‹ Sciences occultes et déséquilibre mentalChapitre 54 sur 72 · ROZIER (D° F · texte numérisé non relu

ROZIER (D° F

Le Médium, je l’ai dit, doit avoir un organisme spécial, et n’est pas médium qui veut. Certains spirites prétendent le contraire, mais l’expérience prouve que quelques personnes, après des exercices nombreux et prolongés, n’ont jamais pu rien obtenir. En outre, le Médium est passif : il ne commande pas à l'influence d’où proviennent les phénomènes, il lui obéit plutôt.

Le Magicien, au contraire, n’est pas obligé d’être médium. lei encore je suis en contradiction avec un petit nombre d’Occultistes qui croient que le Magicien doit être médium. Errpxas Lévr ne possédait pas la plus petite parcelle de médiumnité et 11 a obtenu des phénomènes assez importants, et il n’est pas le seul. La médiumnité et la magie, au contraire, s’excluent ; il serait désastreux pour un Magicien d’être médium. En outre, et c'est Ià le plus important, le Magicien est actif, il commande. Il est vrai qu'il peut être malmené par l’Influence en révolte, mais il commande toujours ; c'est-à-dire que si l'influence se révolte, il ne l’implorera pas, il cherchera à la réduire par ses propres forces : s’il est vainqueur, sa carrière magique se poursuit avec d'autant plus d'éclat ; s’il est vaincu, il meurt ou devient fou, mais il n’a pas obéi.

Le Magicien, animé des meilleures intentions, a beau faire appel aux bonnes entités, et uniquement à elles, il n’en a pas moins ouvert une porte sur l’Invisible et il lui sera bien difficile d'éviter que quelques mauvaises entités ne passent par cette porte. C'est, du reste, ce qui arrive trop souvent.

Pour le Magicien noir, il n’y a pas à tenir compte de ces considérations ; il fait volontairement appel aux mauvais ; s’il lui arrive malheur, il l’a bien cherché, et cela lui arrive très souvent, (Les Sciences Maudites.)

RO

SAUVAGE (MARcGEL).

Que le spiritisme soit exclusivement un produit de culture, de l’avis des métapsychistes, que cette « épidémie spirituelle » soit l’équivalent, par certains côtés, des « possessions » du xvin® siècle, et fasse normalement suite au règne du magnétisme animal ; ou que des phénomènes « irréductibles » confirment la communication véritable avec les morts, et la réincarnation, je n'ai pas la témérité de vouloir en décider ici. Peu importe donc. Mais ce qu'il est bon de dénoncer une fois de plus, c’est l'influence néfaste du guéridon sur les esprits plus faibles des vivants. Que de malheureux il conduit chaque jour au cabanon ! Des asiles d’aliénés ont eu, parmi leurs malades, jusqu’à 4o % de spirites. (Sous le masque des sorciers.)

SAVORET (A.).

En réponse à votre enquête, je crois pouvoir affirmer qu'il y a, en effet, très souvent, du danger à pratiquer les sciences occultes. J’ai eu plus d’une occasion de le constater.

Tout d’abord, si les «sciences » occultes sont bien «sciences », il importe de ne pas les livrer à ceux que leur manque dc culture scientifique générale expose à être victimes d’un certain verbiage pseudo-ésotérique, où excelle maint charlatan, ou à « expérimenter », à tort et à travers, sans prendre les minutieuses précautions qui pourraient leur éviter des accidents, parfois graves.

Ensuite, je crois bien que la cause du goût éprouvé, par la bonne moitié des sujets, pour les sciences occultes, est un déséquilibre mental ou moral, tout au moins virtuel, que la pratique de l’occultisme aggrave naturellement.

Enfin, un déséquilibre moral, né souvent de la vanité, pousse trop de cerveaux frustes vers des études pour lesquelles ils ne sont pas qualifiés. Résultat : un beau chaos intellectuel, un bric-à-brac de notions mal assimilées, où le dernier reste de sens commun risque de faire naufrage.

Je crois donc que le danger qu’entraîne la pratique des sciences occultes est de même nature que la tendance intime qui pousse tel ou tel individu vers cette pratique.

Il y a certes des exceptions, aussi ne peut-on dire que l’occultisme mène fatalement au déséquilibre mental. Mais 11 aggrave certainement les tares et déséquilibres préexistants chez ceux qui s’y livrent à l’aveuglette. Humilité, maîtrise de soi, solide culture scientifique, bonne santé physique et morale, telles sont les conditions préalables de toute étude occulte « sans danger », je veux dire sans que le danger soit supérieur à celui qu'offre la pratique de la chimie ou de la physique, par exemple (1).

(1) Extrait d’une lettre adressée à l’auteur.

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