DAVIS (D
Ce n’est pas sans inconvénient grave que des gens d’âges et de tempéraments différents se réunissent le soir, dans une mystérieuse obscurité, pour évoquer les âmes des trépassés et faire parler les voix d’outre-tombe... Combien de névroses qui se en terminées par la folie n’ont pas eu d’autre cause et d'autre début !
Je ne saurais trop le redire, c’est une pente glissante, que celle de l’étude du spiritisme, où beaucoup de cerveaux trop faibles ont fini par sombrer, sans même s’en rendre compte, et le même sort attend infailliblement quiconque se laissera aller à la moindre concession, et ne demandera pas constamment à la science et à ses méthodes infaillibles un refuge contre certains entraînements qui sont inhérents à la nature humaine. (La fin du monde des Esprits.)
DENIS (Léon).
Le spiritisme est une arme à double tranchant : arme puissante avec le concours des Esprits élevés, pour combattre l’erreur, le mensonge, toutes les misères morales de l’humanité ; mais arme dangereuse par l’action des esprits inférieurs et mauvais. Dans ce cas, elle peut se retourner contre les médiums et les expérimentateurs, les blesser dans leur santé, leur dignité et causer de graves désordres... Les manifestations des esprits inférieurs peuvent être utiles par les preuves d’identité qu'elles fournissent, mais, à la longue, leurs fluides lourds et malsains altèrent l’état général de santé des médiums, troublent leur jugement et leur conscience, et, dans certains cas, aboutissent à l’obsession et à la folie.
Ne faites pas de vos séances un objet d’amusement, de curiosité, un aliment pour les badauds, mais un acte grave et solennel, un procédé de culture intellectuelle et morale. N'attirez pas les esprits d’ordre inférieur, dont les fluides peuvent altérer votre santé et provoquer des cas de hantise. (Esprits el
Médiums.)
(1) Extrait d’une lettre adressée à l’auteur.
ENCAUSSE 4
LE Ph
Le médium est un être nerveux, sensible, impressionnable ; il a besoin de se sentir enveloppé d’une atmosphère de paix, de calme, de bienveillance, que la présence des esprits avancés peut seule créer. L’action fluidique prolongée des esprits inférieurs peut lui être funeste, ruiner sa santé, en provoquant les phénomènes d’obsession et de possession dont nous avons parlé. Ces cas sont nombreux. ALLAN Karpec les a étudiés et signalés. Après lui, Euc. Nus en a relaté d’autres.
On ue saurait contester que le spiritisme offre des dangers aux imprudents qui, sans études préalables, sans préparation, sans méthode, sans protection efficace, se livrent aux recherches occultes. Faisant de l’expérimentation un jeu, un amusement frivole, ils attirent à eux les éléments inférieurs du monde invisible, dont ils subissent fatalement les influences.
Si la médiumnité psychique est sans dangers, comme nous le verrons plus loin, lorsqu'elle sert à des esprits avancés, il n’en est pas de même des manifestations physiques, et surtout des matérialisations, qui amènent à la longue chez le sensitif une grande déperdition de force et de vie. Les sœurs Fox furent épuisées et s’éteignirent dans la misère.
Ceux qui font du spiritisme un jeu, un frivole amusement, n’ont à en attendre qu'incohérences et mystifications.
Parfois même, il peut être un danger. (Dans l’Invisble.)
DESOILLE (D' HER).
Quelques aliénistes ont soutenu qu'il n'existait pas de folie spéciale due aux sciences occultes, mais uniquement des cas de folie chez des occultistes.. La discussion se résume à ceci Quelle est la part de la prédisposition individuelle ? Nous ne le savons pas très bien, mais une chose reste certaine, c’est que l'occultisme déclanche la névrose. Il faut donc l'interdire à tous.les sujets sensibles, de même que nous interdisons par prudence certains aliments aux personnes que nous croyons avoir un foie ou des reins déficients.
Je suis certes persuadé que la plupart des délires relèvent de troubles organiques où métaboliques, mais je crois qu’il y a des exceptions, qu'il y a des troubles d'ordre psychologique et que la Névrose des occultistes est véritablement due à la pratique des sciences occultes. (Au moins chez des gens prédisposés, mais qui ne présenteraient pas de troubles s'ils ne se livraient pas: à ces pratiques.) (La pratique des sciences occultes peut-elle conduire au déséquilibre mental ?)
DIVOIRE (FERNAND).
On n'empêchera pas les spécialistes de discuter sur les bienfaits et les méfaits du vin. Pourtant les profanes sont d'accord pour penser que lorsqu'il y a rupture d'équilibre entre la force du vin et la faiblesse de celui qui le supporte, il y a danger pour le buveur.
En Occultisme, l’analogie se soutient : il y a danger pour l'apprenti lorsqu'il veut absorber une boisson dont il ignore la puissance et que personne ne lui dosera.
Quant à ceux que l’Occultisme a rendu fous, j'en ai connu, mais j'ai pu vérifier qu'ils étaient prédisposés. C’étaient des cerveaux faibles qu'il n’aurait jamais fallu baigner que d’eau claire.
J’ai dit l’Occultisme, c’est-à-dire l’étude des lois occultes. Et je crois cette étude plus dangereuse pour l’âme que pour la raison.
Je n’ai pas dit : le spiritisme.
Ça, c’est une autre affaire.
Une âme pure, haute, forte, est vivifiée et ennoblie par l’étude des réalités les plus hautes et les plus pures. Par le spiritisme, je ne crois pas que l’on puisse atteindre à ces réalités.
L’au-delà est à l’image de la société humaine : à hanter ses bas-fonds, on n’a rien à gagner.
Des folies causées, sans conteste possible, par le spiritisme, j'en ai vu de près. J’ai pu suivre l’évolution, les progrès, l’horrible paroxysme. L’au-delà s'était nourri.
Considérez que ces expérimentateurs, la plupart du temps, ne sont point des prédisposés nerveux, qu’il ne s’agit pas d’anémie par excès de dépense, mais bien de folie ; que la « table » n’agit ni comme un alcool ni comme un stupéfiant ; qu’elle ne détraque pas non plus comme le ferait à la longue une passion (le jeu, par exemple), au contraire, la « table » peut rendre fou en quinze jours. Certes, parfois les fous du spiritisme ont été affaiblis par une grande douleur (mort d’une femme, d’un époux, d’un enfant), mais sans le spiritisme cette douleur ne les aurait pas menés à l'asile d’aliénés.
(Pourquoi je ‘crois à l'Occultisme.)
DUHEM (D' Pau).
Il y a donc vraiment là un danger et en voici la raison
l'entraînement méthodique à la médiumnité peut développer
PT Ou
l’automatisme psychologique, d’où le dédoublement et même la désagrégation complète de la personnalité ; et comme conséquences nous notons : 1° l’éclosion de la névrose; 2° le réveil, l’aggravation, la systématisation chez certains prédisposés, d’une tendance à la vésanie, de telle sorte qu'un grand nombre de délires évoluent à la suite de pratiques spirites, alors qu’une vie régulière et bien dirigée aurait réduit cette tendance vésanique au silence, ou l'aurait tout au moins ramenée à de favorables proportions; 3° enfin, même chez des personnes équilibrées, mais dont la culture intellectuelle ne leur permet pas de raisonner les faits, ces pratiques amènent presque toujours une sorte de trouble malsain, un certain malaise moral, que la santé publique a toujours intérêt à ne pas voir apparaître.
Selon les uns, le spiritisme est une science, selon les autres, beaucoup plus nombreux, c’est une religion avec ses pontifes et ses temples. Et, fait beaucoup plus grave, il commence à détraquer les cerveaux et à fournir un certain contingent aux maisons de santé et aux asiles... (Contribution à l'étude de la
folie chez les spiriles.)
ERNY (ALFRED).
Aussi, je ne conseille pas à tout le monde de faire des expériences psychiques ; les personnes faibles ou crédules peuvent être ainsi dominées par un esprit malfaisant et se trouver dans l’état d’un sujet suggestionné par un hypnotiseur... Soyez très prudent dans vos séances ou expériences, et prenez vos précautions. (Le Psychisme Expérimental.)
FIESSINGER (D' Cun.).
En sorte que dès aujourd’hui une conviction est entrée en nous : le danger de ces séances pour les médiums. Cette dissociation des centres psychiques dont ils font preuve ne laisse pas d’être impressionnante. Un degré de plus, la volonté consciente se dissipe, tout le champ mental est ouvert aux sollicitations de l'inconscient. Nous ne voyons pas sans appréhension une telle dislocation de notre mécanisme mental. Ce n'est pas à un de nos proches que nous laisserions jouer le rôle
de médium. Nous craindrions de préparer les voies à l’alié- * nation mentale.
M. Bert LOoN nous a communiqué trois observations de sujets ayant contracté, au cours de séances de spiritisme, un déclanchement des centres de l'écriture. Pendant de longues années, ces médiums, en proie à un véritable délire, ont continué à