‹ Scot Érigène et la philosophie scholastiqueChapitre 2 sur 224 · CHAPITRE ï · texte numérisé non relu

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dont s'empareront les apologistes de la religion chrétienne; et de la même manière que S. Jean Chrysostôme, S. Basile, S. Jérôme, S. Augustin, ont introduit au sein du ehristianisme l'empire d'Athènes et de Rome, renouvelé et purifié, S. Clément, S. Justin, Origène, S.Grégoire de Nysse, S. Ambroise, subiront l'influence d'Alexandrie, et s'efforceront de la détruire en se l'appropriant.

Cette direction se continue jusqu'aux barbares, jusqu'à l'apparition de ces races nouvelles, qui apportent au monde naissant un élément rude encore, et qui Be sera pas stérile. Il faut prendre garde, je le sais, d'exagérer l'importance de ces dispositions fécondes apportées par les hommes du Nord. Les écrivains de l'Allemagne, qui portent volontiers dans la science et dans leurs théories un patriotisme jaloux , font souvent une part bien large à ces influences de leur race, et il y a mainte philosophie de l'histoire qui, attribuant atix nations septentrionales tout ce qu'elle retranche au christianisme, donne fièrement le nom de germanique à cette époque, qui est chrétienne avant toute chose. Mais , sans s'associer à ces prétentions superbes , il faut reconnalre ce qui est dû i ces peuples nouveaux, ce qui leur appartient Intimement. Ne serait-ce pas cet amour plus profond, ce sentiment plus religieux de l'inconnu, de l'idéal; ces dispositions spiritualistes , que l'on ne conteste pas aux peuples du Nord , et qui , au milieu

même de leur vie barbare et de leurs courses guerrières j se déclaraient déjà dans leurs chants , dans leurs, traditions, dans leurs théogonies? Ne pourrait-on pas ajouter encore une inclination naturelle à rassembler des idées autour d'un principe, et, si cela peut se dire, je ne sais quel instinct des systèmes? Ce qui est certain, c'est que ce fut après l'introduction des peuples germaniques au sein de la civilisation chrétienne, qu on vit apparaître poyr la première fois dans la théologie des tentatives semblables. Il est vrai que tout était préparé pour cela, et si c'était là en effet une des qualités de leur génie, ils arrivèrent très à propos pour la développer. Pendant les cinq premiers siècles, l'Église, est surtout occupée à élablir, à défendre, à expliquer des points particuliers de la doctrine du Christ; chaque hérésie est l'occasion d'une lutte et d'une discussion sur quelque dogme, et ce dogme contenu, obscurément quelquefois, dans l'enseignement de l'Evangile et dans la conscience du monde ' dkrétien , est d^agé désormais et mis en pleine lumière. Voilà l'œuvre de la primitive Église. Tous les points de la doctrine chrétienne une fois établis fortement, on pouvait s'appliquer à porter .plus- haut la science théologique, à chercher la raison métaphy- * sique des symboles , à élever peu à peu la construction tout entière, l'édifice, la somme du christianisme. Or, précisément après la première tache de l'Église, et avant qu'elle eût commencé la seconde, le monde

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