté : de me continuer, un instant^ votre attention ?

Plus , la richesse collective est considérable, quûnd elle apparlienl également à tous; plus, chaqae individu est riche.

Moins, la richesse collective est considérable, surtout quand cette richesse n'appartient qu'à quelques-uns; plus, ceux qui n*y participent point; et, sont en outre privés de propriétés individuelles ; se trouvent être pauvres.

Si, maintenant, le lecteur voulait bien réfléchir : cinq, dix, quinze minutes, ou même plus, sur ce que nous venons d'établir; il se trouverait admirablement disposé : pour la solution des problèmes sociaux, relatifs à l'organisation de la propriété.

Le problème social, quant à l'organisation de la propriété; et, remarquons-le bien, dès qu'il s'agit du bien-être de tous; consiste donc :

A augmenter la richesse collective : au plus haut point possible;

El, à faire en sorte : gwe, cette richesse appartienne également à tous : REELLEMENT ET NON POINT ILLUSOIREMENT.

Encore quelques minutes de réflexion, s'il vous plait, pour savoir : si, nous sommes d'accord : sur toutes les propositions qui précèdent.

Nous sommes d'accord ? — Soit ! Alors , ne l'oublions jamais, et continuons.

La richesse collective, la richesse de tous, nie peut s*accroître, ni même se conserver :. que, par l'activité des individus; et, l'activité des individus ne peut être excitée : que, par la certitude, pour chacun, que le fruit de son travail sera sa propriété individuelle, à lui, à ses enfants, ou à ceux à qui il jugera convenable de la transmettre : après sa mort.

Le problème, ainsi transformé, consiste donc : à porter la richesse collective au maximum possible; par le maximum possible de la richesse des individus; ce qui confond : l'intérêt général, avec les intérêts individuels.

Le problème esMl réellement là? M*aTei&-YOiis compris parfaitement? Ai-je été suffisamment clair : dans TexpoMtioQ de la difficulté? Je serai également clair : dans la solution .

— Quelle est lai source j Y origine de toute propriété?

— Le sol, comme patient; l'homme ou le travail, comme agent.

Ici, prenez bien garde de rien accorder : que, vous Teuillez refuser ensuite ! Quand même, dans la théorie générale de Timpôt, je n aurais point prouvé : que, le paupérisme existe kécessairemekt, dès que le sol est complètement aliéné; les deux alinéa précédents, en contiendraient implicitement : la preuve.

Maintenant, rappelons-nous :

Que, c'est de justice qu'il s'agit;

Que, la justice consiste : à faire le bien de tous;

Et, surtout à réparer les injustices existantes, sans léser aucun individu.

Toute prétention, à réorganiser la société ; tranchons le mot, à réorganiser la propriété, en commettant mie seule injustice; ne serait point changer la société actuelle; ce ne serait : que la continuer.

La source passive de toute richesse, je le répète : c'est, le soL Et, s'il le faut, je le répéterai mille fois : jusqu'à ce que vous l'ayez compris.

Yqus allez en conclure :

Que, le sol doit toujours appartenir : à lapropriiU sociale; à la propriété collective.

Cette conclusion paraît logique. Cependant, elle ne Test pas. Résolvons cette difficulté. Nous trouverons , dans la solution : comment, ce qui est juste pour une époque ; cesse de l'être, pour une autre.

Dans les commencements de société; et, tant qu'il y a du sol à la disposition de chacun; l'absence, de propriété foncière individuelle^ serait une injustice; vous le concevez.

SCIENCE SOCULB. 311

L'aliéiiatioD du sol, à des individus, est, en outre, nicessmre alors :

Pour exciter au travail ;

Pour développer les intelligences : par la nécessité de satisfaire les besoins ;

Et, pour développer de nouveaux besoins : par les développements de riotelligeuce.

Voilà faliénation du sol, à des individus, déjà justifiée.

Mais, il y a une autre raison, bien autrement capitale ; qui, pendant une certaine époque, justifie Taliénation du sol; la voîd :

L'aliénation du sol, est : la source du paupérisme. Noos Tavons démontré : et, par Texposition de la théorie générale de Timpèt ; et, en faisimt observer : que, le sol est la source passive de toute richesse.

U est triste d'être obligé d attirer, aussi souvent, l'attention : sur une proposition aussi évidente. C'est le cas de dire, avec M. Guizot :

— « Il y a des vérités simples qne personne ne conteste , qu'admet soudain le' bon sens , et qui cependant ne semblent admises , que pour être aussitôt oubliées. Ou dirait que, parce qu'elles sont simples > elles sont stériles, et qu'en les adoptant sans débat, on est dispensé de faire attention à leur conséquente, n

' — Si, vont répéter des personnes trop pressées de conclure; si, Taliénation du sol estla source nécessaire : du paupérisme, du prolétariat, d un esclavage quelconque, enfin, fùt-il même décoré du nom de liberté; cette aliénation a TOUJOURS été une injustice ; et, voilà l'injustice qu'il faut détruire.

Mon. Cette aliénation n'a pas toujours été : une injustice. Je vais le démontrer.

Pendant, toute l'époque d*iGKORA5C£ sociale; l'ordre, vie de toute société, ne peut eiister : que, basé :

Sar rexploitatk>n des masses : par la plus petite minorité possible;

Sur un prolétariat quelconque : soit, d'esclaves domestiques ; soit, d'esclaves sociaux ;

Sur le paupérisme, enfin.

Voilà, peut-on dire, une bien singulière proposition. Gomment ! le monde, depuis son origine, n'a pu baser l'existence de Tordre, vie sociale : que, sur l'injustice absolue !

La proposition : que, la terre tourne autour du soleil ; et, non le soleil autour de la terre ; était aussi une bien singulière proposition. Galilée a prouvé la sienne. Je vais prouver la mienne.

Mais, d'abord, qu'est-ce que TiGivoRAircE soaALE? C*est, par là qu*il faut commencer. Laisser en arrière, une proposition indéterminée et aussi capitale, serait une source : de sophismes, de logomachies, de galimatias.

Une société est ignorante, aussi longtemps qu'elle ignore : si, la force^ soit du bourreau, soit des baïonnettes, est : la seule sanction possible du droit.

Une société est ignorante : tant, qu'elle ne sait pas : que, celui qui se dévoue à ses frères, ne fait pas un mauvais raisonnement; aussi longtemps, qu'elle ne sait pas : que, l'égoïste qui sacrifie tout à soi, à sa famille ou à sa patrie; est un fou : qui raisonne mal; qui se fait tort à lui-même.^

La société est ignorante enfin : tant, qu'elle ne sait point organiser la propriété, de manière : que, ioujùwrs et néces^ sairementj et indépendamment de la force^ la jouissance de la richesse soit : le bésultat ou travail ; le résultat

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