SOL. — RENTE
La science sociale, rendue rationnellement incontestable^ vis-à-vis de tous^t de chacun, établit :
(t) Voyez ma Lettre à M. Tarchevcque de Paris : Qu'est-ix que la science sociale? t. Il ; et, les ^cdbs yi et vu intitulées : propriété et soi; t. m de mon Économie politOfuen
SCUSROI^ SOCIALE. 60o
Que, le sol : pendant toute l'époque d'ignorance sociale, sur la réalité du droit; et, de possibilité de comprimer l'examen; doit être aliéné :
Parce que , cette aliénation fait aller , la plus grande partie possible des produits du travail , à la plus petite minorité possible ;
Parce que, la plus grande majorité possible des IravailleuTS, réduits, par cette aliénation, à la plus grande misère possiMe; se trouve, ainsi condamnée, à un travail incessant ; ce qui l'em* pèdie d'examiner la réalité du droit; réalité, nécessairement hypothétique : tant, que l'ignorance sociale^ sur cetle même réalité^ n'est point anéantie ;
Paite que , cet examen , alors ^ anéantirait le droit : base d'ordie ; base de vie sociale.
La même science sociale établit en outre :
Que, dès que l'ignorance sociale , sur la réalité du droit , se trouve anéantie ; le sol ; ainsi, que les capitaux acquis par les générations passées, moins ce qui doit rester, de ces capitaux, entre les mains des individus, pour que la consonusfiation et la production soient toujours au maximum possible des circonstance; entrent à la propriété colliclive ;
Qmilors, la richesse se répartit entre tous; et cela : non plus au critérium de la force ; mais, au critérium de la «aison réelle; alors, socialement souveraine ;
Que , sous la souveraineté de la raison réelle , la misère , le paupérisme, sont absolument anéantis ^ que tous , alors y sans Vwnbre difme excepiioriy sont plus ou moins biches.
Cette même science sociale établit enfin :
Que, pendant l'époque d'ignorance sociale, sur la réalité du droit ; et, d'incompressibililé de l'examen^ un ordre social, plus -qu'éphémère ; une vie sociale; plus qu'épbémè^ est absolument impossible.
La société actuelle proclame au contraire :
QnejaimiSyjamaii^ jamais : le sol ne peut appartenir à la propriété collective; et, que toujours , ioujoufts, toujours : le sol restera aliéné.
Mais, ce qu'il y a de plus singulier; c'est, que tous ; c'est-àdire : les anthropomorphistes ; les panthéistes ; et les écouo-
6d6 SGIEfirCB SOGIALB.
niistes; recoofiaisseot TiDjualice de raliéDalion du sol; que, tous reconnaissent : qa'en présence de rinoraipressibUité de Texamen , Tinjustice absolue est devenue inoooipatible a?ei l'existence de Tordre^ vie sociale ; et, que tous, néanmoins, veulent conserver ; YaliénatUm du sol.
Pour Dous^ les anthropomorphistes sont représentés par le» pères de l'Église ; et, les panthéistes, par les philosophes. Tous, à cet égard, sont d'accord ; et, c'est le seul point, peut-être, sur lequel ils le soient : que , l'aliénation du sol est une ii^ustic« absolue. Dans le cours de nos travaux , nous en avons donoé : des milliers de preuves.
Ici , la société actuelle pourrait dire : les théologiens et les pUlosophes n'entendent rien à l'organisation de la société. Mais, que dira-t-elle : si , les économistes , qui la représentât, sont de Pavis : des théologiens ; et, des philosophes?
Ce qu'elle dira? Elle dira comme les économistes, qui, après avoir reconnu : l'injustice absolue de l'aliénation du sol ; el, l'incompatibilité de cette injustice, avec l'incompressibiliié de l'examen ; n'en ai&rment pas moins : que, le sol : doit rester aliéné*
Ce serait incroyable, si, comme saint Thomas :on ne le voyait de ses propres jpeux ; on ne le touchait de ses piopres mains.
Jetons les yeux ; mettons le doigt; sur la plaie : en nous bornant aux économistes.
J'extrais, les citations qui vont suivre, des Harmonies écomh migues de fiastiat ; le plus enragé des économistes s pour amserver C aliénation du soL J'abrégerai autant que possiUe; mais 9 je les recommande , très-particulièrement , à l'attention des quelques lecteurs» qui ne s'envelopperont point dans l'idée préconçue : que, toujours, toujours, le sol doit rester aliéné.
— a BucHANAH. Gd que le propriétaire (du sol) gagne de cette maDière « (par la rente), il ne le gagne qu'aux dépens'^ consommatfiir... C'est a une classe (celle des propriétaires du sol) qui profite aui dépens des a autres. »
— « RiCÀBDO. La renie est cette portion du produit de la terre que « Von paye au propriétaire pour avoir le droit d'exploiter les facultés pro* « ductives et impérissables du sol. »
SCIEMGB SOCIALE. 607
— • Mac-Cvucoi. €e qu'oa nomme propremeiit la rente , c>8t la c «RBflM payée penr Tusafe dei forcée natarelles et de ia poÎManee iolié- < rente an tel La renie eet donc Umjoun vn «onopoli. »
— « Seiora. La valeur de la terre on la faealté d'en tirer une rente c sont dues à deux circonstances : i^ à V appropriation de sts puissances « naturHhs ; f^ au traTail appliqué à son amélioration, v
— « La conséquence , ajoute Bastîat , ne se £iit pas longtemps attendre. V • . .
— Voyons celle cooséquence. Ce doil être curieux, El , ce sera iecrible pour cet excelleol Bastiat, dont les intentions ne peuvent être soupçonnées ; mais, qui adore l'aliénation du sol; comoift» un Égyptien, des Pliaraous, adorait les oignons.
— € Sous le premier rapport, continue ScaoPB, toujoars cité par Tin- ■ fortuné Bastiat, la rente est un monopole. C'est une restriction à Tusu- « fruit des dons que le Créateur a faits aux hommes pour la satisfaction de • leurs besoins. Cette resUiciion n'est juste qu'atUant qu^eUe est nécessaire « FouB is BUDi coinim. n
— C!oinprenez-vouSy ce que Bastiat a dû souffrir en écrivaoi cette citation? Aussi, s'écrie- t-il , en s'efforçant de cacher ses angoisses sous un masque de raillerie :
— a Quelle ne doit pas être la perplexité des bonnes âmes qui se ri« fusent a admettre que rien soit nécessaire qui ne soit juste? »
— C'est, qu'en effet , la nécessité sociale est TOUjeuBS : la justice sociale.
— e Enfin, ajoute Bastiat^ Scropb termine par ces mots :
« Quand elle dépaase ce point, il faut la modifier eu vertu du principe a qui la fit établir, p
— Ici, par exemple, Bastiat perd toute modération. Il ne veut pas : que la société obéisse à la nécessité ; il préfère : voir périr l'humanilé. Il dirait volontiers, en parodiant un révolu-
tioonaira s Périsse rbumanilé , plutôt que l'aliénation du sol 1 Si) vous en douiez : écoutez ; et, Jugez*
§08 SCIEKGE SOCIALE.
— « Il est impossibie, dit Bastial, que le lecteur n'aperçoire pas que les autears nous ont menéi à la mégation db la pbopubté, et nma y oit mené TRÈf-LOGtQUBHEiiT en parlant de ce point : k propriétaire se fut payer les dons de Dieu. Yoict que le fermage est une injustice que la loi n'établit que sous Tempire de la nécessité , qu'elle peut modiûer ou détruire sous Tenipire d*nne autre nécessité. Les communistes n'ont jama^ (lit autre chose. »
— ^Eq vérité : si, les communistes n'ont jamais dit autre chose que d'affirmei;: qu'il vaut mieux voir anéantir l'aliénation du sol; que, de Yoir anéantir l'humanité : j'avoue que, dans ce cas, je suis un tantinet communiste.
Vous croyez peut-être que Bastia t va se lasser de citer ? Allons donc 1 Une fois, que Texcellent Basliat est monté sur son Hobbf horse, le maintien de l'aliénation du s(d ; il n'en descend : que mort.
— « StaoR. Les instruments de la production sont le (rsYail et les « agents naturels. Les agents naturels ayant été ap[>ropriés , les propeiè' « TAIBB8 s*ên font payer Vusage sous forme de rente, qui n*esl la rccom* « pense d*aucun sacrifice quelconque» «t est reçue par ceux qui n*0Dt«i « traYaillé ni fait des avances^ mais qui se bor«ient a tendre la main pour a recevoir les offrandes de la communauté, n
— « Après avoir, s'écrie Bastiat, porté ce rude coupa la ppopricté (Ij, Sêmiob explique qu'une partie de la rente répond à l'intérêt du capital , puis il ajoute :
— a Le surplus est prélevé par le propriétaire des agents natwréUy et et forme sa incompensé, non pour amir travaillé eu épargné, mais sim- « plement pour n^avoir pas gardé quand il pouvait gorder, pour avaèr « permis que les dons de la nature fussent acceptés. »
— a On le voit , s^écrie Bastiat , c^cst toujours la même tbcorie. Oa suppose que le propriétaire s'interpose entre la bouche qui a feim et Taliment que Dieu lui avait destiné, sous la condition du travail. liC'propriétaire se fait payer pour ce travail ce qui est jAle , et il s9 fait payer une seconde fois pour le travail de la nature, pour Tufsge des forces productives, des puissances indestructibles du so^ ce qui est inique*
(1) Non pas à la propriété. Monsieur; mais, à VorganisaÊt^ de la propriété. Avec tout autre que Bastiat , on dirait, ici : que , t'caà de la maftvâiee foi ; hélas ! non. Ce n'œi : que, de la voi.
« Getle Ihéorie^ développée par les économistes anglais, Mill , Mal- (hos, etc., on la voit avec peine prévaloir aussi sur le continent.»
— « ScuLOJA. Uttand un franc de semence donne cent francs de blé , « cette augmentation de valeur est due eu grande partie à la terre. »
— Ici, le bon Bastiat s'enflamme :
— «C'est, dit-il^ confondre Vutilité et la iialeur. AiUant vaudrait dire : Quand Teau, qui ne coûtait qu'un sou à deux pas de la source, coûte deux sons à cent pas, cette augoièntalion est due en partie à Tintcrvention de la nature. »
— Eh bien I Monsieur, on le dirait a^ec raison. Si toute Teau de la société était aliénée; et, si le* porteur d'eau n'était que le valet : de celui , qui serait parvenu à se l'approprier. Vutilité et la valeur sont deux mystères; que, ces Messieurs mettent à toutes sauces : quand, ils veulent parler pour ne rien dire.
— « Flohiz-Estrada. La rente est cette partie du produit agricole « qui reste après que les frais de la production ont été couverts. »
— c Donc, s'écrie Bastiat, le propriétaire reçoit quelque chose pour rien, »
— Non, Monsieur. Le propriétaire individuel reçoit trente, en retour de l'ordre qu'il procure; tant, que l'examen peut être comprimé ; et, quand l'examen se trouve devenu incompressible ; le propriétaire reçoit sa rente ; pour, que l'anarchie aille en croissant progressivement : ce qui est alors, inévitable; pour obéir, à la nécessité sociale de cette époque : Ventrée du sol à la propriété collective.
Ici, Bastiat explique les mystères : de la valeur, qui vient du travail; de la valeur, relative aux puissances du sol ; de Inutilité gratuite; de Vutilité onéreuse ; mystères auxquels luimême ne comprenait pas un seul mot; puis, toujours m^é sur son dada, il poursuit : le cours de ses citations.
— « J. 6. Say. La (erre n*est pas le seul agent de la nature qui soit ■ productif (1) , mais c'est le seul ou à peu près que l'homme ait pu
(I) C'est encore sur raBsimilation : du travitil réel, ou proprement dit, V. 39
6i0 SCIBNCB SOGULB.
« s'approprier. L'eau de la mer^ des rivières^ par la kculté qu'elle a de « mettre en mouvement des machioes^ de aourrir des poissons, de peiler « DOS bateaux, a bien aussi un pouvoir productif. Le vent et jusqu'à la A chaleur du soleil nATAiLLiinr pour nous ; mais hntreustment persenne « n^a pu dire : le vent et le soleil m'appartiennent, et le service qu'ils rea- « dent doit m' être payé, »
-— Ici, l'excellent Qiistiat s'écrie, ayec une foi digne des tonps égyptiens :
— - <c Saj semble déplorer ici que quelqu'un ait pu dire : la terre m'appartient, et le service qu'elle rend doit m'ètre payé. Heuretuemeni^ dirai-je, il n'est pas plus au pouvoir du propriétaire de se faire payer les services du sol que ceux du vent ou du soleil. »
— Éionnez-Yous donc : de la foi , aux oignons d'Egypte, sous* les Pharaons ; quand, en 1830, il est possible, à un membre de r Académie des sciences morales et politiques, d'énoncer de pareilles choses ; sans exciter : un fou rire !
Après, cette lieureuse sortie ; Bastiat continue la citation de Say.
— A La lerre est un atelier chimique admirable La nature a fait
c présent graiuxiwk/^^ à l'homme de ce vasle atelier Hais certains
« hommes^ entre tous, s'en sont emparés et ont dit : A moi ce compariift ment, à moi cet antre ; ce qui en sortira sera ma propriété exclusive. « Et, chose étonnante I ce privilège csoBPâ , loin d'avoir été funeste à U « communauté, s'est trouvé lui être avantageux» »
— Maintenant : écoutez l'homme de foi I
-^ a Oui sans doute, s'écrie-t-il, Cet arrangement lui a été avantageai; mais pourquoi? parce qu'il n'est ni ^BiviUet ni «nirp^; parce que celai qui dit : A mot ce comfKirjimefii, n'a pu ajouter : Ce qui en sortira teraïaa propriété exclusive, mais bien : Ce qui en sortira sera la propriété exclusif e de quiconque voudra l'acheter, en me restituant simplement la peioe que
de rhoouno ; au travail , figurément dit ou iUusoire de la terre et des capitaux ; que, se trouve basée : l'économie politique , justifiant l'csciavage des inaswe. Voyei notce i^cofiemk poMkqWk
SCIBNCB SOCULB. 611
j^aurai prise, celle que je lui aurai épargnée ; la collaboralion de la nature, gratuite pour moi, le sera aassi pour lui. » '
— Ètes-vous satisfait : de Texplication du piystère de la propriétéindividuelledusoli selon saint Bastiat? Si| vous ne Têtes pas, vous aimez peu les mystères. Si, Bastiat avait dit : Cette propriété a été un privilège; mais, ce privilège n'était pas une usurpation , parce qu'il était : de nécessité sociale; je n'aurais vu là aucun mystère. Mais, au contraire; Bastiat accuse Saj, en disant :
— « Gomme ScaoM, il se rabat sur la dernière et la moins satisfaisante des ressources^ la KÉcassiTé; »
— Eh bienj voyez : comme, les opinions diffèrent. £n tant, que croire ; j'aurais cru : que, pour la société, obéir à la nécessité, était la première et la plus satisfaisante 4^s ressoupces !
— « Blahqui »
— Cette citation est du remplissage, il y avait mieux à prendre, chez Blanqui, ne fût-ce que :
— « De (eus les abus, les plas odieux, selon moi^ sont cetx de la a PROPaiÉTi. Si les lois actuelles règlbkt mal Tusags de la propriété , a nous Trouvons les refaire. Remanies donc les lois qui aÈeuuiT l'usaiàb « de la propriété. 9
•^ Il est évident : que, remanier les lois qui règlent l'usage de la propriété ; c'est, remanier, refaire : l'organisation de la propriété; et, que si la nécessité sociale exige : l'entrée du sol à la propriété collective , le remaniement consistera : à faire entrer le sol, dans cette même propriété.
Après cela, suit un nouveau galimatias : sur les mystères : del'utilitë, de la valeur; de l'utilité, gratuite; et, de l'utilité, onéreuse t ayant pour but de faire accepter : que^ du blanci c'est du noir ; et, que , du noir> c'est du blanc.
012 SOlEr^ SOCIALE.
-^ « Gaihibr. La rente da propriétaire 'diffère esscntielleiuent des ré- «tributioDS payées à TouTiier pour son travail, ou à rentrcprenenr pour «Je profit des avances par lui faites, en ce que ces deux genres de félri- « Lulion sont rindemnilé , Tun d'une peine, Taulre d*une privation et Il d'un risque auquel on s'est soumis ; au lieu que la rente est reçue par « le propriétaire plus gratuitement , et en vertu seulement d'une eonvenm tion Ugale qui reconnaît et maintient à certains iudividus le droit de ¥ propriété foncière, »
— « En d'autres termes , s'écrie Bastiat , l'ouvrier et Tentrepreneur sont payés, de par l'équité, pour des services qu'ils rendent; le propriétaire est payé, de par la loi, pour des services qu'il ne rend pas. »
— H. Basliat aurait pu faire remarquer : que, le propriétaire individuel foncier, est base de Tordre, pendant toute l'époque où l'examen peut être comprmé ; et, que c'est, pour cette juste raison, qu'il est payé.
Maintenant, écoutez lecteur I Bastiat va continuer la citation de Gamier. Cela devient très-curieux.
— « Les plus hardis novateurs, continue Gamier, ne font autre chose « que de proposer le remplacement de h propriété individuelle (foncière] « par la propriété collective... Ils ont bien, ce nous semble, raison en a droit humain (i); mais ils auront tort pratiquement, tant qu'ils n*au- <• ront pns su montrer les avantages d'un meilleur système économique (S).
n Mais longtemps encore, en atx)uant que la propriété (individaelle fon- « cière] eet un privilège^ un monopole , on ajoutera que c'est un mono- « pôle «N'Ie, naturel. »
— Loin que l'on doive ajouter, longtemps encore : que,"c'esl un monopole utile, naturel; j'ai démontré, d'tine manière rationnellement inconl|j|table : que, ce monopole, jadis utile et naturel, est devenu : un monopole mdtastrueux ; et, defvaut^èlrR anéanti : sous peine de mort sociale.
— «En résumé, continue Gnrnier, cité par Bnstiai, on semble ad-
(1) Eu droit ca/iin, ce serait plus joli encore.
(2) Ce ne sont pas seulernent l66 avantages de l'entrée du sol, à la propriété collective, qu'il faut montrer; c'est, 9on absolue nécessité : sout peine de mort sociale.
àCIENCK SOCIALE. CI 3
« mettre, ea économie poHttqoe (1), que la propriété (indÎTidaelle fon- « cière) ne découle pas du droit diviu , du droit domanial on de tout a autre droit spéculatif, mais bien de son utilité. Ce n'est qu*un mono* «K pôle toléré dans Tintcrêt de tous. »
— Il est impossible : d'élre, plus clair, et plus juste; que, ne Test ici Garnier. Mais, tel n'est pas l'avis de cet excellent Bastial ; qui, préférerait voir attaquer le bon Dieu ; à voir attaquer : l'aliénation du sol.
— a Cest, ditril, identiquement Tarrèl prononcé par Scbops, et répété par Sa} en termes adoucis. »
— Après cela, l'excellent Bastiat cite des socialistes pour faire voir : que, socialistes et économistes s'entendent, comme larrons en foire, pour convenir : que, ['aliénation du sol est ce qu'il y a de plusipjuste au monde.
Et, savez- vous : pourquoi, Basliat accumule toutes ces citations? Pour prouver, par un galimatias auquel, ni personne,, ni lui-même n'a jamais compris un mot : que, les socialistes et les économistes ont également tort ; que l'aliénation du sol a été juste et restera juste : de toute éternité.
Si, un homme du mérite et de la bonne foi de Bastial a été à cet égard, cataracte, au point de ne pas voir : qu'il fait jour en plein midi ; et, que le soleil brille à rendre aveugle des milliers d'albinos par minute; comment, voulez-vous : que, des clubs prétendus savants; rendus de mauvaise foi par Tesprilde corps; et, suivis de l'immensité des moutons de Panurge; puissent avouer : que, le sol doit entrer à la propriété collective, sous peine de mort sociale? Ils préféreraient essayer : devons donner la lune.
(1) Ici, eu lâchant uu gros soupir, Bastiat s'écrie : Hélas! oui ; voilà le mal.
Voilà donc Bastiat, Vécho des économistes, proclamant : que, l'économie pulitique établit : que, raliénat.ition du sol ne découle pas du droit diviu ; du droit absolu; mais seulement, de l'organisation delà propriété, obéissant : à la nécessilê sociale.
A ces cttatioDS, deséconomistes déclarent : que, la propriété individuelle fonciëre est un privilège^ un monopole ; Baslîat aurait pu joindre les suivantes :
— d Dupoitt-Wbite. Si Ricahdo , par les raisons qa*on Went de dé- « duire , 8*est abstenu de qualifier ce qu^il voyait , d'apprécier ce qo*il « exposait, d'autres, avec autant de pénétration, ont eu plus de HiftmsssE
d et de FRANCHISE.
« Un économiste qui n'a jamais passé poor frondeur, on publiciste de» <* moins alarmants, a vbbtbment appelé les choses par leur nom.
« U est évident, dil M. Rossi, que la possession delà terre, des mines, « des carrières , constitue un monopolb. . . • Ces aperçus lumineux, né- « gligés pftr RicARDO, Ad. Smith les avait indiqués très- expressément. Le « fermage de la terre, dit-il, considéré comme le prix payé pour Tusage « de la terre, est naturellement un prix de monopole. »
-— « Rossi. Peut-être n*y a-t-il pas de milieu entre ces deux syt- « tèmes : la majorité soumise avx propriétaires du sol , ou bien , la « MAJORITÉ MAITRESSE ELLE-MÊME DU SOL. Toute Rutro Organisation sociale « n'est peut-être qn*une transition. »
— Et, comme' la majorité, en dehors de la totalité^ n'est : que, tyrannie ou anarchie ; comme, la totalité ne peut être maîtresse du sol ; que, par l'entrée du sol à la propriété collective; il s'ensuit : que, selon M. Rossi, le phts grand des parti' sans de l'aliénation du sol, le sol^ sous peine de transition^ ou d'anarchie^ ou d'agonie humanitaire, doit, désormais, appartenir : à lapropriété colleclive. Bravo I Monsieur ; la conclusion est logique. Il est vrai : l'Académie des sciences morales et politiques, dira, d*une voix unanime : qu'ici, Bossi est un sot. Est-ce, que le dernier de ses membres^ n'est pas un plus Rrand économiste : que Bossi?
— « GoDwiN. Il est yrai , comme le dit Malthns, que toutes les terrei « sont partagées; mais elles ne le sont pas comme la nature (1) Tondrait « qu^elles le fussent po;ir Tavantage des hommes. »
— « Jean Ratnaud. Je ne me lèverai point comme Jean-Jacques, pour « dire : -^ « Le premier qui, ayant clos un champ, s'avisa de dire : Ceci « est à moi, et trouva des hommes assez simples pour le croire, a assumé c sur sa tète la responsabilité de tous les crimes et de loutes les horreurs
(1) Lisez : la raison.
^ SCiniOK SOCIALE. 615
« qw 0Bl MMNllé le genre humait* » «— Maie je dirai : Ge( homme a hîen « mérité de rhumanitéf car lai aussi a été pour elle un grand révélateur; ce et en établissant pour la famille la première limite, il a préparé le jour « où il ne sera besoin d* antres limites que de celles du globe , parce que « V humanité fout entière ne sera plus qu'une seule famiUe , et la terre « 9ta'tm seul champ, »
— ^ «Haltbus et Roesi.» (Yoyes ces citations pages 256 à 245 dutroisâème volume de notre Économie politique»)
— « J. B. Sat. On ne saurait disconvenir que le propriétaire fimciêr « n^ajoute pbrsonhellement rien à Tutilité ananeilement produite dam nu « pays. »
— « J. B. Sat. Il est si vrai que la sociirÉ peut bxistbh sarb bicoh- « KAtTBB LA PBOPBitrÉ FOKCiiBB (individuelle), çv'tl y en a de nombreux «r exemples, »
— C'est faux. Jamais, encore, le sol n*a appartenu : à la propriété réellement collective. Mais, n'importe.
— Quand » Bastiat aurait ajouté toutes ces citations à celles qu'il a déjà données ; quand> il en joindrait dix mille autres plus claires encore ; qu'est-ce que cela prouverait? Qu'il est plus facile : que, les individus ^ d'une génération existante , s'égorgent jusqu'au dernier; que , de parvenir à les faire raisonner juste; quand, leur vue est cataractée par les préjugés. Mais, ce que la nécessité sociale ne peut faire ^ sur une génération encroûtée ; elle le peut, sur une génération naissante.
Au sein de la génération actuelle, une seule voix puissante, s'élève : en faveur^ de l'entrée du sol à la propriété collective. Nous l'avons déjà citée plusieurs fois ; et, nous le ferons encore : ' to^lles les fois, que l'occasion s'en présentera.
— a La classe ouvrière ne possède rien, il faut la rendre propriétaire ; a Elle n'a de richesse que ses bras^ il faut donner à ces bras un emploi
utHe;
tf Elle est comme nn peuple d*ilo(es au milieu d*un peuple de Sybarites ; il faut lui donner une place dans la société et attachb« ses iktkbéts a CEUX D0 aoL. tf
(LoUia-NAPOLiON BORAPABTB.)
— Or, il est évident ; et, de toute évidence : qu'il est impos-
616 SCIEN«E SOCIALB.
sible d'attacher au sol, les intérêts de la classe des traTaOleurs ; classe, qui est rtiumanité tout entière ; sans, faire ^trer le sol : à la propriété collective.
Mais, hélas! il est également évident : que, vouloir, par le seul raisonnement; et^ avant que l'anarchie l'y ait forcée, sous peine de mort sociale ; convaincre la société actuelle : que, désormais , le soi et les capitaux acquis par les générations passées^ doivent entrer à la propriété collective; est une utopie, élevée : à la dernière puissance possible.
Concevez-vous, maintenant : pourquoi la science sociale , quoique rendue rationnellement incontestable, vis-à-vis de tous et de chacun^ doit être , pour l'actualité , complètement inutile? C'est que, pour bien voir, il faut une vue non cataraclëe; et, que pour raisonner juste , il faut un cerveau, non paralysé par les préjugés.
— « Lorsqu'une doctrioe d*ordrc, de paix et d'union se présente , dit Bûsiiat^, elle a beau a?oir pour elle la clarté et fa térité, bllb tioutb la
PLACE PRISE