‹ Scot Érigène et la philosophie scholastiqueChapitre 7 sur 224 · CHAPITRE I · texte numérisé non relu

CHAPITRE I

ce seront les vertus nourries et fécondées par le Christ, par cette source de vie qui arrose ^Eden^ S. Ambroiseest de l'école allégorique contre 1 école historique. C'est par S. Basile qu'il se rattache à la tradition d'Origène; mais il pousse bien plus loin que son ami le goût des interprétations symboliques; il suffît, pour apprécier la différence qui les sépare, de comparer YHexaéméron |é. de l'évêque de Césarée avec celui qui fut imité par « l'évêque de Milan. Chez S. Ambroise, les allégories sont surtout morales; mais déjà chez Origène et chez Grégoire de Nysse elles avaient servi à proclamer des ;ulations très-hardies : que sera-ce donc, quand exigences philosophiques se seront manifestées, et qu'on essayera de construire la métaphysique chrétienne? Suivons toujours cette famille de penseurs, à la(|pielle se rattacheront avec empressement les fondateurs de la philosophie scholastique.

Une réaction s'était faite dans l'Eglise d'Orient contre l'école d'Origène, elle eut pour chef S. Epiphane; mais il ne parait pas qu'elle ait eu jamais une grande imflpkance. En Occident, ces mouvements hasardeux de Tesprit philosophique , s'essayaut avec audace sous le '9^

voile des symboles, furent arrêtés par S. Augustin, qui, d'une main ferme, maîtrisant la théologie, donna à l'Eglise latine ce caractère de sévérité, d'exactitude,

1. Ambrosh opéra, tom, I, p, 149. — Cf. Scot Erig. 2^^ diçis, nat,, Ub, IV, 16, p. 317 et sq.

de fermeté romaine, par où elle se distingue de sa • sœur, tout éblouie de splendeurs orientales. Toutefois ces deux réactions n'empêchèrent pas qu'un, siècle après une doctrine ne parût, qui, évidemment iuspirée par le système de Proclus, fut comme le résumé, le produit dernier, et complet de ces influences d'Alexandrie , tes transporta sans résistance dans l'Église, et devint la source mystérieuse d'où sortit ^^ et où revint sans cesse s'alimenter tout le mysticisme du moyen âge. Je veux parler des ouvrages attribués à S. Denys l'Aréopagite.

Quel est ce Denys l'Aréopagite, ce fondateur inconow" ^' de la théologie mystique? Dau^ cette scène Sjiiblimé^ > ^ où S. Paul harangua si éloquemment l'aréopage et^lili révéla ce Dieu inconnu auquel Athènes avait consacré un autel, il convertit un de ces auditeurs nommé I|^ys.

« Paul étant donc au milieu de l'aréopage, leur dit: «Seigneurs athéniens, il me semble qu'en toutes «choses vous êtes religieux jusqu'à l'exc^; car ayant «regardé, en passant, les statues de vos dieux, j'ai «trouvé même un autel sur lequel était écrit l'Unie « Dieu inconnu. C'est donc ce Diey que vous adonne «sans le connaître, que je vous annonccv^

« Mais lorsqu'ils entendirent parler de la résurrec- « tion des morts , quelques-uns s'en moquèrent et les « autres dirent : « Nous vous entendrons une autre «fois sur ce point.' Ainsi Paul sortit de l'assemblée.

«Quelques-uns néanmoins se joignirent à lui et

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