MEMOIRE
« La nature noiu donue des cenreaux; la société nous donne ses pensées. »
BovALD, BeckêrcJkei phiioiopkiques, t T, p. 19.
— « ÀTec pins de sÎBpHcité ou
pourrait raisonner dans tontes les sciences comme on raisonne en mathématiques ; et , en mathématiques, le raisonnement deviendrait aussi péniUe, aussi Tagne et aussi incertain que dans les sciences les plus obscures, si on eflaçait de leur langue • les traits qui en font toute la perfection.
« Supposons, en effet, qu'on ait cent noms différents pour exprimer les cent premiers nombres, et que la plupart de ces noms prennent un sens différent dans la bouche de ceux qui s'en serrent; supposons, par exemple, que lorsque je dis quinze^ mon voisin entende «er'ztf, un autre vingt, un autre quarante; n'est-il pas évident qu'on passera toute sa vie, qu'on passerait tous les siècles à disputer sans jamais s'entendre? Or, nous le demandons , et le lecteur nous a sans doute prévenu , que/aii'On dans les icicnca morales, et queileâ tangues parlent'eUes î On peut en juger par le nom des facultés de l'entendement
« Ce n*e8t pas la nature des idées qui fait qu'en
généra] on raisonne moins bien dans les sciences
morales que dans les sciences mathématiques;
c'est l'imperfection des langues qu'elles parlent. »
LAUûMiGuiias, Réflexions sur la langue
des calculs, p. 40; Paris, 1805.
— « L'erreur n'est jamais si difficile k détruire que lorsqu'elle a sa racine dans le langage. Xo«t terme impropre contient un gvne de pr«pMiti0m trompeuses; il fome un nuage qni cache la latiife
172 SCtEMCE 60GIALE.
des choses et met on olistacle sotivent inTiodbie |^ à la recherche de la Térité. »
Js&jÉMiK BKKTBA.M, Traité des preuves juii' eiaires, Ht. IU, ch. 1.
Que signifie le mot mémoire ? Pour le savoir, allons au dictionnaire. Écoutons!
— a Mékoibe^ 8. f, sans pluriel. Memoriaj faculté de Tâme de se lau- ▼enir. »
— Maintenant, allom au mot se souvenir. Là. nous trouvons :
— « Si souYiNiu, avoir mémoire, »
— Ainsi, selon le dictionnaire, la mémoire est, pour rame : la fucuUé d'avoir de la mémoire.
Allons au mot âme^ pour en savoir davantage I
— « Ajib, s. f. Animaj principe de la vie, — du mouTement, — des liommesy — de tous les êtres Yi^anis. i»
— Et, comme la vie n'est que mouvement ; voilà, que le' mot méuoiiie signifie :
— € Facaké du nuravement d'ayoir de la mémoire . »
— Comprenez-vous ce galimatias ?
Soyons plus clair î
Nous ne savons pas encore : s'il y a des âmes ; autres, que des résultantes matérielles.
• Chaque individu, appaieat ou réel, se présente
;, à ceux qui sont capables de le juger, cDMmMe de pr^nétéa qui le font considérer : emnme, étant toujours le mtoie être, malgré la diffé* rcDoe àm tamps. Chaque moléeuie, chaque force m&ne, possède en soi des qualités : qui, constituent son indrviduaUté phénoménale. C'est, par là, qu'elle ffiomfeste son identité ; en prenant, au figuré, l'exprèssien active manifester. Cet ensemble de propriétés, m»* mfestant idientité^ est ce que nous appellercHis mé" motr^r comme, faisant rappeler : que, chaque individualité ph^ioménale, est toujours elk. Nous savonft : que, cet ^semble de qualités , est seulement ce qui rappelle l'identité, à ceux qui raisonnent. Mais : comme nom ne savons pas, si l'être ph^oménal dont il est question, possède ce que celui qui raisonne appelle ménmre; comme nous ne savons même pas encore ^ si, nous-mêmes nous avons une âme, en réaUté ou en apparence ; et, par conséquent , si nous nous manifestons en réalité ; ou, si la matière seule nous fait faire, ce que nous appelons nous manifester ; il est évident : que,, pour les individualités qui ne sont pas n«ms^ noi» devons , proeisoirementj a{^ler memoère : les ensembles de qualités, qui feront reconnaître les indivîduahtés , par ceux qui raisonneront, par een qui awont une mémoire : dans le sens qu'ils attadbent à œ mot pour euœ-mênkes. Ensuiky il faudra rechercha : où, parmi les individualités quineacmtpas nous, il y a des mémoires, semblables à celle qui nous pemet de raisonner; ou, tout au moin», sert à nous faire croire : que, nous sommes capables de raisonner.
176 SCIEI^CK SO€ULB.
qoelquefaîs des milliers d'années. Des Tariétés, acquises par réducation, se transmettent par bonrgeons, etc., etc.
Si, nous quittons les individualités fixées au sol, pour passer aux individualités locomobiles nommées animaux, et, toujours en faisant abstraction d*âme ou de sensibilité; nous voyons la mémoire se modifier, en raison des circonstances où chacune se trouve , en raison de la complexité de l'organisme ; et finir, par se centraKser dans le cerveau.
Arrivé à l'homme, la mémoire matérielle, primitive ou instinctive, se modifie avec tant de facilité : que, la mémoire, primitive ou instinctive, devient presque méconnaissable. Elle se modifie, aussi, avec tant de facilité dans le singe : que, nous disons : qu'il a l'ins^ tinct d'imitation ; ce qui est dire , tout simplement : que, sa mémoire se modifie, avec une excessive facî- Kté.
En descendant Téchelle , cette facilité dé cultiver, de modifier la mémoire, d'éduquer les individuaKtés, diminue. Ce n'est plus, alors, sur les individus isolés : que, les effets de l'éducation se remarquent ; mais, ils se retrouvent, relativement aux générations ; et, l'on produit : des variétés ; des races ; de prétendues espèees ; avec d'autant plus de facilité : que , Ton des cend plus bas sur Téchelle.
Nous savons : que, l'emploi que nous ventHis de faire du mot mémoire^ aura d'abord de la peine à se faire admettre. Chacun éprouvera une espèce de répQgnaaee : à s'en servir, sous ce rapport. C'est, que
SCICIfCE SOCIALE. 177
notre mémoire, depuis qu'elle est en exemce ; et, celle des hommes , depuis l'origine de Thumanité ; est modifiés de manière : à associer les idées de sensibilité, de sentiment d'existence, et de mémoire. Voici^^pair exemple, le raisonnement : inhérent à l'époque d'ignorance primitive :
— « Il j a en moi : sensibilité ou sentiment d'existence et ttémoire. l) y a^ cbex les antres hommes : sensibilité ou sentiment d'existence* et mémoire. Les signes eonTenlionnels qui Texpriment le prontent incontestablement. A la vérité , il n'y a pas de signes conventionnels, pour ttprimer : que, la sensibilité on le sentiment de Texistence se trouMt , en^hors de riiomBie, cbez les êtres locomoteurs dits animaux. Mais, rien ne prouve: que, ces signes conventionnels soient la caractéristique obligée, d'un sentiment d*existence uni à un organisme ayant une mémoire centralisée/dans des cireottstances oà se trouvent les animaux. Il y a d'ailleurs, à cet égard, un critérium également certain. L'homme a des sgns : qui servent à le conserver dtns la vie; et, à le propager dans le temps. Cet(44:onservatîon et cette propagation s'effectuent : par la satisfaction ait besoins qu'il éprouve. Des besoins, éprouvés et satislîûts, démontrent l'existence du bien-èlre et du mal-ètre. Le bien-être est jouissance, le mal-éire est souffrance. Partout, où il y a jouissance et souffrance , il y a sensibilité ou sentiment d'existence et mémoire. La jouissance et la souffrance sont,dès lors, un critérium pouvant servir à déterminer : l'être ayant sensibilité ou senlimant d'existence et mémoire. Donc , partout où je verrai de| êtres locomoteurs^ se conservant conume individus et comme espèce, au moyen de sens, j'en conclurai : que, chez ces êtres, il y a : besoins, moyens de satisfaire ces besoins , bien-être, mal-être , jouissance, souffrance, mémoire, sensibilité ou sentiment d'existence ; par conséquent âme; et, je nommerai ces êtres : àkimaux. »
— 11 est facile de reconnaître : combien, le raisonnement que nous venons de donner, comme nécessairement produit par Tignorance primîtipre, «st digne de fion origiie. En effet, ce raisonnement est ooqipKtement illusoire. A la vMté il dit : quOj rien ne pr&uve : que, les signes conventionnels soient la caractéristique obligée, d'un sensibilité i^De, unie à un organisme V. 12r
ayant une mémoire centralisée ; et, se trouvant dans certaines circonstances. Mais aussi, il ne dit pas : qu'il y a impossibilité : que, cette preuve soit donnée^ Il y a Ij^ ignorance ; et, cette ignorance, noti reconnue, est le point de départ : de ce mauvais raisonnement.
Ce même raisonnement ajoute ensuite : qu'il y a, pour l'existence de la sensibilité, un critérium, aussi Qprtain qioe les signes conventionnels : la jouissance et la souffrance. Cela est incontestablement vrai. Mais, ce mèmo^isonnement affirme : qu'il y a jouissance et souffrance , partout où il y a : locomotion ; des sens apparus ; conservation de la vie ; ainsi que propagation dans le temps . Or, c'est là conclure par analogie ; et, nuUemeut par identités (1). C'est même conclure, au moyen d'analogies fort grossières ; dès, que l'on veut : comparer des êtres, placés à une certaine distance les uns des autres ; et, se servir des règles ci-dessus, pour déterminer l'animalité.
Par exemple : les plantes se conservent dans la vie et se propagent dans le temps ; et, les plantes ne sont point reconnues : comme ayant sensibilité, réelle et mémoire centralisée; conditions nécessaires, pour qu'il y ait jouissance ekr souffrance. Néanmoins, beaucoup de plantes se meuvent ; et, beaucoup de prétendus ani-
(1) « L'analogie nous donne souvent lieu de faire écrit Uins raisonnements qui d'aiUeurs ne prouvent rien , s'ils ne sont
« rondis que sur Vanalogie
« .... Les raisonnements par analogie peuvent servir à expliquer « et à éclaircir certaines choses, mais non pas a les DÉvoimni. Ce- « pendaiU une grande partie de notre philosophie n'a paM d'autre « fondement que l* aicalocik. ■ ^
AneUnne encyclopédie , article Aif Aiottu.
JPENCB 60GIU.E. 179
maux ne se meuvent pas. Puis, beaucoup de prétendus animaux manquent de plusieurs sens , au point : que, nos faculté^ de médecine, ici seules compétentes, ne reconnaissent plus : que, le canal digestif, pour caractéristique essentielle de l'animalité.
Voilà, donc, Tanimalité réduite à un canal d'absorption et d'excrétion ; tel , qu'il y en a tant chez les végétaux ; c'est-à-dire : réduite à des attractions et à des répulsions vitales.
Pour que le raisonnqiEnent , donné par l'ignorance primitive, poir déterminer l'animalité, pût devenir rationnellement incontestable ; il faudrait : au lieu d'avoir pris la jouissance et la souffrance apparentes^ pour critérium dç la sensibilité réelle; prendre, au contraire, la sensibilité réelle, pour critérium de jouissance et de souffrancjB réelles : puisque la jouissance et la souffrance réelles dérivent de la sensibilité réelle; et non^ la sensibilité réelle de la jouissance ou de la souffrance apparentes. C'est-à-dire, qu'il faudrait : avoir trouvé la caractéristique essentielle, esseistielle, re-
marquons-le bien, de l'union de la sensibilité réelle à ^e organisation locomotrice, ayant une mémoire centralisée ; et, connaître quelles sont les suites résultant, nécessairement, de la société de plusieurs êtres ayant cette union pour essenbe ; dans le cas , - que Tétat de société fût nécessaire : au développement de cette car ractéristique.
Si^ l'on était parvenu à ce but ; il serait facile de dire : là, il y 9 sensibilité réçlle et mémoire centralisée ; par conséquent : intelligence; jouissance; souf-
180 SCIENCE SOCIAEE.
france; béelusb. Là, il n'y a : que, mémoire centralisée ; et, point de sensibilité réelle ; par conséquent : point àUntelligence; point de jouissance; point de soyfframe; réelles. Mais, jusque-là, une pareille détermination est absolument imposs^^le ; et, dans l'affirmation : qu'en dehors de l'homme , il y a : sensibilité réelle ; intelligence réelle ; l'homme, qui ne reconnaît d'autorité, que le raisonnement re&du incontestable^ ne peut voir : que préjugé. Et, il en est évidemment de même : pour la souffrance et la jouissance réelees ; puisque, jouir ou souffrir n'est qu'itfie ^Modification : de la sensibilité proprement dite.
De ce qui précède, il s'ensuit : quo^ si les idées vulgaires venaient à se trouver rectifiées, relativement à la croyance : que, la sensibilité existe en t^ehors de l'homme ; il faudrait également qu'elles fussent reetî' fiées, relativement à la croyance : que, la jouissance,la souffrance et l'intelligence sont inséparables de la mémoire ; dans le cas qu'on veuille qu'il y ait de la mémoire en dehors de l'humanité. Et, comme nous allons prouver : que, ces mêmes croyances sont des erreurs; nous admettrons l'expression mémoire^ avec^ une valeur pouvant exister : même, en faisant abstrac* tion de la sensibilité. Relativement à l'homme, cette expression aura une y û^m propre. En dehors de l'homme, elle aura une valeur figurée, ayant pour signification : V ensemble des qualités qui font reconnaître ViderUité des mdividualiîésj par ceux qui ont une mémoire réelle.
Si, malgré la répulsion actuelle .à donner de pareiHes valeurs à l'expression mémoire ^ nous préférons nous
SCIENCE SOCIALE. I8l
servir de ces valeurs, piutdtque de faire usage de l'expédient, si commode, d'inventer un nouveau mot; c'est, qu'en faisant du néologisme , V analogie se fût trouvée perdue ; et que , près de ceux qui ne se sont pas encore fait un devoir de raisonner par identités , l'analogie est, pour ainsi dire , la seule ressource que l'on puisse avoir : pour se faire comprendre.
Résumons ce que nous venons de dire : sur, les différentes espèces de mémoire .
Le préjugé donne, à ce que nous appelons figurément tnémoire des corps inorganiques , le nom de propriétés sans épithète. Les savants, néanmoins, commencent à diviser ces propriétés : en physiques et chimiques.
Le préjugé donne, à ce que noua appelons figurément mémoire des corps organiques abstraction faite de centre nerveux^ le nom àe propriétés vitales. Ce sont les propriétés : physiques, chimiques, et organo-électriques. Le préjugé donne, à ce que nous appelons figurément mémoire des carps organiques ayant centre ner^ veux y le nom de propriétés vitales ^ et de propriétés ou facultés intellectuelles. Il réserve le nom de mémoire^ pour les propriétés relatives à X intelligence ^ considérée comme conservatrice des modifications. Et cela, avant de s'être assuré : que, les êtres auxquels il attribue cette mémoire, aient réellement la sensibilité ; par conséquent, avant de s'être assuré : que, ces êtres peuvent avoir des propriétés intellectuelles ; au lieu de n'avoir : que, des propriétés cérébrales.
H est évident : qu*en dehors du préjugé ; et, que du moment qu'il est fait abstraction de toute démons-
tration incontestable, relativement à la détermination des êtres où il y a sensibilité réelle ; les expressions: propriétés physiques^ chimiques^ organo-électriques , vitales et intellectuelles n'ont que des valeurs différant du plus au moins, comme les expressions règnes, par des limites plus ou moins arbitraires ; et, que toutes ces expressions peuvent être remplacées, avec avantage, par le mot mémoire signifiant : ensemble des qualités rappelant Videnliié des individualités.
Passons, maintenant, au ^iége de la mémoire ; toujours considérée abstraction faite de la sensibilité réelle; sensibilité, que nous devons laisser en dehors, pour aussi longtemps : que , nous ne savons point préciser partout où elle existe ; mémoire que, sous le rapport di ensemble de qualités, nous distinguerons par Tépithètc de matérielle : ce que nous devons faire, logiquement; jusqu'à ce que nous soyons convaincu : non-seulement, qu'il en existe une autre espèce ; mais, encore, que nous puissions déterminer parfaitement : là, où elle est; là, où elle n'est pas.
Voyons, dès lors, comment les diverses espèces de cette mémoire générique diffèrent entre elles, sous le rapport du siège; selon, que les individus, caractérisés parlées différentes mémoires, sont : locomoteurs; ou, seulement locomotiblés.
Parmi les individualités, seulement locomotibles ; il y a : des êtres inorganiques ; et, des êtres organiques.
Dans la matière inorganique et corporelle ; la mémoire des individus moléculaires ne paraît avoir, pour siège : que, des pôles.
Dans la matière organique, la mémoire, cl^i^z leâ^ végétaux, se trouve pour ainsi dire généralemcht ré* • pandue. En s'élevant sur l'échelle, elle se concentre néanmoins ; et, de plus en plus : dans la grftine.
Mais, passons rapidement aux individus locomoteurs. Ne nous arrêtons même pas sur lu série presque infinie des infusoires (1). Et, faisons observer : que, les divisions par règnes^ nécessairement arbitraires, laissent en dehors, sous le rapport de locomoli^ . vite, une foule d'êtres dits animaux : qui ne sont que locomotibles; et, que nous devons cependant embrasser : dans le règne dit locomoteur.
En effet : quel titre a l'éponge pour être le «point de départ du prétendu règne animal ? Est-ce : parce qu'elle aspire et expire l'eau ? Les plantes font mieux. Elles aspirent le gaz acide carbonique, s'assimilent le carbone, ce qui est bi^n digérer ; et, expirent ou sécrètent l'oxygène. Y a-t-il là, différence de règne? Serait-ce pour la locomotivité ? .Mais, l'éponge ne quitte pas le sol; et, beaucoup de graines, avant de germer, se meuvent absolument comme (ks animaux. Est-ce pour la spontanéité des mouvements ? Sous ce rapport, la sensitive présente des apparences : que, certainement, l'éponge n'offre pas. E8b;ce pour la mémoire ? L'éponge n'offre pas la molndae trace de tissu nerveux. Et, c'est dans ce tissu, que, la mémoire relative à la sensibilité, doit se trouver ; dit : la science. ^
(1) Plusieurs savants ont déjà abandonné la prétention : de conserver, un certain nombre dHnfusoires, au sein de ranimalité. Alors j que* sont-ils donc?
184 SGUENCS SOCULC*
YcHlày doDC, un animal, en dehors de la sensibilité proprement dite. C'est, un animal : qui, n'est pas ^animé; qui, n'est pas un animal. Voilà, une anima-lité sans mémœre : dans le sens du préjugé •
Mais, où doBc commence ce tissu nerveux, siège de mémoire et de prétendue sensibilité? Il est absolu-» ment impoftible de le dire ; car, la transition dû tissu élémentaire zoologique, au tissu nerveux, est aussi inftensible : que, la transition des propriétés inorgani* ques, aux propriétés organiques*
^levons-nous : jusqu'à ce que nous trouvions, évi* demment, ce tissu nerveux. Arrivons au polype d'eau doucç« Si, ce tissu nerveux est le siège : de l'animalité ; de l'âme ; d'une sensibilité réelle ; indépendante de la vie ; d'une immatérialité, et de ce qui seul peut la manifester; d'une mémoire figurément dite, capable, par sa centralisation, de devenir mémoire proprement {/ï/ey. l'âme, qui sert de base à cette dernière mémoire, est essentiellement une. Si, néanmoins, ce polype vient à être coupé en morceaux ; vous avez,, de suite : autant de prétendues sensibilités ; autant d'âmes, auttmt de mémoires; que de tronçons. Singulière immatérialité : que, celle qui se divise et se multiplie, à^ coups de ciseaux. C'est, cependant, à de pareilles4Qies : que. Ton accorde la spontanéité BÉELLE : pour peu, qu'elles soient unies à de la matièi|^ It est vrai : que, les matérialistes se sauvent de ce ridicule, en ^firmant : que, la sensibilité est un récitât de l'organisme. Mais, nous n^oublierons pas (^s MessieuHi- Ici, fl ne s^agit encore: que, de mémoire.
SeiBNCB SOGIALB; 185
Peut-être, le siège : de la mémoire réelle ; de la seDsibilité réelle ; de l'âme enfin ; est-il exclusivement : un cerveau.
Soit 1 Qu'est-ce qu'un cerveau ?
Il est aussi impossible de le dire, déterminément, qu'il Test de déterminer : le tissu nerveux. Le tissu nerveux se transforme en cerveau, en passant : par l'état ganglionnaire; par des transitions aussi insensibles : que, le tissu nerveux passe à l'état de ganglions.
Un siège spécial n'est donc point nécessaire : à la mémoire matérielle. Cependant, dans le langage dit scientifique, une mémoire n'est attribuée, dans le règne zoologique; qu'aux individus, ayant un centre nerveux indéterminément , nommé cerveau; et ^ TobsenratioQ démontre : que, cette mémoire relient les modiScations ; et,' même les renouvelle : par la seule action des forces organiques ; et, avec d'autant plus de facilité : que, l'organe cérébral est plus complexe ; plus développé.
Le siège ne différencie donc point, essentiellement,
les diverses espèces de mémoires. Et, la mémoire de
toute individualité locomotrice, fût-ce même celle
d'un homme, dès que celui-ci est considéré abstraction
faite de la sensibilité ; ou, même en faisant seulement
abstraction de la sensibilité développée dans le temps;
ce qui inclut dans cette catégorie l'homme avant le
verbe; cette mémoire, disons-nous, est tout aussi
exclusivement matérielle : que, la mémoire d'un
atome; ou, même celle d'une force considérée : comme
centripète ou centrifuge. Et, tout mouvement dériTant de cette mémoire, quelles que soient les apparences de spontanéité réelle qu'il puisse offrir; est sujet, néanmoins, aux lois générales ou spéciales de la matière.
Quelque inconvénient, qu'il puisse y avoir, à couper une discussion par une digression *, nous croyons, cependant, devoir arrêter un instant nos lecteurs; sur l'expression : mouvement apparemment spontané (^t).
Lorsque, le vulgaire n'aperçoit point la cause matérielle d'un mouvement ; il affirme, sans nullement réfléchir : que, ce mouvement est spontané. L'homme instruit, reconnaissant déjà l'ignorance primitivement inhérente à l'humanité, se home à dire : ce mouvement est apparemment spontané.
Un joueur de gobelets, place dans une terrine pleine d'eau qui lui sert de bassin, un canard artificiel, que traverse, occultement, un barreau aimanté.
Si, le bateleur présente à ce prétendu am'mal, soit un morceau de pain, soit un morceau de matière non alimentaire, également traversé d'un barreau aimanté; et, qu'il ait soin d'approcher les pôles de même nom ou de noms opposés, de manière ; à mettre les mouvements du canard en harmonie avec la matière qu'il lui présente; le canard s'approchera ou s'éloignera, par des mouvements apparemment spontanés.
(1) Dans le présent paragraphe, nous répéterons souvent : des choseSi qui déjà auront été dites au ch. V du présent livre. Elles seront donc inutiles pour quelques-uns de nos lecteurs. Elles sont néanmoins ù essentielles : que, nous préférons les replacer ici , inutilement, pour ces quelques-uns; à laisser la discussion inintelligible, pour ceux qui n'auraient point conservé présent à l'esprit : ce que nous avons démontré , en examinant les principaux philosophes.
Et, le vulgaire s'empressera de dire .* que, le prétendu animal est vivant ; ou, que le bateleur est soreier. L'animalité et la sorcellerie disparaissent cependant : dès, que les barreaux sont mis à découvert; et, que les propriétés magnétiques sont comprises. C'est, que ces mouvements sont alors reconnus dériver : d'une matière impondérable ; d'une force : que, le vulgaire a l'habitude de rattacher à sa propre animalité ; et, par suite, à tout ce qu'il comprend sous le nom d'animalité ; d'une force, d'une matière incorporelle : que, le vulgaire, même instruit, confond souvent : avec l'immatériel; avec le réellement animé.
II en sera bientôt, pour le règne zoologique ou locomoteur, comme, il en est actuellement : pour le canard du bateleur.
Déjà, la généralité de nos académies reconnaît, en effet : qu'il n'y a point sensibilité réelle ; mais, seulement vie zoologique : chez la plupart des infusoires, dont la spontanéité^ alors reconnue apparente des mouvenients^ peut se comparer : à ce qui nous parait le plus réellement spontané, dans le domaine extramicroscopiquei De là, à reconnaître : que, tous les mouvements de la vie zoologique ont la même cause que celle dérivant : soit de la vie végétale ; soit de la vie générale; il n'y a qu'un pas (1).
(0 Vdme universelle de tous les philosophes de Fantiquité, n'est autre: que, la force, la matière; ils ne se trompaient qu'en lui attribuant Vintelligence. Et , ils se trompaient nécessairement : tant que l'eiistence dès immatérialités,* des âmes n'était pas démontrée. Alors , il n'y avait de possible : que, panthéisme ; ou an^ropomorphisme.
188 SCIENCE SOCULE.
Relativement aux mouvements apparemment spontanésj le vulgaire se trouve donc déjà au même point; où sont nos écoliers découvrant les barreaux occultes; lorsque déjà ils ont commencé à étudier : les influaices magnétiques.
Nous reprenons, et nous disons :
11 y a des mouvements apparemment spontanés , qui dérivent de ce que nous avons appelé : mémoire matérielle ; mémoire générique^ renfermant une infinité d'espèces.
Passons à une autre mémoire générique.
Lorsqu'un sentiment d'existence (1) peut se démontrer, incontestablement, comme existant chez un individu, doué d'une mémoire matérielle centralisée; cette union, constituant intelligence ou tout au moins capacité d'intelligence, rend, la mémoire matérielle centralisée qui s'y rapporte, intellectuelle; ou, pour être plus exact, capable de devenir intellect'uelle : en recevant des signes conventionnels.
Nous verrons bientôt : que, des signes conventionnels se développent, nécessairement; partout, où un sentiment d'existence se trouve uni , à une mémoire matérielle centralisée; pourvu, seulement, qu'il y ait
(I) NoQS avons déjà dit mille fois : qu'uD senliment d'existence, est: une immatérialité ; udc sensibilité; une âme : soit daDS l'éternité , soit dans le temps. Nous le répétons , pour ceux qui auraient pu l'oublier. Dans le langage parfaitement précisé, Tex pression sentiment d'existence appartient au temps; c'est la sensibilité après le verbe. Cette remarque sera encore inutile potir beaucoup de nos lecteurs ; et, cependant, nous la faisons. Si, nous nous servons, ici, des mots sentiment d'existence et non du mot sensibilité; 'c*est, que l'expression sentiment d'existence désigne mieux V individualités
SaSMGE SOCIALE. 189
état de société ; en donnant, à cette expression, la valeur : d'état de contact nécessaire^ entre deux individus, ayant ces conditions.
Il résultera de cette incontestabilité : qhe, la sensibilité, le sentiment do l'existence, Tâme, a une existence réelle : partout, où ces signes auront, euxmêmes, une existence incontestable. Et, que le sentiment de l'existence, la sensibilité, l'âme, n'aura, au contraire, qu'une existence illusoire; partout, où plusieurs individus, existant en contact nécessaire, et ayant mémoire centralisée, n'auront point développé de signes conventionnels : quelles que soient, d'ailleurs, les apparences que les individus puissent offrir, qu'il y ait en eux : sensibilité, sentiment d'existence, âme.
Tout ce que nous venons de dire, sur la mémoire, est parfaitement clair. Si, quelqu'un de nos lecteurs y trouvait quelque obscurité-, qu'il nous relise, attentivement 3 et, il verra : qu'il y avait de sa faute, et non de la nôtre. Si, malgré cette recommandation, il ne nous comprenait pas; qu'il nous abandonne. Nous ne craignons point cet abandon, de la part de ceia ^i nous auront suivi : juscpi'à préseift.
le langage figuré eo langage simple (1); Fastie, de ne fonder ancone conclasion sur irae expresskHi figurée, dans ce quelle a d'impropre (2), c^est-àdire lorsqu'eUe ne s'accorde plos avec le Téniafale fait (3).
«Le langage figuré, très-utile à la cooceptica quand il vient à la suite du langage simple, loi est funeste quand il le cemplace. li accoutume à raisonner sur les plus fausses analogies, et fui me autour de la vérité un nuage que les esprits les plus clairvoyants ont bien de la peine à percer (4).« JcnÉMXB Bkittbak, Tactique des assemSlêe* Icgislativet.
— Que signifie le mot sensation? Car, enfin, pour se servir de ce mot, il faut y attacher une valeur précise, déterminée ; sous peine : de parler sans se comprendre. A cet effet, allons au dictionnaire 5 et, encore une fois, écoutons.
— « Sensation, s, f, Sensatio, impression que Tàme reçoit des objets par les sens. »
— Tant, que nous ne saurons pas, précisément : là, où il 7 a âme réelle; là, où il y a seulement âme apparente ; nous ne saurons pas où il y a sensation : en apparence ; ou, en réalité.
litique, est-il politiqne an propre, partout cm il y a des hommes rassemblés? Une bande d'assassins est-elle un corps politique? Un chien estil sensible : au propre, ou, au figuré?
(1) Et, voilà, nous le répétons : ce qui est encore impossible; et , ce que Bentham n*a jamais fait Nous en donnerions mille preuves , s'il le fdlait.
(2) Excellent conseil ! mais, si Tauteur Pavait suivi, il n'aurait pas même pu dire : sUl était un être : au propre, oa^ au flguri*
(3) TrèS'bienl Mais, qu*est*ce qu'un véritable fait? voilà lediCBcUe. Qu'est<sequi distingiie : le fait, au propre; du fait, au figuré?
(4) Tout cet aUaéa est admtmble.
SCIENCB SOCULB. • 199t
En examinant la valeur de l'expression mémoire, nous avons vu; que, le dictipnnaire donne pour valeur, à ce mot :
— * « Principe de la vie, du mouvement. . . »
— Dans ce cas, il y a sensation : partout^, où il y mouvement; c'est-à-dire : partout. Et, comme partout et nulle part, c'est la même chose, pour larésultat ; il s'ensuit : qu'il n'y aurait pas de sensaticm. Cette détermination ne peut guère nous aider, pouc faire un usage utile : du mot sensation. Voyons, au mot sem.
^ « Sbhs^ $. m. S«MU8y faculté de l'animal par laquelle il reçoit lés împreisions du corps. »
— D'après cette définition, la lumière, sentie, ne serait pas une sensation. Mais, laissons cette difficulté. Il en résulte toujours : que, tant que le' mot animal ne sera point précisé; nous ne sai^^ons. point: où, il y aura sens réel; où, il y aura sens apparent.
Allons au mot animal; peut-*étre, serons-nous plus heureux.
— « Animal, «. m. Animal^ être organisé et sensible, doué d*instinct pour sa consertalion et sa reproduction, qui n'a que des idées simples, perçait et garde les images des choses^ a des TÎscères, se meut spontanément, choisit sa nourriture et le soi qui lui confient, n*es( pas essentiellement adhérent au sol pour en tirer sa substance. »
— Voilà tous les animaux, qui adhèrent au sol, désanimalisés. Mais, ne nous en kiquîéton^-pas. L'animal
est un être organisé sensibk. Mais jusqu'où va la sensi* bilité ? Nous n'en savons rien. Voilà encore le mot sensatton vide de sens : pour tout ce qui n'est pas Thoniine. Voyons au mot instinct. Peut-être, en saurons nous davantage.
— - « lifsnsar, s. m.^ InstHtctus, «enliment natarei du bien et du mal physique et même moral. — Sentiment , roouTement naturel (irréfléchi] ** qui dirige les animaux dans leur conduite. «
— Nous voilà retombés sur les animaux, qui, d'après le dictionnaire, ont le sefitiment naturel du bien et du niai physique et même moral. Mais, laissons le dictionnaire; et, son galimatias.
A moins qu'il n'y ait sensation partout ; ce qui, nous le répétons, ferait qu'il n'y aurait sensation nulle part, quant au résultat ; il est évident : que, puisqu'il est eneore impossible da dire : là , il y a sensation réelle ; là, il n'y a que sensation apparente ; il y a des sensations apparentes, qui pourront être prises pour réelles.; et, peut-èlre, des sensations réelles; qui pourront n'être prises : que, pour apparentes.
Et, que seront des sensations, qui ne seront qu*apparentes ?
Pour ceux, qui ne seront point matérialistes; comme pour ceux qui le seront ; ce ne seront : que, des mouvements, ayant pour cause : des forces ; de la matière. Pour les uns, comme pour les autres, ce seront des sensations matérielles. Pour ceux qui n'admettent la senaibilité : que, sur une certaine étendue de l'échelle animale ; ou, d« l'écbeUt d«s êtres ; étenduea qu'ila ner
SCIENCE SOCULE. 198
peuvent déterminer; la sensation, qnand elle sera ainsi nommée sans savoir où elle ne se trouve pai , sera une sensation figurément dite : et, Tépithète de matérielle lui conviendra toujours. Voilà, qui est parfaitement clair ; même au sein de l'indétermination . Puisque, nous ne savons pas encore : s'il y a des immatérialités ; puisque nous ne savons pas encore : jusqu'où s'étend la sensibilité ; supposons : un animal sans immatérialité ; et , ayant un cerveau ; laissant hors de discussion la question de savoir : s'il a une sensibilité réellSjOU, si sasensibilitén'estçu'opparetît^?. Dans ce cas :
Lorsqu'un mouvement nommé sensation^ parce qu'il est considéré comme retentissant dans le cerveau, sens interne, frappe un des sens externes ; ce mouvementsensation modifie le cerveau, le sens interne, l'organisme , la mémoire ; de manière qu'en Tabsence, de ce mouvement-sensation , le cerveau, le sens interne, Torganisation, la mémoire peut reproduire les effets de cette cause absente ; dans des circonstances physiologiques ou pathologiques, relatives à Yinneroation , fonction, de l'aveu de tous, essentiellement matérielle. La modification cérébrale produite par le mouvement-sensation, considérée comme susceptible de se reproduire en l'absence de sa cause efficiente ; est , V abstraction de ce mouvement-sensation, dont^la reproduction a toujours une cause occasionnelle.
La sensation, dans ce cas, s'abstrait donc d'ellemftme ; et, d'elle-même, son empreinte se place dans le eervean ; s'il est permis de donn^ le nom #em-
i96 SCIENCE SOCIALE.
preinte, à ee qui n'est que mouvement, ou incorpord ; quoique n'en étant pas moins matériel.
La sensation, en effet, alors s'abstrait elle-même ; elle ne peut être abstraite par un être réel, par un sentiment d'existence, une immatérialité, une âme ; puisque nous présupposons : que, dans cet être capable de sensation, il n'y a de sentiment d'existence : qu'en apparence ; et non, en réalité.
Relativement à la sensation, qui s'abstrait ellemême , et n'est point abstraction ; nous dirions : s'il élait permis de comparer la zoologie à la phytologie : que, c'est une fleur qui se féconde ; et, n'est point fécondée.
La sensation reste en outre dans le cerveau : non plus comme sensation, mais comme abstraction ; non plus comme mouvement, mais comme équilibre : puisque l'effet se reproduit en l'absence de la cause qui vient d'agir.
C'est ainsi, par exemple : que, dans certaines circonstances physiologiques ou pathologiques, un chi^i, en dormant, aboie : comme, s'il poursuivait un lièvre, en réalité.
Dans ces mêmes circonstances, de pareils mouvements peuvent se reproduire : aussi longtemps, que la vie organique ou particuUère existe ; aussi longtemps, que cette même vie particulière n'est point rentrée : dans la vie générale. Et, s'il nous était permis de comparer la physiologie à la physique, nous dirions : que, le chien rêvant est une batterie électrique chargée, continuant à donner des étincelles : aussi longtemps, qu'elle
SCIEMCB SOCIALE. 197
n'est point épuisée peu à peu ; ou, que subitement elle n'est point rentrée en communication, avec le réservoir commun.
Quant à la sensation non matérielle , non igurée ; pour pouvoir en parler d'une manière déterminée , il faut savoir : jusqu'où, s'étend la sensibilité sur l'écheHe des êtres; et, surtout, savoir : s'il y a en nous, Tim» matérialité. Car, si en nous l'immatérialité n'existe pas ; la sensation n'en sera pas moins matérielle ; le raisonnement qui en dérive sera également matériel ; et, il n'aura de valeur : que, celle d'un écho : qui répète, nécessairement, ce qui l'a frappé.
Jusque-là, nous sommes toujours : parfaitement clair.
188 SaENCE SOCIALE.
ABSTRAGTIOB s , SIGNES, IDEES.
« Une des premières bases de toute bonne plnlosophie est de former poar chaque sdence (1) une langue exacte (2) et précise, où chaque signe représente une idée bien déteroiinée, bien circon^ crite, et de par?e&ir à bien déterminer, à bien cipconscrire les idées par une analyse rigoureuse.
« Les Grecs, au contraire, abusèrent des vices de la langue commune (3) pour jouer sur k acat des mots, pour embarrasser Tesprit dans de misérables équivoques, pour Tégarer en exprimant so^ cessivemeut par un même signe des idées différentes (4). M
Çoif DoacsT, Tableau des progrès de Vesptit humain y p. 65.
— «■ Cette doctrine (des idées) est sujette à mille objections. Mais ce qu'il y a de plus absurde, cVst de dire qn^il existe des êtres particuliers en dehors de ceux que nous voyons dans Tnnivers, mais que ces êtres sont les mêmes que les êtres sensibles, à cette seule différence près que les uns sont éternels, les autres périssables : en effet, tout ce qu'ils disent, c'est qu'il y a l'homme
(1) Au propre, il n*y a qu'une science : la connaissance de la vérité; la méthode d*arriver à la vérité. L'expression science^ prise au pluriel, n^est qu'une figure ou une sottise. Pour connaître ce qui est matière , il faut connaître ce qui ne l'est pas ; pour connaître ce qui est immatériel , il faut connaître ce qui ne Test pas. Et il n'y a que cela.
(2) La langue est l'esclave : de la science , du raisonnement ; et, la science , le raisonnement, n'est pas ; l'esclave de la langue.
(3) Cet abus est inhérent à Tépoque d'ignorance ; et personne , chez les anciens, n*a abusé des vices du langage : autant qu'on l'a fait chez les modernes. Voye^ à cet égard les plus belles intelligences du dixneuvième siècle.
(4) Conune , par exemple, quand on lait signifier au mot Dibu : tantôt, un; tantôt, plusieurs.
SCIENCE SOCIALE. f9tt^
en SOI, l6 cfceval et U SàM en am, irnîteat eu cela ceKx qai «Uecnl qu'il y a des dieav, naU q«e ces dieux reBsemblent aux hommes (1). Les ans ae sont pas antre diose que des hommes éiemels ; les idées des autres ne sont de même que des êtres sensibles éternels. •
AaiSTonrt, Mélafikif$,f I. It, ch. itx.
— « Dire, au propre, qu*il y a de» termes abstraits; que, tous les mots no sont pas
égalemeat des abstraetioril; est une sottise énorme, qu'elle peut seulement être comparée à celle de demander : qu'est-ce que dU ckMe? Et, cependant, ces deux sottises sont aussi anciennes : que, ce qui est si sotement nommé philosophie ; et, elles sont la source de Tensemble des sottises : qui, constituent le fatras prétendu philosojphique. »
Sens comoif.
— « Une abstraction est un raisonnement ;
un raisonnement est une abstraction. Tout
ce qui sortira de là, en fait d*abstraction, est
igné de Bediam. >
Sens commun.
Une abstraction de sensation qui se fait et n'est point faite ; une abstraction qui est une pure modification de la mémoire y c'est-à-dire du cerveau, qui est matière ; est bien une abstraction matérielle; tant, en
elle^^nème; que, parson origine.
Un signe, représentant une abstraction matérielle ; l'image du lièvre, par exemple, qui fait aboyer le chien dans son rêve ; quoique ce lièvre soit mort ou absent ; est bien vn mouvement ; comme l'image de la rose qui paraît au foyer d'un miroir concave , qnoique la rose soit
(1) Il sertit enrieux de savoîf : comment, il serait possible de s'imaginer : des dieux qui ne ressembleraient pas aux hommes. L'essence de l'homme est Fintelligence; des dieux, sans intelligence, seraient moins que des brutes. Et, cependant» comme le dit Aristote, des dlenx, qui ont de rintelligence, ne sont que des hommes.
200 * SCIEXCE SOCIALE.
cachée', est aussi un mouvement. Or, un, mouvement, essence de la modification, est bien matière. Le signe représentant une abstraction matérielle , est donc purement matériel : tant, en lui-même ; que, par son origine.
Ce même signe purement matériel considéré comme image de la sensation, est bien une idée, puisqu'une idée n'est qu'une image. Et, cette image, dérivant exclusivement d'un signe purement matériel, est bien une idée purement matérielle : tant en elle-même ; que, par son origine.
Aussi longtemps : que, les abstractions, les signes, les idées matérielles, n'ayant point d'origine intellectuelle, ne sont point distingués : des abstractions, des signes, des idées matérielles, ayant une origine intellectuelle ; il est de toute impossibilité : non-seule^ meut de se faire comprendre des autres; mais encore, de se comprendre soi-même. Par exemple :
L'absfraciion d'une sensation, lorsqu'elle est faite par une âme' supposée immatérielle ; et, qu'elle est placée daos la mémoire matérielle, sous un signe conventionnel, pour que ce signe puisse être rappelé à volonté ; est une abstraction : nous ne dirons point imma-. térielle; mais matérielle, en elle-même; et, intellectuelle, par son origine ; comme dérivant : d'une part, de l'âme ; de l'autre, de la mémoire matérielle ; dont l'union constitue intdligence.
Le signe conventionnel est matériel ou intellectuel, selon qu'il est considéré : soit, en lui-même ; soit, dans son origine ; et, l'idée, valeur de ce signe, est : matérielle et intellectuelle; sous les mêmes rapports.
Résumons.
Chez les animaux que, par hypothèse, nous considérons comme dénués d'inmiatérialité ; il y a : des mouvements-sensations ; des chocs affectant les sens externes; qui, peuvent être reçus par un sens interne. Ces sensations sont matérielles. £t^ pour nous rapprocher des analogies vulgaires, dans le but de rationaUser , pour ainsi dire, le langage figuré ; nous dirons : que, ces sensations matérielles, reçues par un sens interne, sont des perceptions matérielles; et, leur placement dans le cerveau, des abstractions matérielles.
Lorsque par les lois de l'organisation, par les lois inhérentes à chaque espèce de mémoire matérielle; les sensations matérielles, les perceptions matérielles sont rappelées dans leurs abstractions matérielles ; le mouvementy résultat de ce rappel, est un signe matérieU Et, ce signe matériel, considéré comme représentant la sensation matérielle, est une idée matérielle.
L'action organique , suite nécessaire de cette idée matérielle, pourra, selon les besoins de l'organisation, être un mouvement de locomotion. Ce mouvement, tendant vers un but externe, aura une cause interne inhérente à la matière. Et , comme ce mou- Tement , ayant une cause interne , ne sera nullement communiqué par une cause, externe ; ou, tout au moins apparaîtra ne l'être point ; il apparaîtra spontané ; c'est-à-dire : étranger à la matière, d'après les notions vulgaires qui rendent : la noiatière inerte.
Ensuite : comme, nous ne reconnaisons de sponta-
S02 SCIENGB 80C1ALB.
néité, que celle qui dérive de Tintelligence ; et que la spontanéité existant en nous comme relative : à la matière, aux forées vitales , à la mémoire matérielle, à l'instinct, ne porte point le nom de spontanéité ; noas disons : que, chez les animaux apparents, il y si - spontanéité, àme, raisonnement, vdonté.
Mais, en dehors de toute immatérialité, cette spontanéitéy cette àme, ce raisonnement, cette volonté sont illusoires. 11 y a donc, chez ceux des animaux ainsi faussement nommés, dès qu'il est supposé ou démontré : qu'en eux, il n'y a point d'immatérialité ; il y a, disons-nous : spontanéité, âme. raisonnement, volonté ; mais, alors, d'une manière figurée. Et, les valeurs propres de ces expressions ne peuvent même s'appliquer à l'homme que par hypothèse j tant qu'il n'est point rendu incontestable : qu'il y a, en lui , indivi* dualité réelle. Et, néanmoins, ces expressions figurées sont nécessairement prises, comme ayant des valeurs réelles, tant chez nous que chez les animaux ; aussi longtemps : que, nous restons incapables de reconnaître incontestablement : là , où il y a immatérialité proprement dite ; là où il n'y a immatérialité que figuré ment dite; là où il y a sensibilité proprement dite ; là, où il n'y a que sensibilité figurément dite.
De cette indétermination est résultée une conséquence qui ne tend à rien moins : qu'à l'anéantissement de Tordre social.
Les prétendus spirilualistes, ayant été forcés : d'aecorder une âme, une immatérialité, aux prétendus animaux ; et, les prétendus philosophes, ayant démontré :
que^ Tâme des animaux n'était que modification, matdère ; les prétendus philosophes en ont conclu : que, l^âme de l'homme est également matière ; et , qu'elle c3isparait à la mort : cessation de l'organisme.
Par opposition, à ce qui \ient d'être établi ; il y a, chez l'être formé : par' une organisation, ayant une mémoire centralisée, unie, à une immatérialité supposée ou incontestablement démontrée ; d'abord : des sensations matérielles ; des perceptions matérielles ; des signes matériels ; des idées matérielles ; ensuite, lorsque la mémoire matérielle est développée ; lorsque les besoins, résultat de circonstances que nous exposerons, forcent l'âme à développer la mémoire intellectuelle ; il y a : abstraction des idées matérielles ; placement de ces idées sous des signes conventionnels ; ces signes conventionnels sont des signes intellectuels ; le placement des abstractions de ces signes intellectuels daDslecérveau,danslamémoirematérielle,sontdes abstractions intellectuelles ; et, la mémoire matérielle qui les reçoit; prend, sous ce rapport, le nom de mémoire intdlectudle. La valeur du signe intellectuel est enfin : une idée intellectuelle ; une idée proprement et non figurément dite.
Le rappel des idées ou des signes conventicmnels, intellectuels, par l'être réel, par la volonté réelle, constitue la réminiscence, se rapportant essentiellement : à l'exercice de la mémoire intellectuelle. La comparaison des idées intellectuelles^ constitue le raisonnement proprement et non figurément dit ; raisonnement qui peut être bon ou mauvais, contestable ou inconies-
204 iSClENGE SOCIALE.
table. L'action, résultant du raisonnement non matériel non figuré, est une action intellectuellement spontanée ; dérivant de la spontanéité intellectuelle ou réelle ; et. cette spontanéité constitue : la volonté réelle •
Concluons, relativement à la liaison des signes aux idées, des idées à l'âme, et réciproquement dans les cas : d'hypothèse ; ou, de démonstration ; des imiiTÉ
RIALITÉS.
Partout, où il y a signe conventionnel, il y a signe intellectuel. Partout, où il y a signe intellectuel, il y a abstraction intellectuelle. Partout, ou il y a abstraction intellectuelle, il y a sensation intellectuelle. Partout, où il y a sensation intellectuelle, il y a : sensibib'fé réelle ; âme réelle, immatérialité. Et, nous prouverons bientôt ; que , réciproquement : partout , où il y a sensibilité réelle, unie à une mémoire matérieUe centrabsée, et de plus existence sociale ; là , il y a : sensations intellectuelles ; abstractions intellectuelles: et, signes conventionnels.
Les idées intellectuelles, étant exclusivement relatives aux abstractions intellectuelles ; et, tout raisonnement intellectuel, étant exclusivement relatif aux idées intellectuelles ; tout raisonnement intellectuel est, ainsi, exclusivement relatif: aux abstractions intellectuelles. Et, par abréviation ; ou, pour ne parler qu'au propre, nous dirons : est, exclusivement, relatif aux abstractions.
Maintenant : comme tout ce que l'homme fait, en raison de sa liberté supposée ou démontrée ; et, non point par suite de son raisonnement matériel, de sa mémoire matérielle, de son instinct; est relatif au raison-
SCIENCB SOCIALE. 20S
bernent intellectuel, au raisonnement proprement dit ; pt, pour abré^ier, au raisonnement, qu'il soit bon ou mauvais ; tout ce que Thomme fait est relatif aux abstractions proprement dites ; et , toujours pour abrévier : aux abstractions.
Enfin : comme, c'est la liberté ou le raisonnement qui caractérise rhumanité ; tout ce qui n'est point relatif aux abstractions proprement dites ; que ce soit chez ce que nous appelons qomme ou ailleurs ; est, essentiellement relatif à la bète. Et, tout ce qui appartient, essentiellement, aux abstractions proprement dite» : que, ce soit ici chez ce que nous appelons homme ou ailleurs; est, essentiellement, caractéristique de rhumanité.
Ainsi, partout où il y a abstraction , nous sous-entendons toujours intellectuelle ou non figurément dite, il y a, essentiellement : humanité.
Dès lors, et comme conséquence nécessaire : dès, que des circonstances, qui, incontestablemeîitj développent, nécessairement^ la mémoire intellectuelle partout où elle nt possible^EwsTEfiT ; et, que ces circonstances ne développent point cette mémoire ; là, il n'y a point possibilité d'abstraction intellectuelle ; là, incontestablement aussi; et, quelles que soient les apparences ^ il n'y a point sensibilité; là, il n'y a point intelligence; là, il n'y a point humanité.
Remarquons, maintenant : qu'une union de sensibilité, à de la matière ayant une mémoire centralisée, n'occasionne point , nécessairement^ le développement de la mémoire intellectuelle.
206 SCIENCE SOaALE.
En effet : pour, qu'une idée intellectuelle existe ; il faut : qu'il y ait abstraction intellectuelle ; sinon, il y a seulement : sensation matérielle ; abstraction matérielle ; mémoire matérielle ; mais, non point mémoire intellectuelle, exclusivement relative : aux signes eoDventîonnels.
Or, pour que des abstractions matérielles, soient placées sous des signes conventionnels , il faut nécessairement : que, le besoin du signe conventionnel existe. Car, rien ne se produit dans un butj sans, qne le besoin ait désigné : le but.
Dès lors, en dehors du besoin de signes conveqtîoo- | nels, même ayec possibilité de développement d'une mémoire intellectuelle, il ne peut exister : de signes conventionnels ; d'abstraction intellectuelle ; de raisonnement proprement dit ; mais, seulement : raisonnement matériel; raisonnement figurément dit ; puisque, les signes conventionnels sont absolument nécessaires : au raisonnement intellectuel.
Mais, d'où naît le besoin de signes conrentiomids, pour un être capable de développer : une m^otre intellectuelle ?
Exclusiyement d'une société nécessaire^ en donnant, à l'expression société^ la valeur : d'opposé à l'isolement ; ef, à l'expression nécessaire^ la valeur de consécutif : aux lois de la matière; aux lois de r<»ganisme. Alors, ce besoin de signes naît nécessairement: de cet état de société.
L'être humain, isolée est donc incapable : de raisonnement proprement dit ; il se trouve : hors de l'état
SCIENCE SOCIALB. 207
de nature intellectuelle ; il est circonscrit : dans Tétat de nature matérielle ; il est réduit : au raisonnement matériel; à l'instinct; à l'état de brute.
Pour, qu'il y ait humanité développée ; il faut donc, nécessairement^ qu'il y ait : société nécessaire.
De plus : partout, où il y a : société nécessaire^ ces- BatioB d'état d'isolement, entra des êtres ayant : sensibilité réelle ; et, en outre, mémoire matérielle centralisée, avec capacité de mouvements réciproquement communicables ; il y a : développement nécessaire de la mémoire intellectuelle ; nous allons le prouver. En attendant ; et, pour renfermer, tout ce qui est relatif à cet objet, dans un même cadre ; qu'il nous soit per^ mis de dire : que, partout où il y a état de société néeessaùre^ exAre des êtres tels que nous venons de les désigner, sans qu'il y ait développement de mémoire intellectuelle ; là, il n'y a point sensation réelle ; là, il n*y a point sensibilité ; là, il n'y a : ni intelligence ; ni humanité ; quelles que soient, d'ailleurs : les mouvements 'y les formes ; les apparences : de souffrance, de jouissance; de sensibilité ; d'animalité.
Tout , ce que nous venons de dire , est toujours : parfiaitement clair.
â08 SCIENCE SOCIALE.
SI UES ANIMAUX NE PABLENT POINT, POUBQUOI NE PABLENT- ILS PAS? QUESTION, QUI DOIT RENFERMER: LA SOI.13TI0K DE CELLE RELATIVE A l'ORIGINE DU LANGAGE.
« Partout où la raison me couduira y j« la su-
vrai. M
CiciaoK, THSculatus, II, 5 (i).
— H Les hommes conservent encore les enesrs de lear enfance, celles de lear pays et de lenr siècle, longtemps après avoir reconnn les -vérités iié> cessaires pour les détruire. »
CoNDORCBT, TaAleau det procès de Tetprii humain, p. 16 (2).
•— « Cette foule de vérités où Yen est
conduit en parcourant la chaîne immense d^s êtres, les rapports dont les anneaux sucoessits eondoisent de la matière brute au plus faible degré d'organisation, de la matière organisée à celle ^i donne les premiers indices de la sensibilité et àe mouvement spontané, enfin de cdle-ci josqu'à l'homme, soit relativement à ses besoins y sdt dans les analogies qui le rapprochent d'eax* ou dans les différences qui Ten séparent : tel est le tableau que nous présente aujourd'hui rfaistoire naturelle. »
CoKDORCET, fW., id., p. 323.
— « L'âme est jetée dans le corps pour y (aire un séjour de peu de durée. »
Pascal.
(1) Sic nauc rationeiHy quo ea me cumque ducet , sequar.
Tusc. Il, 5.
(2) Condoroet va, lui-même, se donner en preuve de ce qa*îl vient à'étebUr. Personne, plus que lui, ne possédait les vérités nécessaires: pour détruire Terreur, qu*ii va admettre comme vérité.
* — « Pour dire Ydme est jetée, îl iàndmii être
sftr qo'elle est suàstanee et non guaiiié. C'est ce qne pretque personne n'a recherché, et c*tst rAa
ou IL FAUDIIAXT GOMKIBCIK SK MÉTÀPBTSIQVS,
Sir MOKÂLS, etc. (1). »
YoLTAXRC, Remarque' sur cette pensée de Pascal.
— « Ce fat (rame) et cVst encore, et ce sera toujours, une faculté, une puissance secrète, un ressort, un germe inconnu, par lequel nous vivons, nous sentons, par lequel les animanz se conduisent, et qui fait croître les fleurs et les fruits (2). •
YoLTAxai, Hist, de VH^Un. du christianisme.
— « La terre, dans les temps les plus anciens où la géologie la découvre, appartenait à l4;,flassa des astres lumineux. Sa surface était incandescente et probablement en fusion (3)
« Fourier a démontré qu'on globe de la même dimension que le nôtre, chauffé an rouge et abandonné sons les mêmes conditions de refroidissement dans Tespkce, mettrait une durée de plusieurs milljpns d'années pour arriver à une température aussi basse que celle que la terre possède aujourd'hui, y*
Encyclùpcdie moderne, art. Âge.
— « L*âge d*or, qu'une aveugle tradition a placé jusqu'ici dans le passé, est devant nous (4). **
SAIRT-SlMOir.
— «* Notre globe est dans les lauges; nous le
croyons vieillard : son expérience est celle d'un
enfanL »
Herscbsll.
— w Si la physique a ses faits qui ne peuvent être que des mouvements (5), la morale a les siens
(1) Cette remarque de Voltaire est la constatation de Télaf d'ignorance : dans lequel l'humanité s'est trouvée depuis son origine j et, se trouve eneore.
(1) Voilà, Voltaire abandonnant la sagesse du scepticisme; et, dogmatisant le matérialisme : autant qu'il est possible de le faire.
(3) Le moi probablement est mal placé. L'aplatissement du globe suffîrait seul piMir le faire rejeter.
(4) L'âge d'or, c'est Fàge de connaissance. Les révélations le placent ûans l'enfance de l'humanité. La science, le place dans son âge viril.
(ô) Voilà l'identité de la matière et de la force reconnue, même par Booald. Remarquez-le! Bonald, est le dernier : des Pères de TËglise.
8IQ screncE sccFJirir.
qui sont des actions (ï); et des faits puaMBt matérids ne proirreiit pas pla& pour oq cobIr «ne tériié raomife (2), que de simples raisonBemenis ne pronTent pour ou contre la certitade d'oa fkît physjqne. »
BoirALO, Recherches philos,, t. I, p. 420.
— « n y a une sensibilité qui dépend de la Où* Blesse des organes (3), qui souffre de votr sonilnr, même un chat, un oiseau (4), d'entendre crier même une porte qui tourne difficilement sur ses gonds ; celle-là est moins une qualité on une Tcrta qu'une maladie (5) ; et elle soulage les autres par égotsme autant ou plus que par humanité (6). •
BovÀLD, Recherches philos.
— « La philosophie, qui signifiait chez les Grecs l'amour de la. sagesse, et qui ne signifie pour nous que la recherche de la vérité, a commencé pour lliomme avec la parole, et pour Tonivers arec Vécriture (7). »
BONALD, i^id^
— « Les raisons des r^les du langage hnmam peuvent n'être pas celles que je donne; mais il faut les chercher (8) ; car lliomme doit travailler sans cesse à étendre sa raison : or, la raison de
(1) Oui : qaand, il sera démontré : qu'il y a des actions, qui ne wnt pas de simples^ résultats de force. Auparavant, il n'est possible : de différencier les actions des forces ; que, par hypothèse.
(2) C'est vrai : mais, quand on aura prouvé : qu*il y t des vérités morales ; et même des vérités quelconques. Voyez ce que dit Voltaire dans sa remarque sur Pascal.
(3) Il eût fallu ajouter : et de l'éducalion.
(4) Et, si un chat, un oiseau souffrent; pourquoi ne souffrirait-on pas de les voir souffrir, comme on souffre de voir souffrir un homme? Probablement, Donald ne souffrirait pas : de voir souffrir un paysan. Voilà, où conduisent : l'anthropomorphisme et le matérialisme.
(5) Est-ce la maladie de croire : que les animaux souffrent? Ou bien est-ce une maladie de souffrir : en voyant souffrir son irèie, son ami, sa femme, son enfiint?
(6] Si l'humanité, qui ne dérive pas de Végoïsme^ c'est-à-dire du raisonnement, est une maladie ; comme celle de souffrir, en voyant soofrir.
(7) (7est, avec la presse : qu'il fallait dire.
(8) Voilà Bonald, le plus grand dogmatique de son époque, qui doute de ce qu'il affirme. Gela doit être : il n'est pas certain de ce qu'il avance.
aCIBlVCE SOCIALE. 2il
riiomne donsiste à counaitre les raisons de toot^ «m la Yérilé (1), surtout daos les objets qui tiennent à FinteUigence d'aussi près que la parole. »
BoivÀLD, iàid.
— « La vérité est la connaissance des êtres et de leurs rapports (2). »
B0VI.LD ) iHd,
— ce Us ne peuvent pas se persuader (les Juifs et les OentSs) cette vérité fondamentale: que pour l'intérêt de la société, la vérité se développe à mesure que Terreur 8*aggrave et s*étead, et qu'il n-est aucune vérité , ABSGLUMBïrT jkucuiti, qui soit positivement interdite à l'intelligence humaine (3). ••
BoRAU), i6id.
— « La soeiété est entre Véire et le néant , tant que la morale est entre le oui et le non (1). *•
BoKALD, Légitlat. primitive, t. II 1, c. vii,
— « M. de Buflbn croyait les bêtes des machines. »
BovALD, Mélanges^ t II, p. 133.
— « L'àme est Dieu. »
XoM indiennes , citées par M. de Cbatkau- BEiAKD, Gén, du christ.^ t. I, p. 80.
— « La science par excellence doit avoir pour objet l'être par excellence. »
AaiSTOTS, Métaphysique, 1. VI, 4.
— « L^objet étemel de toutes les recherches et passées et présentes, cette question éternellement posée : Qu* est-ce que F être? se réduit à celle-ci : Qu^est-ce que la substance (5)? »
ia., i«rf., 1..VII, 1.
0«L k fldenoe existe, le doute disparait : il n'y a pas de sceptiques en mathématiques pures.
(1) Et quand il la connaît? doit-il encore douter et continuera cher cher.
(2) Ainsi, quand onconnait quels sont les êtres matériels, quels sont les êtres immatériels^ on connaît la vérité. Car ces rapports se déduisent de cette connaissance. C'est vrai.
(3)2;Chrétiens ! amateurs du Credo quia absurdum ! écoutez 1 ce que TOUS dit : le dernier des Pères deTÊglise.
(4) Et, la morale est entre le oui et le non ; tant, qu'on ne sait pas: si, la série continue des êtres est une vérité; ou, une illusion.
(5) Qn'est-ce que telle chose? tiX, la plus énorme sottise : que, Tigiio-
— « Qoelqoe8.an8 ponseaft que les liantes des corps, comme la surface, la ligne, le point, et afcc elles la monade, sont des sobstaDces, bien plos sobstauces même qae le corps el le sc^ide. De plâs, les ODS pensent qa*il n'y a rien qui noit substance en dehors des èlres sensibles (1); les autres admettent plusieurs substances, et les substances, ce sont, avant tout, selon eux, les êtres étemels : ainsi Platon dit que les idées et les êtres mathématiques sont d'abord denx sab»tancesy et qu'il y en a une troisième, la sabstance des corps sensibles. Speusippc (2) en admet un bien plus grand nombre encore : la première c'est, selon lui, Tunité ; puis il y a un principe parties* lier pour chaque substance ; un pour les nombres, un autre pour les grandeurs, un autre pour râme: c'est ainsi qu*il multiplie le nombre des snbstanoM. Il est enfin quelques philosophes qui regardent comme une même nature et les idées et les nombres; et tout le reste, sniranteux, en dérive : les lignes, les plans, jusqu'à la substance du def, jusqu'aux corps sensibles.
«> Qui a raison, qui a tort? quelles sont les TéritabU's substances? y a-t-il, oui ou non, d'antres substances que les substances sensibles? Telles sont les questions qu'il faut examiner après avoir exposé d'abord ce que c'est que. la substance (3).
« La substance a , sinon un grand nombre de
rance puisse faire prononcer ; et, la source de toutes les sottises philosophiques. Quand, vous nommez une chose; vous avez, ou, vous n'avez pas, idée de cette chose. Si vous n'en avez pas d'idée ; vous dites une sottise. Si, vous en avez idée ; vous dites encore une sottise : celle de demander ce que vous savez. Avez-vous idée de l'être, de la substance? Si, vous l'avez, pourquoi le demandez-vous! Si , vous n'en avez pas d'idée, pourquoi demandez-vous ce que c'est : qu'une chose , dont vous n'avez pas d'idée. Ayez une idée d'abord ; puis, examinez: si, cette idée est absurde ovi ou non; puis après : demandez-vous si Vobjet dont vous avez Vidée est une réalité ou une illusion ; si, c'est un résultat de mouvement, matière ; ou, si c'est immatérialité ; si, cependant, les deux diffèrent. Après cela, vous savez tout : absolument tout. Essayez donc de trouver quelque chose : qui, ne soit point, implicitement, compris dans ce tout?
(1) L'école d'Ionie el l'école atomistique.
(2) Neveu et héritier de Platon.
(3) Lecteur, écoutez ! Le dominateur du monde iufellectuel , pendant deux milltt ans, va parler.
sens, da moins quatre sens priucipaas : la snbstance d'nn être c*est, h ce qu'il semble (1), ou Tessence, ou l'universel, ou le genre, ou enfin le sujet (2). »
AaiSTOTc, MétaphffB,, \, YII, 10.
— « La substance n*esi pas quelque chose d'nuiTersel; c^est un ensemble, un composé (3) de telle forme et de telle matière. •
liL, ibid., l. V», 2, 3. ^
-^ « La forme elle-même, et par forme j'entends Tessence pure, la forme aussi a des particfl tout aussi bien que Tensembl^de la forme et de
la matière. »
Id,f totd»
-^ <« La substance est nn principe et une
caase. »
irf., t^irf., 1. VII, 16(4).
(1) Ace qu'il semble! Vous voilà bien instruits. Âristote nous donne une opinion. Ëcoutez-le lui-même sur la valeur des opinions :
«Quand même, dit-il, l'homme n*aurait pas la science, quand il « n'aurait que des opinions, il faudrait qu'il s'appliquât beaucoup plus <^ encore à l'étude de la vérité, comme le malade s'occupe plus de la ■ santé que l'homme qui se porte bien. Car celui qui n'a que 'des opi* « nionSy si on le compare à celui qui sait, est, par rapport à la vérité, « dans nn état de maladie. »
Métaphysique, liv. IV, 4.
Et, ne croyons pas : que, sur les immatérialités , Âristote se contente d'à peu près.
« On ne doit pas, dit-il, exiger en tout la rigueur mathématique , « mais seulement quand il s'agit d'objets immatériels. «
i&id., liv. II, 3.
Aristote savait : qu'il n*y a pad ém rigueur mathématique, en sciences physiques.
(2) Voilà, toute l'explication : que, le premier des philosophes, vous donne sur la substance. Ecoutez ce qui va suivre : peut-être en saurez* vous davantage par des distinctions.
(3) Conwient, trouvez-vous la substance : qui est un ensemble ; un composé .'C'est, presque aussi clair : que, la définition suivante : — « La « pensée est la pensée de la pensée. »
AmsT., Métapkysiqus, liv. XII, 9.
(4) Maintenant, vous voilà bien instruits, sur la. science par excellence. Ce qu'il y a de certain : c'est, que depuis Aristote, la philosophie n'a rien énoncé de mieux. Le prince des péripatéticiens dit :
214 SG^iSIGfi socuus.
— « Ttmi ft use place marquée daaa le monde, pcMMum, oiaeaax, plantea ; mais il y a des degré» différeoU , et les êtres ne sont pas isolés les uns des autres; îU aant dans une relation mntndJe, car tout est ordonné en -vue d'une substahck dhiqijx..» Aristoti, Métaphys., 1. XIT, 9.
-» « Antrefois on ne pouvait rien voir nMsitalement, on ne connaissait que le témoignage des yeux. U n appartient, en effet', qu*à un esprit sa« bline de se dégager des sens et de se rendre indépendant du plongé. »
GiGBRON, Tuaculanes, I, 16.
Voyons! si, nous ferons mieux : qu'Âristote et Platon. Et, pour y parvenir, rendons-nous d'abord indépendants des préjugés.
Si, la création existe, le langage est révélé. Si, le langage ne peut exister : que , par la révélation ; la création existe. Mais, toute création est absurde, vis-àvis de ceux qui raisonnent. Toute révélation l'est donc également, comme dérivant de rautbropomorphisme. Laissons, dès brs, la création et la révélation aux croyants ; nous n'avons rien de commun avec eux.
La matière est éternelle. Si, des âmes existent, elles sont éternelles. Mais, les mondes, les univers, en donnant ce nom aux nébuleuses, systèmes de milliards de
« La pensée éternelle , qui saisit ainsi son objet dans un instinct « indiTisible, se pense elle-même durant toute Téiernité.
Arist., Métaphys.y %b\d*
Et le premier des éclectiques dit :
« Dans tout et partout, Dieu revient en quelque sorte à lui-même n dans la conscience de l'homme dont il constitue indirectement le mé- « canisme et la triplicitc phénoméngLle par le reflet de son propre mou- « vement, dont elle est Tidentitô absolue. »
L*un vaut Vautre.
Ce qui suit est plus clair ; et, revient : à la substance unique de Técleclisme.
:^HK'i.fH
60CULUL tiS ^
soleils, MBt-ils étemels? Kon. Tom les jeim, des soleils disparaissent ; et, des nébuknses se formettU Les «EMvers ont des naissaiiees spontanées, comme les vésicules animales ou végétales , dérivant : «oœme , tout ce qui est phénomène indépendant de la sensibilité : des lois éternelles de la matière.
Notre globe a été , primitivement , à Tétat igné. L'état igné, est à la formation des univers ; ce, que l'état aqueux, esta la naissance des organismes. L'hnmidité n'est apparue sur notre globe que des milliers de siècles après son eodstence (1). Les végétauac et les animaux s'y sont développés successivement, en passant, des pins simples aux plus composés. L'homme est le dernier des développements de l'organisme. La démonstration de ces faits scientifiques, il n'appartient qu'à rignoranoe : de la méconnaître. ^
L'homme est-'il un être absolument déterminé ; ou, n'est-il qn'une indétennination, sur une série continue de développements organiques, ne différant des autres : que, du plus au moins de complexité?
Pour répondre, à cette question, il faut savoir : sH. existe plusieurs natures; ou, s'il n'y en a qu'une ; et, surteut il fant savoir : ce qa'cm entend par l'expression : NATUBV.
Pour arriver à le savoir, demandons-nous : qu'existet41 sur notre globe, dans l'univers, dans les possibles ?
Exclusivement deux choses : et, encore, si l'on sup-
(i) Voyez à cet égard les calculs de Foorîer sur le refroidissement des corps.
218 SGISNC^ SOCIALE.
pose : que, les deux sont absolument distinctes r mou-
VagENT et SENTIMEIST (1).
Comment distinguer^ avec certitude , le sentiment du mouvement ?
Par le verbe : si, cependant, le verbe est le développement nécessaire : du sentiment.
Dans ce cas, qu'est-ce que caractérise le verbe ?
La sensibilité, l'humanité. Et, toujours dans ce cas, partout où le verbe ne sera point développé , il n'y aura : que, mouv^ent, matière ; il n'y aura : ni sensibilité ; ni, par conséquent, humanité.
Cherchons l'origine du verbe, dans le but de savoir : là, Oili il y a humanité ; là, où il n'y a que matière ; là, où il y a sentiment; là, où il n'y a que mouvement ; là, où il y a droit ; là, où il n'y a que loi (2).
L'homme, nous le répétons , est le dernier animal qui ait apparu sur notre globe. Quel âge, s'il est permis de se servir de cette expression , avait-il à son apparition ?
Cette question, M. de Chateaubriand a pu l'agiter. M. de Chateaubriand est poëte. Nous, nous ne le savons pas ; et, peu nous importe de le savoir. Cette question pourrait se faire : pour, chaque prétendue espèce. Que ce soit la transformation d'une prétendue
(1) « Toutes les actions dont bous ayons quelque idée se réduisent à « ces deux > mouvoir et penser. »
Encyclopédie méthod., article Puissakcb.
G*e8t : tnouvoir et sentir, qu'il fallait dire ; ou , mouvoir et vouloir. Car, dans le temps, seul domaine où il y a des idées, sentir c'est aussi voidoir : vouloir changer, ou vouloir persister.
(2) Le droit : est Veipression de Tiaunatérialité. Laloi : est Texpressio de la matérialité.
SCIERCB SOCIALE. 217
espèce inférieure , à une prétendue espèce. supérieure; ou, que ce soit une formation spontanée de la force en corps ; encore une fois, que nous importe? La formation spontanée du corps de l'homme, ne serait pas plus difficile à concevoir : que, la formation spontanée d'un univers. Ce qui appartient à l'ordre étemel, n'a : ni pourquoi ; ni comment.
L'homme physiologique complet, comprend une double individualité. Chaque individualité est-elle apparue, éloignée de celle qui lui est corrélative ? Peu, nous importe encore. Ce qu'il y a de certain; c'est, qu'alors, chaque individualité aurait été , au moral, comme n'étant pas ; et, quant à la propagation : également.
Y a-t-il eu apparition simultanée ou successive de plusieurs couples ; et, les individus étaient-ils séparés : les uns des autres ?
Nous ne le savons pas davantage.
Dans le cas qu'ils eussent apparu séparés les uns des autres; et, avant Vâge de puberté^ y aurait-il eu cessation de l'état d'isolement, si quelques-uns s'étaient renccmtrés ?
Nous l'ignorons de même.
Après l'âge de puberté, les individus de même sexe, s'ib s'étaient rencontrés , se seraient-ils rapprochés ; et, l'état d'isolement aurait-il cessé ?
Même ignorance de notre part. Quand, il s'agit de démontrer la vérité ; le doute , ni le hasard qui n'est qu'une expression de l'ignorance, ne doivent intervenir.
218 sGiBiicE 6oaia.s.
Ce que nous serons, le wmei :
L'iiamme, ayant toqoQrs été i«oIé, n'a point Tasage du Terbe ; n'a point d'existenee dang le temps. La théorie et la pratique le reeonnaiBsent : d'une manière ineonteetable.
Pour, que le verbe se développe , il faut une «ociété^ en comprenant par ce mot, la cessation de Tétat d'isolement, une société non accâd^iteUe : car, ce n'est point sur des contingents : que, la démonstration de la vérité doit s'appuyer; mais, sur le nécessaire^ «ir VinévitaMe. C'est donc, une société nécessaire^ qui doit servir de base : à notre démonstration.
Nous allons démontrer.
L'époque de puberté étant arrivée j deux individus de sexe différent, doivent se rencontrer, pour que l'humanité puisse exister : non^eulement dans ses élé« ments ; mais, dans son ensemble. Dès, qu'ils se rencontrent ; dès , qu'ils se trouvent en contact ; l'état d^isolement cesse nécessairement^ ils forment une société nécessaire^ pour aussi longtemps qu'elle reste indispensable : non-seulement à la génération ; mais encore à la conservation des produits de la génération (1).
(i) Déjà, et plusieurs fois, nous avons établi : qu^il est impossible de men raisonner, sur Vorigiae des connaifisancos, sans être instroit en histoire naturelle. Rousseau a nié l'enistence de la famille , pour toute l'époque qu'il appelle état de nature; et, qui n'est : que, l'état avant le verbe ; que, l'état purement bestial. S'il avait étudié la série des êtres; il n'eût point avancé une proposition, dont actuellement le dernier des bacheliers ës-ecieDces, reconnidtrait le ridicule.
Chez les mammifères et chez les oiseaux, sans exception aucune que celle du coucou, qui encore n'est qu'une exception apparente ;
SGIBNCIS SOCIALE. 319
Voilà des prémisses générales.
GboisissoDs, maintenafit, le cas le plas défavorable an déreloppement du verbe. Supposons : tpie, les deux parties de rhomme physiologique , le mâle et la fexnelle , aient apparu sur le globe dans des lieux séparés ; qu'ils se soient rencontrés avant la puberté; et^ qu'il y ait eu antipathie, répulsion entre eux. Chacun, fie sera ainsi maintenu isolé, en dehors du temps, ainsi que nous l'avons exposé , ainsi que l'expérience le prouve -, et, tous leg deux seront restés : à l'état de bestialité.
Arrive la puberté. Ils se rencontrent. Toute antipathie, s'il y en a eu, disparaît. Il n'y a pas encore raisonnement y mais attraction. Les fluides opposés s'attirent : l'éternité existe encore. Les fluides se confondent ; le cercle électrique se complète ; et, la première incarnation est la naissance : du temps ; de la raison ; des idées; du verbe. Moi, toi, nous, disent chacun d'eux. La parole et l'idée, l'idée et la parole, naissent simultanément; et, trouvent leur source; dans le premier éclair d'existence perçue : dans le premiw «nbrassement (1).
Le moi^ le toi^ le nous^ idées par les âmes , pro-
classes, où les sexes sont sépares; et, où les petits ne peuvent, dès leur naissance, se passer du soin des parents ; ceux-ci restent en société, figurément dite, aussi longtemps: que les petits ne peuvent pourvoir seuls : Bon-ieulement à kur subsistance; mais encore à leur conservation. Cest , seulement , chez les reptiles et les poissons ; que, commence : Tabsence de contact prolongé, que nousappelons/ami/Zc.
(i) Voilà le fameux : a il faut penser sa parole , avant de parler sa « pensée; » incontestablement évanoui. Du reste, nous sommes arrivés à une époque : où, cette expérience capitale doit se faire ; et, elle se fera.
nonces par Tembrassement, reflétés par les cerveaux ; le signe du moi^ du toi, du 7ious, Vétreinte se place dans les mémoires matérielles^ qui deviennent instantanément intellecti^lles , et, il s'y place nécessairement.*
Nous arrêterons-nous ici à présenter l'exposition des développements du langage ? Quel est celui de nos lecteurs qui ne puisse maintenant le faire aussi bien que nous ? Nous allons la donner néanmoins, pour en constater la facilité vis-à<vis de ceux qui, par esprit de contradiction, voudraient y trouver de la difficulté.
De nouvelles attractions brisent l'étreinte. Deux forces s'étaient unies ; deux raisons se séparent : le temps possède son empire.
Auparavant le toi, le moi, le nous, étaient encore un^ ils n'avaient qu'un signe complexe; l'éternité, pour ainsi dire, existait encore dans cette unilé. Le temps commence à la séparation, à la diversité. Le moi se dit en s'étreignant, le toi en se montrant, le nous en ne se perdant point de vue. Ne pas se voir, c'est l'isolement ; c'est, un retour : à l'éternité ; à la mort.
Mais, la vue ne perce point la plupart des corps. Une attraction a séparé les deux moitiés de l'unité. Une voix s'échappe. Une voix répond. Et ces voix disent encore : moi, toi, nous.
Voilà, le langage du toucher ; le langage de la vue ; le langage de l'ouïe ; le raisonnement complet qui existe déjà; et, le temps n'a pas encore vu : la première nuit.
Moi, toi, nous... toute la grammaire, toutes les
SCIEirCE SOCIALE. 2S1
connaissances, toute l'humanité, le temps et l'éternité sont dans ces mots : implicitement ; ou , explicitement.
Moi , TOI , NOOS , idées et proDoncés : que signifient-ils ?
Nom, substantif, verbe, et adjectif. Moi être; moi être toi ; toi être moi ; nous être un, être deux. Le premier lui est un toi, un moi, une personnification, un préjugé ; l'adverbe est un adjectif, une qualification ; la préposition et l'interjection, dos états ou 'des mouvements exprimés (I). • Du moment, que le raisonnement, le temps, le verbe existent ; le présent, le passé, le futur coexistent; et leur expression est simultanée au besoin de les exprimer; facile ou difficile d'abord à être comprise; mais,
(tt ■ En grec et en latiD , les noms de lieu âeriennent presque tous ■■ adverbes au moyeD de certaines terminaiBOos. En arabe on peut faire " un adverbe de tout verbe, de tout nom , de tout adjectif. L'adverbe
• n'est donc pas nn élêHent essentiel du langage , mais c'est une sorte.
• d'abréviation qui équivaut à nne préposition suivie d'un complv-
• meut ; c'est un mot accessoire dans toutes les langues employé primi- " tiTemenI pour varier les formules du langage ou pour l'abrégeh »
P. Lbhoci, Encyclopédie nouvelle.
L'existence dans le temps, dont l'expression est le verbe, se conslilue de la connaissance : de l'être et de ses modificatious. Le verbe <-onsislu • '
donc exclusivement : dans la manifestation du sujet et de ses modUica- ' Uonaiet l'expression mol contient implicitement l'un et taules Ick autres. v Après cela , vous classerez les expressions des modi il cations, en ^lutant de divisions qu'il vous plaira ; vous n'aurex jamais que des coupl'^ arbi- 'mj tiaircs. Il n'y a pas de substantif, qui ne puisse être adjectifi pas d'W^^^ jectif, qui ne puisse être substantif ; etc., etc. Qu'est-ce qui empëcbèïr î^* rail : que, le pluriel ne fût une partie de l'oraison! Quand il srra ne- *^T cesnire de distinguer le propre du figuré ; le propre et le llguri' seront des parties du discours. Tout mot est une langue, ifoi est une langue ; - « les mots géométrie, algèbre, agricullure , telle leience , BOa\ des langues. Socialisme est la langue qui les comprend todtbs.
3"" Société nécessaire : en donnant à ces mots la valeur, d'état : de non-isolement ; de contact organique prolongé ; de possibilité de commmiication de mouTement.
Examinons : chacune de ces conditions.