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On peut consulter A cet égard les observations qui ont été faites à l'Observatoire royal de Bruxelles, pour déterminer les maxima et les mtnt'ma du baromètre la nuit comme le jour, entre les années 1840 et 1848.
vations furent continuées pendant six années, de 1836 à 1841. Elles donnèrent des valeurs sensiblement différentes de celles qui avaient été trouvées d’abord; mais comme elles embrassent un nombre d’années double, elles méritent plus de confiance. L’auteur sentit d’ailleurs la nécessité de négliger les décimales au delà des centièmes d’heure. Il est juste de dire que la distance de Louvain à Maeslrichl pouvait introduire une différence dans les nombres.
Ce ne fut qu’après avoir discuté et examiné toutes les valeurs obtenues par ses observations que Crahay, après trente années de recherches suivies avec attention, consentit à laisser le soin d’observer à d’autres savants plus favorisés par l’àge et par les circonstances. La météorologie avait pris une tout autre marche pendant les recherches de notre confrère. A l’obligation pénible d’observer par soi-mème, d’heure en heure, on avait substitué un genre d’observation plus précis qui laissait au crayon le soin d’enregistrer lui-même les données; et le savant n’avait qu a relever avec attention les observations recueillies par les instruments. Ce genre d’annotation si simple et si facile devait causer, il faut en convenir, un sentiment agréable et pénible en même temps à ceux qui avaient consacré une partie de leur vie aux observations anciennes. Crahay ne se plaignit pas : ses résultats étaient acquis à la science; mais sans doute, il put regretter plus d’une fois de les avoir acquis au prix d'un labeur fatigant. Plus tard, le travail eût été plus aisé, l’observateur eut suivi plus facilement les manifestations des phénomènes météorologiques sur tout le globe.
Indépendamment des observations dont nous avons parlé et qui firent la principale occupation de sa vie, Crahay prit part aussi à des observations qui lui avaient été demandées par d’autres physiciens. Je me rangerai parmi ceux-ci, et je
suis heureux de pouvoir dire que notre confrère est l’un des savants qui m’ont toujours fourni les renseignements les plus sûrs et les plus complets. Je citerai entre autres les observations météorologiques horaires qui ont été faites d’heure en heure et, pendant la durée de 36 heures, quatre fois par an, aux époques des solstices et des équinoxes ('). Ces observations étendues à soixante-dix points environ de différentes régions de l’Europe et de l'Asie, ont donné des résultats à peu près identiquement les mêmes que ceux obtenus presque à la même époque dans le nord de l’Amérique. Elles ont fait voir que les lignes d’égale pression marchent, sur la partie occidentale de l’Europe, à peu près dans le sens perpendiculaire aux parallèles, et quelles se trouvent retardées par l’obstacle des montagnes. Par dessus le reste de l’Europe et au-dessus de l’Asie, les lignes d’égale pression deviennent à peu près parallèles à l’équateur. On a pu voir, en même temps, quelle était la vitesse de ces ondes (').
Ce genre d’observations occupait déjà notre confrère dans la dernière partie de l’année 183b; il y prit part jusqu’en 1841, époque où un autre système d’observations plus étendu vint le remplacer.
Crahay se chargeait avec plaisir de travaux même fatigants, pour répondre aux désirs de ses confrères de l’Académie. On avait la plus grande confiance dans ses lumières et dans les résultats de son examen; il était souvent appelé à émettre son opinion sur les questions appartenant à la phy-
(') Ces observations m'étaient d'autant plus précieuses que je les devais entièrement i l'obligeance de Crahay : c'était un savant très-réglé, chez qui les observations de nuit étaient à la fois un acte d'extrême politesse et d’une véritable courtoisie.
(*) « La vitesse n’est pas la même dans les différentes parties de l’onde : on peut l’estimer de six à dix lieues par heure. La vitesse semble en général être d'autant plus grande, que les pays parcourus présentent moins d’aspérités. » Sur le climat de la Belgique , tome II : des ondes atmosphériques , p. 87, in-4°. Bruxelles, chez llayez, 1857.
sique; ses rapports étaient toujours conçus d’une manière obligeante, sans rien sacrifier des besoins de la science : ils concernaient à la fois les travaux des étrangers et ceux de ses confrères et amis, mais on aurait peine à distinguer les uns des autres, tant ses observations étaient sincères cl conciliantes (').
On y remarque que les questions relatives aux végétaux et aux animaux fossiles lui étaient très-famillières : c’est un sujet dont il setait occupé presque avec autant de passion que de la météorologie. Il suffira, du reste, de parcourir la liste de ses travaux pour se faire une idée des sujets nombreux qu’il avait compris dans ses études. Dans les premiers temps qu’il habitait l’Université de Louvain, son attention s’était portée vers l’astronomie : il avait raison de croire qu’avec la connaissance qu’il avait des phénomènes célestes et des instruments d’optique, il parviendrait à faire des observations utiles : il me parla de ce qu’il avait observé et me communiqua les résultats d'une éclipse que je fis parvenir à M. Schumacher avec les observations faites dans l’établissement qui m était confié : malheureusement, l’instrument dont Crahay s’était servi, était trop faible pour permettre une grande précision, peut-être même le manque d’habitude avait-il rais sa bonne volonté en défaut. Le résultat du calcul entrepris à Altona ne fut guère favorable à son attente. J'eus beau l’encourager ensuite à oublier ce premier mécompte, je ne pus jamais obtenir de lui qu’il revint à l’astronomie d’observation. J’eus ainsi le regret de perdre le concours d’un savant qui, sans aucun doute,
{') En consultant les Bulletins de l’Académie, on pourrait croire que bien souvent on abusait de l’obligeance d'un homme qui, en dehors du temps donné à l’université et à la science, désirait ne pas rester étranger à sa famille et voulait consacrer quelques instants à sa femme et à ses enfants, qui avaient droit à ses premiers soins.
avait les qualités nécessaires pour obtenir des résultats utiles.
Crahay était d'une sévérité à toute épreuve dans les expériences relatives à la science; son assentiment était favorablement reçu par les meilleurs connaisseurs; non qu’ils eussent la conviction qu’il rencontrât la vérité en toute occasion, le plus habile peulse tromper, mais on avait au moins de fortes raisons pour croire qu’il était effectivement sur la vraie route. Sa droiture, ses connaissances solides, les services rendus à la science lui valurent, en 1842, la croix de chevalier de l’ordre de Léopold : lui seul put s’étonner d’une pareille distinction qu’il méritait déjà depuis longtemps (').
Pendant la douloureuse maladie qui le conduisit à la mort, Crahay montra la résignation la plus grande : il ne se faisait pas illusion sur sa (in prochaine, mais il s’attachait à développer en lui toutes les qualités qui pouvaient adoucir ecl instant cruel et faciliter son passage à une autre vie.
Ses souffrances durèrent plus d’une demi-année; cependant ses derniers instants furent tranquilles; il cessa de vivre le 21 octobre 1855, dans la soixante-sixième année de son âge.
Louvain perdit un de ses professeurs les plus renommés, et l’Académie royale un de ses membres les plus dévoués et les plus instruits.
(") Crabay avait été nommé membre de la Société météorologique de Londres, au mois d'août 1859.