‹ Sciences occultes et déséquilibre mentalChapitre 24 sur 72 · MORE · texte numérisé non relu

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chiâtres ont observé, en particulier, des cas de délire spirile où toùt le contenu du délire était fait d’interprétations tirées de la pratique des sciences occultes.

Ceci ne prouve, évidemment, rien contre l'étude éclairée et raisonnée des problèmes que posent ces sciences, études qui en elles-mêmes ne comportent, pour un esprit sain, aucun danger (1).

ALLENDY' (DR).

Si l’on considère l’occultisme comme l’ensemble des faits inexplicables et des hypothèses invérifiées concernant les aspects mystérieux du monde (sorte de spéculation précédant la science), il n’y a aucune raison pour que l’étude de l’occultisme influe sur le déséquilibre mental plus que toute autre activité de “l'esprit, notamment la religion qui répond au même besoin d'explication (celle-ci avec un caractère d’affirmation plus péremptoire, donc plus irrationnel encore que l'occultisme)… Toute névrose ou toute psychose peut s’envelopper d’une expression d’occultisme d’autant plus souvent que le malade trouve plus facilement à accorder son affectivité troublée avec des notions peu courantes, exceptionnelles et d’un champ mal défini. La religion encore fournit un matériel comparable dans la rationalisation du trouble affectif d’où sort l’idée délirante ou obsédante. Ce n’est pas parce qu’un paranoïaque se croit persécuté par des rayons cosmiques ou par des sociétés secrètes que la Physique ou l'Histoire sont à incriminer comme d'une étude dangereuse pour l'esprit. Ainsi en est-il de l’occultisme, même si beaucoup de fous parlent d’envoûtement et de magie. Rien n'est dangereux pour un esprit sain et tout peut servir à construire le monde imaginaire d’un esprit malade. J’estime en conséquence que l'étude de l’occultisme, par ailleurs indispensable à toute intelligence qui veut mesurer les frontières actuelles de la science, n'offre, en soi, aucun inconvénient pour la santé psychique (2).

AZAM (Henri).

Je reconnais pourtant avec M. Desonre, et je tiens à lui rendre hommage malgré mes critiques, que le spiritisme, l’occultisme, comportent leur part de fanatisme et de névrose exaltée. À cela il n’y a pas grand chose à faire sinon recommander aux chefs de groupe d'entraîner leurs fidèles à l’observalion objective des foits, À LA CRITIQUE RAISONNÉE. (La pratique des sciences occulles peut-elle conduire au déséquilibre mental ?)

(1) Extrait d’une lettre adressée à l’auteur. (2) Extrait d'une lettre adressée à l'auteur.

BARRETT (Sir WiLziam).

Il y a certainement des preuves indiquant qu’en se prêtant continuellement à des phénomènes physiques, la vitalité du médium subit une déperdition anormale et excessive, en créant un épuisement nerveux propre à conduire dans les cas extrêmes, à l'aliénation mentale ou à l’emploi habituel de stimulants dont l’effet n’est pas moins déplorable.

À mon avis, le danger couru par le médium n’est pas seulement la perte des stamines vitaux, mais la privation possible de notre bien le plus cher, l'abolition possible de notre individualité, abolition qui peut, par une autre voie, avoir pour cause la sensualité, l’opium ou l’alcool.

C’est l’affaiblissement du sentiment de la responsabilité personnelle qui constitue le principal danger du spiritisme. Il vous faut donc veiller de ce côté avec le plus grand soin ; ceux dont la tête est la mieux équilibrée doivent eux-mêmes se montrer fort prudents ; ceux dont le tempérament est excitable et prompt à l’émotion doivent s'abstenir absolument ; en cette matière, en effet, la fascination les guette et, suivant le proverbe, il ne faut pas que le papillon s'approche de {a lumière : les sots, les faibles, les crédules s’y brüûleraient. (On th° Threshold of the Unseen. — Citation reproduite par le R. P. Garon dans Le spiritisme : sa faillite.)

BARUK (D' Henri).

À mon avis, je crois que la pratique des sciences occultes peut favoriser, surtout chez des sujets prédisposés, des perturbations mentales (r).

BELIARD (D' OcrTave).

Parmi les fous des asiles, un certain nombre montrent une folie mystique, une folie métaphysique ou des idées de persécution qui s’alimentent ou qui paraissent s’alimenter aux sources de l’occultisme. Mais il en est tout autant qui fabriquent leur délire avec des rêveries se rapportant aux sciences physiques, chimiques, biologiques ou mathématiques, à la politique, en fin de compte aux ordres d’idéés les plus divers. Quand on doit se mettre à délirer, on obtient le délire au bout de tous les chemins. La forme du délire est donnée indifféremment par tout ce qui a occupé l'esprit, par les études, les lectures, les occupations habituelles, la profession... Les déséquilibres mentaux ont leurs éléments préformés, préexistant dans le mental du sujet; ils sont constitutionnels, héréditaires ou résultent d’un désordre nutritif à détermination neurotrope, diathèse, intoxication chronique, infection chronique, etc.

(1) Extrait d’une lettre adressée à l’auteur.

Mais vous pouvez admettre avec le maximum de vraisemblance qu’un certain nombre de yrédisposés héréditaires, d’infirmes de la nutrition, d’intoxiqués ou d’infectés chroniques se dirigeront vers les études et les expériences de l’occultisme par goût morbide, par dépravation de la faculté raisonnante ou du sens de la foi; qu'ils iront là par besoin de ténèbres, par besoin de rareté, par ce que j'appelle le sens de l'hérésie, en prenant ce mot hérésie dans son acception la plus large, qui est individualisme, autoséquestration. Et il faut bien avouer que dans le milieu des occultistes, à côté des occultistes vrais, qui sont des philosophes, de hauts esprits religieux, de nobles chercheurs de synthèses, il existe une poussière de ces gens attirés par l’étrange, l’improbable, les superstitions, etc.

Je n'insiste pas. Si ceux-là ne sont pas déjà des déséquilibrés mentaux, ce sont au moins des obsédés. Ce n’est pas l’occultisme qui a fait leur tendance, mais ils sont venus à l’occultisme parce qu'ils avaient celte tendance à l'avance. S'ils devenaient fous, il ne faudrait pas en accuser des études dont la fin est de faire les hommes plus sages ; mais il faudrait dire que l’occultisme, hélas ! attire aussi des cerveaux débiles, en même temps que les plus pénétrants des esprits (1).

BERL (D' Syzvian).

Les pratiques spirites dans leur ensemble comportent un entraînement à l’automatisme. La transe médiumnique est un état de désagrégation qui se manifeste par la libération de l’activité automatique pendant la séance spirite. Cet état particulier est provoqué par le médium à sa volonté. Mais il arrive un jour où la désagrégation s'opère entre les transes, d’une manière spontanée, sans être voulue ou provoquée par le médium. Les manifestations qui constituent la transe se cristallisent pour devenir de l’automatisme pathologique durable.

Les portes des salons spirites sont ouvertes au premier venu. De qui va se former cette clientèle ? Certainement la grande majorité des fidèles de la religion spirite se recrute parmi les inquiets, les anxieux, les découragés de la vie, les personnes frappées d’un deuil, d’un tonus psychique diminué, cherchant à communiquer avec l'au-delà. 11 ne s'agit pas dans ces conditions d’expérimenter, mais plutôt de pratiquer une religion qui est malheureusement très dangereuse pour l’état de santé mentale.

Ceux qui portent en eux un terrain propice à l’éclosion des

maladies mentales seront d'autant plus exposés à ce risque. (Les Psychoses spirites.)

(1) Extrait d'une lettre adressée à l'auteur.

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