CONSTITUTION ET RÉVÉLATION
La science sociale, rendue rationnellement incontestable, vis-à-vis de tous et de chacun, établit :
Que, pendant l'époque d'ignorance sociale sur la réalité du droit, ignorance qui existe encore : des révélations surrationnelles ; et, des constitutions arbitraires ; pouvaient seules déterminer le droit ; par conséquent, servir de bases à l'existence dé Tordre, vie sociale. Mais, qu'en présence de l'incompressibilité de l'examen : toute révélation constituait un despotisme, conduisant, alors, nécessairement à l'anarchie ; et, que toute constitution constituait une anarchie, alors, et aussi nécessairement, conduisante un despotisme, amenant une nouvelle anarchie. Lascience sociale établit en outre : que, cesoscillations du despotisme à l'anarchie; et, de l'anarchie au despotisme; se
succéderaient, par desintenrallesde plus en plus rapprochés^ pour arriver à rimmobilité de la mort sodale ; si, la sodété ne venait à reconnaître : que, la réalité du droit doit, désormais, èlre démontrée scientifiquement ; et, qne tout droit hypothétique : soit basé sur une force masquée de sophisme; soit basé sur la force brutale démasquée ; doit être r^eté» sous peine : Je mort humanitaire.
La société actuelle, au contraire ; sans qu'il y ait, à cet ^ard, l'ombre d'une exception ; prétend :
Qu'il est impossible^ à l'humanité, de démontrer^ scientifiquement, la réalité du droit et de sou éternelle sanction.
C'est proclamer, implicitement, n'ayant pas le courage de le proclamer explicitement : que, la force brutale, dès que l'examen est devenu incompressible, se trouve être : la seule base possible du droit.
11 est évident : que, vouloir, par le seul raisonnement, con« vaincre une société qui nie la puissance du raisonnement; et cela : avant, que l'anarchie l'ait forcée à reconnaître : que, c'est sa seule raison; et, non la raison qui se trouve impuissante; est une utopie, élevée : à la dernière puissance possible.
(]oncevez-vous, maintenant: pourquoi, la science sociale, quoique rendue rationnellement incontestable, vis-à-vis de tous et de chacun, doit être, pour l'actualité, complètement inutile? C'est, que pour bien voir, il faut une vue non cataractée; et, que pour raisonner juste, il faut un cerveau, non paralysé : par les préjugés.
— « Lorsqu'uae doctrine d'ordre, de paix et d'union se présente, dit Bastial, elle a beau avoir pour elle la clarté et la vérité, xlls trouyi la
PLAGE PftISB. »
CRÉDrr.
La science sociale, rendue rationnellement incontestable, vis-à-vis de tous et de chacun, établit :
Que, le mot crédit signifie : confiance ;
Que, le crédit est particulier ou public; c'est-à-dire : domestique ; ou social ;
Que, le crédit, soit domestique^ soit social, est difrérent, selon qu'il est relatif : à la société basée sur une hypothèse ; ei, oelle-ci : sur la force; ou, à la société basée sur la vérité ; et, celle-ci : sur la raison incontestablement démontrée;
Que, le crédit est encore difiérent, pour toutes les espèces, selon qu'il est relatif : à la période d'ignorance sociale et de possibilité de comprimer Texamen ; à la période d'ignorance sociale et d'incompressibilité de l'examen ; à la période de connaissance ou de règne de la Térité;
Que, l'expression organisation du crédit^ dans le s^s d'organisation arbitraire ou indépendante de l'espèce de société et de période humanitaire^ est une expression complètement vide de sens rationnel ; que, le crédit se trouve toujours nécessairement organisé : selon, l'espèce de société ; et, selon la période, sous laquelle cette espèce de société existe ;
Que, le crédit particulier ou domestique, pour l'époque d'ignorance ou d'hypothèse et de possibilité de comprimer l'exa^ men^ est presque exclusivement relatif aux forts ; les faibles étant : ou, esclaves domestiques, et dénués de toute propriété; ou, prolétaires prétendus libres, presque dénués de propriété ;
Que, le crédit particulier, alors exclusivement relatif aux forts, est, légalement, basé sur l'hypothèque ; que, l'intérêt en est perpétuel; et toujours au maximum possible des cirocmstances : cette perpétuité et ce maximum se trouvant appartemr, essentiellement, à la domination : par la force;
Qu'à mesure que la compressibilité de l'examen diminue et que l'ignorance sur la réalité du droit persiste : l'esclavage domestique diminue ; et, l'esclavage politique augmente; qu'alors, le crédit particulier devient : de moins en moins personnel ; de plus en plus impersonnel ou exclusivement relatif i l'hypothèque; et, que l'intérêt devient de plus en plus, généralement perpétuel : et, toujours au maximum possible des drconstances ;
Que, cet état du crédH particulier : se porte à son maximum pendant l'époque d'incompressibilité de l'examen; et, dure ainsi : jusqu'à l'anéantissement de l'ignorance sociale;
Que, sous ré[)oque de connaissance ou de règne de la vrril^,
SCIENCS SOCIALE. 515
le crédit particulier est : exclusivement personnel ; relatif à la probité; et, toujours au maximum possible des circonstances: ces conditions se trouvant appartenir, essentiellement aussi, à la domination par la raison ;
Que^ le crédit public ou social, pour Tépoque de compressibilltë de l'examen, est complètement inutile : l'exploitation , des faibles par les forts, se faisant alors domestiquement ; et, le crédit public n'étant nécessaire : que, lorsque l'exploitation domestique détient difficile ou impossible, par la diminution ou l'anéantissement de l'esclayage domestique, toujours relatif aux difficultés de comprimer l'examen. Alors, il y a nécessité d'exploiter les faibles, socialement; et^ l'impôt devient la caisse d'une exploitation : pesant socialement sur les faibles; et dont les produits se répartissent, entre les forts, proportionnellement à la force. C'est, lorsque les produits de l'exploitation du travail des générations passées et des générations existantes ne suffisent plus au maintien de l'ordre, par la force; que, le crédit public ou social vient suppléer, à cette insuffisance, en aliénant le travail : des générations futures;
Que, cet état du crédit public, avec les oscillations relatives : au plus ou moins de confiance, dans le maintien du despo* tisme ; ou, au plus ou moins de crainte de l'anarchie, pouvant seule alors remplacer le despotisme ; dure : jusqu'à ce que les maux, causés par ces oscillations du despotisme à l'anarchie et de l'anarchie au despotisme ; oscillations, dont les intervalles se rapprochent de plus en plus, et dont les résultats sont de plus en plus dévastateurs; viennent à se porter à un excès suffisant : pour que les chefs de la société, par Tintelligence et la richesse, puissent reconnaître : que, le règne de l'hypothèse, le règne de la force, le règne de l'exploitation des faibles par les forts; doit être remplacé : par le règne de la vérité, le'règne de la raison incontestablement démontrée, vis-à-vis de tous et de chacun ; règne: sous lequel, tous sont également forts vis^à-vis de la raison; sous lequel, personne, absolument personne, ne peut plus être : socialement exploité.
Alors, ce ne sont plus les individus forts, qui font crédit à la société des forts, sans autre garantie : que, la vaine assurance, donnée par elle : de maintenir le despotisme; cl, de préserver
516 SCIENCB SOCULE.
(le ranarchie; c*est, alors^ la société de tous qui fait crédit: non, aux individus faibles, socialement, il n'y en a plus; mais, aux faibles, individuellement, aux malheureux nonaliénés; et cela, sous l'incontestable garantie : relativement à ces individus, de leur seule probité; et, relativement à tous, de rraidre ce crédit utile : non-seulement à ces mêmes individus; mais, aussi, à la société.
Alors, le crédit public» le crédit social, esta son maximum possible d'intensité : parce que la confiance, dans l'impossibilité des révolutions, est absolue. Alors, le papier social, le signe représentatif de la marchandise sociale, le signe de la monnaie, vaut plus que la réalité : par la certitude de pouvoir toujours et instantanément, échanger ce signe, contre la réalité. Alors, la stabilité sociale n'est point basée sur un crédit arbitraire, ainsi que le veulent les utopistes ; mais, le orédit réel se trouve basé : sur la confiance absolue, dans la stabilité sociale.
La société actuelle, au contraire, et toujours sans presque l'ombre d*une exception, proclame :
Qu'il n'y a qu'une société possible, celle qui existe depuis l'origine sociale ; que, par conséquent, il n'y a qu'une espèce de crédit, tant particulier que public ou social ;
Que, le crédit peut être organisé arbitrairement; et, que la société actuelle peut o^aniser le crédit , de manière : à rauire cette société , parfaitement stable ;
Que, le crédit particulier ne peut être que relatif à l'hypothèque ; c'est-à-dire aux forts , et proportionnellement à la force ; ce qui rend le faible, l'esclave du crédit ; c'est-à-dire : du fort;
Que, l'intérêt du crédit doit être perpétuel; ce qui rendrait l'héritier du propriétaire, ayant placé un décime à la naissance du Christ, le propriétaire de plusieurs milliers de globes comme le nôtre; c'est-à-dire du globe, si même il était des milliers de fois : plus grand qu'il ne l'est ;
Que , le paupérisme s'accroît sur une ligne parallèle à l'accroissement de la richesse ou du capital ; et, que l'intérêt baisse, à mesure que le capital s'accrott ; ce qui indique : que], plus l'intérêt du capital est bas, plus le faible est esclave. Gela pourrait se traduire par : l'intérêt, sous le règne actuel, est toujours au maximum possible des circonstances. Haisi la société ac-
SCIENCE SOCIALR. fil 7
tuelle , n'aime pas les traductions*, quand elles sont claires :
Que, la possibilité du crédit, exclusivement personnel, est un coDle ; bon, à insérer : dans tes Mille et une Nuits;
Que, le crédit public ou social, propre à^évorer le travail des générations futures , est une invention supérieure , en utilité sociale, à toutes les inventions possibles : passées, présentes et futures;
Que, plus un État est endetté, plus il est riche;
Enfin, que sous le crédit actuel, il est possible de rendre le papier public, signe de la monnaie, supérieur à la monnaie elle-même.
11 est évident : que , vouloir , par le seul raisonnement , et avant que l'anarchie lui ait extirpé les cataractes , convaincre une société qu'elle est dans l'erreur : lorsqu'elle affirme unanimement : que, le paupérisme crott comme la richesse ; et, que le moyen d'éviter l'anarchie, ayant sa source dans le paupérisme, est, de dévorer à l'avance, et par le crédit, les produits du travail des générations futures; est une utopie, élevée : à la dernière puissance possible.
Concevez-vous , maintenant : pourquoi , la science sociale , quoique rendue rationnellement incontestable, vis-à-vis de tous et de chacun, doit être, pour l'actualité, complètement inutile? C'est, que pour bien voir, il faut une vuenoncataractée;et,que pour raisonner juste , il faut un cerveau , non paralysé : par les pr^ugés.
— « Lorsqa'ane doctrine d'ordre, de paix et d'union se présente, dit Bastiat, elle a beau avoir pour elle la clarté et la vérité, ills tiouti la
PLkCt PRI8I. »
DiVOUEMEIIT BT SAGMFICB.
La science sociale, rendue rationnellement incontestable visà-vis de tous et de chacun, établit :
Que , pour toute époque humanitaire , la raison , que Ton croit ou que l'on sait bonne, est le seul mobile des actions; quand, la raison n'est point paralysée : par les passions.
Que, pendant Tépoque : d'ignorance sociale ^ur la réalité du droit; et, de possibilité de comprimer l'examen; la société établit une foi , une croyance commune , qu'elle fait accepter, comme bonne raison, comme droit : d'abord, au moyen de l'éducation et de l'instruction dont elle s'empare ; et en outre, sous peine de mort, pour ceux qui tenteraient d'ébranler la foi commune. Alors, chaque raison individuelle se trouve conforme à la raison commune. Alors , chacun a une raison , qu'il croit t)onne , pour se dévouer , pour se sacrifier , pour sacrifier ses intérêts dans celte vie, pour éviter les peines, pour mériter les récompenses, relatives h la sanction relifçieuse.
Que, pendant la même époque, mais d'impossibilité de com* primer socialement l'examen, toute foi commune, toute raison commune, tout droit commun, et (oute sanction religieuse commune s'évanouissent : vis-à-vis, de chaque raison individuelle! Qu'alors, une prétendue science prétend démontrer : que, toute sanction religieuse est illusoire; qu'il n'y a point en nous d'individualité immatérielle ; par conséquent point de punition ni de récompense hors la présente vie; par conséquent , encore: point de dévouement , point de sacrifice d'intérêts matériels , point de dévouement vis-à-vis de la raison, seul mobile, néanmoins, des actions individuelles ; que, par conséquent encore : la probité doit être considérée , comme la caractéristique de riml)écillité ; et, le crime heureux , comme l'expression : de la plus haute sagesse.
La science sociale proclame en outre :
Qu'une pareille société est toujours au bord d'une anarchie imminente; que rien , avant la connaissance de la réalité du droit, ne peut l'empêcher d'y tomber : si , ce n'est un despotisme, assez fort, pour l'arrêter un- instant ; qu'alors, tout despotisme ne peut être qu'éphémère et se trouve bientôt englouti dans les horreurs do Tanarehie; que, Tanarchie permanente serait la mort de la société; si, un despotisme plus atroce que celui qui a précédé, ne venait la sauver : pour, retomber ensuite dans une anarchie, plus terrible encore, que celle dont le dernier despotisme l'a sauvée; et, ainsi de suite, par des oscillations de plus en plus rapprochées : jusqu'à ce que l'humanilé vienne à périr ; on, à reconnaître : qu'elle n'r^t qu'une solle.
SCICRCE SOGIALR. 819
f^ aociélë actuelle, au ooDtrairef prétend :
Que, raison commune, droit commun > science oommune, autre que celle enseignant le matérialisme , ne sont pas nécessaires à ]*eiistence de Tordre , vie sociale ; qu'il n'est nullement nécessaire : que , le sacrifice, le dévouement, à des devoirs que chacun se forge à sa guise, soient justifiés parla raison, pourétre pratiqués; que, la douleur, la misère , le mépris pour soi et pour les siens , ont (ant de charmes pour les individus ; que , prétendre : que, la raison et la religion doivent être la base du sacrifice; est une idée complètement rococotte ; M. Guizot ayant formellement énoncé : que , la marak eêi indépendante de$ idées religieuses.
Il est évident : que, vouloir, par le seul raisonnement, convaincre une pareille société qu'elle est dans l'erreur ; et, cela : avant» qu'une anarchie universelle et plusieurs fois répétée, l'y ait forcé sous peine demort humanitaire ; est une utopie, élevée : à la dernière puissance possible.
Concevez- vous maintenant : pourquoi, la science sociale, quoique rendue rationnellement incontestable, vis-à-vis de tous et de chacun , doit être , pour l'actualité , complètement inutile? C'est, que pour bien voir, il faut une vue non cataractée; et, que pour raisonner juste, il faut un cerveau , non paralysé : par les pr^ugés.
-— «Lorsquant doctrine d'ordre, de paii et d'union se présente, dit Butiat, elle a beau avoir pour elle la clarté et la vérité, iixs tiouys la
PLACB PRISE. P