‹ Scot Érigène et la philosophie scholastiqueChapitre 161 sur 224 · CHAPITRE I · texte numérisé non relu

CHAPITRE I

^YODâ. eu peur du panthéisme. Mais ce n'était , chez Vune. et chez l'autre , qu'une fausse terreur; car ce riea 9 qui est le seul nom qui conyienne à Dieu , est , en réalité, la plénitude de 1- être;' et malgré son éloignemeat) nous sommes sans cesse avertis de sa présence. Quant au panthéisme, quant à la confusion 'du Créateur et de sa créature , nous savons que nous ne deroos pas la craindre, maintenant que nous avons vu ce Dieu si élevé àii-dessus du monde, si supérieur à la création. Aussi nos craintes se détruisent Tune par l'autre. Il y a une certaine beauté, chez Scol Erigène, dans l'emploi de ces deux méthodes. Il semble que la premièi'c ne place son Dieu si haut , que pour permettre à la seconde de le reconnaître partout dans l'univers. Plus Dieu doit être présent dans le monde , plus nous devons sentir qu'il nous' entoure, plus aussi il est indispen^ble que ce Dieu . ne puisse être confondu avec son œuvre; plus il faut reculer dans l'infini ce Dieu dont je porte en moi l'image. Cette double idée d'un Dieu infiniment éloigné et qui se révèle sans cesse à nous, indique le passage du néoplatonisme à une direction vraiment chrétienne : or , ce passage se fait avec un certain mélafnge d'enthousiasme et d'efifroi que nous avons vu naïvement exprimé. On assiste ici au premier éveil de la philosophie chrétienne, apercevant le monde qu'elle va parcourir, et oa comprend cette prière qu'elle adresse au Médiateur : <<Dieu, notre salut et notre rédemption, qui

«nous as donné la nature, donne-nous aussi la Grâce; ^ «fais-nous yoir ta lumière > à nous qui marchons à^ « tâtons dans les ombres de l-igftorance et qui te cher-^«. «chons; retire -noiis de nos erreurs; tends ta mai^^ « aux faibles qui ne peuvent parvenir à toi sans tom * a montre-toi à ceux qui ne cherchent que toi ; déchi^r^ a les nuages des vaines imaginations qui ne permettet^f a pas à la pensée pure de te contempler dans la mesure « où tu te laisses voir, toi, l'invisible, à ceux qui veu- «lent adorer ta face; car elle est leur repos, leur fia j « dernière , et au delà ils ne désirent plus rien , parce a qu'au delà il n'y a point de bien plus grande. '

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