‹ Sciences occultes et déséquilibre mentalChapitre 21 sur 72 · PAPUS · texte numérisé non relu

PAPUS

Nous venons de faire une incursion dans le domaine de la théorie. Mais il existe également une pratique. C’est là ce qu'on désigne sous le nom de Magie.

L'on distingue habituellement différentes magies : la magie humaine, la magie naturelle, la magie infernale et fa magie divine. Eh bien ! en ce qui concerne les trois premières, il y a lieu de faire savoir aux néophytes qu'elles ne sont pas sans danger... À trop s'approcher d'une telle flamme, les inaptes risquent fort de se brûler ! Aussi convient-il de leur déconseiller fortement de se livrer à ces pratiques. C’est d’ailleurs ce que font la plupart des occullistes avertis, quand un débutant vient leur demander un avis. On ne peut que les en approuver.

« La magie humaine, ou du microcosme, renferme toutes les actions directes des êtres humains les uns sur les autres et surtout l’action de l’homme entraîné sur l’homme non entraîné. Sa clef est l’utilisation du corps astral et sa direction consciente, ce qui la différencie immédiatement de la médiumnité... La pratique à atteindre consiste à obtenir la sortie consciente et progressive du « double astral » hors du corps physique. » (2).

(1) Conseils aux nouveaux venus désirant étudier l'Occulte. (2) Papus : Qu'est-ce que l'Occultisme ?

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La magie naturelle a pour but de « faire agir la volonté humaine dynamisée sur les forces vivantes de la Nature. Sa clef est : la Lumière astrale, agissant dans la Nature comme le corps astral agit dans l’homme ; l’étude de ce genre de magie est, en grande partie, basée sur l’Astrologie, le septenaire planétaire et le duodénaire zodiacal. Toutes les opérations magiques sont, en effet, subordonnées à l’état astrologique du ciel. Ce premier point établi, l’opérateur s'efforce d'agir sur les intelligences ou « Esprits » de différents ordres qui actionnent les divers plans de la Nature. »

Les évocations et les conjurasions doivent se faire suivant un rituel compliqué où le cercle magique (formé de trois cercles concentriques contenant les noms divins et les noms des Anges du jour et de l’heure) fait office de forteresse.

Papus a soin de souligner que cette magie cérémonielle est généralement interdite dans les hautes fraternités, où la Théurgie lui est, avec raison, de beaucoup préférée, dit-il.

« Une seule voie exceptionnelle permet de se mettre en rapport avec le plan invisible, sans danger : c’est la Théurgie. » (Papus : Qu'est-ce que l’Occultisme })

La magie infernale encore appelée magie inversive, magie noire ou sorcellerie, à été fort bien définie par STANISLAS DE GUAITA comme étant « la mise en œuvre, pour le mal, des forces occultes de la nature »

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Enfin, la magie divine, la théurgie, n’agit qu au moyen de la prière et du sacrifice. Elle est donc complètement différente des précédentes et, par suite, mérite une toute autre considération.

I1 y a lieu d'évoquer maintenant des noms et des dates concernant le développement et l'influence de l’occultisme en général. Nous empruntons à Papus la documentation suivante, extraite de Qu'est-ce que l'Occultisme ?

Occultisme et Philosophie

Il ne suffit pas, dit Papus, d'affirmer l'influence de l’Occultisme sur la Philosophie, il faut surtout prouver cette influence par des dates et des noms. Nous allons donc faire l’'énumération des principaux d’entre les philosophes que les occultistes considèrent comme étant des leurs, et nous rappellerons simplement qu'on reconnaît les Initiés et les Disciples de la tradition ésotérique à leur doctrine trinitaire et à l'admission d’un plan ou d'êtres intermédiaires entre le physique et le divin (plan astral de Paracelse et des Martinistes). Il existe, comme nous l’avons dit, deux courants principaux dans la tradition occidentale : le courant Pythagoricien et Platonicien, formé à’hommes très érudits et savants, mais généralement opposés au mysticisme chrétien et à tendances plutôt païennes (pour les modernes). Le courant chrétien, qui renferme presque tous les Encyclopédistes de l’Occultisme et ses plus grands Réalisateurs. Nous sommes obligé de faire une énumération, peut-être monotone, mais qui aidera à tel point les recherches bibliographiques, que nous n'avons pu nous en dispenser.

Courant Pythagoricien et Platonicien

Dans l’école Pythagoricienne primitive, dérivée directement de i’Egypte et de la tradition atlante, nous citerons : Pythagore, Charondas, Lysis, Aristée, Alcméon, Timée de Locres, OEnopide, Archytas de Tarente, Philolaus, Stésimbrote de Thasos. = Dans l’Académie, il faut surtout retenir les noms de Platon, Speusippe, Phormion, Cratès, d'une initiée : Axiotée, et surtout de Xénocrale, qui s’efforça d'établir les rapports du Platonisme au Pythagorisme, en réduisant les idées aux nombres correspondants. C'est la même idée que reprendra un siècle avant J.-C. Antiochus d’Ascalon.

Nous ne citerons pas spécialement Aristote, parce que, bien

qu'initié, il n’a développé par écrit que l’exotérisme et a gardé l’ésotérisme pour l’enseignement oral de rares disciples, entre autres Alexandre-le-Grand. Ses apologistes, ignorant l'existence de l’ésotérisme, ont transformé Aristote à tel point que nous ne considérerons aucun membre du Lycée comme un véritable initié.

Aussi passerons-nous tout de suite au néo-Pythagorisme du premier siècle avec Euxène d’Héraclée et surtout son illustre disciple : Apollonius de Tyane et ses successeurs, Anaxilas de Larisse, Moderatus, Nicomaque de Gérassa (n° siècle) et l'initiateur de Caton : Néarque. Nous mettrons hors de pair l’illustre Apulée, un des derniers initiés aux grands mystères et un des rares révélateurs de l’ésotérisme.

Arrivons aux néo-Platoniciens, ceux qui donnent le plus de lumières sur le plan astral et les Esprits astraux, parmi lesquels nous retiendrons :

Areius Didymus (sous le règne d’Auguste), Thrasylle (sous le règne de Tibère, qui le fit tuer), Plutarque, disciple d’Ammonius d'Alexandrie et qui révéla sous des apparences badines de bien profondes vérités, dans son traité « d’Isis et d’Osiris ». Albinus, un des initiateurs de Galien, Maxime de Tyr, Taurus Calvisius, qui compta Aulu-Gelle parmi ses auditeurs, Ptolémée d’Alexandrie, et, pour ne pas oublier les initiées : Arria.

De l’Ecole d'Alexandrie, il nous faudrait tout citer. Après Numesius d’Apanée nous nous arrêterons surtout sur le nom d'un des plus grands parmi les initiés : Ammonius Saccas. Ammonius passe pour avoir doté le Christianisme de tout son rituel, dont le principe est tiré du Mazdéisme, mais il a donné naissance à une telle pléiade de brillants élèves, que l'humanité doit retenir ce nom. Parmi ces élèves, nous citerons, après Hérénius et Origène, l’inspirateur d’Allan Kardec, bien malgré lui, Plotin qui, à son tour, donna naissance à deux grands courants traditionnels : un courant occidental, confié à Porphyre, et un courant oriental, confié à Amélius qui développa surtouüt la pratique mystique. Porphyre eut pour successeur, à la tête de l’école, l’illustre Jamblique auquel succéda au rv° siècle, Adésius, lui-même suivi, à la tête de l’école fondée en Cappadoce, par Eustathius.

Retenons la fondation à Athènes d'une nouvelle Ecole par Plutarque d'Athènes (356-436), qui initia sa fille Asclépigénie, initiatrice elle-même, avec Svyrianus, élève de Proclus, et terminons ce qui concerne cette illustre Ecole qui tenta de diffuser les mystères, en rappelant les noms de Hiéroclès, Hypathie, à laquelle l'initiation fut fatale, et Olympiodore et Damascius, soutenant encore la renommée de l'école aux v° et vr° siècles. Nous passerons par-dessus le courant purement alchimique, pour arriver en 1400 où nous trouverons à citer Nicolas de Cusa (1401-1464), Marsile Ficin (1433-1499), le maître de Pic de la

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