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engouement <|ui, par cela seul qu’il est ca|iricieu\, a néerssaircment une courte durée.
Lorsipie sur celle mer on voijiic à pleines voiles, On'on croit avoir pour soi les vents et les étoiles, Il est bien mal aisé de régler ses désirs;
Le pins sage s’emioil sur la foi des ïéphyrs.
r,e fut à celte époque (juc je lis la connaissance du baron de Rciirenberg; je venais, comme lui, d’élre appelé à l'.Vllitnée de Bruxelles, en (jualité de [)rofesscur, et je lui étais présenté par notre ami commun, M. Raoul ('). Je n’oublierai jamais celte première visite ; (pielle gaieté bruyante! quelle volubilili’; do langue! quels élans de tendresse! et comme si la ()arolc ne snllisait pas à sa vivacité naturelle, il était datis un mouvimient continuel, allant, venant, montant et descendant réchclle de sa bibliothèque avec la rapidité de l’éciirenil. An bout d’une demi-heure, j’étais véritablement étourdi an |)oinl de ne plus trouver une seule idée. Il fut décidé cependant que je prendrais un appartement voisin du sien, ([ui nous permettrait de nous voir à toute heure.
La maison que nous habitions mérite une mention spéciale ; sans élia; grande, elle renfermait une petite colonie très-disparate : de Reill'cnbcrg et moi, nous occupions ensemble le premier étage; notre vieille bùlesse, qui avait le eommandcmcnl général, s’était réservé le rez-de-chaussée et avait renvoyé .son mari au second, avec un prêtre, notre commensal, (pii av.ait servi dans les dragons pendant la révolution lirabançonnc cl qui aimait à nous entretenir de ses proiie.ssc.s : tel était notre intérieur. Nos déjeuners (|ur nous prenions en commun dans l’appartement de la dame, étaient des plus amusants ; grâce à la gaieté folle de mon
(') Seplcmbre 1811),
collègue, ils étaient presque toujours marqués par quelque espièglerie que ses élèves lui auraient certainement enviée (').
Du reste, de ReifTenberg était d'un commerce si facile que, pendant deux à trois années que nous avons vécu ensemble, je ne me rappelle pas de l’avoir jamais vu de mauvaise humeur. Quelquefois à ses élans de gaieté succédaient, il est vrai, des accès de tristesse, des moments de sombre mélancolie, qu’il cachait avec soin, parce qu'ils tenaient à des causes dont il n’aimait point à s’entretenir, même avec ses amis (*). Ces
(') En société et dans des circonstances solennelles même, il nVtail pas toujours maître de lui ; il donnait carrière à la gaieté la plus hriiyanle ou se |»crmel' lait de véritables tours d*écolier. Ainsi, dans un conseil de professeurs, à la suite d*ane discussion asseï longue, ses plaisanteries avaient provo<]ué une hilarité générale; son ancien camarade dVtudes, le sévère Vautier, seul ne riait pas; il lui adressait au contraire les plus vifs reproches. Pendant sa mercuriale, de ReîfTenberg se leva doucement, passa derrière sa chaise, enleva Tahat-jour du (jiiinquet et en coilTa subitement son rigide censeur. Vautier, sans se déconcerter, continua sa harangue, pendant que son collègue , derrière lui , trépignait , se frottait les mains et |K>ulîdit de rire. On conçoit TefTel que dut protliiii'e sur le docte aéro* page celte scène improvisée.
Peut-être de ReifTenberg faisaii-il allusion à cette incartade, quand , dans la notice nécrologique qu'il a placée en tôte des oeuvres de son ami Vautier, il écrivait (pages 17 et 18) : t Son zèle remportait quelquefois au delà des bornes; impitoyable en tout ce qui tenait à la stricte observation des règles, il ne ménageait pas toujours ses termes à ses collègues, qui recevaient avec déférence ses leçons, quelquefois ses reproches. L'un d'eux avait le privilège de conjurer la tempête; pendant que Vautier pérorait avec véhémeuce, il lui faisait avec intention une niche puérile, et le terrible discoureur, s'apaisant tout è coup, riait...; il était désarmé. •
Un matin, pendant les premiers temps de mon séjour à Bruxelles, Dandelin était venu me faire visite. Nous causions ensemble, quand tout à coup ma |K)rle s'ouvre : c'était de ReifTenberg en déshabillé, un pot d’ean chaude à la main, faisant une entrée boufTonne dans le genre de celle de Figaro. Celle scène n'était |)oint préparée; elle n'en fut que plus comi<|ue. Dandelin la prit au sérieux et crut que de ReifTenberg était mon barbier; celui-ci en éprouva d*ahor<l quelque confusion; mais les rires éclatèrent aussilAl. Tous deux, depuis, parlaient souvent de ce petit incident qui commença leur connaissance.
(*) Je le laisserai parler lui-méme : t 11 y a en moi des choses qui se heurtent ; mais j'ai été si souvent heurté moi-méme, que cela est tout naturel.... Persécuté, trahi dans mes afTections les plus chères, on voudrait que je fusse toujours égal, toujours riant. Eo vérité, cela n'esi pas possible ; et comme je ne veux point faire
IM'iidiants oxislaiciil (li'jit depuis son enfance, dont les souvenirs ne se sont guère prèsenlès sous sa plume, contrairement à ce rpii arrive chez les autres hommes ('). J’étais parfois étonné, au sortir d’une réunion où il avait égayé tout le monde par ses saillies, de le trouver les veux pleins de larmes. Heureusement ces sentiments, eln^z lui, n’étaient pas de longue durée; il était, sous ce rapport, d’une légèreté incroyable ; on peut en dire autant de ses amours : quanti on le croyait le plus épris, il était onlinairement le plus prés de changer.
Son insouciance sur ses propres intérêts était si grande (pic notre In'itesse, sans même le consulter, devait soigner et remplacer son linge; c’était elle ipii faisait toutes ses emplettes; elle avait même lini par ouvrir scs lettres cl en prendre connaissance, (k'tte fois, notre confrère lui fit doucement des repn'-sentations sur le secret qu’exige la correspondance d'un jeune homme de vingl-ciiu| ans. l.a bonne dame, du reste, lui était attachée comme elle aurait pu l'ètrc à un fils; elle était lière de la réputation qu’il s’était acquise, comme
|»oiir ♦•xciisc, od ni** iroiiw i uIiciiIh. * (Exirail «Tune lettre rcrile i»«n- «t.nit son srjoiir n l.oiivnin.)
(■) Voici •|ucl(|ii*''« wts à cc sujet ; on les trouve dans rci'llrcà Van-
lier, son aiuicn (Miii.ii.uicii*rtii(l<'s :
<,>iioi tu u'a\ plus d'auifs ? ii-'-lii donc oublie 4^>iii' l'iiiforltiiie :'i ton >orl in'n lie.^
Avec inui lu 5oiillVi>, et .'OU^ le même ombru{t<'.
Klroiteinriit 'cné>. nous bruvumes l'orage.
iriHiiiTs soins m‘nt|fn«l;iieiil tiu .sorlir ik* IVcolc : l u iie%oir itiipo«:inl, dans un Age frivole.
Iles objets les )i|n> clicrs mi- runliaît U* suii.