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Les observations de Bruxelles et de Gaiid sont encore continuées aujourd’luii, et confirment les rnemes diflerenccs : les deux appareils employés sont exactement les memes I/appareil de Munich était aussi un éleclromèlre do Peltier, mais surmonté d’une petite boule n’ayant qu’un centimètre de diamètre, tandis que les appareils de Gand et de Bruxelles ont des boules d’un diamètre dix fois plus grand. L’appareil de Kew était l’ancien appareil de Saussure (').
Quant aux effets dynamiques, nous ne connaissons pas d’observations imprimées auxquelles nous puissions recourir ponren comparer les résultats avec les nôtres : cependant elles méritent l’attention la plus grande. Nous croyons que, pour les étudier avec fruit, il faut nécessairement deux instruments, l’un qui permette d’observer les petites déviations périodiques pendant la journée, et l’aiitn' qui aide à mesurer les déviations extraordinaires, produites pendant les orages.
(') Avinl (le se servir de réleciromètre, il est une autre précaution à laquelle il faut prêter Tattenlion la plus grande, car c'est d'elle que doivent dépendre la comparabilité des instruments, à difTérentes époques, et la valeur absolue des degrés observés : il faut à un béton de cire (loujoiirs le même) donner le plus d'électricité |>ossible, puis le mettre pendant un instant en contact avec la lioule de l'éleclromèlre. Quand l'instrument est en bon éiat et suffisamment sec pour foDctionner convenablement, on voit dévier l'aiguille d'une quantité généralement la même. Dans notre appareil, l'aiguille dévie de 83 à 83 degrés : c'est son écart maximum. Il faudrait une force inOnie |H>iir écarter l'aiguiMe jusqu'à 90*. .^près avoir acquis ainsi la cerlitiide que tout est dans le même ordre, l'expérience peut être faite avec sûreté. On conçoit sans peine qu'il faut une table spéciale pour chaque éleclromèlre cl que les degrés ne sont pas immédiatement corn* parables entre eux. Quand l'aiguille, par exemple, s'écarte de sa |>osition d'équilibre de 40 d^rés, sa charge est plus (pie double de celle qu'elle aurait dans la position où elle n'induiuerait que 90 degrés . la théorie des forces le montre suffi- «amroent. Les d^rés réels s'écartent des degrés observés dans un rapport qu'on pcDl déterminer soit par le calcul, soit par l'expérience. Il faut que chaque observateur ait eu soin de déterminer sa table de réduction, avant de se livrer à de semblables observations. Nous avons donné la description de l'instrument et des difTérenli calculs à faire dans notre ouvrage : Sur leeh'matde la Belgique^ 3* partie, chapitre De rÉlectrieité de Voir, W volume, pages 4 et suivantes, io-4»î
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Nous avons (Icjà fait i-oiuarquer que ce ii’esl, géiiéralem(M)l, que peiulant les pluies et les orages que l'on ohsiTvc l’élec- Irieilé négative; hors de ces causes accidentelles, l’électricite demeure positive. Pendant que le tonnerre se fait entendre, on voit l'clectrieité de l'air varier de l’état |)ositif à l’état négatif; et, dans ses termes extrêmes, l’aiguille, avec la rapidité la jiliis grande et en moins d’une minute, passe du point l'xtréme maxhin/m au point extrême iiiiiihiitiw ('). Nous sommes loin encori! de connaitre les eauses qui produisent ces grands phénomènes de la physiipie du glolie. Ce (pie nous avons de mieux à faire, dans l’état actuel des choses, c’est de constater soigneusement les faits, en attendant que nous puissions mieux apprécier h\s forces qui les font naître.
Si des grands phénomènes di* la nature nous di^scendons à ceux ipii se produisent sur une échelle moindre, nous y rencontrons des sujets qui ne sont pas moins dignes ch' fixer notre admiration. Un parlant des cti'es micro.scopiques (]Ui hahitent les plantes, rauteur des Etud<‘H de la Sature a dit : i( Une goutte de rosée ipii lilire dans les tuyaux capillaires et diaphanes d'une plante, leur présenU' des milliers de jets d’eau ; fixée en houle à l’extrémité d’un de scs poils, un océan sans rivage; évaporée dans l’air, une mer aérienne. Ils doivent donc voir les lliiides monter au lieu de descendre; se mettre en rond au lieu de se mettre de niveau; s élever
en l’air au lieu de toniher Ils ont une autre chronologie
ipic la nôtre, comme ils ont une autre hydraulique. »
C’i'st cette hydraulique dont M. Plateau est parvenu à rendre sensibles h’s phénomènes les plus délicats, en les produisant sur um“ grande échelle. Il a été conduit à ces résultats remarquables en partant d’une idée aussi simple
(M \oy*‘i 11 «U* .Vmp la physiifuc tin (jlobe f |mbli^
•'Il 1801, ji.'ij^esOl à 121, in-1"; llnixcHc-x.
qu mgénieuüe. 11 a fait voir qu’il était toujours possible du soustraire une masse liquide à l’action de la pesanteur, et d opérer sur elle comme si notre globe était anéanti, comme si nous nous trouvions isolés dans les espaces planétaires en présence de la masse liquide soumise à l’expérience. Nous voyons alors cette masse se disposer en globe, ou se mettre en rond, au lieu de se mettre de niveau, pour me servir des expressions de Bernardin de Saint-Pierre. Les phénomènes capillaires subissent à leur tour les transformations les plus curieuses : ce qui n’était appréciable que par le calcul se montre avec toute évidence à l’œil de l’ob-servatenr ; et l’expérience vient prêter ainsi à la théorie un appui inespéré jusqu’alors. Combien l’auU'ur d(!S Etudes de la Nature eût été émerveillé, en voyant des lames liquides s'étendre et s'amincir au gré de l’expérimentateur, se placer sous toutes les inclinaisons, s’entrecouper et donner lieu aux ligures les plus régulières, aux formes les plus inattendues. Tous ces phénomènes si curieux ne sont pas seulement des déductions ingénieuses d’un principe d’hydrostatique dont on n’avait pas tenu compte jusque-là, ce sont encore des expériences du plus haut inUirét pour différentes branches de la physique (').
En parlant des travaux faits en Belgique avant 1830, nous avons eu l’occasion de citer les nombri'uses expériences que M. Plateau avait exposées sur les phénomènes lumineux, soit dans les Mémoires et les Bulletins de l’Académie de Belgique, soit dans la Correspondance mathématique et physique de Bruxelles. Ses recherches ingénieuses sur l’optique annonçaient dès lors un des hommes les plus habiles dans cette partie délicate des sciences physiques. Plein de ses idées fécondes, il ne s’aperçut malh(‘ureusement pas qu’il abusait
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(le (;et organe précieux, qui prêtait tant de charmes à ses curieus('s expériences : il finit par perdre la vue ; mais sa force intellectuelle, sans souffrir de cette perte douloureuse, lui donna en quelque sorte une force nouvelle pour continuer ses travaux : ses recherches ne furent ni moins nombreuses ni moins remarquables. 11 publia successivement différents ('crits qui fixèrent sa place parmi les physiciens les pins méritants qui se sont occupés des phénomènes de la vision. Il donna, dans les Mémoires de l’Académie royale de Bruxelles, l’c'ssai d’une théorie générale comprenant l’ensemble des apparences visuelles qui succèdent à la contemplation des objets colorés, et de celles qui accompagnent cette contemplation, c’est-à-dire la persistance des impressions de la rétine, les couleurs accidentelles, l'irradiation , les effets de la juxtaposition des couleurs, les ombres colon-es, etc. (t. Vlll, 1834), et un mémoire sur l'irradiation (t. XI, 1839), dans lequel il .s’est proposé de, faire* disparaître les incertitudes qui régnent encore aujourd’hui parmi les astronomes et les physiciens sur l’existence même de l’irradiation, et de substituer aux notions vagues que l’on possède maintenant des idées plus précises sur la cause du phénomène, sur l’influence qu’il peut exercer dans les observations astronomiques et sur les lois qui le r(’*gissent. Ce qui caractérise surtout les écrits de M. Plateau, indépendamment du mérite (h; ses travaux scientifiques, c’est cette extrême netteté d’aperçus, cette grande précision de langage qui peuvent servir de modèle à bien des écrivains qui suivent avec: plus ou moins de succès la carrière des sciences. Ses é‘crils sur l’optique, et particulièrement ses idé;es sur leur théorie, ont rencontré sans doute des opposants parmi b'S hommes les plus exercés dans les connaissances scientifiques; il suffirait de nommer Arago et Brewster pour le prouver; mais tous se sont accordés à reconnaitre l’élégance et la nou-