P.-C. JAGOT
M?° D..., avenue Fremiet, à Paris, après avoir lu deux ou trois volumes spirites, s’essaie à l’obtention de manifestations et croit entendre la voix de sa mère : elle prête l'oreille, et plus son attention se concentre, plus distincte se fait la voix. Au bout de quelques séances, elle l’entend nettement, et bientôt il lui suffit même, sans avoir recours au silence et à l’obscurité, d’un effort très léger d'attention pour entendre la chère morte. Poursuivant ses « expériences », M%* D... n’a plus besoin de chercher à entendre la voix ; celle-ci se fait entendre à tous moments : à table, au milieu des occupations journalières, etc, *etC:
La fréquence même des communications auditives les fait considérer comme un peu indiscrètes, et M°° D... demande à l'esprit de sa mère de lui parler seulement à des moments déterminés. Peine perdue ; la fréquence des auditions redouble et, cinq mois après le début des expériences, la voix ne s'arrête plus : elle parle continuellement à l'oreille de M®° D... Bien mieux ; les phrases tendres et affectueuses du début font place à des sarcasmes, à des reproches, à des injures.
M. F.., un ancien élève de mes cours à l'Ecole pratique de Magnétisme me vient trouver et me confie qu'il ressent par moment et de plus en plus fréquemment des impulsions auxquelles il a grand’peine à résister ; la nuit, il est brusquement réveillé et se sent poussé à ouvrir sa fenêtre et à l'enjamber. Dans la rue, il est pris de l’idée tenace d'aller se
jeter sous une voiture. En se rasant, il a grand'peine à s'em-
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pêcher de se couper volontairement, etc., etc. Je lui pose des questions sur le début de ses troubles, et j'apprends qu'ils ont commencé le lendemain d'un essai d’évocation de son frère, décédé quelques jours avant et qu’il affirme avoir vu et entendu lui dire : « Tu vas venir me rejoindre, prends garde à toi. » (Citations reproduites par M. Francis De Mirccair dans « Le démon spirile » ).