CHAPITRE n
de Charles le Chauye, auprès de ce prince instruit de bonne heure par une mère dont l'érudition étonnait 1^ éréques > , à côté de ce Franc énergique et d'une imagination byzantine, qui se plaisait aux subtiles discussions de la théologie et aux dessins des manuscrits enluminés de pourpre et d'or 2, c'est Scot Erigène qui mérite de remplacer Alcuin et d'être le personnage le plus considérable de cette cour nouyellé , le Maitre, oomme l'apjpelait l'empereur. 3
Elevé sous les yeux de sa mère, la savante Judith, par les soins de Fréculf, éyéque de Lisieux, et de Loup , abbé de Ferrières , qui écrivirent pour lui , le premier une histoire du monde , le second une histoire abr^ée des empereurs , le jeune prince s'habitua à mener de front toutes les affaires de son empire et à r^ler, au milieu des guerres du temps, les choses spirituelles, les différends ecclésiastiques, les décisions de la théologie et de la science. De tous côtés il appelait des savants à sa cour. Peu à peu son palais devenait une« école , et on a pu dirç que l'université de Paris avait été fondée par Charles le Chauve plutôt
'1. Frectdphi chronic. , Uh, II, prœfatio,
2. Hist. littër. de la France, t. IV, p. 282, 283; t. V, p. 514.
S. Nec vêro rex commotus est guod miracuio scientiçe ipsius captus adçersus Magistrum nec dicto insurgere vellet. Sic eum usitate vocabat, WiL Malmeshurieiisis in Uhro V de pontificibus, inedito. Yojez lés Testimonia de Thomas Gale, dans son édition du J)e diinsione naturœ, Oxford, 1681, in-fol.
^'*' z*'^'^,^ n'est ruoiversité, c'est
>/ .^^it^^i^qui^tSXz, alors de tout son
^ ^' ff.ft!k^''^lj!ice î"® ^ra l'uaiTersité au trei-
J" '^^if^^ tt^ des lettres européennes , V arbre
'Vl^gi*^' tg jardin du paradis, la lampe allumée
'i,M^ \Ldu Seigneur. C'est à la tête de cet en-
^ tftf^ ^* Erigène fut placé par Charles le
0ff^ Qç^ comme cette école , qui si^eait surtout
Cb'". ^y Aait pas cependant établie à demeure
* mme elle suivait la cour de yille en ville, il
' j^mblable que la direction scientifique, dont
. Scot était investi , s'étendait à la fois sur tout le
' royauiDC» il occupa assez longtemps cette position
gffOfevdine. Admis à la table de l'empereur, et, s'il / f /jiut en croire quelques anecdotes bien connues, pro-
f roqué souvent par lui , il avait assez d'autorité pour
ne pas chercher à contenir les vivacités familièi^es, les libres saillies de son esprit/^