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un bel entrain en Ecosse. Puis la rigide Angleterre ellemême fut conquise... (r).
En France, les premières « expériences » bien authentiques se firent presque simultanément à Paris, Marseille, Strasbourg, Toulon, Bordeaux, Bourges.
Différents auteurs avaient déjà publié ou publièrent alors des brochures ou des livres traitant de ces « nouvelles » questions. (Citons, entre autres, GuirLarp et surtout Eucène Nus.
Ensr69, parut une brochure intitulée : « Seconde lettre de Gros-Jean à son évêque au sujet des tables parlantes, des possessions, des sibylles, du magnétisme et autres diable-
ries. » Gette brochure de 93 pages — ‘ont nous avons eu la chance de trouver dernièrement un exemplaire chez CHacorNac — est fort intéressante. C’est à son sujet que
M. PIERRE JANET a écrit : « Les théories de la désagrégation psychologique qui viennent d’être étudiées tout récemment par M. Cnarnres Ricner, par M. Myers, et que j'avais essayé de compléter moi-même, me semblaient absolument nouvelles, quand, à ma grande surprise, je les ai trouvées parfaitement exprimées dans un petit ouvrage qui remonte à 1805... Il faut reconnaître que, sous son titre bizarre, se trouve très bien résumé tout ce que quelques auteurs contemporains et moi-même nous croyions avoir découvert en étudiant l’écriture automatique et le somnambulisme. » (L’Automatisme Psychologique.)
(1) En ce qui concerne l'historique au spiritisme en Angleterre, il convient de citer, entre autres, les expériences de la Société Dialectique de Londres. Ce fut en janvier 1869 que la Société décida de nommer un Comité de trentesix membres chargé d'étudier les phénomènes du médianimisme. Après dix huit mois d’études, le Comité rendit des conclusions favorables... RUSSELL WALLACE figurait parmi les membres du Comité, de même que l'ingénieur CROMWELL VARLEY, « Comme MAPES, comme HARE et tant d’autres, a écrit GABRUEL JDDELANNE, M. WALLACE. vaincu par l'évidence, à fait courageusement sa profession de foi dans un livre : Miracles and modern: spiritualism, qui passionne encore les esprits en Angleterre. »
Il y a lieu également de signaler comme elles le méritent les belles expériences de WILLIAM CROOKES. C’est en 1876, après plusieurs années d’investigations tenaces, que le grand physicien britannique écrivit sa phrase célèbre : « Je ne dis pas que cela est possible, je dis que cela est. » Par la suite il confirma à différentes reprises sa croyance en la réalité des phénomènes étudiés par lui.
Rappelons enfin la fondation (1882) de la « Society for psychical Research » dont E: GURNEY et FR. MYERS furent, dit CH. RICHET, les obstinés et ardents inspirateurs. »
L’engouement pour les « tables tournantes et parlantes » fut considérable. Bersor à tracé le tableau suivant de cet « âge héroïque des tables tournantes » : « Ge fut une passion et tout fut oublié. Dans un pays spirituel, dans des salons ordinairement animés d’une conversation piquante, on à vu, pendant plusieurs mois, des Français et des Françaises, qu’on accuse d’être légers, assis des heures entières autour d’une table, sérieux, immobiles, muets, les doigts étendus, les yeux obstinément fixés sur le même point ei l’esprit obstinément fixé sur une même idée, dans une attente pleine d’angoisses, tantôt se relevant épuisés par des efforts inutiles, tantôt, si un mouvement se déclarait, si un craquement s’entendait, tombés et jetés hors d'eux-mêmes, poursuivant le meuble qui fuyait. Il n’y eut pas d'autre occupation et d’autre conversation pendant {out un hiver.
« Il y eut un beau moment, le moment de la première ferveur, de la confiance et de l'enthousiasme qui font réussir. Quelles dissertations profondes sur les fluides! Quels triomphes modestes de ceux qui avaient du fluide ! Quelles humiliations de ceux qui n’en avaient pas ! Quel feu pour propager la religion naissante ! Quelle affection entre adeptes ! Quelle indignation contre les esprits forts ! »
Par la suite, l'enthousiasme du grand public se ralentit quelque peu. L’on en vint, en général, à délaisser les tables tournantes. C’est alors, en 1857, qu'un ouvrage intitulé Le Livre des Esprits fut publié — sous le pseudonyme d’ « ALLAN KARDEG » — par un pédagogue : M. DEenizarp- Hippozyre-Léon Rivais (1). Un peu avant, le baron ne Gur- DENSTUBBE avait écrit un volume sur la Réalité des Esprits. On y trouvait relatées les premières expériences d'écriture directe qui aient été obtenues dans notre pays. Mais cette
((1) Né à Lyon, le 3 octobre 1804, Denizard-Hippolyte-Léon RIVAIL était le fils de Jean-Baptiste-Antoine RIvaiz, « homme de loi et juge ».
Avant de s'intéresser puis de se vouer au spiritisme (c’est en mai 1855 que, pour la première fois, il fut, a-t-il écrit, « témoin du phénomène des tables tournantes, sautantes et courantes »), il se @onsacra pendant des années à l'Enseignement, comme le rappelle et le prouve M. HENRI SAUSSE dans sa Biographie d'Allan Kardec. : : ; Er
Le pseudonyme d’ « ALLAN KARDEC » fut adopté par RIVAIL à la suite, paraît-il, d'une révélation de son « Guide » qui lui apprit qu’il avait déjà porté ca nom au temps des Druides.
ALLAN KARDEC est mort, à Paris, le 31 mars 1869.
en os
œuvre ne fit pas grand bruit, contrairement à ce qui se passa pour Le Livre des Esprits.
« Cette publication alluma la guerre, écrit GABRIEL DE- LANNE dans Le Phénomène Spirite. Le public apprit avec étonnement que ce qu'il avait considéré jusque-ià comme une distraction, renfermait les plus profonds enseignements philosophiques, que du mouvement des tables tournantes se déduisait la preuve de l’immortalité de l’être pensant, et qu'on se trouvait en face d’une nouvelle théorie sur l'avenir de l’âme après la mort. |
« De pareilles affirmations ne pouvaient être acceptées sans contestation. De toutes parts il s’éleva un tolle contre le malencontreux auteur. Les journaux, les revues, les académies protestèrent, mais, à l'honneur de notre pays, on ne vit pas se reproduire en France les scènes de violence qui avaient accueilli le spiritisme en Amérique.
« On reprit l’étude des tables tournantes, et deux courants d'opinion se dessinèrent nettement. Pour les uns, le phénomène n'avait aucune réalité ; les coups frappés, les mouvements de la table étaient produits par la supercherie ou par des mouvements inconscients de la part des opérateurs. » î
En effet, en ce qui concerne par exemple les coups frappés ou « raps », différents auteurs — que nous citons ci-dessous — crurent en donner une explication définitive en invoquant l'existence de certaines contractions musculaires chez les médiums. C’est ainsi que furent mises en cause : la contraction du long ipéronier latéral (Scmrr) : celle du court péronier (DE LAMBALLE) ; l'action du tibia sur la surface inférieure du fémur (Frwr) ; la sortie de la longue portion du biceps, de sa coulisse ; la rotation de la cuisse ; la contraction du jambier postérieur et celle du fléchisseur du gros orteil (VEeLPEAU) ; la rotation de la région lombaire de la colonne vertébrale (CLoqueT). Or, d’autres auteurs se sont élevés contre cette manière de voir. Citons, par exemple, M. le Professeur Crarzes Ricner : « Pour ne pas admettre le pouvoir télékinésique qui aboutit à la production de raps, on a fait quantité d’hypothèses sau-