‹ Science sociale (volume 5)Chapitre 44 sur 70 · EDUCATION · texte numérisé non relu

EDUCATION

La science sociale, rendue rationnellement incontestable vis-à-vis de tous et de chacun, établit :

1« Que , la valeur du mot éducation , doit être parfaitement déterminée ; sous peine, quand il s'agit d'éducation : de parler sans rien dire.

Que, l'éducation est physique et morale;

Que, l'éducation physique appartient à la médecine; tou-

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jours^ sous la direction de la souveraineté de la science, rendue rationnellement incontestable ;

Que, réducation morale est : ce» qu'on inculque ft la jeunesse , relativement à la règle des actions ;

Que , réducation doit être basée sur l'instruction; pour que: lorsque, la jeunesse passe à l'Age viril ; l'instruction ait justifié, d'une manière rationnellement incontestable, ce qui aura été inculqué : par l'éducation.

Que , néanmoins , l'éducation doit toujours être : une foi : inculquée sans preuve ; et, basée sur la seule autorité de la société : jusqu'à ce que l'instruction vienne, à la justifier.

2<> Que l'éducation doit être commune, donnée à tous avec le même soin, aux frais de l'État, par l'État, et comprendre : non-seulement la nourriture , le logement , le vêtement, etc. ; mais : tout, absolument tout : sans, que les parents aient à s'en occuper, en quoi que ce soit (1).

Il est évident : que, tant que l'ignorance sociale n'est point anéantie, d'une manière rationnellement incontestable; tant, que la science , relativement à l'éducation morale , n'est point iNFAiLUBLE ; ct quo, Cependant, l'examen est devenu socialement incompressible ; la liberté d'éducation, la liberté d'enseignement, existe nécessaireiiibmt; puisque, le despotisme ne peut plus s'en emparer ; et , que la science infaillible ne le peut mcore. Mais, dès que la science infaillible existe ; relativement à la morale, dont l'ordre social, relève essentidiement; vouloir, alors, abandonner l'éducation aux opinions, serait une folie : à nulle autre comparable.

L'homme , l'économiste , le plus ennemi de l'État qui ait existé; Bastiat, dit :

— « S'il j a daiis le monde an homme on nne secte infaillible (2), r»-

(1) Les parents seront-ils obligés de livrer leurs enfants h l' ËUt ?

— L'obligation est : relative à la force; et, relative à la raiaon. L'État n'obligera point, par la force, les individus à lui livrer leurs enfants ; mais, avant la seconde génération, la raison obligera les individus à livrer leurs enfants àl'État; sous peine : de folie ; ou, de remords.

(2) L'infaillibilité est absurde, chez un homme ou chez une secte; mais , la science réelle est toujours infaiUible. Est- ce, que la science, <le8 mathématiques pure», n*est pas : infaillible p

SCIENCK SOCIALE. SHi

mettont-Ini, non-seulement rédocation, mais tons les poufitin, el que ça finisse. •

{Baccalauréat et socialisme, p. 73.)

— le que ça finisse est délicieux. En effet, il est temps que ea finisse. Ailleurs, il dit encore :

— « Ou l'État est infaillible, et alors nous ne saurions mieux faire que de loi soumettre le domaine entier des intelligences; ou il ne l*est pas, el en ce cas, il n'est pas plus naturel de lui livrer Téducalion que la presse.»

(Propriété et hi,^.fii.)

— Bastiat a raison : l'éducation, ne peut appartenir à TÉtat : que, lorsque l'État est le représentant de la science souveraine^ rendue rationnellement incontestable, vis-à-^is de tous et de chacun.

La société actuelle, au contraire ; loin, d'attacher une valeur parfaitement déterminée au mot éducation ; est tellement dans le vague, sur la valeur de cette expression : qu'elle ignore même : en quoi, l'éducation peut différer de l'instruction. Malgré cela, la société actuelle n'hésite point à proclamer :

1® Que, l'éducation physique des enfants appartient aux parents; sauf responsabilité devant la cour d'assises, s'ils les empoisonnent; mais, qu'ils ne sont nullement responsables de les laisser mourir de faim, s'ils n'ont pas de pain pour eux-mêmes. Dans œ cas, la société elle-même, s'en lave les mains : se trouvant abritée sous l'égide delà liberté, de l'égalité et de la fraternité^ régnant actuellement.

Que, l'éducation morale appartient également aux parents; ce qui est bien naturel : la société elle-même n'ayant de morale à inculquer : que , celle indiquée, par H. Guizot, sous la formule enriehisses-vaus ; a la seule condition, néanmoins, d'échapper aux cours d'assises. Alors, le fils d'un brigand de profession, donne à son fils une éducation de brigand ; il lui enseigne tous les moyens de fausser les balances de la justice; et, si malgré la bonne éducation de son père, il est assez sot pour se faire pincer par les procureurs impériaux; la loi, en vertu de réalité devant la loi, l'envoie au bagne, quoiqu'il soit innocent comme l'enfant qui virat de nattre; h moins,

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qu'il ne «oit coupable : d'avoir oWi h la morale, qui lui a M inculquée par l'éducation.

Et^ cependant, la société actuelle ne veut pas que Téducatioa soit basée sur l'instruction commune ; puisqu'elle même n'en a aucune. Alors, elle livre nécessairement : l'éducation» à l'iostruclion des parents. Il est vrai : que, cela ne l'empêche pas d'envoyer au bague, les enfatris qui ont obéi à leurs parents. C'est : juste ; elle est la plus forte ; et, les faibles n'ont jamais raison : devant la force.

Cet état social, du reste, est inhérent à la société actuelle. Cette société proclame la liberté de conscience. Alors, il est libre à chacun d'être matérialiste ; et^ toujours en conséquence de la liberté de l'ignorance, il est libre à chacun d'inculquer, à ses enfants, les principes qui dérivent du matérialisme : que, l'honnête homme est un sot ; et, que le fripon enrichi, sans que la loi ait pu l'égratigner, est un chef--d'œuvre de morale pratique. Les forts , néanmoins, recommandent aux parents : de donner, à leurs enfants, une éducation religieuse; ce, qui est bien un attentat, à la liberté de conscience. A cet égard» de mauvaises langues diraient : que, les forts en usent ainsi ; afin, de pouvoir plus facilement exploiter les faibles. Les gens bien élevés ne se servent point de pareilles locutions. J. B. Saj, par exemple, dit : les épargnés des riches se fani aux dépens des pauvres. Et, c'est infiniment plus poli. 11 est encore possible d'excuser la société actuelle , de porter atteinte à la liberté de conscience ; dès, qu'elle recommande l'éducation religieuse, en disant : qu'elle enseigne la réalité de la série continue des êtres, c'est*-à*diTe le matérialisme, à ceux qui sont en état de payer cette connaissance. Ici encore, néanmoins, il y a de ces gens, aimant à contrarier sur tout, osant affirmer : que, si la science enseigne la réalité du matérialisme; c'est, encore là porter atteinte : à la liberté de conscience. Car, disent-ils : dès, que la science vous enseigne : que, deux et deux font quatre ; la liberté d'affirmer : que, deux et deux font cinq, tombe dans l'absurde. Il y a même des ultra-socialistes osant prétendre : que, si la science, rendue rationnellement incontestable, venait à démontrer la réalité du lien religieux ; la liberté de conscience s'en irait encore : i^ tous les diables. Heureusement, la science,

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même rationnenemenl incontestable , ne peut avoir raison ; quand une société tout enlière aifirme : que, cette sijence n'est qu'une sotte.

2<* Ici, la société actuelle tout entière, sans encore Tombre d'une exception, proclame :

Que^ vouloir que l'État soit chargé de donner à tous les enfants et avec le même soin, une éducation comprenant : nonseulement la nourriture, le logement, le vêtement, et dans ce cas, sans aucun doute Tinstruction tant morale que relative à la matière, jusqu'à la majorité; serait un fardeau, aussi impossible à supporter, pour la société actuelle, qu'il le serait à un enfant de porter l'Atlas sur ses épaules. Et, il est certain, qu'à cet égard, la société actuelle, raisonne parfaitement juste. Elle affirme, en outre : qu'elle est la seule société possible ; et, qu'une société, qui pourrait se charger ainsi de l'éducation et de l'instruction de tous, est absolument impossible. Vous concevez dès lors : que , la société actuelle, et sans l'ombre d'une exception, envoie aux calendes grecques : et, l'éducation commune ; et, l'instruction commune. La société actuelle ne veut même plus : d'une éducation, basée sur une foi commune; et, donnée par les prêtres d'un sacerdoce dominant. Et, ici, elle a encore raison ; car, si même elle le voulait, cela lui serait complètement impossible, en présence : de l'incompressibilité de l'examen.

Maintenant, un petit inconvénient se présente. L'éducation et l'instruction livrée aux parents, entraîne nécessairement la liberté de conscience ; la liberté de conscience constate la nonexistence du lien religieux noBUNAirr : soit, par la foi ; soit, par la raison ; soit, par une inquisition ; soit par une démonstration. Et, cette non-existence entraîne nécessairement : la souveraineté du peuple ou des majorités, ou de la force brutale; laquelle souveraineté conduit nécessairement aussi , à l'anarchie, mort humanitaire. Hais, cet inconvénient se trouve facilement levé, par le journal de la société actuelle en date du 14 août 1857. Ce journal dit ;

— a Le dogme de la soayeraineté du peuple est Tarche de mIuI, Tancre dVspérauce de notre patrie. Tou( ce <|ui ne s'appuie pas sur relto ancre Tictorieuse est destiné à périr. •>

oâ4 SCIENCE SOCIALE.

— Or, quand le journal de la sociélé actuelle, journal par essence ennemi des dogmes , s*appuie sur un dogme ; ce dogine doit être d'une incontestable vérité, fût-il même le dogme de la sainte Trinité.

Quant à rinfaillibilité de la science, la société actuelle tout ratière, plus unanime à cet ^ard, que ne pourrait l'être un seul homme, qui, sous cette société, a toujours au moins deux opinions opposées sur un même sujet ; la société actueUe tout entière^ dis-je, proclame : que, l'infaillibililé de la science ou la science réelle, est inaccessible à Thumanité; que, l'humanité est condamnée : à une ignorance perpétueUe ^ qu'elle est livrée au r^ne des opinions ; que, par conséquent les individus aont destinés , providentiellement, à se déchirer comme des chiens enragés : jusqu'à ce qu'il n'en reste plus un seul sur le globe. Alors, la souveraineté du peuple s'exercera sur les chiens ; et^ malheur à eux, s'ils viennent à raisonner,

11 est évident : que, vouloir, par le seul raisonnemeat, convaincre une société qui nie la puissance de la science, la puissance du raisonnement; et cela : avant que l'anarchie l'ait forcée à reconnaître : que, c'est sa seule raison, à elle, et non la raison qui se trouve impuissante; est une utopie, élevée : à la dernière puissance possible.

Concevez- vous , maintenant : pourquoi , la science sociale, quoique rendue rationnellement incontestable, vis-à-vis de tous et de chacun, doit être, pour l'actualité, complètement inutile? C'est, que pour bien voir, il faut une vue non cataradée; et, que pour raisonner juste, il faut un cerveau, non paralysé*, par les pr^ugés.

— « Lorsqa*nne doctrine d'ordre , de paix et d*niiion te présente, dit BastÎAt, elle a beau aroir pour elle la clarté et la Térité , illb Tiomn u

PLACt paisB. »

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