CHAPITRE II. 20 f
t les scholastiques ; oi;, ces deux familles de penseurs |ui. se cpnfond^nt parfois, et parfois se séparent trèslettement du douzième au quatorzième siècle, repèrent Clément de l'auteur du De disiisioue naturœ.
Ayant de. suivre dans Thistoire. ces influences de sa doctrine 9 marquons un fait important qui nous expliquera ce qu'il y a de singulier dans sa destinée. Il y a deux, choses à considérer /il .y à. deux parts à fairei dans la philosophie de Seot Erigène: il y a, d'un côté^ l'àiei^e de la. pensée, l'entreprise d'un. système, d'une construction métaphysique, et l'exemple légué à l'avenir; de l'autrQ') et tout à fait en dehors de ces sérieux titres de gloire, il y a les bizarreries, les subtilités hyzaatines, les singularités particulières à Jean Scot et ^ son siècle, et aussi, les erreurs théologiques où il ^ laissa eatratner. Or , comme ces bizarreries et ces
^l'reurs 'théologiques le firent, condamner par l'Eglise, *l arriva que l'influence sérieuse et véritable de son ^treprise philosophique ne fut pas relconnue par les siècles suivants, qui la subissaient. Au contraire, sa Innommée suspecte , ses hardiesses condamnées , ont Eût de lui au moyen âge un personnage mystérieux et presque le chef de je ne sais quelles doctrines ténébreuses, auxquelles se rattacheront tous les faux et mauvais- mystiques. k\x onzième siècle, Bérenger continue, sur une question particulière, l'enseignement de Jean Scot, et proclame très-haut son autorité; c'est là au moins un disciple qu'il pouvait avouer ,
et dont il eût été fier; mais ^ après Bërenger, le non de. Jean Scot n'est plus cité que par ^es disciples in* d^nes de lui , ou par des adversaire» qyi le comlMittent sans la connaître. Nous montrerons aussi de œ côté cette triste destinée d'Erigène , de son nom chrgé d'anathèmes, de son œuvre méconnue ' et défîgurie grossièrement. Indiquons d'abord l'actitm salutaiie qu'il a exercée. Je. saî^ bien qu'il n^est cité nulle fuij qu'il n'est nommé par aucun de; ceux qui continuent sa tâche; mais l'histoire de. son influence sur ises dttcendants est ailleurs que dan^ des citations. -Y a->t-il quelque rapport de parenté entre, les doctrines philosophiques du moyen âge et le système de Jean Soot? Tout le problème est là.
Je disais que les deux directions de la philosophie du moyen âge, la scholastique et le mysticisme, se rattachent à lui. Cherchons d'abord quels, rapports il y a entre sa doctrine et cellç des scholastiques.
11 y a un principe qui ouvre et qui domine toute la doctrine de Scot Erigène, c'est celui-ci : qu'il n'y a pas deux études, l'une de la philosophie, l'auti^ede la religion , mais unç seule , qu'on peut appeler indifféremment religion ou philosophie; car la Traie religion est la vraie philosophie , et la vraie philosophie est la vraie religion. Ce principe , proclamé dès le corn* mencement , a pour l'historien une double importance; il s'applique à la fois à Jean Scot et au long développement philosophique des siècles suivants. J'ai dit