‹ Scot Érigène et la philosophie scholastiqueChapitre 178 sur 224 · Vojez surtout, De Arca mysHca, lihri V · texte numérisé non relu

Vojez surtout, De Arca mysHca, lihri V

2. Tribus autem de cousis y ut mihi videtur, in mentis àUemt» tmnem adducùnur. Richardus a S. Yicr. Benjandn ndnor, Ub, V, 7ap. 5.

3. Hoc valde mirabile , quomodo illuc eum conducit, quo ipse tscendere non pot est, Sensus quidem corporeus incorporea non capit, wd quoB tamen sine ejus manududione ratio non ascendit, Uh. H, :gtp. 17.. Sic sœpe famuU dominos suos in via usque ad regios hres prœeunt , et tamen, istis intro usque ad interiora palatii >roperantihus , ilU exterius suhsistunt, lib, II, cap. 18.

224 TROISIÈME PARTIB.

description longuement développée , beaucoup de science psychologique , beaucoup d'observations ingénieuses , et c'est une bonne fortune, de rencontrer au milieu du moyen âge ces antiques et immortels préceptes qui ordonnent à l'homme de s'étudier lui-aiéme, s'il veut fonder une science qui dure. Voilà un mystique, c'est-à-dire^ un homme que les empressements de son amour ravissent versies sublimités périlleuses de la théologie ; il décrit l'arche sainte de la contemplation, il pare de mille ornements cette arche mystérieuse, il l'élève jusqu'au delà des nues, mais il la veut d'abord établir fermement sur la terre; il veut que l'âme ne perde pas le sentiment de la réalité, il veut surtout qu'elle se sache elle-même. '

1. Voici les principaux ouvrages de Richard de Sàint-Yictoi: De Arca mystica s, de contempiationt, Uh» V, — De extermiuh tione maU et promotione boni, tractât, JH, — De statu vUeruris hominis, tractât» lU» — De eruditione hondnis, î£b, lU, -r- A XU patriarchis (ou Benjamin mmor), . — De prœparatiom amnd ad contemplationem, liber unus, — -D^ gradibus charitatis^ iractatus unus, — De qiMtuor gradibus violentœ ckaritatis, tractatus unus. — De Trinitate, Ub, VL — Le sujet du De Arca nyrstitê est une allégorie. Cette arche, qui est Farche de l'allianoe de Moïse 9 c'est la vision mjstique. Les différentes parties de l'arche^ sont les différents degrés de la contemplation^ jusqu'à la couronne qui en revêt le faite. Le De Arca mystica est donc k résumé 9 et on pourrait ajouter le poëme (ce terme est suffisamment justifié par la forme brillante de l'ouvrage )9 le poëme de toutes les doctrines des contemplatifs venus avant Richard de Saint-Victor.

'^r • . ?" 'CHAPITRE in. 225

Scot Érigèoe aussi recottimande maintes fois l'élude e Jdotre àme y mais lorsqu'il parle de la contemplation ^ jiSYchologie ejfl? moins sûre; il contient pourtant ^mjates les idées de ce mysticisme , quepnoua venons de û^vre. Ces idées se déterminent peu à peu , et arrivent Leur plus haute formule chez Richard de Saint-Victor, ^oeuvre de ce grand esprit est le dernier terme de <sîte direction mystique ; il a touché le faite de cette QTche sacrée dont il parle, et, après lui, on ne fera que ^ continuer et le répéter. S. Bonaventure n'ajoute rien de nouveau à ce mysticisme, et développe seulement la doctrine de son maître. Gerson aussi est son disciple et le dernier venu dans cette famille. ^

Ainsi, c'est Jean Scot qui est l'aïeul légitime de ces mystiques réguliers , dont Richard de Saint-Victor est le représentant le plus sérieux. Les principaux caractères de cette école, tels que je viens de les signaler rapidement , c'est chez lui qu'ils apparaissent pour la jHremière fois. Je ne veux pas dire assurément qu'il en soit l'unique fondateur : ce mysticisme tient à d'autres causes. Son origine est dans le christianisme luinoDiéme, et il s'alimente sans cesse aux sources vives de S. Augustin; mais s'il est renfermé dans les écrits de l'évéque d'Hippone, il prend au moyen âge une physionomie plus distincte. Or, c'est dans les écrits

1. LiEBNER, Bichardi a Semcto Vktore de contemplatione doC' 'rina, Gottmgœ, 1737, ïii-4.% p, 4 et 5.

de Scot Érigène qu'on le voit se d^;ager plus netle ment y pour passer de là aux mains des siècles qui Yont suiyre. Etude psychologique des mouTements de l'amour spirituel , attention à rëgler ces élans de la pensée 9 fermeté prudente qui sait s'arrêter sur les pentes périlleuses et, dans l'union ayec Dieu, maiatient avec force la distinction des personnes , Toilà les traits généraux du mysticisme de Jean Scot, d^ yeloppé par Hugues et S. Bernard , et éleyé à sa plus haute yaleur par Richard de Saint -Victor, qui le fait accepter sans réserye à ses successeurs , S. Bonayenture et Gerson.

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