COMMERCE
»i les finances sont, à la vie collective, ce qae le sang est à la vie individuelle ; le commerce est, h cette même vie collective^ ce que les cbyiifères sont également, à la vie tndWidaelle; il porte, au sang, le résultat du travail de Forgantsme. Mais, si les gros vaisseaux atrophient les petits : l'organisme périt; le corps social meurt.
Yoilà, ce qui arrive : sous la société actuelle ; sous la domination du capital. Le gros commerce, se gorge de finanees ; le petit commerce , reste atrophié. C'est, que sous la domination du capital : le crédit ne se fait qu'au capital ; et, par des capitalistes. Sous la domination du travail :1e crédit se fait aux travailleurs ; et, par la société : en concurrence avec les capitalistes.
Id, économistes et socialistes, partisans de l'aliénation du sol, vont s'écrier également : Ah ! le gouvernement prête à tout le monde. Alors, j'emprunterai, moi, pour faire tout ce qui me passera par la tête ; et, FÉtat sera bientôt ruiné. Us ont raison, les braves gens ; ils sont à la hauteur de la science matérialiste; ils ne craignent pas de voler le peuple^ quand il n'y a rien à craindre du bùurreau. C'est logique. Hais, sous la société future, quiconque n'est pas un fou, n'est pas un voleur : même, en Fabsence du bourreau; qui n'existe plus alors. Us oublient, ou plut6t ils ne savent pas encore, qu'à cette époque : le gouvernement ne prête pas aux foQS ; mais, a pitié d'eux ; et, cherche à les guérir. Juger la société future par la société actuelle, est un moyen sûr de se tromper. Mais, prenez garde! vous pourriez juger la société future, par ce qui est opposé à la société actueUe ; et, vous tromper encore. Parce, que deux et deux ne font point cinq; il ne faut point encondure : que, deux et deux doivent faire sept. MiUe chemins conduisent à Ferreur ; un seul, conduit à la vérité.
348 SCIENCE SOGIALB.
Ce qui se fait^ sous la domination du capital, se fiait nécessairement ; et , les individus, quelque bonne Tolonté qu'ils puissent avoir, ne peuvent l'empêcher.
Ce qui se fait, sous la domination du travail, se fait aussi néeesiairement ; et, les individus, quelque mauvaise volonté qu'ils puissent avoir, ne pourraient également Tempécher.
Je croirais injurier mes lecteurs, en leur faisant observer : que, le mot nécesMire se rapporte, partout où je Tai souligné, à ce qui se fait socialement ; et, que même, c'est seulement lorsque les choses sociales se font ainsi ; que, la liberié sociale, des individus, se trouve réeUe. Nos langues actuelles sont si sujettes aux logomachies : qu'il faut, souvent, risquer d'être ennuyeux ; pour n'être point obscor.
Je continue.
De plus, le commerce ne peut jamais se faire : que, pour ceux qui consomment. Or, sous la domination du capital : l'immense majorité de la population ne consomme pas ; et, ne fait que fonctionner. Et, sienne révolution se fait ; on, se prépare ; ou, parait ne point finir : la confiance, c'est-i-dire le crédit^ s'évanouit; les consommations diminuent; le fonctionnement des machines prolétariennes s^arrête ; les petits coiûmerçants tombent dans le gouffre du prolétariat : n'ayant plus de capital, ils ne sont plus que travailleurs du commerce; ils sont esclaves.
Sous la domination du travail, au contraire : le petit commerçant, s'il travaille plus que le grand, est plus rémunéré: car, alors, la rémunération se mesore : au travail; et non au capital. Et, quant au capital, le petit commerce n'en manque jamais : car alors, je le répète, la société rivalise avec les capitalistes, pour donner le capital aux travailleurs, à l'intérêt : le plus bas possible.
Mais, il est un autre point commercial, cause de la ruine du prolétaire, sous la société actuelle ; c'est, le commerce international, dit libre. Car, il est à remarquer : que, sous
SGlEfCCB SOCIAXE. 349
la domination da capital, le mot liberti est toujoubs employé : à masquer un eselaivage quelconque.
Sous la domination du capital : le commerce, entre des nationalités différentes, ne peut se faire, avec utilité pour le commerçant ; qu'en offrant des marchandises , qui lui coûteront moins; qu'elles ne pourraient coûter : à ceux, auxquels il va les offrir.
— Est-ce dair ? Auriez-vous la bonté, maintenant , de rester attentifs : encore un petit instant ?
— Sous la domination du capital : le bon marché des marchandises ne peut, néanmoins, avoir lieu qu'aux dépens du salaire ; qui, alors, est toujours : au plus bas possible ; tandis que, l'intérêt du capital est alors, toujours aussi : au plus haut possible.
C'est DONC : la nationalité, où le travail est le plus exploité; qui offre le plus d'avantage au commerce. Et, la nationalité, qui alors : veut, ne pas se ruiner ; veut, ne point Idsser ses prolétaires sans travail ; doit, aggraver l'exploitation des masses; pour, qu'elles puissent : ne point mourir.
— Encore une fois, est-ce clair ?
— Oui, mais seulement pour les voyants. Pour ceux que le préjugé aveugle : « leurs yeux ont, pour ainsi dire, la « feculté de s'ouvrir on de se fermer selon leurs désirs. Ce « qui est clair leur paraît réellement obscur ; ce qui est « prouvé demeure incertain ou même faux. Ils vivent plon- « gés dans leurs- propres ténèbres, et quand la lumière es- ■ saye de pénétrer, elle leur est à la fois insupportable et « douteuse. »
— Sous la domination du travail, au contraire : le bon marché des marchandises ne peut exister : que, par l'abaissement de l'intérêt du capital : car, le salaire, alors, est toujours : au maximum possible. Mais, il y a plus, il y a infiniment plus : c'est, qu'alors, il n'existe qu'un seul droit, celu de la vérité^ qui est unique. Et, les nationalités n'fjiîa^îit :
380 SCIBRCB SOCULB.
que , par la roultiplicitë de droits , relatifs aax différâtes forces , qui sont multiples : par essence.
Faites dominer le travail ; anéantissez la dominati<m du capital, par l'entrée du sol à la propriété collective ; et, rhumanité devient ce qu'elle doit être : la société. C*est, exclusivement alors : que ^ le commerce peut être libre ; c'est, exclusivement alors : que , vous pourrez iuscrire, et avec raison, sur vos monuments : liberté, égalits, fba-
TERKITÉ.
Je m'arrête ; et, je me résume.
Laissez le sol aliéné : le monde est esclave ; le monde meurt.
Faites entrer le sol à la propriété collective, par Tanéantissement de l'ignorance sociale : le monde est libre ; et reste libre : jusqu'à Vanéantissement du sol.
Comprenez-vous maintenant :
« Que, les prétendus conservateurs, n'importe à quel draff peau ils appartiennent, sont tous des destructeurs de « Tordre, des conservateurs d'anarchie ; tandis, que moi : « je suis destructeur d'anarchie ; et, conservateur, pour * l'avenir : de Tordre rétabli ? »
Le monde sera libre ; le monde ne périra pas. Tous, riches et pauvres, nous travaillerons à l'établissement de la liberté : car, c'est dans Tintérèt de tous ; dans l'intérêt de Thumanité ; sans, qu'il soit possible d'en excepter : un seul individu.
Un seul mot de plus ; un seul, et bien essentiel.
L'organisation de la société nouvelle, établie sans nuire à personne et en étant utile à tous, peut seulement commencer PRATiQUEMEKT : lorsqu'elle aura le concours de ceux qui se trouvent, maintenant, à la tête de la société : par L'nrrBir LiGSRGE; et, par la richesse.
SCIBKGB 60GIALE. 3SI
Aussi longtemps, que les riches et les prétendus savants s^opposeront : à ce que, la société nouTelle s'établisse, de la seul€ manière qu'elk peut être établie ; ils seront exposés : à toutes les violences, qui sont, nécessairement, les suites de l'anarchie; c'est-à-dire : aux suites du règne de la force bmtak des individus, prédominant la lorce sociale. Euxmêmes, alors, seront la caase : de tons les malheurs, qui pourront leur arriver , Qu'ils t befl^ghissent !
Hélas ! ils n y réfléchiront point.
« Leurs yeux ont, pour ainsi dire, la faculté de s'ouvrir « ou de se fermer selon leurs désirs. Gé qui est clair, leur « parait réellement obscur; ce qui est prouvé demeure « incertain ou même faux. Ils vivent plongés dans leurs 't propres ténèbres, et quand la lumière essaye de pénétrer, « elle leur est à la fois insupportable et douteuse. » Que les destins s accomplissent !
Qu'il me soit permis, maintenant , d^ajouter : quelques lignes à ce qui précède.
Peut-être beaucoup de personnes, malgré l'autorité delà raison, refuseront de reconnaître : la nécessité, de faire entrer le sol à la propriété collective ; par cela seul : que, moi, homme obscur, j'en suis seul Tinventeur. Je tiendrais, à grand honneur, d'avoir découvert le moyen : d*anéantir le paupérisme. Mais : cuique suum; à chacun ce ^ui lui appartient. L'honneur , de la découverte , remonte plus haut ; en voici lapreuve :
~- « Noos vrow supposé que Tassociation ouvrière ne ferait d'abord qu'aflermer la terre, puisqu'elle payerait aux propriétaires actuels le faible revenu qu'ils tirent des terres incultes et des communaux ; mais, au fur el à^nwsure , eUe les rachèteNti^ 4ifii^ d'être sbulb phopriétairb. »
(L.-N. BONAPÀtTS.)
— Vous croyez peut-être : que, l'auteur borne ses vues
3ââ . SCIENCE SOCIALE.
au qaart de la propriété territoriale ? Son bon sens — an flatteur dirait son génie — lai a indiqué : que, ce n'est point le quart du sol , qui doit entrer à la propriété coUectiTC ; mais, la TOTALrré. Écoutez plutôt.
— « Nous disions dans le prîfic^^ (le quart) , parce que, dès que l'assooîation serait en voie de prospérité , il serait de son intérêt d^établir des colonies agricoles dans chaque département , soit en défrichant le terres incultes , soit en achetant des terres dont l'industrie PRIVEE ne tire pas un grand profit j mais qu'une association ( la propriété coUective] pourrait faire valoir à son avantage» »
(L.-N. BOSÀPÀRTE.)
— Ce que je viens de citer est à la page 270. Ne croyez point, qu'après, cela Fauteur abandonne son idée. A la page 278, il dit encore :
— « La classe ouvrière aura pour elle seule ces trois produits : elle sera à la fois travailleur, fermier, propriétaire ; ses bénéfices seront
donc IMMENSES. ... la troisième partie donnera les moyens d'ac-
croître sans cesse le capital de la société su achetaht de houtellss