ROSE
SCHIFF (D' Pau).
Je ne crois pas qu’en elles-mêmes les sciences dites occultes peuvent conduire au déséquilibre mental, pas plus qu'aucune autre branche de la science. Toute science est « occulte » en ce sens qu’elle vise à la découverte de ce qui nous est caché, et à la codification et harmonisation des découvertes de l’homme. Les sciences occultes ne méritent le titre de sciences que dans la mesure où, si révolutionnaires soient-elles, elles s'intègrent dans l’ensemble de nos connaissances.
La découverte des propriétés radiantes de certains corps a bouleversé toute la physique, le vertige d’infini que cette découverte a entraîné chez les physiciens de la matière n’a conduit aucun d’eux, que je sache, au déséquilibre mental.
Je crois, par contre, que les pratiques peu scientifiques de certains occultistes ont pu ébranler quelques cerveaux prédisposés. Je crois que le caractère en apparence merveilleux et supra-scientifique de certaines de ces recherches a amené aux sciences dites occultes des adeptes déséquilibrés par avance, ou en instance de l'être. Je crois que certains occultistes, aux
‘ méthodes hâtives, peu scientifiques et qui se sont montrés insuffisamment prudents dans le choix de leurs auditeurs, ont pu précipiter chez quelques-uns d’entre eux l’éclosion de troubles mentaux.
Ces troubles mentaux latents sont pour la plupart du type « automatique », c’est-à-dire qu'une confusion est faite entre une influence qualifiée d’externe, aStrale ou autre, et les propres mouvements psychiques d’un sujet. Par un mécanisme d'intelligence inconsciente connu sous le nom de « projection », des idées et des sentiments personnels à ce sujet sont rapportés par lui à une action qui s’exercerait sur lui et qui aurait son origine en dehors de lui. Les cas de « folie spirite » dont j'ai lu la relation, en particulier dans un travail du Professeur WIMMER, se ramènent, en effet, à ce que le Professeur CLAUDE nomme « syndrome d’action extérieure », et que de mon côté j'avais, il y a plusieurs années, proposé d'appeler « syndrome de reniement », ce dernier terme visant à donner plus qu'une description, une explication du phénomène (x).
SCHURÉ (Epouarp).
Conime toutes les innovations, celle-ci a ses avantages et ses inconvénients. Le côté fâcheux est que l’expérimentation difficile et dangereuse des forces inconnues de la nature et du monde invisible, jadis réservée à des groupes sérieusement sélectés d'initiés, soit désormais livrée à la foule des profanes. (Préface de « Tu revivras », d'HENRI REGNAULT.)
(1) Extrait d’une lettre adressée à l’auteur.
STEINER (Rupozr).
Quiconque s'occupe sérieusement de l’occultisme fera bien de ne jamais oublier que le goût du mystérieux signifie la poursuite des feux follets les plus décevants et les plus pernicieux.
Sans la culture de la pensée, les expériences occultes sont de nature à plonger l’âme dans une violente agitation.
Par une méthode qui ne veillerait pas à fortifier le jugement, les sentiments, le caractère, il peut arriver que le disciple pénètre dans le monde psychologique avant d’avoir développé les capacités nécessaires. Alors, la rencontre avec le double aurait une action néfaste. (La science occulte.)