‹ Scot Érigène et la philosophie scholastiqueChapitre 41 sur 224 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

Il remplit si bien tàtlt le neuvième siècle, qu'on n'y peut faire un pasy sans le rencxmtrer, et en ce mo* ment mikne, de tous côtés, au Vatican et dans les bibliothèques de nos anciennes abbayes, on retrouve des manuscrits du vieux philosophe, on rassemble Bon œuTTe dispersée, disjecti membm.

Peut-être arrivons-nous un peu tôt pour en parler; marquons au moins le point où en est la science.

1.® Son grand ouvrage, 7r«fî (pCasoûç fXBÇiafMHjy De divisione naturœ, a été publié à Oxford, en 1681, par Thomas Gale ^ ; il y en a une nouvelle édition , publiée récemment en Allemagne et due aux soins de M. Schliifer, Prwatdocent à l'université de Miînster.^

C'est là le plus important des écrits de Scot Éri'^'* w gène, celui qui contient toute sa philosophie. 11 est divisé en cinq livres et composé en forme de dialogue: c'est un entretien entre le maître et le disciple sur le monde, natura, sur l'universalité des ètre#^>«ur ce grand tout, qui comprend à la fois Dieu et Lliomme, le Créateur et la créature. La pensée, tout en suiicant son développement dialectique, se détourne tt se perd à chaque instant à travers un grand nombre

1. JoANNis ScoTt EaiGENiE^ De Diçisione naturœ, Hbri V, dm desiderati, Accedit Appendix de amhiguis S. Maxind, etc, Oxonii e theatr. Sheldon, 1681 > in-fol.

2.' JoANNis ScoTi ËRiGENjE, Dé dimione naturœ, Hbri guingue. Edifia recognita et emendata. Accedûnt tredecim auctoris hymni, etc, Monasteru Guestphahrum , 1838 , in-%,'*

de questions secondaires; elle gment ensuite sur ses pas et se répète ayec une confiance inépuisaUe. Ce n'est point du tout la sécheresse scbolastique des sommes de théologie, mais plutôt une fertilité trop abondante ; un chaos riche et confus. Malgré la con-fusion et la subtilité^ Texpression est souvent grande, et elle atteint parfois à une vraie poésie que soutient rélévation de la pensée et je ne sais quel enthousiasme philosophique. Nous ne savons pas à quelle époque le De dwisione naturœ a été écrit; Jean Scot nous apprend seulement, dans les dernières lignes, qu'il Ta composé à la prière et avec les conseils de son frère en Jésus-Christ, Wlfad, chanoine de Rheims, ^ qui fut plus tard évêqué de Bourges, et c'est à lui qu'il l'offre en terminant, après en avœr fait hommage à Dieu.

2.° Le De prœdestinatione écrit contre Gotteschalk, à la sollicitation d'Hincmar de Rheims et de Pardule de Laon, a été imprimé en 1650 par le président Mauguin, dans ses nndiciœ prœdestinationis et gratfœ.^ Noua en avons déjà parlé.

'3.® Il y a un traité de Jean Scot qui porte ce titre, De visione Dei, et que Mabillon a vu manuscrit dans la bibliothèque de Glairmarest près de Saint -Orner.

4.° Un autre traité philosophique , dont V Histoire littéraire de la France ne parle pas, et qui, malheureu-

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