‹ Science sociale (volume 5)Chapitre 28 sur 70 · ASSOCIATIONS PARTICULIERES · texte numérisé non relu

ASSOCIATIONS PARTICULIERES

— « Ainsi, d'après k déûnition du Gode, conlinud M. Proudhon, anc société de commerce qui poserait en principe la faculté pour font étrtoger d'en faire partie sur sa simple demande et de jouir aussitôt des droits et prérogatives des associés même gérants, ne serait pas une sotiété :... s

— Pourquoi donc ne serait-ce pas une société? Certes, ce ne serait ni une société nationale; ni, une société de commerce; ni. une société domestique; mais, ce pourrait fort bien être : la société soumise à la raison ; la société générale ; la société humanitaire ; la société RÉELLE ; ou, plutôt : la société, sans épithète : au sein de laquelle, chacun en naissant, en ferait partie : sur sa simple demande tacite, exprimée par sa qualité d*homme, de jouir aussitôt des droits et prérogatives des associés, même gérants : le tout, selon les règles, incontestablement déterminées, par le souverain réel : la raison .

— a... les tribunaux, continue M. Proudhon, en prononceraient d'oiB^ la dissolution, la non-eiistenCe. »

— Et, avec juste raison ; en tant : que, société particulière ou domestique. Mais, en tant : que société générale; cflt voulez-vous que puissent y faire les tribunaut, eux-mêmes, sujets du souverain? Vous voilà retombé dans la question luère. Quel gâchis! Et, d*où vient ce gâchis ? De Tassimilation : du souverain aux sujets ; de la société générale, renfermant tous les individus ; aux sociétés particulières, n'en renfermant chacune que quelques-uns; de la propriété collective enfin, appartenant à tous ; aux propriétés individuelles, appartenant h tels Ou tels (I).

(1) Rien, dit M. Arago , n'est plus dangereux, dans les sciences, que LES ASSIMILATIONS, Covrs d'osfronomie, 20 février l84:i.

SCltNdË SOCIALE. 359

— « AlMi eneére, côniinne H. ^rôtidhoti, tih acte de îùtitié dans lequel les coatra^tastl nt stipulei^ient aaeun apport, et qtii^ tout êti féêièt" vant pour chacun le droit de faire concurrence à tous, ig bomerAit à lemr assurer réciproquement et le travail et le salaire , sans parier ni de U spécialité de Texploitalion, ni des capitaux, ni des intérêts et des profits et pertes; un pareil acte semblerait contradictoire dans sa teneur, dé« pourvu d'objet autant que de raison, et serait, sur la plainte du premier associé réfractaire, annulé par le juge. y>

— Et, encore avec juste raison ; eu tant : que, société par^ ticulière ou domestique ; parce qu^une pareille association^ ne peut être : que, générale ; établie par le souverain ; et| qu'une société sujette, doit lui être soumise. Mais, eomme société générale, dérivant de l'autorité réelle, ce serait différent. L'association mutuelle, dont M. Proudbon vient de parler, est relative : a la domination du travail sur le capital ; à la domination de Thomme sur la richesse ; est relative, à la souveraineté de la raison dominant la force. Et, oependant, encore est-elle basée, quant à la matière^ sur le capital collectif. Mais, la raison ne peut être souveraine ; ne peut dominer la force : d'une part^ tant que dure l'ignorance .sociale sur la réalité du droit ; d'une autre, tant qu'une force, quelconque, peut être la base : d'un ordre; plus qu'é*pbémère. Et, une force brutale ; ou, même masquée de droit ; peut toujours dominer : tant, qu'une anarchie, toujours croissante, ne vient point : rendre le règne de la vérité, ab* sol ument nécessaire. C'est, seulement alors : que^ l*harmonie entre le socialisme et l'individualisme; devient possible.

— « Des conventions ainsi rédigées, continue M. Proudhon, ne pourraient donner lieu à aucune action judiciaire. »

— Toujours, avec juste raison ; parce que : disposer des propriétés individuelles, possédées selon la loi, ce serait anéaulir toute propriété individuelle ; faire du communisme absolu; de l'anarchie; ou plutôt, de l'absurde.

Je viens de prononcer le mot commuvisme. C'est, eneore

là : une expression indéterminée^ source d'une logomachie effroyable, d'où dérivent, actuellement, toutes les anarchies possibles. Il est temps : de dompter cette bydre; et, d'en faire jaillir la vérité : au bénéfice de tous.

Le communisme, absolu, est un idéal absurde; qui, ne reconnaît, aux individus, aucune propriété particulière ; pas même celle du pain, qui se trouve déjà dans l'oesophage ; et, conduit ainsi : à la plus dégradante promiscuité. Cet absurde, si bien décrit par M. Proudhon lui-même, n'a jamais été professé, par qui que ce soit an monde ; pas même, par le rêveur Platon. Cependant, en dehors du commnnisme absolu, ou évidemment absurde, il ny a de possible : que, des organisations de propriété : plus ou moins bonnes ; plus ou moins mauvaises.

Disons, maintenant, pour élucider cette question ; dont, les passions se sont emparées; que, l'on a donné : le nom de communistes à ceux qui croient : que, la propriété coUeetÎYe doit être la plus grande possible ; et, les propriétés individuelles, les plus petites possible; sous la condition : de porter l'excitation au travail, la production, la consommation et le bien-être de tous et de chacun, au maximum possible ; et, le nom de propriélairesy d'individualistes, à ceux qui croient : que, les propriétés individuelles doivent être au maximum possible; et, la propriété collective an minimum possible. Il arriveici, ce qui arrive toujours : lorsqu'une questionsociale est longtemps débattue. C'est, que les deux partis ont chacun raison ; selon, le point de vue d'où la question se trouve considérée. Tant, que l'ignorance sociale, sur la réalité du droit, n'est point anéantie ; les propriétaires, qui sont des communistes sans le savoir, puisqu'ils reconnaissent une propriété collective ; ont raison : parce que leur système est seul compatible avec l'existence de Tordre ; et, peut seul procurer l'ordre ; tant, que l'examen peut être socialement comprimé. Du moment, que cette compression devient impossible; les propriélaircs, les individualistes ont tort ; et

SCIRNCB SOCIALE. 861

les communistes n ont pas encore raison! Car, leur système est incompatible, avec Texistence de Tordre; tant, que Ti* gnorance sociale : sur la réalité du droit ; et^ sur l'inévita* bilité de sa sanction ; u*est point anéantie.

Dès, ensuite, que l'ignorance sociale se trouve anéantie; les communistes, qui sont des propriétaires sans le savoir ; puisqu'ils reconnaissent des propriétés individuelles ; ont raison; parce qu'alors : leur système est seul, compatible avec l'existence de Tordre.

Le fait est : que, communisme absolu; etj individualisme absolu; sont également absurdes; que, Tindividualisme, en donnant ce nom au système qui restreint la propriété collective au minimum possible, est seul capable de servir debaseàTexistencede Tordre : tant, que Tignorance sociale, sur la réalité du droit, n'est point anéantie; et, queTexamen peut être socialement comprimé ; que, le communisme, en donnant ce nom au système qui étend la propriété collective au maximum possible, est seul capable de servir de base à Teiistence de Tordre : dès, que Tignorance sociale, sur la réalité du droit, se trouve anéantie ; et, qu'en époque d'ignorance sociale et d'incompressibilité de Texamen ; les systèmes individualistes et communistes, sont également : anarehiques.

Nous avons cru ces explications nécessaires, sur l'expression communisme; dont chacun, malheureusement, se sert : sans y attacher de valeur déterminée; et, ne renfermant rien d'absurde. Nous prions les journaux, de tous les partis, de vouloir bien les répéter ; et, les corriger s'il y a lien. Nous considérerions leur silence : comme, une adhésion tacite. Cette discussion sera plus utile : que, toutes celles sur des solutions, actuellement toutes également incompatibles, avec Texistence : d'un ordre, plus qu'éphémère. .

Dans notre prochain chapitre, nous reviendrons : sur les associations particulières ou domestiques. Il y a encore là : une source continuelle de logomachies.

863 SClBttCK SOCULC.

« Si tous les doctmirs de la même viUe nwlaient se rendre compte des paroles qa*ils pronoBcent, on ne trouverait pas deux licenciés qni atUchassent la même idée à la même expressioD... Vous m'objecterez qae si la chose était ainsi, les hommes ne s'entendraient jamais. Aussi en renié ne s*entendent*ils guère; du moins je n'ai jamik

TU DR DliFUTE DAKS LAQUELLS LES ABaCMSlTTi*

TKtiaS SUSSENT BIEH POSITIVEMEITT OB QUOI a

s'aûissaxt (1). I»

Yor.TÀiKa. Leiirei ehmmiti et iAdieimet.

— m Ri«n n'afflige la dialectique eomine Tasaj^e de ces mots vagues qui ne présenteut «uoane idér

CIRCOir.SCRITt. M

Pb Maistre. De VÈgï. pallie., p. 317.

•^o On dit des guMx qu'ils ne sont jamais hors de leur chemin ; c'est qu'ils n'ont point de deortutt

fixe. II. BN EST DE MEME DE GEUB QUI DISnrrSVT SAHS AVOIR DE BOTIORS DETEBMilTCES. »

YotTAiRB* Pensées et Hemàft[ut9.

— ce Des gens qui se diraient associés de tout le monde i tontiaiie M. Proudhon, seraient considérés comme ne Tétant de personne. »

— Et, encore une fois, avec juste raison : parce qu'être associé de tout le monde^ sans distinction de propriété collective et de propriétés individuelles, c'est supposer Texis* tence : du communisme absolu; et, cette existence; c'est, Tanéantissement de toute association ; c'est, l'automatisme) c'est l'absurde : selon M. Proudbon lui-même.

— « Des écrits, continue M. Proudlion, où l'on parlerait ù la fois de

(I) Ce passage devrait être tracé , en lettres d'or, au-dessus de loule tribune parlementaire.

garantie et de concurrence entre les aMociés, sans aucune mention de fonds social et satts désignation d* objet , passeràic^iit pour une œuvre de chartatanisme transcendental... »

— Et, toujours avec juste raison : parce que, la garantie est relative : à la propriété collective, établie alors an maonmum possible; à l'instruction réelle, alors existante et généralisée; et à la sanction inévitable, alors socialement reconnue ; tandis, que la concurrence est inhérente : à Tintelligence; à la volonté; et, à la propriété individuelle. Nul doute : que; de pareils écrits ne fussent le digne pendant : de la constitution de la valeur.

— « ... dont l'auteur, continue M. Proudhon, pourrait bien être envoyé à Btcètre, à supposer que les magistrats consentissent à ne le regarder que eomme fou. »

— Je ne suis coupable : ni, de la constitution de la valeur; ni, de son pendant; et, jesnis dans un cabanon. «-(J'écrivais ce passage en décembre 1848.) ^Si^ M. Proudbon n'était pas de l'Assemblée GONSTrrtJAUTS; il serait possible : que» nous fussions dans la môme loge; si, cependant^ on ne toalait pas nous livrer en pâture, mx lions du désert; infi<niment moins à craindre : que, la crapaudine et autres jouissances algériennes. J'ajouterai : qu'il y a pende semaines; (noTembre 1850); j'ai eu Tbonneur de recevoir la visite, très^polie d'ailleurs, d*un magistrat : pour, me visiter de la cave au grenier ; sous l'accusation : de conspiration, de dépôts d'armes et de munitions. £t, cependant, j'ai professé toute ma vie : que, les conspirations secrètes sont de véritables souricières : à nigauds.

— « Et pourtant, continue M. Proudhon, il est avéré, par tout ce que riiistoire et réooaomie sociale coMUtenC, qie rJiumanité a été jetée nue sur la tarra qu'elle exploite ;»«» »

— Ici, je me permettrai de faire observer à M. Proudhon :

364 ftClRNCB SOCIALE.

que, BOUS ce rapport, TliLstoire naturelle en général; et^ la géologie en particulier : prouvent bien autrement : que, l'histoire; et, Féconomie sociale.

— « ..^que c'est elle, continue M. Proudhon, qui a créé tons les jovs toute la richesse;... »

— Créé : est trop fort, pour le mot propre. Si, c'est une figure ; soit. Dans tous les cas, la terre est une richesse incréée par Thumanité. Dès lors, voilà la propriété collective du sol; et, les propriétés individuelles résultant du travail; parfaitement déterminées et justifiées.

— «... que le monopole en elle, continue M. Proudhon, n'est qu'une vue relative^ servant à désigner le grade du travailleur avec certaines conditions de jouissance ; . . • »

— Monopole, autre source de logomachie. Le monopole, largement compris, n'est autre : que, l'expression de la propriété. Mais, il y a monopole relatif à la force ; et, monopole relatif à la raison. Tant, que la force domine ; il ne peut exister : que, monopole relatif à la force. Quand la raison, par l'anéantissement de l'ignorance sociale, domine néoes- Bairement la force; tout monopole, dérive de la raison. Celleci donne, à M. Proudhon, le monopole de sa femme; et, nous sommes certain : qu'il ne voudrait, nullement, céder ce monopole à la force. Quant à l'existence des grades, elle n'est autre : que, la hiérarchie; en dehors de laquelle, il n'y a de possible : que, lanarchie. Seulement, en époquede force, la hiérarchie est relative à la force ; et, en époque de raison, relative à la raison. C'est simple : comme bonjour.

— ff ...et que, continue M. Proudhon, tout le progrès consiste, en moltipliant indéfiniment les produits, à en déterminer la proportionnalité;... s

— La proportionnalité sp détermine toujours toute seule;

elle est le résultat uéccssaire : de Forganisaliou de la propriété; et , il n'y en a que deux possibles. Quand , la force domine : le sol est nécessairement aliéné. Quand, le sol est aliéné : les forts ont le plus possible; et, les faibles le moins possible. Quand, la raison domine : le sol, nécessairement, est entré à la propriété collective. Et, quand le sol appartient à la propriété collective : il n'y a plus, socialement, ni fortSy ni faibles; et, la proportionnalité est nécessairement relative : à la raison; au mérite; au travail. Quant au progrès, il consiste, en époque de force : à ce que tout, nécessairement, aille de mal en pire; afin, que la force devienne incapable, de servir plus longtemps de base d'ordre ; et, que la nécessité du règne de la raison, puisse se faire sentir. Lorsque, la raison domine; le progrès moral devient : une sottise; à moins, qu'il n'y ait un règne qui vaille mieux : que, celui de la raison. Une pareille opinion peut exister : à Bedlam.

— ff ...e*est-à-dire, conlinue M. Proudhon, à organiser le travail et le bien-être...»

— Le TRAVAIL, c'est-à-dire les travailleurs, c'est-à-dire rhumanité, s'organise toujours néeesiairement : en époque d'ignorance, par la force; et, quand la force ne peut plus être base d'ordre, l'ignorance s'évanouit nécessairement. Alors, la raison domine ; et, le travail, ou les travailleurs, ou l'humanité, s'organise rationnellement. C'est, encore simple : comme bonjour. Quant au bien-être, il n'est, socialement parlant, autre que Tordre, vie sociale ; à laquelle tout, absolument toct, doit être soumis : ialus populi ullima lex esto. En époque d'ignorance, ou de nécessité de force; ce bien-être, Tordre, ne peut exister : que, par l'exploitation des masses, au profit des minorités ; tant qud Texamen peut être comprimé. Quand l'examen devient incompressible; et, que l'ignorance sociale dure encore; ce bien-

être devient : une impossibilité. C'est, cette même impossibilité : qui fait évanouir l'ignorance; et, dominer la raison. Alors, l'ordre ou le bien -être : c'est , l'absence de toute exploitation. C'est encore : simple comme ton/our /

>-«... et le bien-ôtre , continue M. Proudhon, par la divittoii, les machines, l'atelier, réducation et la concurrence. L'étude la plus approfondie des phénomènes n'aperçoit rien an delà, d

— Il est certain : qu'eu dehors de l'ordre et du désordre ; il n'y a rien : socialement, ftfais, quelles sont les lois de l'ordre; et, quelles sont les causes du désordre? voilà, ce qu'il faut exposer, clairement et incontestablement : dès, que l'examen est devenu socialement incompressible ; sons peine : d'anarchie ou d'agonie sociale.

— « D'autre part, continue M. Proudhon, il est évident que tontes les tendances de l'humanité et dans sa politique et dans ses lois sont à Funiversalisationi . • . ))

— Est-ce à cause de cela que M. Proudhon veut : conserver les nationalités ; et, anéantir toute autorité : ce qui est la diversification, à l'infini? D'ailleurs, Thumamté, au propre, n'est pas un être; et, n'a de tendance qu'au figuré. L'humanité, socialement considérée, obéit aux nécessités sociales. Il y a trois nécessités sociales ; et, les voici : en époque d'ignorance et de compressibilité d examen, I'ex* PLorrATiON DES BfASSES *. couséqueuce néce$$airê du règne aussi nécessaire de la forée ; en époque d'ignorance sociale et d'incompressibilité d'examen, I'akarghie *. conséquence nécessaire : de l'impossibilité d'avoir, plus longtemps, de l'ordre par la force ; et, de l'impossibiUté d'en avoir déjà, par la raison ; en époque de eonnaissanoe, l'Àisiif ob di TOUTB KXPLOiTATion : conséquciioe nécessaire : du r^ne de la raison.

SCIENCB SOCIALE. 36T

— «... c'est-à-dire, continue M. Proudhooi à une transformalion coniplète de l*idée de société, telle que nos codes la délermineot. »

{Système des contradictions, ch. vi.)

— Et nos codes déterminent : des associations de capitaux ; et, non d'individus. Est-ce là Fidéal de M. Proudhon?

Après cela, M. Proudhon s*amuse : à donner des chiquenaudes à M. Louis Blanc. M. Proudhon n'avait rien à faire.

J'ai beaucoup d'estime pour le caractère, les intentions, le talent d'historien, et surtout les services de M. Louis Blanc. J'en ai peu pour sa théorie d'organisation sociale; actuellement oubliée par ceux qui sont capables de la juger. Je n*ai pas l'honneur de le connaître très-particulièrement. Mais, un de nos amis communs (Guinard) m'a assuré; que, c'était un cœur d'or ; et, j'ai beaucoup de respect pour les cœurs , qui ont la pureté de ce métal. Revenons aux associations.

Mous l'avons dit ailleurs; et, nous le répétons ici.

-~ « Il y a association, entre tous, pour le plus grand bien-être de TOUS ; et, association entre les ports, pour le plus grand mal-ètre possible des FAIBLIS. La première espèce d'association n'est possible : que, lorsque la dernière n'est plus possible; et, la dernière est seulement impossible: lorsqu'une longue anarcbie a fait sentir , socialement : la nécessité d'a« néantir l'ignorance socinle, qui seule rend le règne delà force : absolument nécessaire. »

—Sortez delà, il n'y a de possible : que, logomachie ou galimatias.

Le passage^ que nous allons critiquer, est de M. Louis Reybaud.

— • Qu'on n'affecte plus, dit-il, autant de souci pour les hommes qui vivent du travail de leurs maini, ... «

— Il e6t possible, Monsieur, que vous ayez fort peu de

souci pour eux ; mais, peut-être serait-il bon d*en avoir : pour vous-même; et, pour les vôtres. Croyez-vous : que, lorsque ces hommes, pour lesquels yous avez si peu de souci, finiront par avoir soin d'eux-mêmes ; et cela, au sein de Tignorance ; ils auront aussi le soin de ne vous faire aucun mal? Quand la force des faibles vient à triompher, sous le règne de la force; ils mettent les jadis-forts à leur place. Cela vous convient-il?

— « ...Us trouveront leur route d*eux-inèmeS| » continue M. Rejbaud.

— C'est vrai, iMonsieur. Mais, si vous ne leur montrez point la bonne route; et, si vous n'avez soin de vous y mettre; ils vous rencontreront :'sur la mauvaise. El comme, ainsi que vous allez le dire, ils ont pour eux le nombre; c'est-à-dire la force^ ils vous y écraseront : vous et les vôtres.

— a Ils ont de leur côté la patience et le nombre , continue M. Reybaud. Quand ils y joindront l'esprit de prévoyance et de conduite,... »

— L'esprit de sage prévoyance et de bonne conduite est incompatible : avec riguorance. De votre côté, vous avez soin de leur inculquer : l'esprit de leur force; et, de Finjostice qu'ils subissent. Avec cela, soyez tranquille, ils feront du chemin. Est-ce pour le leur avoir enseigné : que, l'Académie des sciences morales et politiques, vous a appelé dans son sein ? Hélas ! c>st précisément ce chemin, qui devrait vous donner quelque souci. Vous croyez faire de Tégoïsme, en ne pensant pas à eux ; et, votre égoïsme n'est que de la folie.

— «... toute société, continue M. Reybaud, devra compter avec eui. » — Et, tant qu'il y aura Dts souLTtîs; cVbl-à dirr, des

SGIIMCE SOCIALE. 369

hahohautés ; le résultat du compte, en présence de Tin- Gompressibilité sociale de Texamen, sera toujours : l'anarchie. Vous avez donc : un bien grand amour pour l'anarchie ! ce n'est, cependant, pas déjà si aimable.

— « On parle d'usociition, eontinue M. Reybaud, de formale d*a8i<H> cialion : ... »

— C'est vrai, Monsieur ; conmie les aveugles parlent des couleurs ; ou les sourds de la musique ; ou les métaphyâciens de l'àme. Voyez ce que c'est : que, l'indétermination des eipressions ! Voilà, plus d'un siècle que l'on parle d*asiociaiion ; et, personne ne s'est encore occupé, de donner à cette expression : un sens déterminé ; et, ne renfermant rien d'absurde.

Déterminons !

— Qu'est-ce qu'une association ?

— C'est, une assemblée d'hommes : unis dans un but.

— Qu'est-ce qui caractérise : Fespèce d'association ?

— Les conditions de l'association.

— Qael nom donne-t-oii : à l'ensemble des conditions?

— Organisation.

— Combien y a-t-il : d'espèces d'organisations ?

— Deux, exclusivement deux : domestique et sociale.

— Et, quelle est la base, exclusivement la base : de toute organisation ?

— La sanction.

— Et, une organisation : privée de sanction, a-t-elle une valeur pratique ?

— Absolument aucune.

— Quelle est la sanction de toute association : dômes*

tique ?

— La sanction sociale.

Voilà, toute association domestique élimiiiée : de toute V. 24

370 SCUlfQB 90CULft.

domination sociale ; ei, même de toute iafhienoe socUe : ooDime subordozcheb.

*^ Qaeile est la sanction sociale P

— La force, on la raison : eicliislyement.

— Et, la raison peut-elle dominer, sociALEBiSNT : tant, que la forœ^ soit brutale^ soit masquée de raison^ pent dominer : la raison ?

— Impossible ; évidemment impossible : excepté néanmoins à Gharenton^ Et^ des Charentons, U y en a des milliards« En époque d*ignoranee sociale, il y en a an moins un : chez chaque individu.

Voilà, toute espèce d'organisation, sociale et domestique, nécessairement soumise à la force ; tant^ qu'il y a possibilité, pour la force, de dominer : la raison.

Voyez-vous, maintenant : que , tout ce qui, Jusqu'à présent, a été dit : sur l'association; et, sur les associations, considérées en dehors de la force; n'a été que du bavardage inutile ; par cela seul : que^ la force peut encore dominer ; par cela seul , encore une fois : que, la raison n'est pas encore^ socialement, capable de la dominer.

— « ...avant d'y songer, continue M. Rejbaud les classes laborieuses

ont à épuiser Tépreuve conaplète du règne d'aflranchissement. . • »

— D'affranchissement est très-^joli ! Dites donc d^esdavage, sll vous plaît. Voulez^vous : que, je vous le fiisse dire par les vôtres : Malthus^ J. B. 8ay, Rossi» MM. Blauqui, Michel Chevalier, etc. ? Vous voudriez bien, n'est-il pas vrai : que, les classes laborieuses ; ou, plutôt les prolétaires; pussent considérer leur esclavage, lepii*6de tous parce qu'il est senti, conmie un affranchissement? C'est, à leur inculquer cette conviction, que vous consacrez votre vie. Travail inutile ! Non. Travail dangereux ! !

— «... dans lequel, continue M. Reybaud< elles ne loht entrées que

depuis un derni-eiècle. »

8GIINGB SOCIALE. 371

-^ Allea doue toir, dans rtûstoire de rëcononiie pditiqae, ce que M. Blangoi, le coiyphëe actad de Téconomisme, dit : de TaifranchiMemeiit de 89 ! Pais oeez, sans rougir, parler :de eet affirandiiséeiiieiit du travail.

■'^ it'Oû «ttfft beau faire, dit pla» loin M. Reybatid, on n'échappeM pas à ce dilemme ; de deax ehoiea l'aile^ ea Tafiooistioii des tmtaiUetm sera forcéei ou elle sera libre. »

— A^MiatUm forcée est très*joli I G'est^ eomme ItAerfd mlaté. . . é Sodalement parlant, c'est » du reste : la seule espèce d'association ; et, la senle espèce de liberté ; qn'il y ait en : deptiis, qne notre monde social existe.

M. Beyband établit un dilemme. 11 y en a nn antre, qni doit précéder le sien. Et, tant qn'il n'est pas résolu, préida^^ blement ; on reste nécessairement dans le tagne ; c'est-à-dire : dans l'ignorance. Le voici ce dilemme .' Les travailleurs, sont tout le monde; on, ne sont qu'une partie de tout le monde. S'ils sont tout le monde, l'association n'est autre : que, lorganisation de tout le monde ; c'est'-à'^dire, l'organisation so-* ciale; et, dès lors, toute association particulière, ou domestique, lai est nécessairement soumise. Si, les travailleurs ne sont pas tout le monde ; ils sont les plus forts ou les plus faibles. S'ils sont les plus forts, les autres, en tant que fai* blés, sont esclaves. S'ils sont les plus faibles, eux-mêmes, en tant que faibles, sont esclaves. £t cela, nécessairemmi ; nécessairement, entendez-vous ? tant, qu'il y a des travailleurs ; et, des non-travailleurs. Après cela, faites donc des sociétés de travailleurs; et, travaillez : à river vos fers!

— a Si elle est forcée, continue M. Rejbaud, elle rentre dans' le ré* gime des corporations d'autrefois, c'est-à-dire dans une organisation ae-

BITSAIIB DU TEAYAIL. »

— Arbitraire? Que signifie cette expression, s'il vous plail?

373 SCIEI^CE SOCIALE.

— Arbitraire, direz-voQS, signifie : relatif à la t>olonlé.

— Très-bien. Et, à la volonté deqoi?

— > A la volonté da législateur.

— Toujours très-bien. Et, qui est le législateur? Tous ne répondez pas. Eh bien. Monsieur! le législateur est toujours : ouy une force arbitraire, dominant toutes les raisons; ou, la raison, incontestablement démontrée, dominant : toutes les forces arbitraires. Or, la raison ne peot dominer toutes les forces arbitraires, masquées ou non masquées de raison , tant, que l'ignorance sociale, qui empêche de connaître ce qui est incontestablement ordonné par la raison, n'est point évanouie; et, elle ne l'est point mcore. Vous voyez donc : que, toute organisation sociale est encore : arbitraire par essence; relative à une raison, à une volonté; et non à la raison; qui, elle, n'est : ni arbitraire, ni volontaire, ni personnelle ; mais, éternelle et impersonnelle. Maintenant, essayez donc de faire des associations ; ou, même une association, qui ne soit pas une expression d'arbitraire, de despotisme, avant d'avoir fait évanouir l'ignorance sociale ; et, vous verrez : gomme vous avbxz aggrave LE JOUG DES FAIBLES. Il cst vrai : que, cette aggravation est nécessaire : pour faire sentir, socialement, la nécessité, d'anéantir l'ignorance sociale. Et voilà, comment tout est bien : jusqu'au mal.

« Piir rhabitude d'employer on mot dans on aeiiB figuré, Tesprit finit par s'y arrêter nniqae» ment, par faire abstraction du premier sens ; et ce sens, d*abord figuré devient, peu à peu, le sens ordinaire et propre du mot. »

CoiTDORCBT. TMeau duprog, de FEspr* Aiim., p. 55.

— «< Les mots propres forment le langage de la raison ; les expressions figurées cdui des passions. »

BAnTHÉLEUT. Voy. du jeune Anodkartie*

— •ht langage figuré, très-utile à la conoeptioii quand il ?ient à la suite du langage simple, lui est fnneste quand il le remplace. Il accoutume à raisonner sur les plus fimsses analogies, et forma, autour de la mérité, un nuage que les esprits lep plus clairvoyants ont bien de la peine à percer. »

Jkrémir BtnTBÀM. Tactique parlement, '

— « Une des premières bases de toute bonne philosophie est de former pour chaque science une

langue exacte et précise où chaque signe représente une idée bien déterminée, bien circonscrite, et de parvenir à bien déterminer, à bien ch'conscrire les idées par une analyse rigoureuse. »

CoirDoncET. Tableau des progr,^ p. 65,

-— « H peut y avoir des synonymes en poésie ; mais U philosophie n*en connaît pas, et elle conçoit deux idées partout où elle entend deux expressions. »

BoirÀi:.D. Recherche» philos.

— « Si les mots ne signifient rien, il est de tonte impossibilité pour les hommes de s'entendre entre eux, et, disons plus, dk s'urruronÈ avec buxmkmSs.

« Quand même Thomme n*aurait pas la science, quand il n'aurait Quc des opxxixoks , il faudrait qu'il s'appliquât beaucoup plus encore è l'étude de la vérité, comme le malade s'occupe plus de la santé que l'homme qui se porte bien. Car celui qui n'a qui Dts OFiiTioirs, si on le compare a celui

374 SCIE^CB SOCiALB.

QUI SAIT, est, par rapport à la vérité dans «b eut de maladie (1 ).»-

ÂRiSTOTB. Méiaphyt»^ Iît. FV, 4.

— a A part quelques esprits enthousiastes du passé, continue M. Reybaud, personne ne veut le retour à un privilège (les corporations] condamné par l'etpérience. Reste alors l'association libre qui manque de sanction^ qui n'est qu*une lettre morte. »

— Qu'ane lettes morte» eat bten le mot; et, nous le fitttoni remarqaer : très-spëciftlefliient. Il est évident : qae, vouloir baser la société générale^ sar des associations particulières^ nationales ou domestiques ; associations, nécessairement privées de sanction sociale non arbitraire; est nue utopie s à peu d'antres pareille; et, que Touloir qu'une société, nécessairement basée sur un arbitraire^ aille sanctionner des sociétés particulières^ ayant nécessairement poar but da renvaner eet arbitnure, afin d'en établir dix mille autres ; est aussi, une ntopie d'une belle taille ! Hais, vouloir maioteair une organisation sociale arbitraire, ayant pour conséquence nécessaire Texploitation des majorités par les minoritéi , an point de livrer les masses à la mort par la misère ; et cela, m prisenee de Vineampresribïlité de Vexamm; c'est un^ utopie» à nulle autre comparable. Maintenant, écoutes I vous ailes entendre l'auteur vous énoncer : de bien étranges choses.

— « Vaineinent^ dit-il ^ un écrivain (M* àe la Fârelle), dont on ne peut méconnaître pi les intentions ni les lumières^ a-t-il essayé de tracer t)n règlement où la liberté se concilie avec la discipline... »

— Ainsi, vous considérez la liberté comme indépendante de toute discipline, de toute r^le, de toute sanction? La

liberté réelle. Monsieur ; c^est ; Vobiissance f^olontaire^ sous

(1) Voilà aneore das épigvapliea qui devraient être tracées, en hitres d'or, au-dessus de toute irib«uie parlepentaire. Peut-être alors, y diraiton moina de Mies.

SGIBNCB SOCULS. 37S

I« joug df la ramn âaminanî hê pauUmê; et, te raison, fi'0$t raiêon peur dtmimr la poiêûmê ; que, t&u$ la pr oi^Ciion de la $anciion rêligiêuiê ; dônU la êanclion sociah n*4tst jamai$ que Vicho : sous PBnrs d'aharchie.

Nous TOUS av<m8 passé, une fois, votre liberté indéterminé9\ qui est aussi bien : Tobéissanoe aux passions; que, l'ebéissanee à la raison; mais, deux fois, c'est trop fort. La liberté du travail, Monsieur, ainsi que son esclavage, sont dee résnltats ; sscbssaibiss de l'état des connaissances. Tant, qqe dure Vignoranoe sociale, sur la réalité du droit; le tra- T4il est nécessairement esclave; en donnant, au mot iraMil, U valeur ; d» travail dei faibles; quand, cette igporaneeest évanouie; l'esclavage du travail s^évanouit : simultanAnent,

— .., el y droit emwnm Atof U hiér^rçkh,* aj^nle M. R#fb««(l,. , •.

— Ainsi, M. Beybaud trouve : que, le droit commun et la biérarchie, sont incompatibles ! Eu vérité ! c'est M, Beybaud, qui devrait être à ma pliic^.

(Décembre 1848, Dans un cabanon*)

— « ... M mtème, contioae M. Reybaud, n*a qu'un défaut^ c'est celai éù alIpuUr dau la Tida. Penonna ne s'y ralliera. «

w^ Si, VQQsieor, beancopp d'individus s'y rallieront; et, à cet égard, vous n'aveas qu'à ouvrir les yeux (nov. 1851). Il n'y a pas de folie particulière ; qui, en époquede folie s^ cialç, ne trouve ses partisans, La plus grande des folies aci* tuelles, celle de vouloir, ainsi que vous le voulez, conserver l'organisation sociale existante, eu présence de l'ineom*» prçwbiUté de l'eiamen ; est, méjfne, celle qui en a le plas grand nombre; et cela, sous la protection de i l'Ai^adémie des sciences morales et politiques,

— « Taqt que le traYail restera ubëb, continue M. Reybaud, TottYrier préférera Vinâépendance à la solidarité» i»

(Études sur les réformateurs.)

376 SCIENGB SOCIALE.

— Libre ! c*e9t-àdire : soumis à la force, qui oblige le travailleur à mourir de faim comme faible^ s'il n'en fait mourir d'autares comme fort, Etcela, ainsi que l'affirme l'an des princes de Téconomisme, J. B. Say, en disant : « Tons les a ans une partie de la population doit mourir de besoin, « même au sein de la nation la plus prospère. » Belle liberté !

Quant à la solidarité, socialement considérée, elle est exclusivement : un résultat d'organisation générale. Vouloir en faire un résultat d'organisations particulières, nationales ou domestiques ; est une folie, à nulle autre comparable. Il n'y a, qu'à l'Académie des sciences morales et politîq[ae8; où, il soit permis de dire ces choses-là; sans courir le risque, d'être sifflé.

Vous vous imaginez, en outre : qu'il peut exister, socialement, de l'indépendance sans solidarité ! C'est là : une nouvelle folie. L'indépendance sociale, des individus, consiste : à, ne pas être soumis aux passions des forts; à, n'être soumis qu'à la raison : accordant à tous une, égale protection ; Msaut défendre chacun, par la force de tous; tous, par la force de chacun ; et, rendant le travail de chacun, utile à tous ; comme, le travail de tous, utile à chacun. Cette indépendance sociale. Monsieur ; la seule qui puisse exister ; n'est autre : que, la solidarité. Mais, cette solidarité réelle dépend, je le répète : de l'association générale ; et non, d'associations particulières ou domestiques. Vouloir baser l'association générale, sur les associations particulières, est une folie égale à celle de ceux : qui, veulent baser la stabilité de la société, sur le crédit ; au lieu, de vouloir baser le crédit, sur la stabilité de la société.

Voyons, maintenant, le passage qui suit immédiatement celui qui précède; il est, j'en demande mille pardons à l'auteur, caractéristique : d'ignorance et de vanité :

— a Ce n'est jamais de son pleio gré , dit M. Louis Reybaud^ que rbommc sMmposc des chnînes,... «

SCIENCB SOCfALB. 377

•— Qoe signifie œ galimatias? Ainsi, ce n'est jamais de son plein gré : que, l'homme agit de son plein gré? Ce n'est jamais avec raison; qne, Tbomme se soumet à la raison? Je conçois, Monsiear^ que ce ne sera jamais de votre plein gré : que, irons tous imposerez les chaînes de la raison. Mais, cpi'est-oe qne cela pronye? que, tous êtes et resterez : l'esclaTe de yos passions.

— «... même dans Tîntérêt de son propre bien-être, n njoale M. Reyhaad.

— C'est très-vrai : tant qu'il reste esclave, c'est-à-dire ignorant. Mais, parce que vous ne voyez point, comment il est possible de sortir de cet esclavage; est-ce une raison : pour que l'humanité y reste éternellement plongée?

— « Tout aTantage de corps,., «

— * Corps signifie ici : société particulière ou domestique.

— « Tout avantage de corps, continue M. Rejbaud, lui parait vain

anprès de cette latitude d'action, de cette liberté de mouvements dont il jouit aujourd'hui. »

— La liberté ! celle, pour le fort, d'écraser le faible, n'estil pas vrai? Nous concevons, Monsieur : que , celte liberté puisse vous convenir ; aujonrd'bui, que vous êtes parmi les forts. Mais, croyez-vous que le faible, l'opprimé, puisse préférer : la liberté de mourir, soit parla faim, soit par le suicide; à la solidarité sociale, qui lui assure la satisfaction de tons ses besoins raisonnables ; sans porter atteinte : ni, à sa latitude raisonnable d'action ; ni, à sa liberté raisonnable de mouvements? Croyez-vous : que, si demain, vous veniez à vous trouver parmi les faibles ; vous préféreriez : d'être, ainsi libre de choisir votre genre de mort; à joiiir de la sa*

380 8CIEWCE SOCIALE.

le futur conditionnel? 11 paraît : que, M. le professeur d'économie politique n*a jamais lu : ni Malthus, ni Bossi, ni lui-même. Selon lui : le nègre esclave de la Caroline est bien moins mallienreux que le prolétaire français ; et; Tesclave des États-Unis est, cependant, le plus malheureux des esclaves. Gela doit être : c'est, dans un pays dit de liber li; que, l'oppression des faibles y est la plus dure.

— « On leur commanderait, continue M. Michel Chevalier, d^oublier i jamais cette loi d'égalité qu'elles s'étaient flattées de conquérir en baignant rCurope de leur sang, el en parsemant TEurope de leurs os (i) , rt on les tiendrait barricadées dans les geôles de Tindustrie comme dans l'enfer du Dante... »

—Parce que, si elles voulaient en sortir, on les jetterait : sur des pontons.

— «... SANS B6P0iH| » ajoute M. le professeur.

— Soyez tranquille, Monsieur! Les prolétaires sont

dans Tenfer, il est vrai. Mais, il est une justice éternelle; et, ils en sortiront. Seulement, ce ne sera point par votre seconde issue ; qui, elle aussi, conduit à un autre enfer : Tanarchie.

Nous regrettons : que, M. Michel Chevalier ait passé à Tonnemi ; c'est-à-dire à V économisme ; que l'Empereur, à Sainte- Hélène, appelait ]e pulvérisateur universel : fût-ce même, d'une monarchie de granit. IVous le regrettons : et, pour nous ; et, pour lui-même. Maigre ses taches, il était hrillant : sur le sol de l'inspiration. Il a vu Tabime de l'anarchie; il n'a pas eu le courage de penser à le combler ; et, il a rétrogradé, vers le despotisme ^ actuellement^ source inévitable :

(1) Le commerce anglais vient de réunir les os des héros d'Austcrlitz

et Waterloo, pour en faire du fumirr.

Totis lesjQttmawr de décembre 1847.

SCIENCE SOClàLB. 381

d*anarchie. Hélas ! des fers dorés, qu'il n'a pas encore osé rompre, Tempéchent de déployer, les ailes du génie ! Mais : voyons son autre issue.

« L^autre issue , coatinue M. GbâvaKer , peu explorée encore et où Von ne peut s^avaucer qu'à t&lons... •

— A Utons!... Ainsi, c'est une route d'aveugle que Tauteur choisit. Vous allez voir : que, c'est en outre : le choix d'un insensé.

— « L*aulre, coa(lauc-t-i1, conduit à Tassociatiou intime des intérêts rÎYaax qui aujourd'hui s'observent d'un œil jaloux^ celui des capitalistes... »

— Remarquez bien, je vous prie : l'intérêt des capitalistes, tant que tous ne sont point capitalistes, signifle : l'iulérét de quelques-uns ; et, non l'intérêt de tous.

— « ... et celui, continue Fautettr, des industriels do tout ordre;... »

— Industriel, de tout ordre, signifie : Iravailïeur; c'està dire : homme. G est l'intérêt : non, de quelques^utis ; mais, de tous.

— a ... celui de la bourgeoisie, « continue M. Chevalier...

— Des bourgeois ! c'est*à*dire : de quelques-uns ; et non, l'intérêt de tous.

— « ... et celui des ouTriers, » ajoute le professeur.

— Cest-à-dirc encore : l'intérêt de tous. Car, homme^ travailleur, ouvrier j sont absolument synonymes. C'est toujours, rinlcrct de tous.

389 MSWRGI SOCIALE.

Ehbleù ! voulo'^ «dissocier : Tintérôt de qoelqaefl-uns, parement eonsidéi'és ; a^ec Tintérèt de tous, qtd ne peut admettre d'intérêts séparés ; c*est le rêve : d'un insensé.

Vouloir associer, c'est-à-dire rendre égaux : le travail et le capital; c*est-à-dire ; l'homme et la matière; c'est, voaloir associer, égaliser : lé bien et le mal ; Dieu et le Diable. Il faut, quoi qu'en dise H. Michel Chevalier : que, l'un ou Tautredomine; que, tous les hommes dominent la richesse ; ou, que les possesseurs de la richesse, dominent le reste des hommes ; il faut même désormais : que, le travail domine le capital; ou, que tous les deux périssent : au sein de l'anarchie (1).

Il est malheureux, de voir des hommes de mérite, s'acharner : après la quadrature du cercle ; et, le mouvement perpétuel. Et, ce qu'il yja de plus malheureux ; c'est, qu'ils sont suivis dans l'abime de la folie, par cette immense majorité de moutons de Panurge : qui, s'imaginent conduire; et, ne font jamais que suivre : à la queue leu-leu.

— a La concorde, continue M. Michel Chevalier, se rélabllrait dans Tindustrie et dans la société , à Taide d^ane organisation intelligente des forces qui aujourd'hui se font la guerre ; . . . »

— Cette organisation est facile ; dès, que l'ignorance sociale se trouve évanouie; il ne s'agit qu, de subordonner : la matière à l'homme; le capital au travail. Et, cela existe nécessairement ; sous la condition préindiquée ; lorsque, le sol est entré à la propriété collective. Cette solution est unique. Vouloir associer : l'intérêt de quelques-uns, à l'intérêt de tous ; c'est, la même folie que celle : de vouloir

(1) Lorsque, dit ailleurs M. Michel Chevalier, deux forces concourent à une œuvre, il est indispensable que Tune des deux soit instituée directrice; sinon elles deviennent divergentes etTœuvre ne s^accomplit plus. AU lieu â*nne production régulière et féconde, on a les péripéties stériles ou fatales d'un duel sans fin.

(Lettre* sur Vorganisation du travail, p. 2SS.}

sciufCfi sociale; 888

associer un qtuirtaYec nn etitier ; en prët^iultàttj néanmoins t que, l'etiaenible ne soit qu'nn entier.

«^ K iié Vcttétê, coattone M» U (vnInMor » fiiiiit#âit wmslM ûUfimk d*iuiê égalité orgftDiqae « qui Mule aura k puiiMAco d'tD finir ayac i'é* gtlité anarchiqae:... »

— Cette phrase, est nn véritable galimatias.Yoicii ce qu*il aurait fallu dire :

L'égalité organique, qui dérive d'une organisation sociale conforme à la raison, est celle qui fait écraser les faibles par les forts : tant, que les faibles peuvent être écrasés; et Tordre, maintenu par la force. Cela, est raisonnable alors : parce qu'alors^ hors ces conditions, l'humanité ne peut exister. Cette égalité a existé jusqu'à Tépoque ; où, Texamen est devenu incompressible.

Quand, par les développements de la presse. Tordre ne peut plus être maintenu par la force ; et^ qu'il ne peut encore être basé sur la raison, à cause de Tignorance sociale; il n'y a de possible : qu^une égalité anarchique. Nous vivons au sein : de cette noble égalité.

Quand, Tégalité anarchique a fait sentir, socialement^ le besoin d'une égalité organique, qui ne dérive plus de la force; l'exploitation des faibles, par les forts, vient à s'évanouir; en même temps : que Tignorance sociale. C'est, seulement alors : que, peut exister l'égalité organique, au sein de laquelle : personne, n'est faible ; personne , n'est exploité.

^ « ... telle est, continne M. Michel OheTalier, la voie où il tant eu» (ter, ca^ il n*^ a que des insensés qui pourraient choisir la première, i» (Cour» d^économiê ^HtiqUe, V* discoofs d*ouT0rtufe.)

^-*La première voie. Monsieur, est celle d'insensés; vous avez raison. Aussi, est-elle presque généralement suivie; et, même actuellement par vous-même^ Quant, à la seconde

384 SClBNOe SOCIALE.

que vous proposez; et, que vous ue suivez pas actuellemeat; elle enige plusieurs grains de folie, en sus de lapreoiière. Aussi, aucunhommed*Étatne s'en occupe, si ce n'est : pour la ridiculiser. Il faut cependant dire : que, toos ceux qui ne suivent point la première, suivent la seconde. Il est vrai : que, le charivari social existant; se trouve digne !*de ce parfait accord.

Encore une fois, il n'y a que deux espèces d'associations: générale ; et, particulière ou domestique.

Les associations : particulières ou domestiques; autonomes ou indépendantes de la sanction sociale; ne peuvent rien avoir de commun, avec Tordre social ; si, ce n'est : pour le détruire.

Les associations particulières ou domestiques, soumises à la sanction sociale, font partie de l'organisation sociale. Et, si elles sont eu opposition, avec l'organisation sociale dont elles reçoivent la sanction ; elles ne sont : que, des expressions d'anarchie.

II n'est pas une seule association particulière, ayaut reçu la sanction sociale depuis Tincompressibilité sociale de l'examen, qui ne soit, en opposition directe, avec l'organisation sociale actuelle ; sans même en'excepter : celle, des jésuites. Tant mieux! l'organisation sociale actuelle, devenue essentiellement anarchique, s'en écroulera plus vite. Ce qu'il y a de mieux encore ; c'est, que tous, conservateurs d'une part, révolutionnaires d'une autre, rivalisent à qui démolira : avec le plus d'ardeur.

Allons I courage. Messieurs! faites des coustitutions ; organisez des associations particulières : soit, de nations ; soit, de religions; soit, de sectes; soit, de métiers; vous agissez providentiellement ; et, l'humanité vous remercie.

« Le salât de tous est dans iliannoiiie somie et l'anéantissement de Tesprit de parti. >•

MlBABfiAV.

— '' C'est vrai ; mais, vouloir anéaQtii^, ou même coaliser les partis; tant, que les opi*^ nions ne sont point anéanties, ou reléguées : soit à Bedlam, soit à Charenton ; est uneprg^position , digne : de l'Acadénne des sciences morales et politique. »

Gouifs, Commentaire, ^

— « Tont homme de parti, voit dans un livre, ce qu'il veut y voir. »» Yoltaibe. •

— '( Et, voilà pourquoiPAcaâémicdes sciences morales et poUtiques voit claiq||ppient : la possibilité de faire durer la 60ciétd|^tueUe. >'

Colins, Commentaire, ,

— «On peut attendre «nacte de désintéressement sublime d*un homme viB'tueux, jamais d*un parti en ^ masse; les partis ne sont jamais magnanimes, ils

N^ABDIQUElfT PAS, OV LES EXTIRPE. LeS BCteS hé-

foiques viennent du cœur et les partis n'ont pa» de cœur. Ils n'ont que des intérêts et des ambition.? ;

VK CORPS, c'est I.'ÉG0ISME IMMORTEL. »

M. DE Lamartime. Hist, des Gir,, lit. Vil, 7.

— « C'est vrai : les partis n'abdiquent pas, on lesRXTinPB. Mais, croyez-vous : qu'il soit facile et sans danger, de vouloir extirper le parti socialiste ; qui , noi-seulement coizv> prend les masses ; mais aussi : M. de Lamartine lui-même; et, toute l'Académie des sciences morales et politiqties , saijs le savoib

^ ^ NI LK VOULOIR ? S'il cst un seul meihbre, de

1^ l'Académie dessciences morales et politiques,

osant affirmer qu'il n'est pas^tocialiste; qu'il

se nomme. Et, s'il a écrit quatre lignée , je

lui prouverai : qu'il est dans l'erreur. •

Colins , Cofùmèntaîte.

3^ . SCIKN'CE SOCIALB.

— c< Il faut que le but des partU soit vague, coaicc les passions et les chimères de ceux qui les cubposent. *>

M. DELlUAnTinR, irf., Cb. XVI fl.

— Ml/espritde corps/pRixciPESOCiAi, qaau^l il en résulte le sacrifice de l'intérêt indÎTiduel à c<loi de cette société particulière, devient AnrisociAr. quand il en résulte le sacrifice des intérêts de la grande société, du public. »

JÉr.ÉMiE Beittham. Tact, tics asscmùUrs législatives,

— M Les corps sont plus implacables que les individus, parce qu'ils réunissent en eux plus de pasî^iDjts et qu'ils so:ît moins responsables. »»

CHATEArBRrAKD, Essot sur laîiliéraiitrc

angtaise.

.^ « I! est rare qu'un malade de corps refuse la

guérison. Les malades d'esprit sont volontaircmeat

iwcuRABLRS,€t souvent prêts ATUEU I.E aif'nicix.-

Dictionnaire tle Boisie^ article Cucnso.i.

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