‹ Scot Érigène et la philosophie scholastiqueChapitre 122 sur 224 · Ibidem, lib, IV, 16, p · texte numérisé non relu

Ibidem, lib, IV, 16, p

Cette nudité dont Adam et Eve s'aperçoivent, c'est l'instant où ils se voient dépouillés des vertus qui les couvraient. Le sommeil d'Adam , c'est le relâchement de cette contemplation attentive qu'il devait au Créateur. C'est pendant ce sommeil que la femme est créée, et cela signifie que, si l'homme n'eût point péché, il n'eût pas été condamné à la reproduction brutale des animaux , il serait demeuré pareil aux anges. Ce que l'Ecriture raconte du sommeil d'Adam , il vaut mieux le placer hors du Paradis, c'est-à-dire, après le péché; et toujours, en parlant du Paradis, que ce soit un lieu dé félicité où la nature humaine dans sa pureté primitive, n'oublions pas que ce séjour ne s'est trouvé nulle part, que cette pureté du monde naissant n'a jamais existé, qu'Adam n'est point demeuré un seul instant dans le Paradis , que le péché a eu lieu dès le commencement ; sinon , l'bomme a pu atteindre à la perfection , et la chute est inexplicable. \

Adam est donc tombé; il n'est plus à cette haute place que Dieu lui avait assignée dans le drame de l'univers; Dieu l'y cherche et ne le trouve plus. C'est làle sens de cette promenade de Dieu dans le Paradis, dont parle la Bible. Dieu s'avance dans le Paradis, c'est-à-dire, dans l'esprit de l'homme,- sondant son cœur et ses reins, et il lui crie: Adam où ea-tu? comme s'il disait : où es -tu après ta faute? je ne te

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