‹ Scripturae sacrae cursus completus -- plurimis annotantibus presbyteris ad decendas levitas -- ann. simul et ed. J.-P. MigneChapitre 24 sur 157 · RÈGLE IX · texte numérisé non relu

RÈGLE IX

La loi, le tabernacle, les sacrifices, le sacerdoce, les cérémonies judaïques figuraient Jésus-Christ.

Outre ce principe général qui sert de lumière aux fidèles dans la lecture de l'Ancien Testament, il est remarqué en particulier que la structure du tabernacle ci tout ce qui servait à son ministère étaient des ébauches el des copies d'un original plus excellent; el qu'on ne les doil par conséquent considérer que par rapport à ce sublime modèle que Moïse vit sur la montagne (Exod. XXV, 40), qui n'était autre chose que Jésus-Christ, comme pontife des biens futurs, seul médiateur entre Dieu et les hommes, seul digne d'effacer les péchés par l'effusion de son sang, seul capable d'entrer dans le sanctuaire qui esl le ciel, et d'y introduire ceux qui espèrent en lui.

Saint Paul dans l'Epitrc aux Hébreux a tiré le voile qui nous cachait une partie de ces rapports, mais il l'a laissé sur une partie du tableau : el ceux qui ont profilé de ce qu'il leur en a découvert, lâchent, en suivant ses principes, de découvrir le reste. Ils y réussissent, selon qu'il plaît à Dieu de les éclairer. Les uns voient une chose ; les autres en voient une autre. Mais le principe établi par sainl Paul demeure ferme; la règle qu'il nous a donnée est certaine. Le sacerdoce, le tabernacle, les victimes, la loi dans ses cérémonies, représentent des choses divines : Ils contribuent à un culte qui consiste en des figures et des ombrts des choses du ciel, ainsi que Dieu dit à Moise, lorsqu'il devait dresser le tabernacle : Ayez soin de faire tout selon le modèle qui vous a été montré sur la montagne (Hebr. VÎ1I, IX, 2j et 24).

On doil donc aller jusqu'à la vérité, jusqu'à l'original, jusqu'aux mystères du ciel, piur en endre ce qu'on lit dans l'Exode, !e Lévitique et plusieurs

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autres livres de l'Ecriture. El bien loin de r< garder ce soin comme le travail d'un homme oisif, ou comme l'occupation d'un contemplatif, qui prétend, mal à propos, subtiliser toutes choses, on doit se convaincre que quiconque s'arrête à la seule lettre, résiste à la lettre même qui commande qu'on s'élève plus haut et qu'on soit moins attentif à ce que fait Moïse qu'à ce qui lui est montré : Considérez bien toutes choses, et faites tout selon le modèle qui vous a été montré sur la montagne ( Exod. XXV. 40 ).

Exemples — 1. Tabernacle.

L'Ecriture compare les différentes parties du tabernacle au monde visible et invisible, qui ont été soumis à l'empire de Jesus-Christ (Hebr. VIII, 5). Elle fait regarder cet univers comme le vestibule et le parvis qui est hors du temple , et qui est encore abandonné aux profanations des infidèles et des impies. La seconde enceinte, qui est appelée le sent ( Apoc. Il, 2 ) , répond au ciel des bienheureux, dont l'entrée n'est ouverte qu'aux prêtres rois, pour y offrir perpétuellement l'encens de leurs prières et le parfum de leurs louanges, sur l'autel d'or, qui est devant le trône de Dieu ( I Pet. II , 9 ; Apoc. 1,6). Par le saint des saints , l'Apôtre veut nous faire concevoir le lieu le plus éminent du dernier ciel, où Dieu a peint ses perfections par les couleurs les plus vives (Hebr. VI, 19 ; VIII, 1 ; X, 1, 19, 20), et où il a réuni tous les traits de sa beauté, de sa puissance, et de sa gloire (lb. VIII, 2). C'est ce sanctuaire dont l'architecte n'est pas un homme mortel, mais Dieu même (lb., X, 12, 13). C'est là où le Père, le Fils et le saint Esprit résident dans toute leur majesté (Ib., 111, 6). C'est là où Jésus-Christ dispose de tout avec une pleine autorité (Ibid., VI, 19 et 20). C'est de ce véritable sanctuaire dont il est établi le souverain pontife pour toujours (Ibid., VII, 16, 17,21, 22) par un serment irrévocable ; où il n'est pas entré, comme Aaron, une fois Tannée, dans l'obscurité d'une fumée d'encens, le voile demeurant toujours fermé, ni portant le sang étranger d'une victime muette, mais le sien propre (Hebr. IX, 7, 11, 12, 25, 26); où il se présente continuellement pour nous, non devant une arche, ni un propitiatoire ( Ibid., VII, 23, 24, 25; IX, 24 ) : mais devant la face de Dieu, où il exerce à découvert et sans ombre le ministère d'un sacerdoce aussi éternel que lui-même (Ibid. , VIII , 20, 5, 6), et dont il peut seul remplir dignement les fonctions, parce qu'il est seul infiniment agréable à Dieu (Ibid., II, 17, 18), qu'il est seul la source de toute justice, incapable d'aucune souillure (Ibid., V, 9), tendre envers les pécheurs, accessible à leurs prières ( lb., IV, 16), subsistant perpétuellement, n'ayant besoin de rien pour lui même ( Ibid., V, 2 ), et étant toujours exaucé pour les autres. (Ibid. , VII, 26, 27, et 28).

Toutes les cérémonies prescrites par le Lévilique n étaient utiles qu'en les regardant comme autant de figures du grand sacrifice de la croix, qui a réuni en

lui seul la diversité des oublions judaïques, et qui demandait, à cause de son excellence infinie et de ses effets différents, d'être représenté par plusieurs tableaux.

2. Entrée du grand-prêtre dans le sanctuaireavec le sang de la victime. Que pouvait signifier la défense faite au grand prêtre, sous peine de mort, ne morialur, d'entrer dans le saint des saints, même une fois l'année, sans le sang d'une victime? (Exod., XXX, 10; Levit., XVI, 2.) Celte précaution si rigoureuse ne marquait-elle pas que Dieu irrité contre le grand prêtre et le peuple les perdrait tous sans ressource, s'il les regardait séparés du sang de son Fils bien-aimé; qu'il ne peut être réconcilié que par celte hostie, seule digne de lui plaire ; qu'il ne peut souffrir qu'on ose se montrer en sa présence sans le faire souvenir d'elle, et sans porter au moins avec soi l'image de son sacrifice, dont la vue seule peut arrêter sa colère, ei la changer en amour et en bénédictions pour les hommes ?

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