LETTRE COLLECTIVE
A MM. les membres :
Du Sénat;
Du Corps législatif;
Du Conseil d*État ;
Des anciennes Assemblées Constituantes et législatives ;
De TAcadémie des sciences morales et politiques ;
Et, à tous ceux qui s'occapent : de la grande question d'ordre social.
Messieurs I
Sous le règne des opinions, je fais appel à vous tous, en générai ; et, à chacun de vous, en particulier ; pour détrôner Topinion, dont la domination ne peut être : que, le triomphe de la force brutale.
A quelque opinion, que chacun de vous appartienne; votre bonne foi et votre amour de Tordre, m'aideront à faciliter : Tunion de tous, dans le sein de la vérité.
Je dis Vunion de tous : car, cette union est devenue nécessaire. Les querelles, jusqu'à présent, ont seulement ea lieu rentre quelques maîtres ; et, localement. Dès, qu'il y avait un vainqueur local, tous les esclaves obéissaient; et, les esclaves, à eux seuls, constituaient : l'immense majorité des populations.
Maintenant : tous sont maîtres; personne ne veut obâr; la révolte est universelle ; et, quand la force fait simuler l'obéissance ; c'est, toujours dans Tespoir d'être bientôt, soimême le plus fort : soit, par le fer; soit, par le feu; soit par la parole; soit même, par le silence. Et, chaque victoire,
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n'importe '8008 quel drapeau, fait osciller le monde : entre un despotisme plus cruel ; et, une anarchie plus atroce.
N'est-il, donc, aucun moyen de prévenir : ce mal uni* versel?
Si, Messieurs, il en est un ; un seul. Et, ce moyen uniq[aey c'est : de le prévoir. Dès, qu'il sera prévu ; il sera vaincu. Hais, en fait d'ordre social, toutes les prévoyances Individuelles : sont insuffisantes.
Prévoir : c'est, voir dans l'avenir. Et, en dehors de tout mysticisme ; l'avenir ne se voit : que, par le présent. Avant, de prévoir un mal, pour l'avenir ; il faut le voir : dans sa cause présente. Sinon : vous n'êtes qu'un aventurier, en fait de prédiction.
Et, quelle est la cause actuelle ou passée, du mal social futur ; futur, alors toujours présent ; s'il est permis de parler ainsi?
L' ABSENCE d'idée COMMUNE SUR LA REALITE DU DROET.
Tant, qu'il n'y aura point communauté actuelle d'idées, sur cette eause du mal, toujours futur parce que toujours présent; le remède social réel, fût-il même individuellement trouvé, resterait : socialement inapplicable. Car, une société, ne peut être considérée et traitée, comme un individu ; que, par une communauté quelconque d'idées. Et, quand il 6*agitd ordre social; dont, un droit quelconque, socialement accepté, est exclusivement la base; et, qu'il n'y a plus communauté d'idées, sur la réalité du droit ; c'est, par la communauté d'idées : sur la réalité de cette absence ; et, sur la nécessité de communauté d'idées, relativement^au droit ; qu'il faut commencer, pour rétablir l'ordre; puisqQe^ Tordre n'est, lui-même : que, la communauté d'idées, sur la rlUité du droit.
Mais, je le répète ; il ne suffit point : que, le mal, et les
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suites du mal, soient vos et prévus : indiiûduaUeaieiiL Tx^ les individus, le verraient et les prévoiraîent : iftep lesHl ne ferait qu'augmenter; et, ^lue les «uîtes n'eu que plus terribles.
En effet :
Tant, que rencfaainement de oamie etde mal n'^st socialement proclamé ; et, q^e le mal de tous «'est point ainsi démontré : être, le mal de chacuu ; chacun, ne pense qu'à soi. Et, cherchant à «e sauver, chacun, cherche nécessairement, à perdre les autres : car, en dehors de la commiinauté d*idées, sur la réalité du droit; ebacun, pour se sauver, use de sa force. Or, l'universel emploi de la force, indépendante du droit, conduit : au tombeau de l'humanité.
La prévoyance sociale, actuellement nécessaire à l'exifstence de la société, consiste donc, dans la proclamatioii, sociALEMEisT FAITE : de Tabsencc de communauté d*idée5, sur la réalité du droit; et, de la nécessité de celte communauté, pour que rhumaniié puisse : ne point périr,
Partout, j'entends dire : une pareille proclamation serait une déclaration d'ignorance sociale; et, jamais les représentations nfftionales, sous quelque titre qu'dies puissent exister, ne reconnaîtront : leur propre ignorance. Jamais : je le nie. Certes, anctme d'elles n'a ^leore été assez rudement fouettée, par l'anarchie ; pour, que sa vanité puisse permettre, à son bon sens, de proclamer eoHedivement ; ce, que ce même bon sens fait déjà reconnaître, individuellement et intérieurement, à chacun de ses membres. Hais, au bord de l'abîme ; toutes, le reconnaîtront : socialement.
Si, les représentations nationales, asses imperttnenles potft* oser formuler un droit dépourvu 4e sanetion iué? ita* ble,' marchment setfles vers rablme ; je m'^éeriems : kissecles disparaître! 11 en viendrait d'autres, moins imperli* nentes ; et, que les vanités n'étoufferaient point. Hais, ene$ y conduisent l'humanité; et il est temps deles arrêter.
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C'est vous, Messieurs, qui les arrêterez : .en leur présentant, le tableau de la situation. Vous devez le faire; et, vous le ferez.
C'est, pour vous montrer le mal ; et, pour vous engager à y remédier; que, j'ai Thonneur de vous écrire. Ce mal, Faî-je bien vu? l'ai-je mal tu? Répondez!
Plusieurs d'entre vous, peut-être, me considéreront comme trop obscur; pour , vouloir entrer en lice avec moi. L^obscurité n'exclut pas le mérite; et, j'ai l'orgueil d'être certain : que, j'ai assez de mérite, pour ne pas étredédaigné. J*acciise ceux, qui s'abriteraient sous ce prétexte : de n'a* \oir aucune bonne raison à m'opposer; et, de cacher ainsi lear propre laiblesse, sous le masque du dédain. Le pablk, alors, serait notre juge; et, aussi : la postérité.
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