‹ Scot Érigène et la philosophie scholastiqueChapitre 160 sur 224 · CHAPITRE I · texte numérisé non relu

CHAPITRE I

^^ dialectique alexaadrine et rejeter sou Dieu si loiu, ^^•rapproche ensuite et le ramène en nous-mêmes; cW par là qu'il est chrétien. Il admet,, si Ton veut, la dialectique néoplatonicienne,^ mais à la condition de proclamer, à côté de cette méthode, une méthode toute différente; et c'est ainsi que, fermant la directipju alexandrine, il ouyre la science du christianisme. ' Je sais bien qu'en ramenant en nous ce Dieu rejeté

• si lein par Plotin et Proclus , il court un autre danger , c^lui de le confondre aTCc l'homme et avec le monde, et .de substituer ainsi au mysticisme d'Alexandrie le panthéisme à demi chrétien que l'Allemagne a renou-

' yelé de jdios jours. Placé à l'entrée d'une science non- Telle, Scot Erigène, s'il n'a pas la riguem* des époques séyères , possède au moins un profond sentiment de ces hautes questions; il en est singulièrement ému , et rtntérèt que présente l'étude de ses travaux est surtout dans cette première émotion , dans ce trouble naïf de la pensée naissante.. Sa théorie du. Dieu à la fois éternel et créé, infini et fini,, effraye. d'abord celui qui l'entend ; le disciple a peur des paroles du maître; .comme il avait été troublé tout à l'heure quand il voyait fuir si loin le Dieu qu'il cherchait, ainsi estait épouvanté maintenant de le voir si près de lui , de le voir partout présent etcréé en toutes choses; il s'était dit en commençant que c'est là une question si haute, qu'il vaut mieux peut-être l'honorer par son silence; mais le maître avait préféré poursuivre ses recherches^

49â TROISIÈME PARTIE.

de peur d'eacourir le reproche de pu^ilanimité; enfia , après maintes résistances, le disciple se rend^ trein-=^ blant encore,. à l'ayis du maltf^e, et celui qui tout' ii« rheure voyait avec çfiProi fuir le Dieu sans nom; 1^ salue à présent eu lui , autour de lui , partout , dasLs l'immense univers. Voilà, dans cet entretien naïf, le danger clairement indiqué, et puisque Soot Erigène im a eu un sentiment si vrai) on nç s'étonnera pas €(a!il ait réussi à y échapper. Nous aurons ôocasioa de revenir sur ce sujet quand nous séparerons Soot Vd* gène des faux mystiques avec lesquels le moyen âge l'a souvent confondu.

Je le répète y les deux théologies dont nous venons de parler sont comme unies chez ce premier fondjiteur de la philosophie scholastique , lequel, sansre^ pousser les traditions de ses mattres , des Pèses alexandrins, a besoin d'une science nouvelle et tout i. fait chrétienne. Cette position qu'il occupe dans l'histoire nous est indiquée par ces deux méthodes qu'il a développées longuement. Cette théologie qui nie tom les noins , tous .les attributs de la Divinité , c'est la théologie alexàndrine , si empressée à cacher son Dieu. Cette théologie qui affirme, c'est' la théologie chrétienne, dont le Dieu veut se manifester et se révéler^ La première a reculé Dieu si loin que noua avons été effrayés, croyant que c'était là le nihilisme, el que ce Dieu dont on ne peut rien dire n'existait pas pour nous. La seconde vient de le placer si près , que nous

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