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wauté (1(! ses recherches el à citer même ses écrits parmi les plus remarquables qu'ait produits l’optique moderne.
Ce n’est pas seulement dans cette branche intéressante des sciences physiques que M. Plateau s’est placé sur une ligne avancée parmi les physiciens modernes, il ne s’est pas fait moins remarquer par ses ingénieux travaux sur les phénomènes que présente une masse liquide libre et soustraite à l’action de la pesanteur.
Voici principalement le point de vue très-simple d’où l’auteur est parti et d’où il a déduit les résultats remarquables auxquels il est successivement parvenu par plus de vingt années d’études constantes (') : « Les liquides étant doués d’une extrême mobilité moléculaire, ils obéissent avec facilité à l’action (les forces qui tendent à modifier leur forme extérieure. Mais parmi ces forces, il en est une qui prédomine tellement sur toutes les autres qu’elle en masqu(; presque complètement l’action ; cette force est la pesanteur. C’est elle qui oblige les liquides à se mouler sur la forme intérieure des vases qui les renferment; c’est elle encore qui rend plane el horizontale la portion de leur surface demeurée libre. A peine |Kîut-on reconnailre, le long du contour de celle surface libre, une légère courbure qui révèle l’action des forces combinées de l’attraction du liquide pour lui-même et de son adhérence pour la matière solide du vase. Ce n’est qu’en observant des masses liquides très-petites, et sur lesquelles l’action relative de la pesanteur est ainsi atténuée, qu’on peut voir se manifester d’une manière bien prononcée rinflueiice d’autres forces sur la figure de ces masses : ainsi les goutte-
(') Pendant ce long e$|tace, il n'a cessé de s'occuper d'une série de phénomènes relatifs à la capillarité, et dans une continuité de travaux qui ont donné heu à sept mémoires, dont cinq sontdéj;! insérés dans les recueils de l'Académie de Bruxelles, il a présenté une succession d'expériences curieuses sur la capillarité. Voyez tomes XVI, 1843; XXIII, 1849; XXX, 1857 ; XXXI, 1859; XXXIII, 1861 des .Vémoirei de r^eadémie.
Ictlrs de liqnido posées sur des surfaces qa’el les ne peuvent mouiller, s’arrondissent en sphères plus ou moins parfaites. A part CCS qualités minimes, si l’on veut observer des masses liquides qui on t pris librement une figure propre, il faut quitter la terre, ou plutôt considérer le globe terrestre lui-mème et les autres planètes comme ayant été primitivement fluides et ayant adapté leur forme extérieure à l’action combinée de l’attraction et de la force centrifuge. Alors la théorie indique que ces masses ont dû prendre la forme de sphéroïdes plus ou moins aplatis dans le .sens de leur axe de rotation, et l’observation confirme ces déductions de la théorie. L’ol>- •senation nous montre aussi, autour de Saturne, un corps de forme annulaire, et la théorie trouve, dans les actions combinées de l’attraction et de la force centrifuge de quoi satisfaire à l'équilibre de cette forme singulière. Mais si nous pouvions, par un moyen quelconque, soustraire à l’action de la pesanteur l’une de ces masses liquides sur lesquelles il nous est donné d’opérer, tout en la laissant libre d’obéir à l’action des autres forces qui tendraient à en modifier la forme, et si notre procédé permettait de donner à cette masse des dimensions assez considérables, ne serait-il pas bien curieux de lui voir prendre une figure déterminée et de voir cette figure varier de mille manières avec les forces dont elle dépend? Or, je suis parvenu, en effet, par un moyen extrêmement simple, à constituer, dans les conditions ci-de.ssus, une masse liquide considérable. » Dans ce premier travail, l’auteur montre, en effet, le moyen de parvenir, par un mécanisme très-simple, à étudier en grand les phénomènes de capillarité et d’équilibre qu’on n'étudiait avant lui qu’avec des difficultés extrêmes ; scs expériences sont aussi simules qu’ingénieuses.
Dans les Mémoires qui ont suivi ce premier ouvrage, l’auteur continue à développer .ses idées : il n’a pas rompu
am- sps premiers travaux : on le voit, chaque fois que SOS expériences le lui permettent, rattacher à ses principM les phénomènes curieux de l’optique et de la symétrie des corps. « Dans la deuxième et la quatrième série de ce travail , dit-il en commençant son cinquième mémoire, j’ai appliqué mon procédé de l’immersion d’une masse liquide dans un autre liquide de même densité et avec lequel elle ne peut se mêler, à la réalisation d’une partie des figures d’équilibre en nombre infini qui appartiennent il une masse liquide supposée sans pesanteur et à l'état de repos. Dans la série actuelle, j’indiquerai un procédé tout différent, bien plus simple et plus commode, qui |»erniet d’atteindre le même but, et j’exposerai une partie des nombreuses conséquences que m’ont fournies son emploi et les principes théoriques sur lesquels il repose. » Ou voit que l’auteur, uniquement occupé de son objet, cherche à donnera ses idées la plus grande clarté possible. Quant à la troisième série des recherches de M. Plateau, elle se rapporte à la théorie des modifications que subissent, sous l’influence des mouvements vibratoires, les veines liquides lancées par des orifices circulaires. C’est donc plus spécialement cette influence qu’il a en vue de reconnaître dans son travail. « En partant, dit-il, d’une idée émise par M. Savart, nous ferons voir comment ces mouvements combinent leurs effets avec ceux des forces figuratrices qui déterminent la transformation graduelle en masses isolées, et dès lors tous les phénomènes dont il s’agit s’expliqueront d’une manière naturelle. »
Nous n’avons pu donner, dans ce qui précède, qu’une idée des principaux travaux de M. Plateau, sans prétendre indiquer les recherches nombreuses auxquelles il s’est livré : nous ne pouvons cependant nous dispenser de dire quelques mots d’un mémoire plus intéressant, peut-être, sous le rap-
jiorl d(i la curiosité que sous celui de la science ('). Ne serait-il pas possible, s’est-il demandé, de soutenir en l’air une aiguille aimantée, sans aucun point d’appui et dans un étal d’équilibre stable, par les actions émanées d’autres aimants convenablement disposés? L’auteur, après avoir examiné attentivement le problème, a compris que la solution était impossible, car il fallait supposer, comme il le fait observer, absolument quelconques le nombre de centres magnétiques agissant sur l'aiguille, leur distribution, enfin l’espèce et l’intensité de leurs magnétismes respectifs; u mais heureusement, ajoute-t-il, la forme des expressions algébriques a fait disparaître la complication, et je suis parvenu à une démonstration générale et relativement simple de l’impossibilité dont il s’agit. »
Au milieu de ses travaux dans lesquels il est aidé par plusieurs de ses collègues et par son jeune fils, qui s’est déjà fait connaître par des essais heureux, M. Plateau continue avec une ardeur toute spéciale les recherches délicates qu’il s’est ^ imposées. 11 trouve surtout un affectueux appui dans M. Duprez, dont le concours intelligent lui est tout naturellement acquis pour ses expériences. M. Duprez, professeur de physique à r.Athénée de Gand, s’est fait connaître, en 1843, par un excellent mémoire sur le magnétisme. L’Académie royale de Bruxelles, dont il est devenu membre, plus tard, avait mis au concours une question par laquelle elle demandait un examen de l’état de nos connaissances sur l’électricité de l’air, et l’indication des moyens employés jusqu’à ce jour pour apprécier les phénomènes électriques qui se passent dans l’atmosphère. Le travail qu’il présenta dans cette circonstance fut jugé digne du prix, eu 1843, et a été inséré dans le tome \VI des Mémoires couronnés de l’Académie.
(') 5t4r tm problème curietix de magnetitme^ par J Plairait; lomr XXXIV «le% Hemoires de I*y4cademir royale de fielgique, in-4*; 1864.
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Depuis cette époque, l’auteur a suivi avec ardeur ce genre lie recherches et a produit des renseignements utiles, surtout en publiant un catalogue où il a énuméré le nombre de fois que les paratonnerres ont été atteints par la foudre, et particulièrement en cédant à des défauts de construction (').
Depuis 1838, M. Duprez continue avec ardeur une série s i"»7. de recherches météorologiques, qui est une des plus étendues et des plus précieuses que l’on ait pour les Flandres; non-seulement il s’est attaché à recueillir ces documents, mais il publie encore avec un soin particulier les résultats des observations électriques qu’il a rassemblées lui-même.
Il a eu également en vue de faire, avec l’Observatoire royal de Bruxelles, pour chaque jour et à l’heure de midi précis, au moyen de l’électrométre de Peltier, des expériences suivies qui présentent un grand intérêt, puisqu’elles tendent à faire voir quelle est l’inlluence des bâtiments avoisinants sur cet élément météorologique, si important et en apparence si capricieux. Ces recherches font naturellement suite aux travaux intéressants que l’auteur a publiés sur les eil'ets des paratonnerres, et spécialement à son mémoire contenant la Statistique des coups de foudre qui ont frappé des paratonnerres ou des édifices, et des navires armés de ces appareils (*).
On doit encore à M. Duprez deux mémoires, insérés dans les tomes XXVI et XXVlll des Mémoires de l’Académie royale de Belgique, Sur un cas particulier de l’équilibre des liquides. 11 fait observer que les physiciens se sont peu occupés de la suspension du liquide quand le tube qui le
(*) Tout récemniAnt, rAcadémie s'est occupée de U construction des paratODoerres. 1. Melseos a garni rhôlcl de ville de Bruxelles d'un appareil disposé d'après des vues spéciales qu'il a fait connaître, dans un travail publié à ce snjci. Voir .Vém. de VAcad.f i. XXXI, 1859.
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renferme esl étroit, et de l’écoplement de ce liquide lorsque le tube est large. Ceux qui en ont parlé, dit-il, semblent n’avoir vu dans le phénomène qu’un cffel de la pression atmosphérique, pression qui, s’exerçant sur la surface libre et mobile du liquide, en refoulerait toutes les parties <le manière à déformer et à diviser cette surface quand elle présente quelque étendue.
M. Ch. Montigny s’est également occupé de recherches sur la lumière, sur le magnétisme et sur les phénomènes du globe en général. Les Mémoires des savants étrangers à l’Académie, tomes XXIV et XXVI, renferment, pour les années 1832 et 1833, deux wrils qu’il a donnés sur les phénomènes de la persistance des impressions de la lumière sur la rétine, et un essai sur les effets de réfraction et de dispersion produits par l’air atmosphérique. On a du même auteur différentes notices qui ont été insérés dans les Bulletins de l’Académie et qui se rapportent, en général, aux propriétés de la lumière et de la physique du globe.
Au nombre des travaux publiés rénremment, nous mentionnerons aussi un traité sur l’électricité de l’air, que M. Gloesener a fait paraître : c’est un sujet dont il s’est toujours occuf)é avec constance et qu’il a pris particulièrement soin d’appliquer à la télégraphie électrique. Nous citerons encore M. B. Valerius, auteur d’un écrit sur les séries et de différents travaux sur les sciences ehimiques et physiques, dans lesquels s’est également fait coniiaitre avec avantage son frère, M. IL Valerius, professeur à riiniversité de (iand, qui a publié un ouvrage élémentaire remarquable sur les sciences |)hysiques.
M. Gruyer, à cpii l’on doit depuis longtemps de nombreux ouvrages sur la philosophie, a porté plus loin ses travaux, et il a spécialement comjtosé un traité dans lequel il s’est attaché à examiner la partie méla|)hysique des sciences.
Celte partie est peu cultivée par les pliysidens, qui rcciicrchenl plutôt le fait en lui-même que les motifs métaphysiques qui peuvent en faire varier les circonstances.
Les mémoires de l’Académie royale de Belgique renferment des recherches assez nombreuses et des catalogues inlércssaulssur les tremblements de terre que M . Alexis Perrey, professeur à Dijon, lui communique régulièrement depuis plus de vingt aiis. Ce savant s’occupe, avec une ardeur et un soin remarquables^ de réunir, pour les dilfércuts points du globe, les phénomènes de ce genre qui s’y manifestent. Sa patience éclairée a mérité l'attention de tous les physiciens, qui lui transmettent avec activité, non-seulement les observations qu’ils parviennent à recueillir sur tous les points du globe, mais encore les indications des phénomènes anciens, alin de compléter autant que possible nos connaissances sur ce |>oint important. D'une autre part, on doit savoir gré à l'Académie de Belgique d’avoir toujours réservé une place dans ses recueils pour des recherches aussi intéressantes : c’est un véritable service rendu aux sciences. Les communications de M. Perrey, ainsi que celles de MM. Bravais et Marlins, tiennent surtout à l’accord qu'ils avaient trouvé entre leurs idées, partagées aussi par quelques savauts belges, sur la composition du globe et sur l’origine des volcans.
Le savant physicien Bravais , que les sciences ont perdu depuis peu, s’était chargé de résumer les opinions de ses collègues à cet égard, de faire apprécier le peu d’épaisseur de la couche déjà solide de notre globe, cl l’état de fluidité intérieure qui souvent se fait passage par les ouvertures volcaniques ; il se proposait d’examiner l’hypotliése d’un double mouvement de rotation dans ces deux parties du globe, qui seraient séparées l’une de l’autre et qui auraient des mouvements de rotation dilTérents. L’état actuel «le la science permettait, nous semble-t-il, l’examen rai-
sonné d’une hypothèse semblable, et personne ne l’eût soutenue avee plus de mérite que M. Bravais.
Parmi les sociétés qui, dans ce pays, s’occupent de l’étude des sciences exactes, nous devons signaler surtout la Société royale des sciences de Liège. Les diirérentes publications qu’elle a faites concernent plus particuliérement, il est vraij les sciences naturelles et physiques; mais elle s’est efforcée de soutenir avec honneur le nom brillant que lui ont laissé ses prédécesseurs, dont plusieurs étaient aussi membres de l’Académie royale.
Quoiqu’il n’entre pas dans nos vues de traiter de l’histoire de la chimie, nous avons eu l’occasion de citer les travaux de Van Mons : plus tard, les recherches dcMartens, Stas, Melsens, De Hemptinne, De Koninck, Donny, Mareska, Kesteloot, etc , ont fait connaitre que cette belle science a trouvé de dignes soutiens dans nos provinces. Leurs différents écrits prouvent qu’ici encore la Belgique peut marcher avec les autres pays, même les mieux partagés.
A ces travaux nombreux, il convient de joindre les résultats obtenus pour les sciences médicales, qui se développent de la manière la plus heureuse. On peut mentionner spécialement les recherches produites par l’Académie royale de médecine, qui représente cette partie que les Belges ont cultivée à toutes les époques avec une sorte de prédilection, ainsi que les sociétés diverses pour le service sanitaire qui couvrent tout le pays et tendent à multijilier leurs bienfaits dans les provinces. L’art de guérir, qui a toujours eu, chez nous, des représentants de distinction et qui cite avec (ierté le nom de Vésale, ne tardera pas à trouver de dignes historiens pour rappeler l’ensemble de ses mérites, comme nous l’avons pu voir dtyà par d’heureux essais tentés par des hommes habiles. Nous sommes tiers de proclamer, dès à présent, que les anciens souve-
nirs recueillis dans le pays s’assemblenl avec soin par des écrivains capables qui sauront les mettre sous leur véritable jour.
La thi^ric des |)robabilités n’a commencé à fi.xer l’atlenlion des savants que depuis deu.x siècles : Pascal en fut un des premiers promoteurs ; et cette science nouvelle prit des développenienLs assez rapides pour fi.xer l’attention des mathématiciens les plus habiles. On a vu, dans ces derniers temps, Laplace, Gau.ss, Fourier, Poisson, Baily cl la plupart des grands mathématiciens faire marcher de front, avec les travaux les plus épineux de l’astronomie, les principes des probabilités et y chercher des règles pour mesurer les chances des événements et calculer la probabilité de leurs retours ('). Cette théorie mathématique a, par les diHiculté-s qu’elle présente, exercé les esprits les plus profonds : les résultats auxquels ils ont été conduits ont dû modifier les idées sur bien des points. On a compris qu’en étudiant les chances d un événement, on peut calculer les probabilités de son retour cl aborder un problème, lors même que ce retour présente des incertitudes plus ou moins grandes.
Pendant que les savants approfondissaient cette partie diflicile du champ des recherches, les hommes d’expérience et en particulier ceux qui s’occupaient pratiquement de la théorie des chances, des jeux, des assurances et de tout ce qui appartient aux probabilités, leur présentaient des problèmes
(') Noas cilcroDS en parliculier un ouvrage intéressant <lc sir John F. W. Her* «difl, Mir plusieurs des sciences modernes, et intitulé : Essayt from the Edin-^ ^rgh andqunrterlÿ Revincs, î vol. grand in-8*, 1857 : dans un des chapitres, le célihre auteur anglais a consacré une centaine de pages à examiner i*im|vortancc «les principes de la théorie des prohabililés sur les sciences en général et en parlîcnlier turrastroiiomie. î.es idées, développéesdans celte partie intitulée : QueteM
rro6o6^/ilt>s, prennent la ((uestion plus haut <|iic leur titre ne semble l*in> diqurr etM|K)seni, avec une grande clarté, l'importance de la théorie des proba- Iwhlés, appelée en i|ueb|ue sorte h devenir la régulatrice des sciences d'observaboD. Cette partie ifn|K>rtanlc ne pouvait être confiée à de meilleures niaius.
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3 résoudre el éveillaient leur attenlion par des questions d’un intérêt pressant. La pratique ici vint après la théorie, dont les conseils lui servirent de guides. On suivit une route à peu près opposée à celle qu’on observe ordinairement. Il se développa alors une vaste science dont les lois mystérieuses sont encore entourées de bien des nuages ; la statistique, qui s’était formée sous le patronage des probabilités, prit les développements les plus rapides et finit par |
croire qu’elle pourrait se passer du concours de la science qui devait tracer sa marche. La statistique, si brillante et si riche pour l’avenir, crut pouvoir s’appuyer de ses propres forces, et donna parfois prise aux erreui-s les plus déplorables , erreurs d’autant plus fâcheuses que souvent elles n’étaient pas comprises par ceux mêmes qui les faisaient. Ces abus, dont les causes n'étaient pas directement connues du ■
public, finirent par retarder les progrès de c<!ttc science féconde : ils arrêtèrent ses pas au moment où, pour se développer, elle avait besoin de la plénitude de sa force.
On comprit alors que la science qui explique les faits sociaux et la |)robabilité de leur retour ne doit pas être confondue avec la simple connaissance de ces faits recueillis d'une manière plus ou moins vague el qui constitue la statistique/nat/qwe. Comme on l'entend aujourd hui, celle-ci i-st bien diHérenle de la statistique mathénuitique , qui ne pix)cèdc que d'après les principes les plus sévères el que l’on peut classer à bon droit parmi les sciences rationnelles les plus utiles, ajoutons en même tem|)s les plus difiiciles. Kn effet, les phénomènes qu’il s’agit de considérer ne dépendent pas seulement de toutes les forces physiques que l'on est habitué de rencontrer dans les phénomènes étudiés jusqu’il pré.sent; il faut encore savoir tenir compte de faits purement personnels et qui semblent dictés par le vouloir capricieux de l'homme. Il intervient ici un ordre spécial de
forces que, jusqu’à préseiil, l’on n'avait pas eu à considérer. Des esprits éclaiivs ont entrepris déjà île reconnaître leur influcuce et ont pu apprécier, malgré les préjugés reçus, que celte nouvelle nature de forces n’était pas dans le cas de devoir opposer un obstacle à l’élude de ces faits intéressants.
Notre pays a pris part à ces pénibles travaux : il n’a pas vu sans intérêt les essais entrepris pour régulariser la marche de l’expérience et en connaitre les écarts probables : on ségare parfois, il est vrai, dans des théories dont on peut facilement occasionner les abus dès qu’on veut en franchir les limites. Sur bien des clioses, il a fallu marcher avec hésitation, parce que les principes sur lesquels on devait se baser échappaient à toute appréciation bien déterminée. Mais les sciences font chaque jour des progrès nouveaux ; il est néanmoins des parties qu’il a fallu abandonner jusqu’ici, parce qu’on ne possède pas encore les moyens de les soumettre à des principes calculables (').
{*) Voyei, daus Wi Mémoires e( les Bulletins de ^Académie royale, difTérenis écrit» de H.M. Vcrhul»! et Quctdet sur le même sujet. Ce dernier a donné aus.M l<*s o(tfra;;es suivants :
5ur TAomuie et U développement de te* faculté* j ou e**ai de phytique toeiak. i»ul. in-8«; lb5o, Paris, cliea Bachelier.
Théorie de* probabilité* appliquée aux. tcience* morale* et puliiique*. i \ol. grand in -S"; 1840. Bruxelles. Uayea.
Du iystéme tocial et de* loi* qui le régiiSéUt. 1 vol. in-8‘’; 1H48, Paris, cbei Guilliiimiu et romp.
Sur la *lati*tique mortik et le* principe» qui doivent en former la 6<iie, méouHre inséré dans le tome XXI de rAcadéinie royale, in-4<*, 1848, avec les rapi>ort» de MM. De Decker et Van Mcenen, qui ont Ivailé chacun la même qiics- (ioD |>hili»n|thiqiic soiis des vues spéciales difTérentos.
Ce« ouvrages ont été iradiiiu dans plu'ieurs langues, et spécialement celui i'ur/Aomiue et k développement de tes faeuliè*. Bientôt paraîtra une édition ooavclle de celui-ci, avec des additions noruiirenses puisées surluul dans les deux ouvrages suivants. Il sera précédé de l'aperçu remarqunhlo sur ces travaux que «ir John 1lei*scbel a publié dans la Beouq d'Édimbourg, n" 185. pour juillet 1850, et qu*il a pioduil plus tard dans rouvrage £itay» from the Itdinbottrgh
Sans s’arrêter ù celle parlie élevée de la science, dilïèrenies personnes, lancées dans les all'aires poliliqncs cl adininislralives, ont, de leur colé, lunrné leurs pensées vers des rcclierclics purement spécnialives. M. Cli. de Brouckere, inalîçré scs occnpalions nombreuses, comme bourgmestre de Bruxelles, ironvail le temps de ilirigei’ la parlie adminislralive et politique de l’Encyclopédie belge cl de publier des écrits intéressants sur réconomie politique en général. Celle science a trouvé également de dignes re|)résentanls dans MM. le comte .Vrrivabene, de Molinari ('), le Hardy de Beaulieu, F. l,anrenl, Brasseur, llerry de Cocquiau, et dans |dusienrs autivs économist('squionl su faire aimer la science et lui donner, en Belgi(|ue. un intérêt toujours croi.ssant.
Nous avons eu l’occasion de parler déjà, dans un autre ouvrage ('|, des développements (pie la statistique avait pri.s pendant le régne précédent, et de la formation des commissions provinciales tic stalisli(jne ipii avaient été rattachées à la Commission ventrale établie auprès du ministère de l’intérieur; nous avons rappelé en même temps que le gon-
<uul ijunrterïtj Heviews, du aiileur ; I \nl., chez tunginan, «^n IR57.
On verra «tous (|uel poiiU de vue i-U ve h scicnre de la a été coiisidcrt^r
par col aslrouome, riin des plut rmianiiialdes de crlle «''pagine.
ha sUhsii<iiie inaihriTMiitiiiu a irailiV^ par M. Veiliiiitt, dans doux mémoires . Htdtvrchti ma//u*mu/iV/Mcs sur la loi ü/’ficcro/ssfmou/ de la population. N’ons on pailorons dans lo livre suivant.
'1. J.-E. Horn a publié un oxoollonl manuel do statitii«pio. pondant smi sojoiir en bo];*ii|iio ; fievnlkeruHf/s icissenschaftliche Stndien nus 1 voi.
111*8*. Leipzig, chez Urookliaiis, 1854. Voyez atis^i : Die Cesetzmdssigkrit, etc., p.ip .\iiolplie NVagnor, I vol. in-H”. Ilanihourg, chez Boyov olGolslor, I8fi4.
On doit aussi h M. Liagrc un traité élôinenlaire Sur le calcul des probalitès et la théorie des erreurs. Bruxelles. 1 vol. in-1'-*, iHui, et à 11. Qnoicict, Des i«strurtions sur le calcul des probnhililés. I vol. in-18; 1828.
(*1 M. de Molinari publie depuis longtemps, avec sucrés, le journal périodupie /^Économiste belge, organe désintérêts politigues et economiques des consom ■ mateurSf <|ui parait deux fois par mois; ou lui doit aussi un grand nombre d'ouvrages sur IVconoinie polili<|ue,r( son frère. M. E. «lo Molinari, a publié le premier volume «i’iinesérie «('../uMMufresepii paraltionl annmdlenient sur la même science. (») //»s/oire des fciericM pages rt snjvaiue.s. 1 vol. in-M'*; I8G4.
vernement acluel avait adopté, en 4841, le même système, mais en le modifiant et en y ajoutant des améliorations importantes par les soins de M. Liedts, alors ministre de l'intérieur C’est peut-être ici le lieu de signaler les principaux services que cette organisation nouvelle a pu rendre au pays, soit pour aider les travaux administratifs, soit pour faciliter les travaux scientifiques, car la Commission devait opérer à la fois comme branche administrative et comme corps savant chargé de la publication de documents divers, et de sa mise en relation avec les corps savants de même nature qui existent dans les divers pays ('). Elle doit être, sous ce rapport, une véritable société savante pour les sciences administratives.
(') Voici, son règlement d'ordre, rindication de ses aUrihiitions prin*
ci paies :
1* Dresser un plan complet de la statistique du pays ;
S* Signaler les lacunes ou les détails superflus que préseulenl les publications stiüsliques;
Donner son avis sur les modèles des lableaui dans lesquels les renseigne* neots recueillis doivent être classés, qui lui seront remis de la part des différrois départements ministériels, et, le cas échéant, de pro(K>ser elle*mémeces modèles;
4* Veiller à ce que tout double emploi soit évité dans les demandes de renseittoenenu et dans les publications elles-mêmes;
5* Donner un avis motivé sur les projets de rapports au Roi, relatifs aui Iravsm statistiques des divers dé|tartemeoli, lorsque ces rapports doivent être rendus ptihlics;
6* Diriger les pnhlicalions de statistique générale au ministère de Pintérieur;
7* Paire toutes les pro|tositions qui lui paraîtraient propres à introduire de runité ou des améliorations dans les travaux statistiques.
I.C même règlement statue que des membres correpondanls peuvent être nommés par la Commission centrale avec Papprobalion du ministre.
Voici quels furent les membre.s de la Commission au moment où elle fut orga* niséc, il y a un quart de siècle : SDH. L. Veydt, Vissebert, Xaloii, Ed. Ducpetiaat, Sauveur, Ed. Smits, V. Viison, Qiietelet, président ; Scblim, C. Detournay, ^^roi, X. Ueuschling, secrétaire. Généralement, tous les membres ont pris part è la rédaction des Bulletins ; mais plus particulièrement M. Heusebling, à qui Ton doit encore plusieurs autres ouvrages statistiques.
La Commission centrale de statistique se compose aciiiellemeDt de quatorie
Am pri'inipr abord, l'organisation nonvclln peut paraiiro la mémo qno l’organisation ancioimo; mais ollo ost dans lo lait bien diiréronle. Ki, Ions los travaux |)rincipanx so font [lar la Commission contralo du gouvorrioniont, ot los commissions provincialos n’intcrvicnncnt rpio pour fournir dos rcnseignomonls rdatifs à leur localité, et Irés-rarcmcnl pour publier dos documents spéciaux, (pii alors prennent place dans les Bulletins do la (Commission contrab'. Il a paru successivement dix volumes de ces bulletins, ipii, outre les procès-verbaux des séances, renrerment les rapports et l(>s actes olliciels concernant la slalistiipie, et de plus une série de mémoires et de communicaiions ipii forment une partie distincte.
(Colle manière de travailler donne un intérêt nouveau aux recherches des membi'os; mais ce ipii a surtout imi>rimé
iiH'iiilin s, en y ciim|Mennm son et son secrél.iiie. Les cnmmi«sinns
provinriahs, |Mé'«i(lrcs p,ii' k*s ttiil ilniize membres, r(, ile plti',
1.1 ('oimnitisioii rcntiMlc peut .ivinr jtixpiVi liU.iiic-vingN ineinbrcN corrrapowilfints p.irmi 1rs a.iv.inls éli.in;;ei > ô l.i Rclgii|iie. Ses prini'ip.ilos piibhcatimi'i sont ;
l** Dix loliimes in-4“ <i<‘ Bulletins, dcsltnés à recevoir : les» tnéiuoiiis cl
comtniimcolions; 6, pr«K'r« v ci h.itix ; c, le» l'.ippot ts ; tet> actes oiricieUj e, la biblio^rapliie <tc I.1 »(.i(istu|iie.
.Bouveniciil de rèl.il civil pcndâiit Ic’i am]cc:( 1H41 à 1B50 incliHivcmcnl, 10 t«>iiiinc».
S** KecfiJ^cmenl j;i'ntT.il ele !.i popiil.t(inn ^ de rafiriciilliii'e, de rindn«lne, exécuté en 1840. O volumes.
4" Exposé do la silii.ilioii du ruyatmie pour U péritnlo déccitnak* de 1841 •i IHnO. I voliiiiie.
5" Ex|K)>é de la sitiiatioii du ioy.inme pour la période ilécennale de 185! a 5 v'oliiiiies I8(*4.
0'^ Bcceiucmcul ^<^''"**'•'>1 <k* popiil.ilioii <1 de r.igriculturc exécuté en 1850.
volumes.
Dan» la Coimiiissiou précétleule, .iii iiinmrni ou échita la révolution de IH->0. on n'avad jmlilié tiue deux volumes trè»- inconiplets de dociimeiils 9Ua(iSti<)ne«, et l’on venait de f.iii-e nu e»s.ii a^sez éleudu Mtr le dénoiiiliicmenl de la popiilatiou. La partie de ce receiisemeni relative à l.i Bel”i«|iie tut publiée p.ir MM. Stniis et (Jiielelei, soiis le litre : Itcchfrches sur la rcproductiou et la mortalité. 1 vol. 111-8’’; 185:î.
une poissante impulsion à leurs travaux, c'est l'es|)èce de fraternité qui s’est établie entre les délégués de tous les pays civilisés, ü* gouvernement de la Belgique, en 1853, eut I heureusc idée de demander aux différents Étals de réunir leurs statisticiens officiels pour chercher à introduire plus (l’ordre et d’unité dans les travaux respectifs de chaque pays. Tous les Étals civilisés sentirent le but utile d’une pareille association, et dès lors se formèrent les congrès statistiques qui se sont successivement réunis à Bruxelles, à Paris, à Vienne, à Londres, à Berlin (*). Bientôt, il faut l'espérer, l’on ira plus loin, et l’on devra aux bienfaits de cette association une uniformité de rédaction entre les travaux officiels de tous les pays éclairés, qui permettra de les comparer immédiatement les uns aux autres et de les juger d’une manière plus sûre. La discussion entre les personnes instniites des différents États donnera le moyen de choisir les méthodes les plus rigoureuses, et l’on sentira le besoin de les rendre uniformes, pour pouvoir les comparer immédiatement et pour réunir, sous un format régulier et dans quelques volumes, les résultats statistiques les plus gémiranx.
Cette idée a été adoptée au congrf-s de Londres, chez le peuple qui apprécie le mieux peut-être l’économie du temps et la simplicité des administrations. Un plan y fut admis pour l’adoption de mesures communes à tous les pays et pour rendre les documents immédiatement comparables. Tous les États de l’Europe et l’Amérique du Nord apprécièrent l’avantage d’un pareil travail; tous s’obligèrent à donner des documents comparables, et tous surent exécuter rigoureusement leurs promesses. Le premier (!ssai a donc été fait relativement à la population ; l’(!xpérience prouvera, dans les
(*) Vojrei plus baul, page 35.
séances du congres qui suivront, si ce premier essai, sans doute dcfeclueux encore, peut engager à persister dans la voie où l’association a cru devoir essayer le premier pas (').
Lors du premier congrès qui fut tenu à Bruxelles, les statisticiens s’étaient d’abord joints aux économistes pour traiter ensemble les problèmes de l’ordre social qui semblaient leur appartenir en commun ; mais il fut facile de remarquer, dès la première réunion et malgré le désir de plusieurs savants, que ces deux sciences n’étaient pas encore assez avancées pour pouvoir se prêter un mutuel appui. La séparation eut lien, en effet, sans froissement : l’union statistique, formée par les gouvernements, continua librement ses travaux dans une voie plus resserrée que l’économie politique et en demandant à l’observation tous les résultats dont elle pouvait disposer.
L’économie politique, plus hardie, et voyant les choses sous un point de vue plus élevé, mais peut-être moins sûr, entreprit de faire route séparément. Elle s’éloigna des gouvernements, dont la statistique, au contraire, sentait le besoin de se rapprocher, pour y trouver l’objet de ses éludes. Il se forma dès lors un congrès spécial, celui des sciences sociales (1861), dontles premières réunions eurent lieu successivement à Bruxelles, à Gand, à Amsterdam et en Suisse. Ce congrès, comme celui de statistique, publie le recueil de scs discussions après chaque session ; mais l’espace d’une session à l’autre ne se trouve pas rempli par les assemblées des commissions spéciales de chaque pays. On con<,-oil, du reste, l’intérêt que doivent inspirer de pareilles assemblées et l’avantage qu’elles présentent pour la science. Il est à
{*) Le volume a paru sous le titre : Statistique inrerna(ton/i/e {popuiation) publiée avec la collaboration des statisticiens officiels de différents États de VEurope et des Etats-Unis de UJmèrique, par A. pr^siiieni, et
Xav. Mciischlin^, secrétaire de la Commission centrale de slalislique de Belgique. Bruxelles, in-4*, cbea Hayez. 1 vol. in«4*;
désirer que des sociétés semblables s’établissent dans les différents pays et que, pour arriver à la vérité, elles puissent mettre en œuvre les propositions que la raison et l’expérience leur indiquent, en attendant qu’elles aient fait assez de progrès pour sentir leur véritable force et pouvoir se prêter des secours mutuels.
Ces deux sciences, à la suite de leurs séances générales, ont publié des comptes rendus détaillés sur les objets qui y avaient été traités et sur ce qui tenait à leur formation. Elles ont produit plusieurs ouvrages remarquables, et elles donnent de nouvelles preuves qu’elles entrent sans peine dans les habitudes d'ordre et d’industrie qui les concernent plus spécialement. Elles ont trouvé néanmoins de la peine à s’ouvrir un passage avant qu’on pût bien en comprendre le but et l’utilité. On citait, chez nous, depuis plus d’un siècle, il est vrai, quelques recensements partiels et des essais plus ou moins heureux pour constater les naissances, les mariages et les décès. C’était le clergé qui était spécialement chargé, comme dans la plupart des autres pays, de faire les relevés dans les provinces; mais la marche sévère de ces sciences restait à faire; et les premiers succès qui ont été obtenus prouvent assez que l’on apprécie leurs services et qu’on tiendra compte de leurs efforts heureux.
Les heaux-arts, à leur tour, eurent, en 1863, un congrès solennel à Anvers. Cette assemblée, espèce d’hommage rendu aux arts et à ceux qui les cultivent avec succès, ne paraissait pas avoir eu d’autre hut spécial, en la considérant sous le point de vue des lettres. On y parla, il est vrai, des grandes questions qui se rattachent à son domaine, plutôt pour en éclairer quelques points que pour déterminer les mérites des différentes écoles, ou pour indiquer la marche qu’il convient de suivre, en ayant égard à la nature et aux usages des différents pays.
Si nous n’étions forcé de nous renfermer dans les limites que lixcnl les sciences physiques et mathématiques, nous pourrions, outre les trésors des beaux-arts, faire valoir les bienfaits que les lettres doivent à l'ancienne Belgique, et ciler particulièrement les écrivains distingués qui font revivre les souvenirs glorieux de leurs pères. Nous mentionnerons cependant les moyens, donnés aux sciences comme aux lettres et aux arts, de marcher avec plus de facilité et de grandeur. Plusieurs édilices scientifiques qui manquaient à la Belgique avaient été créés pendant les dernières années du règne précédent : ainsi, pour ne citer que les établissements de Bruxelles, nous compterons, en premier lieu, l'Académie royale de Belgique et sa Commission spéciale pour l'histoire du pays; le Jardin botanique de Bruxelles; l’Observatoire royal, placé dès sa naissance au nombre des principaux établissements semblables de l'Europe; le Musée royal d’histoire naturelle, le Musée d'armures et d'antiquités du pays, ainsi que le Musée d’industrie. Il en est de même des collections anatomiques et des magniliques hôpitaux qui rappellent notre illustre Vésale; le long des boulevards de la capitale, où se trouve la statue de ce grand anatomiste, se sont formés depuis l’un des plus grands hospices du pays cl, en face, le magnilique Jardin Botanique de la même ville. De pareils établissements se sont élevés dans le reste du pays, qui jouit maintenant du nombre d’institutions scientiliques le plus considérable que puisse montrer peut-être aucun autre pays dans un espace aussi limité.
Après la révolution de 183Ü se forma, au moyen de l’ancienne bibliothèque des ducs de Bourgogne, ainsi que de la Bibliothèque de Bruxelles et de la riche réunion des livres de Van llulthcm, une bibliothèque nationale, qu'on peut placer aujourd'hui, pour ses richesses littéraires, à coté des plus belles collections modernes. On y trouve parmi ses ma-
ouscrils, une quaulité de livres de la valeur la plus grande : nous uous bornerons à mentionner, pour la science, les précieux manuscrits de Grégoire de Saint-Vincent. Nous devons filer aussi le magnifique Jardin Zoologique avec ses collections, dont les fêtes sont recherchées avec empressement par la population toujours croissante et par les étrangers nombreux qui aflluont dans la capitale. Les arts ne se reproduisent pas avec moins de magnificence : sous un maitre habile, la musique a repris rancien rang qu'occupait l’école belge, et il en est de même de la peinture. On voit ces deux arts se replacer au premier rang où ils avaient toujours brillé autrefois.
Nous citerons encore, parmi les institutions consacrées aux sciences, aux lettres et aux arts, rétablissement géographique de Vandermaelen , et la nouvelle université de Bruxelles, dont les bâtiments et les collections n'auront plus aujourd'hui à le céder ni aux établissements de l’État, ni à celui de Louvain ('). Certaines collections de la capitale, il est vrai, auront toujours, par leur but spécial, une importance moins grande ; ainsi les collections géologiques, les appareils des usines et tout ce qui concerne l’exploitation du sol et les établissements métallurgiques présenteront plus d’importance et plus de richesse dans les provinces de Liège, de llainaut et de .N'amur, qui peuvent lutter pour la magnificence avec les établissements industriels les plus beaux de l’.Vngleterre; les superbes musées
(') Noik ;i¥ons fait connahrt', lians VfUsloire des sciences mathématiques et physiques chez tes /felyes^ page 504, <{iren 1827, le gouveideiiienl tles Pays Bat«, animé «lu <lé«ir «le voir se répamlrc le goût «les sciences, arait organisé des cours piiMicsaii Musée de Bruxelles; ces cours furent siispenilus à répo«|iie de la révolution de 1850, et furent remplacés plus lard par l'Uiiiversilé de Brtixelles. Nous sai»iN»ons cette occasion pour réparer une erreur qui s*esi glissée au sujet «lu sasaiii prorrssciir Baron, dont le nom a été omis «ians la liste «tes professeurs du Mutée, insérée à la page 504 de Vl/istoire des sciences mathématiques, et qui a été, plus lard, riio des rondaleiirs de la nouvelle Université libre.
d’Anvers et les richesses agricoles et manufacturières des deux Flandres , attireront plus spécialement l'attention sur chacune de ces provinces. Notre principale ambition, après deux siècles de malheurs, est de pouvoir marcher avec ai'lomb et dignité dans la voie où se sont illustrés nos pères, et de pouvoir reparaître avec quelque distinction au milieu des autres nations éclairées de l’Europe.