‹ Scripturae sacrae cursus completus -- plurimis annotantibus presbyteris ad decendas levitas -- ann. simul et ed. J.-P. MigneChapitre 33 sur 157 · LS · texte numérisé non relu

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«lu Messie, son règne spirituel et pacifique, sa victoire sur l'esprit séducteur et sur l'ancien serpent qui avait infecté de son poison toute la terre. Personne ne fera aucun mal ni ne tuera sur loule ma montagne sainte [c'est-à-dire l'Eglise] , parce que la terre e*l remplie de la connaissance du Seigneur, comme la nvr l'est des eaux qui la couvrent. En ce jour-là le rejeton de Jessé sera exposé pour servir de signe à tous Ls peuples ; les nations lui adresseront leurs prières (lbid.t 9, 10).

La conversion des Gentils et manifeste. La foi inonde la terre , l'Évangile s'est répandu partout comme les eaux de la mer au commencement du monde. Le Messie est adoré par ceux à qui il n'avait pas été promis. C'est donc le temps où Israël est deshérité , c'est donc le temps où la toison mystérieuse de Gédcon est sans rosée pendant que toute l'aire en est trempée. Cela est évident.

Mais après la conversion des Gentils Israël est-il sans promesse? Ecoutez la suite. (1) i Et il arrivera dans ce jour là (après la foi des nations) que le Seigneur étendra une seconde fois sa main pour se rendre maître des restes de son peuple qui auront échap} é à la fureur des Assyriens, de l'Egypte, de Pliétros, de l'Ethiopie, d'Élam, de Scnnaar, d'Émaih et des îles de la mer. 11 lèvera son étendard conire les nations, il réunira les fugitifs d'Israël cl il rassemblera des quatre coins de la terre ceux de Juda qui avaient été dispersés. >(lbid., ii, 12.) Cela est complet.

Dieu emploiera une seconde fois sa puissante main pour rappeler ceux qu'il s'est réservés dans Israël; pour les rappeler, non de Babylone et de Ninive. mais de toutes les parties du monde; pour les rappeler à la même foi que les nations; pour les rappeler au tejeton de la racine de Jessé, c'est-à-dire au Messie, que leurs ancêlres n'ont pas connu.

Ézéchiel nous révèle le même mystère [Ezech., XXXVH , a \ usque ad finem) , mais d'une manière qui, quoiqu'un peu différente, contribue également à l'établir et à l'expliquer. Il suppose la maison d'Isr. êl réduite au tombeau. H l'anime ensuite par un souffle de vie. Il la réunit tout entière sous la conduite du véritable David, son unique roi , après qu'elle a été purifiée de ses souillures et rappelée de son exil, et il ajoute que les nations connaîtront à ces miracles que Die « est le sanctificateur d'Israël, parce qu'elles y seront attentives , et qu'elles seront étonnées d'une sainteté si éminente et si parfaite. (2) i Je vais retirer les ennon occident in universo monte sanclo meo , quia replet a est terra scientia Domini , sicut aqiia> maris operi entes. lu die illa radix Josse, qui stal in signuni populorum ; ip&um gentes deprecabuntur.

(1) Et erit in die illa , adjiciet Dominus secundo mauum suam ad possidendum residuuni populi sut, quod relinquetur ab Assyriis, et ab/Egypto, et a Phetros, et ab .-Ethiopia, et ab /Elam, et a Seunaar, et ah Emalh , et ah insulis maris. Et levabit sigaiim in naliones ; et congregabit profugos Israël , et dispersos Juda colliget a quatuor plagis terrai.

(2) Ecce ego assumam filios Israël de medio nationum , ad quas abienmt.... El salves eos faciani de universis sed'.bus, in qulbus peccaverunt ; et emundabo eos ; et eiupt

fonts d'Israël do milieu des nations où ils étaient allés. (Ezech. XXXVII, 21.) Je les délivrerai, et je les ferai revenir de tous les lieux où ils avaient péché. Je les purifierai , et ils seront mon peuple, comme je serai leur Dieu (lbid., 25). Mon serviteur David régnera sur eux , et ils seront tous conduits par un seul pasteur. Ils marcheront dans la voie de mes ordonnances, ils garderont mes commandements et il les observeront (Ibid. , U). Je ferai avec eux une alliance de paix (IbiU., 26). Je placerai mon tabernacle au milieu d'eux; je serai leur Dieu ci ils seront mon peuple ( Ibid., 27). Et les nations connaîtront (pic c'est moi qui suis le Seigneur et le sanctificateur d'Israël, lor,que mon sanctuaire demeurera au milieu d'eux pour toujours {IbkL, 28).

En quel temps la maison d'Israël dispersée, sans vie, le scandale des nations , a-t-el'e été réunie sous l'empire de Jésus-Christ? En quel temps après une longue infidélité, a-i-elle élé lavée par lui et rendue si sainte, qu'elle soit devenue l'admiration de tous les peuples? Quels sont les peuples qui aient reconnu à ce changement miraculeux que Dieu est le Sanctificateur d'Israël? Etait-ce avant qu'ils fussent lidèlcs, et lorsqu'ils étaient encore plongés dans les ténèbres de l'idolâtrie? N'est il pas évident que c'est depuis qu'ils se sont convertis? El ii'est-il p:is encore plus évident que rien de tel n'étant arrivé depuis la conversion des Gentils, c'est une prophétie dont on n'a point vu l'accomplissement, et, par conséquent, une p:omesse pour l'avenir ?

Elle est clairement marquée dans le cantique de Moyse : (1) < Nations, louez le peuple du Seigneur.... parce qu'il deviendra favorable à la terre de son peuple. > {Deut. XXXII, 43,) Ne vous élevez pas au dessus de l'ancien peuple de Dieu, vous qui n'étiez autrefois qu'un peuple insensé , et qui ne méritiez pas même le nom de peuple (2). Respectez la lige qui vous porte, et ne croyez pas que l'héritage soit à vous seuls , ou que Dieu soit irrité pour toujours contre Israël, son premier-né (3) Vous serez un jour témoins de sa réconciliation. Vous y prendrez part , fl vous y applaudirez, si vous êtes vous-mêmes fidèles, Défendez-vous maintenant de l'orgueil ; et alors de l'envie. S«.yez certains du retour d'Israël ; •désirez-le ; et rendez-en grâces, comme s'il était a: rivé.

mihi populus , et ego ero eis Deus. Et servus meus David re.x super eos; et paslor unus erit omnium eorum. In judiciis mois ambutabunt , et mandata mea custodient , et t'a- Gionl ea.... El perculiam illis tœdus pacis.... El erit labernaculum rneum in eis; et ero eis Deus, et ïpsi erunl trahi iopu lus. Et scient génies quia ego Dominus sancliiïcator Israël , cum tueril sanctilicaliomea in medio eorum in perpeluum.

Il) Laudate, gentes, populumejus.... quia propitius erit terne populi sui.

(-2) Provocabo eos in co qui non est populus, et in génie stulta irriiaWo dlos; neut. XXXII, 21.

(3} HiRcdicilDcr.iiuus: Filins meusprimogenitus Israël; L£Qd IV, 22,

Les prophéties qui prédisent que tout Israël, et non un petit nombre, sera converti sont pour les dernier s temps. IXe vérité. Il y a une règle non seulement sûre, mais plus claire que le jour, pour discerner les promesses qui regardent les prémices ou les premiers restes d'Israël au temps de l'incarnation du Fils de Dieu et de la prédication des apôtres, des autres promesses qui regardent les derniers restes ou les derniers réservés dans la fin des temps. Et celte règle consiste à observer si les Écritures parlent d'un petit nombre ou de tout ie corps de la nation ; si elles disent que presque tout Israël tombera dans l'infidélité et dans l'aveuglement, excepté quelques élus réservés par grâce, ou si elles disent que tout Israël sera converti. Il y a une telle opposition enire ces promesses, qu'on ne peut pas s'y méprendre. Et comme il est évident que les premières ont eu lieu au commencement de l'Église, il ne peut pas cire douteux que les autres ne regardent un temps plus éloigné, dont chaque siècle nous approche.

Comme ceci est d'une extrême conséquence, il faut le rendre si clair qu'on ne puisse l'obscurcir, et qu'il devienne comme la base de ce qui a élé dit jusqu'ici, et de ce qui le sera dans la suile.

Isaïe voyant en esprit le peu de succès qu'aurait lÉvangile annoncé par le Sauveur en personne, et après lui par ses disciples dans Israël, compte le petit nombre des fidèles qui seront réservés , cl il les compare à quelques olives restées à quelques branches après une recherche générale et à quelques grappes échappées à l'exactitude des vendangeurs : « Ainsi ce qui restera (I) au milieu de la terre , au milieu de tant de peuples , sera comme quelques olives qui demeurent sur l'olivier après qu'on en a cueilli ions les fruits, et comme quelques raisins qui restent dans la vigne, lorsque la vendange est achevée. Ceux là élèvronl leur voix, cl éclaleront en cantiques de louanges ; ils jetteront de grands cris de dessus la mer, lorsque le Seigneur aura élé glorifié. C'esl pourquoi rendez gloire au Seigneur en instruisant tous les pcup'es; célébrez le nom du Seigneur, du Dieu d'Israël dans les îles de la mer. Nous avons entendu des extrémi es de la terre les louanges dont on relève la gloire du juste, et j'ai dit: Mon sccrcl est pour moi. » (Isai. XXIV, 13-16.) C'esl un mystère, dit ce prophète, qu'il ne m'est pas permis d'annoncer clairement. Toute la terre doit être instruite par Israël , et Israël lui-même demeu-

(1) Sic erit (a) in medio terrae, in medio poj ulorum, quo~ modo si panese olivae quœ remanserunt, excutiantur ex olea, et racenri, cum uerit fini ta viodemia. Hi levabunt vocem suam atque laudabuui; cum gloiiticalus tueril Dominus, htunient de mari. Proplerhocin doctriuisglorificate Doniiiium , in insulis maris iioiuen Domini Dei Israël. A tinibus terrae laudes audivimds ; gloriam Justi. Eldixi :Se* crelum meum mini (b) , secrelum meuin iniai.

(a) Il y a dans la Vulgale : Hœc erunl, ce qui est moins clair et moins conforme a 1 hébreu.

(b) Ceux qui traduisent : Macies milii , s'éloignent dy sens que la paraphrase cbaldaïque a conservé.

rera dans les ténèbres. C'est par nous que le juste par excellence doit être connu des nations, c'est par notre ministère que son nom doit èire porté jusqu'aux extrémités du monde , cl nous serons assez aveugles pour le méconnaître, et assez injustes pour le rejeter. Un petit nombre parmi nous sera excepté p;»r grâce; mais ce petit nombre sera si éclairé, si plein de zèle, si comblé de bénédictions dans ses Iravaux, qu'il convertira tout l'univers. El c'est ainsi que la contradiction qui puait entre les promesses et les menaces qui nous sont finies sera levée.

Sans ce pelil nombre que Dieu se conservera et qui sera connue une semence de foi el dejuslice pour tous les autres peuples, nous serions aussi digues de sa colère que les villes impures qui ont été consumées par le feu. c Si le Seigneur des armées (I) ne nous avait réservé quelques restes de notre race, nous aurions été semblables à Sodome; nous serions devenus comme Gomonlie. > (Isai. I, 9; saint Paul, ttom,y IX, 29, entend ainsi ces paroles.) Mais celle semence qui sera féconde parmi les nations, sera presque stérile dans sou f mis naturel, cl après quel ques succès de peu d'années , elle sera éteinte parmi nous.

Car, Seigneur, vous avez rejeté votre peuple, cl la maison entière de Jacob : Projecisti enim populum tûûmt domum Jacob [1s. II, C). Au lieu de lui découvrir les mystères du salut, vous me commandez de les obscurcir, et de lui parler un langage qu'ils ne comprennent point. (2) < Prêtez l'oreille pour entendre, mais ne comprenez point; ouvrez les yeux pour voir ee que je vous découvre , mais ne le pénétrez point, el ne vous attendez point d'en avoir l'intelligence (ld. VI, 9). Vous me révélez que le Messie que nous attendons, sé»a pour les deux maisons de Jacob, c'est-à-dire pour tout Israël , sans en excepter mie seule tribu , une pierre de scandale et un piège; el que ce malheur universel viendra de ce que vous nous aurez cacbé votre visage : (5) « Il sera pour les deux maisons d'Israël une pierre de scandale , et pour les habitants de Jérusalem un piège, et le sujet de leur perle. .Mais pour moi j'attendrai le Seigneur, qui a cacbé sou \iSage à la maison de Jacob. > {Isai. VIII, 14, 17 ; S. Pierre et S. Paul entendent ainsi le prophète.) Enfui vous me découvrez que notre nation tout entière ne sera au temps du libérateur que comme une vigne , ou sans raisins , ou chargée de fruits veus, parmi lesquels on discernera quelques grains mûrs, qui empè lieront que loulucsnii arraché. (4) « Voici ce que dit le Seigneur : Comme lorsqu'on

(1) Nisi Dnminus evemtuum reliqirisset nobis semen, quasi Sudoma tuissemus , el quasi Goinorrlia siuiiles essemus.

(2) Audile audienies , el nolite intelligere ; et videte visioiii-m, et uolite eogiKJScere.

(3) lu petraui scandali dilatais doinibu< Israël; in laqueum, el in ruinant liahmuiidms Jérusalem. El e\si ectabo Dominum, qui abscoadii taeieni suain a dorîui Jacob.

[i) Ihec dicil Douiitius : Ouornodo si inveniatur gr.uniin in hoiro, el dicatur : Ne dissij os ilittd , quoaiatn bénédictin esl : l in Mo est hel r. ] sic faiiani propter serves uicoi, ui uou disperdam lotuui.

rencontre un beau grain dans une grappe, on dit : N >. le gâtez pas, car il a été béni du Seigneur; de môme je ferai en faveur de mes serviteurs qu'Israël ne soi! point entièrement exterminé (Isai. LXV, 8).

Quelle différence , ô mon Dieu, entre ce triste état el celui que vous me montrez dans l'avenir pour me convoi r ! Tout le peuple d'Israël sera pour lors voire peuple. Tous les citoyens de Jérusalem seront pleins de reconnaissance el d'amour. Nos larmes sesoni chargées en cantiques el en actions de giàces ; el vos nouvelles bénédictions nous feront oublier tous nos anciens malheurs « Les anciennes (I) afflictions ont éé mises en oubli, et elles ont dis aru de devant mes yeux. Car je m'en vais créer de nouveaux cieux el une terre nouvelle. Tout ce qui a éié auparavant s'effacera de la mémoire, el ne reviendra plus dans l'esprit ; mais vous serez consolés et ravis de joie pour jamais à la vue des choses que je vais créer. Car je vais rendre Jérusalem une ville d'allégresse; et son peuple, un peuple de joie Je prendrai mes délices dans Jérusalem ; je trouverai ma joie dans mon peuple, el on n'y entendra plus désormais de voix lamentables ni de tristes cris. (Ibid., 1(5- 19.) Ce n'est plus là le temps de quelques olives, de quelque» grappes, de quelques grains mûrs. Ce n'est plus le temps du pelil nombre. Aussi ce n'est plus le temps de la colère, ni celui où Dieu se cache à la maison de Jacob. C'est une création nouvelle, qui doit faire oublier tout ce qui a précédé ; et il faudrait êlrc bien peu attentif pour confondre la maléd c ion du premier temps avec les bénédictions universelles du dernier.

Le prophète Michée, qu'on a raison de comparer à haïe, parce qu'il prédit les mêmes choses et presque dans les même termes, parle de l'incrédulité générale de sa nation, lorsque le Messie paraîtra, ci du peiit nombre qui sera réservé par grâce, sous les mêmes ligures qu'Isaîe. < Malheur à moi (2), dit-il , parce que je suis devenu semblable à ceux qui veu« lent ramasser des épis a;uès la moisson el des rai. sins après la vendange. Je ne trouve pas une seule grappe à manger, el j'ai désiré en vain quelques unes de ces figues qui sont les premières mûres. On ne trouve plus de saints sur la terre, et il n'y a pas un seul homme qui ait le cœur droit... Le meilleur d'entre eux esl comme une ronce, cl le plus juste est

(1) Oblivioni tradita? sunt angustiœ prières, et alscondiue saut al) oeulis meis. Ec. e enim ego creo co'los novos et terrain uovarn ; et non erunl iii meuioria priora, el uou ascendenl super cor. Sed gaudebilifi el exullabilis usque in seuipileniu.il iu lus quai ego creo ; quia ecce ego creo Jérusalem exuh.atio.iem , et populum ejus giudiu.n. Et exullabo îii Jeriis.L'in, et gaude..o in populo meo; et uou audielur i.i eo ulfa v«<x tleins, et vox clamons.

(2) Vai mihi , quia laclus suui $>ic'.t qui colligil iu aulunnio racerno; vind; mire. [L hébreu porte : sicnl coltectJres œtaiis , tient racemt nndemiœ ; aient cullig nies i;ust messent , el lacewos po*t rimi miam. ] Non est hotrus ad com dendum ; praecoquus liais desideravit anima inea. P< riit s.uielus ihi terra , et reclus in homi.i.bus non est....

Qui opiuiius iu eis esl qussi paliurus; el qui reclus,

quasi spiua de sepe. Dies s, eeulationis Hue [lleb. &pecp* lalurwn tuorwn ] visilatio tua venil ; nunc eril vaslital eoruni. Nolite ci edere amico ; el nolite couiiJere iu <iu« ce.... liiuniu homiuis douiestici ejus.

comme l'épine (Tune haïe. Mais voici le jour qui a été vu varie prophète à voire sujet; voici le temps où Dieu vous violera dans sa colère. Ils vont être détruits. Ne vous fiez point à voire ami, et ne vous renosez point sur celui qui vous gouverne... L'homme » pour ennemis ceux de sa propre ma son. » {mch. VII, 1 , 2, 4 0 ; Muith. X, 21 , 55, 56.)

Ou ne peut représenter d'une man ère plus claire Tétai où les Juifs se trouvèrent au temps de Jésus- ChriSt. La véritable venu était inconnue. Une fau>se justice en tenait lieu, elles chefs du peup'e n'étaient capables que de tromper ceux qui les prenaient pour guides. 11 fallait pour se déclarer disciples du Sauveur, se préparer à des perse, ulio- s publiques et domotiques ; el c'était par une proieet.on miraoleuse que quelques fidèles, semblable* à des épis négligés par les moissonneurs el à des grappes cachées aux yenx des vendangeurs, pouvaient se séparer de la multitude.

Après que Jésus-Christ et ses apôtres les eurent recueillis, tout le reste fut abandonné, t Voici le jour qui a été vu par les prophètes à votre sujet; voici le temps où Dieu vous visitera dans sa colère. Ils vont être détruits, i Voilà ce que l'événement a vérifié dans tous les points. Il reslc néanmoins une espérance à Israël. Car le même prophète ajoute immédiatement après ce que je viens de ciler : (1) « Pour moi, je lèverai mes yeux vers le Seigneur; j'auendrai Dieu qui est mon Sauveur; el mon Dieu ui'écou era.i (Uich. VU, 7.)

li n'y a pins qu'à examiner s\l se servira des mêmes comparaisons pour marquer les derniers ré serves d'Israël , dont il s'est servi pour marquer les premiers si ce seront encore des épis qu'on glane, des grappes que Ton recherche après la vendange. Écoulons le; et prenons pari à sa joie, aussi bien qu'à son espérance : ("1) i Paissez el conduisez votre peuple avec votre verge (/frid.,- 14), c'est la prière du prophète au pasteur d'Israël, c'est à-d ire à Jésus- Christ; « le troupeau de voire héritage. » El voici ce qui lui est répondu : < Ils iront paître comme autrefois en Dasan et eu Calaad, > ternies ligures, qui signifient le retour aux anciens pâturages des premières brebis c'est-à-dire des premiers disciples, i Je ferai v ■>ir à mou peuple des merveilles seinbhbles à celles que l'opérai dans le temps que vous sortîtes de l'Egypte. Le- nations en seront témoins. ... elles meiironi leur main sur leur bouche ; et leurs ore Iles seront étonnées el comme étourdies du bruit qu'exciteront de tels -prodiges (lbid., 15, 16).

Je délivrerai Israël de la servitude; el je le ferai entrer dans l'héritage promis à ses pères, comme je

(1) Ego auteni ad Dominum aspieiam ; expeelabo Deum Çalvaioreui rueum ; audiel me Deus me us;

yi) l'asce pipulum luuui in virga tua, gregem hapreditatiN luae... Pasceniur Basau el GaLad juxta oies amiquos. Secuurtum Uies egressronis tnaj de terra -tEgypti osien.laru ei mirabilia. Vioebunt génies. .. poueul manuiu super os , jures eorum surda; cruul [ c'ed-a-diie , obsurdesecut prœ

le délivrai autrefois de l'Egypte pour le faire entrer dans la Palestine. J'en lis sortir alors le peuple entier; les femmes, les enfants, les vieillards suivirent les plus jeunes et les plus vigoureux {Exod. XII, 57). La maUdie et la faiblesse n'arrêtèrent personne. El nvn eral in tribubus eorum inflrwus (PwL ClV, 57). Il en sera de même dans son rappel. Je renouvelle! ai les mêmes prodige*. J'ouvrirai une seconde fois devant lui la mer Rouge el le Jourdain. Les na lions étonnées verrou l c s miracles , et moins elles s'y seront attendues, plus cl.es seront effrayées de tout ce (pie je ferai pour in peuple qui dans le temps même qu'il e>l couvert d'épi nés et q Vil n'est qu'un buisson digne d'être consumé i»ar le îèu de ma colère , m'est néanmoins toujours cher à cause d'Abraham, d'Isaac ei de J:;cob.

« Qui est le Dieu semblable (1) à vous, s'écrie alors le prophète, Seigneur, qui effacez l'iniquité5 cl qui oubliez les péchés des resies de voire iiéril ge ? Le Seigneur ne fera plus éclater sa «olèie contré son peuple, parce un'il *e plaîl à faire miséricorde. Il reviendra et il aura eompassh n de nous; il fera cesser nos iniquités, et il jettera tous nos icchésau fond de la mer. Seigneur, vous accomplirez votre parole Sur Jacob; vous exercerez votre miséricorde en laveur d'Abraham, comme vous l'avez promis avec serment à nos pères, dès les premiers temps. » (Midi. MI , 18 20.) Ce ne sera phio , Seigneur, l'un d'entré nous que vous choisirez, pendant que votre indignation Consumera lotit le peuple. Ce ne sera plus u.i petit nombre de réservés qui sera l'objet de v<>ire miséricorde, pendant q e vous exercerez une se ère justice sur toutes nos tribus* Ou ne demandera j lus ce que sont devenues vos promesses ; on ne sera plus en peiné d'en justifier la vérité; l'accom, ttesement sera sans limitation; no> pé liés , qui y incita eut obstacle, seront noyés fons la mer. V* ire misérieo! de et votre fidélité triompheront de Imites nos iniquités; elles régneront seules, el l'effet répondra pleinement à vo re bonté loule-p lissante.

Il y a dans le prophète EzéVItiel pliaient s promesses semblables, et qui sont encore plus précises, parce qu'elles exp'iqucm nettement ce qui n'est dans les autres (pie par conséquence.

« Les nations (2) sauront, dit-il, que la maison d'Israël n'a été emmenée captive qu'à cause de son iniquité, et que, parce «pie m'ayaut abandonné , j'ai détourné mon visage de dessus se^ enfants.... je les ai traités selon leur impureté et selon leur crime, et je leur ai caché m n visage. *(E&tch.-\ XXIX, 2">,^4.) On reconnaît dans ces paroles, sans avoir besoin

(l) Quis est Deus similis lui . qui aufers miquitatem, et trausis | ecçatuui reliquiaruui haen dilulU lua^V Nui iinmiltet ultra turorem suuiu , quoniam volens udserieordiarn est. Bevorletur, et meserebitur nostri : de|touet iurquiiales noslras; et irojiciet fa prufuudum maris omnia | e> caia nosira. I) bis verilatem Jacob ., mUeri<-ordi;.m Abraham, qua? jnrasti patribus nustris a diebus auiiquis.

(ij Scient pentes quouiaiu m iuiquiiaie sua capta sit doimis Israël, eoqiuui d»r.liqu^rinl, et abseouOVriui taciein rueani ab eis.... Juxla imtnu.idiiiam eorum et sevius fet4 eis , et alxscondi laciem lueaui ab ilhs.

d'interprète , la misère où sont lombes les Juifs par leur incrédulité ; et Ton voit que le petit nombre de ceux qui ont été plus éclairés que les autres au temps de l'Évangile est compte presque pour rien par le prophète , qui n'en parle point. Mais une telle misère, quoique confirmée par l'impénilence , n'empêchera pas que tout Israël ne soit rappelé. (I) « C'est

gneur Dieu. Ils me serviront , dis-je , tous dans la

lerre en laquelle ils me seront agréables Je vous

recevrai comme une oblation d'excellente odeur, lorsque je vous aurai retirés d'entre les peuples étrangers, et que je vous aurai rassemblés des p:iys où vous avez clé dispersés ; et je serai sanctifié en vous aux yeux des nations Vous connaîtrez, ô

pourquoi , voici ce que dit le Seigneur Dieu : Je va s maison d'Israël, que je suis le Seigneur, lorsque je faire revenir les captifs de Jacob , je ferai miséricorde à loule la maison d'Israël , et je deviendrai jaloux de l'honneur de mon saint nom (Ezecfi. XXX1X,25). On

ne se serait pas attendu à une telle bonté ni à un lel motif : C'est pourquoi je vais faire revenir. Mais la miséricorde de Dieu peut-elle avoir d'autre motif qu'ellemême? On ne se serait pas attendu non plus que toute une nation si déterminée au mal, et si obstinée contre son libérateur, pût être en un moment éclairée, attendrie et pleine de zèle pour lui. Mais qu'y a-l-il de

vous aurai comblée de biens en considéraiion de mon nom , au lieu de vous traiter selon vos voies déréglé* s et selon vos crimes abominables. » (Ezecli. XX, 40, 41, 44.)

Inutilement s'efforcera» l-on de détourner, au retour de Babylone, des promesses infiniment au-dessus de cet événement, et par leur étendue, une partie seulement du peuple étant revenue, et par la pénitence, et la vraie piété qu'elles renferme:)!, que la nation entière connaissait peu avant Jésus-Christ et qu'elle a

difficile à l'esprit de Dieu? Et est-il moins le maître ouvertement rejelées lorsqu'il les lui annonçait, d'un peuple entier que d'un particulier? (2) « Ils Mais si l'on était assez malheureux pour entreposeront leur confusion et la peine de toutes les prendre de rabaisser à un sens si indigne, i\ia pro-

prévaricalions qu'ils ont commises contre moi phélies que le Juif lui-même regarde comme su cmi?

Iorsqueje les aurai ramenés d'entre les peuples solution et comme le gage de sa grandeur future.

el que j'aurai été sanctifié au milieu d'eux, aux yeux qu'on se rende attentif à cette promesse si magui-

de plusieurs nations. Et ils connaîtront que cest moi qui suis le Seigneur leur Dieu , parce qu'ils verront qu'après les avoir transportés parmi les nation*,, je les aurai rassemblés tous dans leur pays , sans eu laisser aucun d'eux dans cette terre étrangère. Je ne leur cacherai plus mon visage, parce que je répandrai mon Esprit sur toule la maison d'Israël, dit le Seigneur Dieu, i (îbld., 2b' 29.)

Les rayons du soleil ne sont pas plus clairs que ces paroles : t Je ferai miséricorde à tome la maison d'Israël.... Je répandrai mon Esprit sur toute la maison d'Israël.... je n'en laisserai aucun d'eux; > surtout quand on se souvient qu'elles sont dites après que la réprobation du peuple entier a été marquée ; cl qu'elles ont , dans un sens contraire, une étendue aussi universelle que le châtiment et l'abandon.

Ce que le même prophète dit ailleurs n'est ni moins évident , ni moins précis : (3) c Toule la maison d'Israël me servira el m'honorera sur ma montagne sainte, sur la montagne élevée d'Israël, dit le Sei-

(1) Proi.terca hoec clicit Dominus Deus : Nunc reducam caplivitaiem Jacob , et miserebor onmis domus Israël ; et assumai»» zelum pro nomine saticio meo

(■>) Poriabunt coi» usïoucm suai" , et omnem prœvancalionem qiw pnevaricali sunt in me.... euui reduxero eos de i.oi.uhs.... ei saneliiicalus iuerun in ci», m oculisgenliuin [îluriinarum. El scient quia ego Dominus Deus eoium, eo quod traiistùlerim eos in natioues , et emigrega v erun eos saper terrain suain, et non uVrcliquerrui quemquam ex eis ibi. Et non abscondaui ultra taciem meam ab eis, eo quod elïuderiu» Spirilum meum super omnem doinum Israël , ait Dominus Deus.

(3) lit monte sa.ic.to meo , in monte excelso Israël , ait Dominus Deus, ibi serviet milii onmis domus Israe ; omnes, inquam, in terra, in qua plaeebuiil mit».... lu odorem suavilatis suscipia.n vos , cum eduxe.ro vos de pontife, et eongn-gavero vos de terris, m quas litspcrsi estis: et sanculieabor in votes m oeuiis naiionum.... Lt seietis quia ego Dominus, cum bene.ecero vobis propter nomen meum, el non secuiulum vias vestras malas, nc<iue secundutu scelera veslra pessima , domus Israël.

lique d'un côté, et de l'autre si claire el si circonstanciée du prophète Zacharie : (1) < je répanJrai sur la maison de David et sur les habitants de Jérusalem un esprit de grâces el de prières. Us auront les yeux attachés sur moi, qu'ils ont percé de plaies; ils pleureront avec de grands gémissements celui qu'ils ont blessé, comme on pleure un li;s uniijue , et ils seront allli^és à son sujet, comme on l'est d'ordinaire à la mort d'un fils aîné. En ce jour là, il y aura un grand deuil dans Jérusalem , el il seia semblable à celui d'Adadremmon dans la plaine de Mageddon. Tout le pays sera dans les pleurs ; une famille . à part et une autre à part. » (Zach. XII, 10-1:2.)

Ce serait une impiété manifeste que d'oser, après le témoignage de saint Jean, détourner celte prophétie à un autre qu'à Jésus-Christ (Joan. XIX, 57). Mais quand on l'oserait, comment y réussiraii-on? Le deuil dont il est ici parlé n'est-il pas l'effet de la grâce et de l'Esprit de Dieu, et n'est il pas le mouvement d'une salutaire pénitence? Ce que pleure Israël, n'e.4-cc pas son propre crime ? Et ce crime, n'est-ce pas d'avoir percé celui-là même qu'il regarde eniin comme son Sauveur, el de qui il a reçu l'esprit do grâce et de pénitence? Il faudrait renoncer à la raison aussi bien qu'à la foi pour n'en pas convenir. Aussi ce n'est pas de quoi il s'agit, et mon dessein est d'examiner seulement deux points. Le premier, si le deuil u'esl pas général; el le second, si c'est ainsi que les Juifs oui pleuré le crime qu'ils avaient commis en crucifiant Jésus-Christ. Ce dernier article dépend du

(1) Eflundani super domum David, et super habitalores Jérusalem, spirilum gratta? et precuin : etaspicient ad me quem coulixeruul *- et plangeul cum planclii quasi super uirigenilum ; et dolebunl super eum , ut doleri solei iu morte primogeniti. In die il la magnus erit pla. ictus iu Jerusalcn , sicut planetus Adadreminou in canij o Majçedaoau lit elanget terra ; tamiliœ , et farnilia? seoi^um.

premier; niais qui est assez stupide pour les meltre en doute ?

Tous les habitants de Jérusalem sont en pleurs. Ils sont tous aussi affligés que s'ils pleuraient un fils unique, et tout le pays est dans une douleur aussi générale et a-jssi amère que celle que causa la mort du roi Josias, tué à Mageddo par le roi d'Egypte, dont ni Jérémie ni tout le peuple ne purent se consoler (II ParaL, XXXV, 22). Y a-t-il ici quelque rapport à ce petit nombre de Juifs qui crurent en Jésus- Christ , pendant que toute la nation blasphémait contre sa mémoire et s'applaudissait de l'avoir mis en croix ?

Mais continuons à écouler le prophète : « Tout te pays sera dans les pleurs (1); une famille à part et une aulre à part {Zuch. Xïl, 12, 13, U). Les familles de la maison de David à pari, et leurs femmes à part ; les familles de la maison de Nathan à part, et leurs femmes à part; les familles de la maison de Lévi à part, et leurs femmes à part; les familles de Séméi à part et leurs femmes à part; et toules les autres familles de même, chacune à pari, et leurs femmes à part, i Tout ce détail est d'une conséquence infinie. Le deuil n'est point un deuil de cérémonie : c'est un deuil qui est en même temps public et secret ; tous y prennent une égale part. Les femmes, que la politique intéresse moins, aussi bien que les hommes; la maison royale, comme le peuple; la branche de Nathan , différente de celle de Salomon , comme celle de Salomon même. La maison de Saùl et de Séméi, rivale ancienne de celle de David, n'est pas moins touchée que celle de David. Les lévites et les prêtres sont dans la même douleur que le re>le de la nation. Non-seulement toules les tribus, mais toutes les familles sont dans les larmes. 11 n'y a aucune maison qui ne fonde en pleurs. Ces pleurs viennent de l'esprit de grâce qui a amolli tous les cœurs , et ces pleurs ont pour objet la mort précieuse du Sauveur qu'Israël a crucifié sans le connaître, mais vers lequel tout Israël tourne les yeux pour en recevoir la vie et le salut. Voilà ce qui est montré au prophète, et ce qu'il regarde comme certain. Qu'on déshonore de si augustes prophéties, si l'on est assez téméraire pour cela, en les traitant de simples conjectures. La vérité des Écritures n'y perdra rien, et ceux qui les' croient n'en seront pas plus malheureux.

Le prophète Ézéchiel, pour donner à ces promesses une espèce de réalité sensible qui intéressât tous les Juifs, peu touchés d'ailleurs des véritables biens, ne se contente pas de prédire qu'ils seront tous rappelés à leur ancien héritage, il fait de plus le partage de la terre promise et il y place toutes les tribus, sans en excepter aucune et sans accorder à Tune aucun

(I) Et planget terra; familiœ et familiœ seorsum. Fami lia? domus David seorsum, et mulieres eoruin seorsum ; tamihae domus Nathan seorsum, et mulieres eoruin seorsum; famihoe domus Levi seorsum, et mulieres eorutn seorsum ; familiœ Semeï seorsum, et mulieres corum seorbtun; omnes familiae reliquat, familiae et familiae seorsum , et mulieres eorum seorsum.

S, S. XXVII

privilège au-dessus de l'autre. « Voici ce que dit le Seigneur Dieu (1) : Ce sont ici les bornes selon lesquelles vous posséderez la terre, après qu'elle aura été partagée entre les douze tribus d'Israël ; car Joseph doit avoir une double portion. Vous posséderez tous cette terre également, et chacun en aura autant que son frère {Ezecli. XLV11, 13, 14). i

Dans le chapitre suivant, qui est le dernier, il lire des alignements égaux depuis le Jourdain au levant, jusqu'à la Méditerranée au couchant, en commençant par le septentrion et continuant au midi. Dan est la première tribu dans cet ordre. Aser, Nephtali , Manassé, Ephraïm, Ruben et Juda la suivent. Entre celle-ci et les autres est placé un grand espace cousacré à Dieu, où la ville, qui est unique, le temple, l'habitation des prêtres et des lévites , et celle du prince, ont un territoire borné par des mesures marquées. Et après cet espace vient la tribu de Benjamin, qui est suivie de celles deSiméon, d'Issachar, de Zabulon, et de Gad>qui termine la terre promise an midi.

Ce partage et cet ordre ne furent point suivis lorsque les Juifs retournèrent de Babylone en leur pays, et personne n'y pensa. Aussi n'est-ce qu'une figure du retour de toute la nation à l'héritage de la foi et de la justice qu'elle a perdu, mais une figure admirable, quand elle est bien entendue.

Le territoire est réduit aux anciennes bornes montées à Abraham; il n'y a rien au delà du Jourdain ; la religion est placée dans le centre et non à l'une des extrémités, comme autrefois dans la tribu de Juda. Il n'est plus parlé de Jérusalem , ni par conséquent du temple qui y était fixé. Ainsi le culte est changé, et la loi abolie ; la cité est unique ; lous y ont le même droit ; ses portes sont placées vers les quatre parties du monde, afin qu'on y entre sans peine; mais il paraît qu'on en est citoyen sans y avoir de maison. Rien de cela ne convient à une ville matérielle ni à i n partage sensible du petit pays entre le Jourdain et la mer, qu'une seule tribu bien réunie serait capable rie remplir. Mais rien n'était plus propre à marquer f;i conversion générale de tous les Juifs, leur ardeur égale pour la foi, leur empressement égal pour entrer dans l'Eglise, l'accomplissement égal des promesses faites pour eux à Abraham.

Ces preuves, par des figures majestueuses et qui ne sauraient avoir un aulre sens, ont quelque chose de plus vif et de plus touchant que celles qui ne sont pas couvertes de voiles. Mais il faut extrêmement prendre garde à ne pas tout convertir en figures, ou pour le moins à ne les pas donner comme des preuves, quand elles sont peu naturelles et qu'elles ne sont point formées par de grands traits, que l'esprit discerne et saisit dans le moment qu'ils lui sont montrés.

Il y a dans l'histoire de Joseph, une autre figure du retour général des Juifs à Jésus-Christ et à son Eglise, qui n'est ni moins noble ni moins claire

(l) Ha?c dicit Dominus Deus : Hic est terminus, in quo possidebilis lerram in duodecim Iribubus Israël, quia José; h duplicem fuuiculum habet. Possidebitis autem eana singuli a?que ut frater suus.

(Quatre }

nfcci

que celle que nous vendus de voir dans Ezéchiel.

Tome la tradition a regardé Joseph comme le prophète et le précurseur de Jésus-Christ , p:ir la conformité et la ressemblance des principaux événements rie sa vie avec les mystères du Sauveur. Uniquement fiimé de son père ; seul innocent parmi des frères coupables ; L'objet de leur haine à cause de sa vertu, • i de leur envie à cause des prophéties qui prédisaient m grandeur; condamné par eux à la mort , dans le temps qu'il va les visiter de la pari de son père; mourant en mystère, par l'effusion du sang sur sa robe; enseveli et ressuscitant en mystère par sa descente dans une profonde fosse, dont il sort plein de vie ; vendu par Judas aux Gentils ; calomnié d'abord parmi eux, et ensuite reconnu par eux comme leur Suiveur; grand en Egypte, dans le temps qu'on le compte pour mort dans sa famille, mais toujours présent à la mémoire de son père, qui ne peut se consoler que par l'espérance de le revoir. Toutes ces circonstances réunies dans sa personne composent un tableau, où les moins attentifs sont forcés de reconnaître Jésus-Christ.

Mais le tableau devient tout autrement parfait , quand on voit ses frères humiliés devant lui , lui demander du pain, se reprocher mutuellement le crime commis dans sa personne, l'adorer avec crainte et avec amour après qu'il s'est nommé clairement a eux , manger dans un même lieu avec les Egyptiens, mais à deux tables séparées, dont il est le lien et le centre , et dont il occupe la place angulaire ; enfin , quand on voit toute la famille de Jacob et Jacob luimême abandonner la terre de Chanaan pour chercher un asile en Egypte et pour y vivre sous la protection de Joseph.

Tout le monde voit alors les deux peuples réunis bous Jésus-Christ, et les moins intelligents comprennent que le dernier retour du peuple d'Israël à la foi rbrétienne sera aussi plein et aussi universel que le déplacement de la maison de Jacob, transportée tout entière en Egypte, fut général et sans exception.

Mais il est bon de peser sur cela les expressions de l'Écriture. Après que Joseph se fut manifesté à ses frères, le bruit s'en répandit dans le palais de Plia raon, qui en eut une grande joie, où tous ceux de sa maison prirent pari. « (1) Et il dit à Juseph(Ge/i. XLV,

(1) Dixitque ad Joseph, ut imperaret fratribus suis, dicens : Oneranles jumenta, ile in terrarn Chanaan, et tolîile inde patrem vestrum , et cognaiionem , el venite a I me. Et ego dabo vobis omnia bona yEgypli , ut coniedalis medullam terra. Praecipe etium ut tollanl plaustra de terra /Egypli, ad subvectionem parvulorum suorum ae conjuguai ; et dicilo: ïôlllie patrem vestrum , et properate Ipiantocius veniehtes. Nec dimiltalis quidquam de supelfectili vestra, quia omnes opes /Egypli veslrae erunt. Surrexit Jacob , tuterunfaque cum filii cum paryulis , et uxoribus suis, in | laustris qu;e miserai Pharao ad portandum senem , et omnia quai posséderai in terra Chanaan. Venitque in /Egyplum cum omni semine suo , (ilii ejus , et nepotes, BHa?, el cuncta simul progenies. — ces paroles : Nec dimiltalis quidquam de, supelleclili veslra, quia.... doivent être traduites ainsi : Nec parcaioculus vesicr super vaste veslris : C'est-à-dire, n'ayez point de regret aux chose* que vous ne pourrez emporter ; ne vous attendrissez v<mu à leur vue : Ne indulgentioribus oculis aspiciatis. La

ES m

il, 18, 19, 20), c'est à ceci qu'il faut être attentif: Donnez cet ordre à vos frères, et dites-leur : Chargez vos ânes de blé , retournez au pays de Chanaan, amenez de là votre père avec toute votre famille, et venez me trouver. Je vous donnerai tous les biens de l'Egypte , et vous vous nourrirez de ce qu'il y a de meilleur dans le pays. Ordonnez leur aussi de mener avec eux des chariots de l'Egypte pour transporter leurs petits enfants et leurs femmes, et dites-leur : Amenez votre père, cl hâtez vous de revenir an plus tôt. N'ayez point de regrel aux choses que vous ne pourrez emporter, parce que toutes les richesses de l'Égypie seront à vous.»

Voilà l'ordre donné, et en voici l'exécution. Jacob fêlant donc levé, ses enfants ramenèrent avec ses petits enfants, et leurs femmes, dans les chariots que Pharaon avait envoyés pour transporter ce vieillard, avec tout ce qu il possédait uu pays de Chanaan. (Gen. XLVI, G, 7), et il arriva en Egypte avec toute sa race, ses pis, se* petits- fus, ses filles et tout ce qui était né de lui.

Uien n'est plus exprès, ni mieux circonstancié. Toute la famille, le chef, les enfants, les petits fils, les filles, toute la postérité, sans qu'un seul soit excepté; sans qu'un seul refuse de suivre; sans qu'un seul soit commis à la garde de ce que les autres ne peuvent emporter. Tous négligent les anciennes observances, qui n'étaient que des ombres cl des figures. Tous préfèrent le suc et la graisse, qu'ils trouveront en Egypte auprès de Joseph, aux écorces insipides et aux mets en peinture de la terre de Chanaan.

Les promesses d'une conversion constante, et d'une fidélité qui subsistera jusqu'à la fin des siècles, ne peuvent pas convenir au temps de Jésus-Christ

X' Vérité. Après que Jésus-Christ, eut rassemblé sous ses ailes ceux que la Synagogue s'efforçait de retenir, et que ses apôtres eurent continué son ouvrage, en faisant entrer dans l'Fglise les précieux resies d'Israël, le corps entier de la nation fui abandonné à la vengeance divine. L'arbre fui coupé par la racine, comme saint Jean l'avait prédit; non l'arbre des patriarches, sur lequel l'Eglise des Gentils est entée, el dont la vie csl immortelle : mais l'arbre de la Synagogue, qui Savait que des feuilles, el dont le figuier que la malédiction de Jésus-Christ avait fait sécher, était la figure.

Les conversions des Juifs après les premiers temps, furent très-rares et 1res -suspectes. La plupart de ceux qui, par crainte ou par d'aulres motifs, se firent chrétiens, n'entrèrent dans l'Eglise que comme des espions et des ennemis travestis , comme Joseph appelait ses frères avant que le moment de se manifester à eux fûl venu. Et plus on s'est éloigné des premiers siècles, plus leur obstination s'est augmeu-

çvite demande ce sens : Quia omnes opes iEgypti vestra; erunl ; « parce que toutes les richesses de l'Egypte seront a vous ; el la vérité de la ligure le demande aussi. Car lu famille de Jacob n'aura aucun regret a quitter ses anciens usages et ses observances légales, en devenant chrétienne.

11)5 POIR L'INTELLIGENCE

têe, en sorte que la conversion sincère d'un seul Juif est un prodige.

Il est donc évident que les Ecritures qui promettent aux Juifs une conversion constante, une alliance perpétuelle, une foi qui ne s'éteindra point, un rétablissement qui ne sera sujet à aucune variation, une possession ferme de leur héritage, dont ils ne seront plus exilés, une pleine assurance qu'ils seront toujours attachés à la vérité et qu'ils lui demeureront Odèles jusqu'à la fin des siècles : il est, dis je, évident que ces promesses ne regardent pas les Juifs des premiers temps de l'Eglise, puisqu'elles sont fausses à leur égard ; et qu'elles ne peuvent s'entendre que des Juifs que Dieu s'est réservés dans les derniers temps, et dont Benjamin, si tendrement aimé par Jacob, dont il était le dernier fils, et par Joseph dont il était l'unique frère par Rachel, était visiblement la (igure.

Les promesses dont je parle, sont répandues dans toutes les Ecritures. J'en rapporterai quelques-unes ; et elles serviront à l'aire remarquer les autres. La maison d'Israël ( Ezéch. XXXIX, 22, 29 ), dit le prophète Ézéchiel, dans une célèbre prédiction dont nous avons déjà fait u^age, connaîtra depuis ce jour-là et dans tous les temps, que c'est moi qui suis le Seigneur leur Dieu... El je ne leur cacherai plus désormais mon visage, parce que je répandrai mon Esprit sur toute la maison d'Israël, dit le Seigneur Dieu (1). Les termes ne peuvent être plus étendus pour la durée, ni plus maguifiques pour les promesses. La moindre réflexion suffit pour comprendre que rien de tel n'est arrivé, et que celle grâce est réservée pour un autre temps.

Nous n'avons pas oublié ce que le prophète Michée ♦lisait à Dieu en prévenant ses miséricordes futures : < Qui est le Dieu semblable (2) à vous , Seigneur , qui effacez l'iniquité, et qui oubliez les péchés, des testes de votre héritage (Miçh. Vil, 18)? Il ne fera plus désormais éclater sa colère, parce qu'il se plaît à faire miséricorde. » Le temps de sa colère est passé. Sa miséricorde nous pardonne tout. Elle fait notre sûreté pour toujours.

Jérémie ajoute encore à cesexpressions; et la miséricorde même n'en peut employer de plus fortes, ni de plus tendres: « Je vais rassembler les habitants de Jérusalem (5), et les laire revenir de tous les lieux où je les ai chassés dans ma fureur Je leur donnerai à tous un môme cœur, et je les ferai marcher dans la même voie, afin qu'ils me craignent dans

(1) Scient domus Israël , quia ego Dominus Deus eorum a die illa, el deinceps.... El non absoon iam ultra t'acieni ra«am al) eis , eo quod effuderim spiritual meum super omnem domina Israël , ait Dominus Deus.

(2) Quis similis lui , qui aul'ers iniquitatem , et transis

f>eccalum reliquiarum haereditatis tnse ? Non immiitet ultra urorem suum , quoniam volens miserieordiam est.

(3) Ecce ego congregabo eos de universis lerris ad quas ejeci eos in turore meo.... Et dabo eis cor unum , et viam unam, ut timeant me universis diebus , et bene sit eis, et tiiiis eorum post eos. Et t'eriam eis pactum sem|iiiernum , et non desiuam eis benel'acere ; et timorem meum dabo io corde eorutn, ut non recelant a me. Et laelabor super eis, cum bene eis t'ecero ; et phnilano eos in terra isla m veriate, in toto corde meo , el in lota-a lima mea.

DES SS. ECRITURES, m

tous les temps, et qu'ils soient heureux, eux cl leur* enfants après eux (Jérém. XXXII, v. 57, 59, 40, 41). Je ferai avec eux une alliance éternelle, et je ne cesserai point de les combler de biens. J'imprimerai ma crainte dans leur cœur, afin qu'ils ne s'éloignent point de moi. Je trouverai dans eux ma joie, lorsque je leur aurai fait du bien ; et je les établirai en celle terre dans la vérité, avec loute l'effusion de mon cœur et de mon âme. i Les biens spirituels, et enire les biens spirituels ceux qui sont les plus excellents, expliquent ce qu'il y a de figuré dans les autres termes; et il faudrait être bien grossier pour s'y méprendre.

Mais peut-on assez remarquer que ces augustes promesses sont pour toujours, c universis diebus ; » qu'elles sont continuées aux enfants, « et filiis coruni post eos ;> qu'elles sont fondées sur une alliance éternelle, « pacium sempiternum ; > que cette alliance elle-même est fondée sur une volonié toujours bienfaisante, c et non desinam eis benefacere ; » que celle volonié commencera par inspirer la crainte et l'amour, et qu'elle s'assurera ainsi de la volon'é des hommes, « el timorem meum dabo in corde eorum, ut non recédant a me ; » el que par sa persévérance à donner toujours et à rendre toujours reconnaissants ceux à qui elle donnera, elle ne se repentira jamais de ses dons, « et Letabor super eis, cum benefecero eis, et planiabo eos in veritate, in loto corde meo, el in toia anima mea. > c Us renonceront à la durelé de leur cœur (I), dit le prophète Baruch, et je les rappellerai dans la terre que j'ai promise avec

serment à leurs pères, Abraham, Isaac, et Jacob

Je ferai avec eux une nouvelle alliance qui sera éternelle, afin que je sois leur Dieu, el qu'ils soient mon peu pie ( Baruch. Il, 52, 54, 55 ); et je ne ferai plus sortir les enfants d'Israël, qui sont mon peuple, de la terre que je leur aurai donnée.!

Dans aucun sens cct'.e promesse n'a éîé accomplie : et plus on s'efforcera de la réduire à une interprétation purement temporelle, contre la ré islance du texte môme, moins on en établira la vérité. Car l'exil ci la dispersion des Juifs depuis plus de seize siècles ne peuvent s'accorder avec ces paroles : c Et je ne ferai plus sortir les enfants d'Israël, qui sont mon peuple, delà terre que je leur aurai donnée. > Il s'agit donc d'une nuire terre que la Palestine. El en effel le prophète parle d'une autre alliance: i Je ferai avec eux une alliance nouvelle. » Cette alliance est celle dont le Juif est exclu par son infidélité. Il y entrera , et pour toujours. 11 y demeurera ferme, el ne s'en départira jamais. Cela est écrit, et cela sera.

Tous les prophèles tiennent le même langage, et c'est aussi le même esprit qui les anime, c Voici (2),

(1) Avertent se a corde suo, et revocabo illos in terra m quam juravi palribus eorum Abraham , Isaac, et Jacob.... Et statuait) illis téstamenium aiterum, utsimillisin Deum, et ipsi erunt mitii in populum. Et non movebo amplius popumm meum, tilios Israël , a terra quam dedi illis.

(-2) Ecce super montes pedes evangelizaniis et annnnlianlis pacem. Célébra, Jttda , festi vitales tuas, et reddo

^7 nÊcr.ES

dit le prnpliète Nabum, les pieds de celui qni apporte une bonne nouvelle, cl qui annonce la paix. Je 1rs vois paraître sur les montagnes: Célébrez, 6 Juda, vos jours de fêtes, et accomplissez les voeux que vous avez faits au Seigneur, parce que Déliai ne passera plus à l'avenir au travers de vous. Il a é:é entièrement extermine (Nali. 1, v. 15). > Ce n'est plus comme autrefois, où Ton vous annonçait la paix, et où vous ne connaissiez pas ce qu'on vous annonçait [Voyez haïe. c.LU, v. 7, 8 et S. Luc. 19, ». 42.) Un esprit d'indocilité et de révolte vous avait perverti le jugement et vous avait rendu ennemi île votre réconciliation, et de celui qui vous l'offrait. Aujourd'hui cet esprit d'iniquité est chassé de tout Israël. ïl connaît ses biens. Il en est transporté de joie. 11 rend ses vœux et ses actions de grâces en môme temps; et ses dispositions ne changeront plus: < Déliai ne passera plus à l'avenir au travers de vous; il a été entièrement exterminé. >

« Fille de Sion, chantez des cantiques de louange (1) ; Israël , poussez des cris d'allégresse; fille de Jérusalem, soyez ravie de joie, et tressaillez de tout votre cœur (Soplwn. III, v. 14, 15, 17, 19), > (ce sont les termes de Sopïionie , qui n'en trouve point d'assez forts pour exprimer sa joie , et celle du peuple futur). « Le Seigneur a effacé l'arrêt de votre condamnation ;

il a mis en fuite vos ennemis. Le Seigneur, le roi d'Israël est au milieu de vous ; vous ne craindrez plus à l'avenir aucun mal.... Le Seigneur votre Dieu, le Dieu fort, est au milieu de vous ; ce sera lui-même qui vous sauvera. 11 mettra son plaisir et sa joie en vous; son amour lui fera dissimuler vos crimes, et il se réjouira en vous, à la vue des louanges que lui attirera la miséricorde qu'il vous aura faite... Je m'en vais sauver celle qui boitait, et rassembler celle qui avait été exilée. Je rendrai le nom de ce peuple célèbre; et je ferai qu'on lui donnera des louanges dans tous les lieux où il avait été humilié. > Dieu ne veut plus exercer sa justice contre Israël , il n'est irrité que contre les ennemis de son peuple. Il est son roi et son protecteur; et désormais aucun mal n'en approchera , parce que Dieu met sa complaisance à l'aimer, à le sauver, à le guérir, qu'il donne des forces à ceux qui ne pouvaient marcher, qu'il fait rentrer dans la voie ceux qui s'en étaient écartés ; qu'il rappelle l'épouse qu'il avait répudiée , qu'il comble d'honneur devant les nations , le même peuple qui leur avait été en opprobre ; et qu'il veut se le rendre fidèle pour toujours, en corrigeant dans le principe tout ce qui serait capable de le détacher de son service. Ceux qui ne voient que les ruines de la maison de

vota tua; quia non adjiciel ultra ut pertranseat in te Reliai; universus interiit.

(1) Lauda, filia Sion ; jubila, Israël ; lœtare et exulta in omni corde, filia Jérusalem. AbStulil Dominus jiidicinm tuum ; avertit inimicos tuos. Rex Israël Dominus in medio lui; non limebis malura ultra.... Dominus Dens luns in medio lui fortis" ; ipse salvabit. Gàudenit super le in laetitia ; silebit in difectione sua ; exultabit super tenu laude.... Eece ego salvabo claudicantem , et eani qusc éjecta erat congregifoo; et ponam cos in laudem et in nomeii in omni lerra eonfusiouis connu.

David , désespèrent qu'elles soient un jour réparées- Mais Dieu a d'autres desseins, selon le prophète Amos, et non seulement il relèvera ce qui est tombé, mais il lui donnera une solidité qui résistera aux injures du temps; et quand il rétablira son peuple dans son ancien patrimoine, ce sera avec la résolution de ne le plus donner aux étrangers et de ne l'en plus faire sortir : « Je relèverai le tabernacle de David , qui a été renversé (Amos XI, II, H et 15); je refermerai les ouvertures de ses murailles; je rétablirai ce qui était tombé, et je le rebâtirai comme il était autrefois. Je ferai revenir les captifs d'Israël, qui est mon peuple; ils rebâtiront les villes qui avaient été abandonnées , et ils les habiteront... Je les établirai dans leurs pays , et je ne les arracherai pins à l'avenir de la terre que je leur ai donnée, dit le Seigneur notre Dieu (i). » Le prophète Isaïe, avant tous ceux que j'ai cités, avait prédit la même chose sous différentes figures, t Réveillez-vous (2), réveillez vous, dit-il, comme s'il assistait déjà au spectacle qui devait être si longtemps différé ; levez-vous, Jérusalem , à qui la main du Seigneur a fait boire le calice de sa colère. Vous avez bu ce calice d'assoupissement jusqu'au fond , vous en avez pris jusqu'à la lie. De tous les enfants qu'elle a engendrés, il ne s'en trouve pas un seul qui la soutienne.... Vos enfants sont tombés par terre, ils ont été accablés de sommeil au milieu des rues, ils ont été rassasiés de l'indignation du Seigneur » (haïe LI 17,18, c20).

L'état où sont réduits les Juifs , est vivement représenté, et nous-mêmes qui en sommes les témoins, nous ne pourrions rien ajouter à celte peinture. Ils sont enivrés du vin de la colère de Dieu. Ils en ont bu la coupe jusqu'à la lie, et c'est pour cela que leur assoupissement et leur léthargie sont sans remède. Aucun parmi eux ne connaît et ne déplore son étal. Us sont dispersés partout, mais comme des morts jetés çà ei là sur la surface de la terre ; et ils portent partout des signes sensibles de la colère de Dieu qui les accable. Mais écoulons ce qu'ajoute le propriété: «C'est pourquoi écoulczceci (3), ville pauvre et misérable , enivrée de maux , et non pas de vin. Voici ce que dit votre martre, votre Seigneur et voire Dieu.... Je vais vous Ôtcr delà main celle coupe d'assoupissement, cette coupe où vous avez bu jusqu'à la lie mon indignation et ma fureur. Vous n'en

(I) Suscitabo tabernaculum David quod eccidit • et re-P. drficabo aperluras murorum ejus; et ea ouaï ôrl f instaura^ ; et re^dilicabo illud sicut in ai£ aZ s Et convertam capt.vitatem populi mei Israël; et œdiSrn't civitales désertas, et m ha bifnhnm r. .a. ',„..„ ,UU)Ullt

désertas, et inhabifabum.... El plantaboeos

Ijuraum suam; et non evellam eos ultra ^dTtëi^wT 5Xer ded, eis, dicit Dominus Dens luns. ^ -' qUa,u

(2) Elevare, elevare, consurge, Jérusalem , qua? bïhïsti de manu Domun calicem irœ ejus. Usque ad f,„4un cajic s sopons bibisll, et potasti usque ad lances. Non est nui sustetitet eam ex omnibus filiis quos geriuit.... Fini lui ni! jeeti sont ; dormieruul in capile omnium viarum. l 'le m in lignatoneDomuu. r* '

(5) Idcirco audi hoc, pnupercuta , el ebria non a vino. Ihec dicit dominator luijs, Dominus et Dons luus F«£ KUh de manu tua calicem soporis, fundum caficïs nfdignatiMisnea. Non adjrc.es ut bihas illum ultra : et ponam rlluin m manu corum qui te humiliavorum.

boirez plus à l'avenir : mais je la mettrai dans la main de ceux qui vous ont couvert d'opprobre ( lb., v. 21, 22 )• » C'est Dieu lui-même qui assure qu'il réveillera les Juifs de leur profond assoupissement; cl qui assure en même temps qu'il ne leur présentera plus la coupe de sa colère: Non adjicies ut bibas illum ullra. Avons-nous vu l'accomplissement de celte promesse? Les Juifs sont-ils sortis de leur ivresse? Ont-ils cessé de boire et de boire jusqu'à la lie? Ne renonçons pas à la consolation qui leur est promise; et n'oublions pas qu'elle leur est promise pour toujours.

< Le Seigneur consolera Sion (I), dit encore Isaïe, il la consolera de toutes ses ruines. Il changera ses uéserls en des lieux de déliées, et sa solitude en un jardin irès-agréable... Car le salut que je donnerai sera éternel; et ma justice subsisiera dans tous les siècles (haïe, LI, 5 , 6 et 8). » Ce sont d'aulres images, mais des mêmes biens. Il n'y a que des ruines et des masures dans le pays qu'habitent les Juifs. Tout est parmi eux iuculle et sauvage. Mais Dieu sera l'architecte qui relèvera les ruines. Il convertira luimême en un jardin de délices , un pays en friche et négligé, et cène sera plus par un soin passager. Le salut promis à Israël esl éternel , son retour à la justice ne sera suivi d'aucun autre.

Les nations devenues fidèles, dit ailleurs le même prophète, verront avec étonnement la magnificence de la grâce répandue sur Israël. Elle se répandra sur eux comme un torrent poussé par l'esprit de Dieu. Mais ce torrent ne sera pas semblable à ceux qui, après beaucoup de bruit, s'écoulent et tarissent très-proinpleinent. 11 sera comme un fleuve perpétuel. L'esprit de vérité passera des pères aux enfants, et jusqu'à la lin des siècles le Juif demeurera fidèle comme les autres enfants de l'Eglise. < Ceux qui sont du côté de l'occident craindront le nom du Seigneur ; et ceux qui sont du côté de l'orient seront zélés pour sa gloire, lorsqu'il sera venu comme un fleuve impétueux , dont les eaux sont assemblées par le souffle de Dieu ; lorsqu'il sera venu un rédempteur à Sion , et à ceux de Jacob qui renoncent à l'iniquité , dit le Seigneur. Voici l'alliance que je ferai avec eux , dit le Seigneur. Mon esprit qui est en vous , et mes paroles que j'ai mises dans voire bouche, ne sortiront point de votre bouche , ni de la bouche de vos enfants , ni de la bouche des enfants de vos enfants, depuis ce temps jusqu'à jamais, dit le Seigneur (haïe LIX, 10, 31) (2). >

(1) Consolabitur Dominns Sion , et consolabilur omues ruinas ejus ; et ponet desertum ejus quasi delicias; et soliluditiem ejus quasi horlum Domiui.... Sains enim mea Lu sempitmium erit, et justitia mea non tlefieiet.

(2) Timebuut qui ab occideute noraen Domini , et qui ab ortu solis gloriam ejus ; cuin venerit quasi lluvius violentus, queoi Sj.iritus Domiui eogit , et venerit Sion redeinnlor , e,t eis qui red mut ab îniquitate in Jacob, diett Dbmiuus. Hoc fœdus meum cuin eis, dicit Doiniuus : Spirilus meus qui esl iu le, cl vetba mea qirje | osui in ore luo, non recèdent de ore luo, et de ore seminis tui, et de ore semïnis semin s tui , dicit Dominus , aniodo cl usque iu scmpilernum.

Il ne faut pas différer le rappel des Juifs jusqu'à la /m< des siècles , ni le limiter à quel/jues années avant le dernier jugement.

XIe Vérité. C'est une suite naturelle et nécessaire de celle qui vient d'être établie, de ne pas mettre la conversion des Juifs à la fin du monde, et de ne la pas limiter à un espace court de quelques année? avant le dernier jugement; car la promesse tant de fois réiiérée de ne les plus abandonner, de ne les plus déplacer, de les établir pour toujours dans leur ancien héritage, de conserver parmi eux et parmi leurs descendants le dépôt de la vérité , serait absolument inutile, si leur conversion n'était qu'un événement rapide, et pour ainsi dire, de quelques heures ; si elle ne devait trouver dans la suite des âges aucun obstacle, et si elle n'avait pas besoin d'une protection particulière pour passer des pères aux enfants, et se maintenir, comme la foi des Gentils , jusqu'à la fin.

Les anciens interprètes de l'Écriture , qui déposent tous unanimement en faveur des Juifs, dont ils regardent la conversion future comme une vérité rêvé ée , la diffèrent presque tous jusqu'aux derniers temps pour deux raisons. La première i parce que l'Écriture ne la fait espérer, ce semble, qu'à la dernière extrémité : Novissimo tempore teverteris (Dcut. IV, 50). La seconde, parce qu'ils ne faisaient attention qu'à l'intérêt des Juifs ; et qu'ils étaient presque hors d'état de pouvoir imaginer la liaison qu'il a plu à Dieu de mettre entre leur retour et notre propre intérêt.

Mais la première raison , quand elle est comparée avec le langage ordinaire de l'Écriture, qui appelle souvent des événements éloignés, des événements derniers, ne peut faire aucune impression. < Dans les derniers temps (1), dit Isaïe , la montagne sur laquelle doit être bâiie la maison du Seigneur, sera élevée audessus des plus hautes montagnes ( Isaïe, II, 2 et suiv.), elle sera plus haute que toutes les collines , et toutes les nations y accourront en foule. > Il parle de l'Église formée à Jérusalem , premièrement par Jésus-Christ et ensuite par ses apôtres , et nous savons combien il s'est écoulé de siècles depuis ces jours que le prophète appelle les derniers (2). « Mes petits enfants, disait saint Jean, voici la dernière heure.... 11 y a déjà plusieurs antechrisls , et c'est ce qui nous fait connaître que c'est ici la dernière heure ( I Jean II, 18) (3). < Cette dernière heure a duré près do deux mille ans , et personne ne sait jusqu'où elle doit s'étendre. Elle est la dernière, parce que tous les mystères du salut sont accomplis, et que le seul dernier avènement de Jésus-Christ esl attendu. Mais par rapport à la suile des âges , et à ceux qui seront ap-

(1) Erit in novissimis diebus praeparalus mons domus Domiui in vertice monlium ; et elevabilur super colles ; et fluent ad eum omnes gentes.

(2) Celle expression ne répond pas exactement à cel!<î du texle original, qui signifie seulement un temps reculé, u:i temps éloigné.

(3) Filioli, novissima hora est... Anlichrisli multi facti. suut : unde seiunis uiiia novissima hora est.

fit

RfcGLES H3

ou Gentils, elle esl pour comme un ange du Seigneur. » Les moindres d'entre

(télés à la foi , ou Juifs nous d'une mesure indéfinie.

La seconde raison, qui n'était fondée que sur l'abondance, les succès et l'étendue de l'Église, à laquelle on ne voyait pas que les Juifs pussent rendre d'autres services qu'en l'écoulant comme leur mère , » perdu beaucoup de sa vraisemblance depuis la mort des anciens pères. Il n'est pas temps de le démontrer. Mais si dès aujourd'hui les Juifs venaient offrir à l'Église leur ministère , elle ne serait pas en peine de les occuper au dedans et au dehors ; et leur zèle ne manquerait pas de matière.

Les prophéties qui parlent de Péminente sainteté des Juifs rappelés après le temps de la colère , et de tous les Juifs, désignent les derniers temps.

XH# Vérité. Il y a plusieurs prophéties qui prédisent l'éminenle sainteté de la première Église de Jérusalem, qu'il ne faut pas confondre avec celles qui prédisent quelle sera la vertu des derniers Juifs. 11 suffit, pour les démêler, d'être attentif à deux points. Le premier est que ces derniers Juifs sont rappelés de toutes les parties du monde, après le temps de la colère et la vocation des Gentils ; la seconde est que tous, et non l'élite seule d'entre eux, sont comblés de grâces et pleins de l'esprit de Dieu. Dans le temps de la première Église, c'est un petit reste qui est sanctifié, et le corps entier est réprouvé; mais dans les derniers temps, ce sera le corps entier qui sera inondé de bénédictions , et la charité deviendra aussi commune dans cette heureuse nation que l'or était devenu commun dans les premières années de Salomon.

< Je répandrai sur la maison de David (1) et sur les habitants de Jérusalem un esprit de grâce et de prières, et ils attacheront les yeux sur moi , qu'ils ont percé de plaies »> (Zac. X II, 1 0, 1 1 ). Ce peu de paroles renferme tout. Car que n'obtiennent point une foi vive en Jésus-Christ et une ardente prière formée par l'Esprit de Dieu, et accompagnée de sentiments de pénitence? (2) « Ils pleureront avec de grands gémissements celui qu'ils ont blessé, comme on pleure un fils unique... En ce temps-là il y aura un grand deuil dans Jérusalem. » Ces dispositions seront générales ; elles seront communes à toutes les familles, familiœ et familiœ. Nous l'avons vu ailleurs, et je ne le louche ici qu'en passant.

Mais voici ce que nous n'avons pas encore vu, et qui précède immédiatement. (5) < En ce lemps-là le Seigneur prendra sous sa protection les habitants de Jérusalem ; et alors le plus faible d'entre eux sera fort (finie David ( Ibid., 8) ; et la maison de David paraîtra à leurs yeux comme une maison de Dieu ,

(1) Effundam super domina David , et super habitalores Jérusalem spirilum gratis; et precum; et aspicient ad me qi'em confixerunt.

(2) Plangenl eum planctu quasi super unigenitum... In die illa magnus erit plaoctus in Jérusalem.

|3) la die illa proteget Dominus habitalores Jérusalem; ei erit , qui offenderit ex eis in die illa , quasi David ; et n ;inu£ David quasi Dei, sicut angélus Domini in conspeclu «orura.

eux auront la vertu, la lumière, le zèle des prophètes et de David même ; et ceux qui seront élevés à la di-î gnité de chefs du peuple et de prophètes seront plutôt des anges que des hommes, et leur vie sera plus digne, du ciel que de la terre.

Toutes les distinctions établies par la loi seront abolies. Jérusalem n'aura aucun avantage sur les au 4 1res villes , parce que le culte spirituel est indépendant du temple et des sacrifices ; et la maison de David n'aura aucun rang distingué, parce qu'elle n'était respectée que par rapport au Messie et à l'unique roi auquel tout Israël est soumis. < Le Seigneur (1) sauvera les lentes de Juda, comme il a fait au commencement (Ibid.y 7), afin que la maison de David ne se glorifie point avec faste en elle-même , et que les habitants de Jérusalem ne s'élèvent point contre Juda. »

Le même prophète représente ailleurs l'effusion abondante de l'Esprit de Dieu sur tous les Israélites sous différentes figures : il les voit comme enivrés; il les regarde comme le; coupes destinées aux libations des sacrifices, remplies jusqu'à déborder, et se répandant en effet ; il les compare aux cornes de l'autel, qui recevaient toutes les effusions et qui devenaient par là comme des sources perpétuelles.* Us boiront (2), et ils seront enivrés de cet Esprit comme de vin. Ils en seront remplis comme les coupes qui servent aux sacrifices et comme les cornes de l'autel. » (Zachar. IX, 15.)

Il est certain qu'il parle en cet endroit des derniers Juifs. Mais, pour ajouter la clar.é à la certitude, et pour lever beaucoup de difficultés qui rendent obscur ce qui précède , il faut que je remonte plus haut et que je me serve delà lumière de certains versets pour éclairer les autres. < Fille de Sion (3), soyez comblée de joie ; fille de Jérusalem , poussez des cris d'allégresse. Voici votre roi qui va venir à vous, ce roi juste qui est le Sauveur. Il est pauvre, et il est monté sur une ânesse, et sur le jeune poulain de l'ânesse » (Zach., IX , 9). liien n'est plus clair; et c'est ce qui doit nous conduire dans l'intelligence du reste.

(A) « Je mettrai en fuite les chariuls d'Éphraïrn et les chevaux de Jérusalem ( Ibid., 10) ; les arcs dont on se sert à la guerre seront brisés. Il annoncera la paix aux nations , et sa puissance s'étendra depuis une mer jusqu'à l'autre mer, et depuis le fleuve jusqu'aux extrémités de la terre. > Ce roi pacifique n'emploiera, pour se faire obéir, ni la force, ni aucun des

(1) Et salvabit Dominus tabernacula Juda ( Juda est pris ici pour tous les Juifs qui en ont le nom) sicut in principio, ut non magnifiée glorielur domus David , et gloria habitantium Jérusalem contra Judam.

(2) Bibentes inebriabuntur quasi a vino, et replebuntur ut phialœ, et quasi cornua altaris.

(5) Exulta salis [Vhébreu : mullum), filia Sion; jubila, filia Jérusalem. Ecce rex tous veniet libi justus et salvator. Ipse pauper, et ascendens super asinam, et super pulluoi tilium asinre.

(i) Et dispergam quadrigam ex Ephraûn» et equum de Jérusalem, et dissipabiiur arcus belli. Et loque mr p-«cem gentibus ; et potestas ejus a mari usque ad mare, u a Ûumine usque ad fines terrx>.

113 POU!; L'LNTLLLICENCE

moyens humains. 11 éteindra les anciennes inimitiés entre les royaumes de Juda et d'Israël ; il fera cesser Sa haine mutuelle des Juifs cl des Samaritains; il associera à son peuple les Gentils, et son empire sera aussi étendu que l'univers. Remarquez les Gentils appelés, et .son Évangile prêché et reçu dans toute la terre, < Et pour vuus, ô Sion (1)" j'ai fait sortir vos captif? de l'abîme sans eau où ils étaient retenus : et je les en ai tirés à cause du sang dont votre alliance a été scellée {Ibid., 11). > Le monde entier croit en moi. Tu le vois, Sion, et tu délibères encore? Le sang qui a lavé tous les hommes et qui les a rachetés de la captivité n'a-t-il pas été répandu pour sceller l'alliance faite avec les pères? et n'y as-tu pas un droit plus naturel , plus ancien , mieux fondé dans les promesses, que tant de nations à qui j'étais inconnu ? J'ai délivré, malgré ton incrédulité présente, tes captifs, retenus dans une profonde fosse, sans lumière et sans eau. Je les en ferai sortir quand le temps en sera venu, et leur liberté fulure est certaine.

< Retournez (2) à vos places fortes (Ibid., 12), vous captifs, qui êtes dans l'attente. > Je vous regarde comme étant à moi , vous qui gémissez dans les fers. Vous êtes captifs , mais dans l'espérance d'être délivrés; vous n'êtes pas réservés pour la vengeance , mais pour le salut. Vous attendez, et vous êtes attendus. Uâlez-vous d'entrer dans la ville de refuge, où vous serez en sûreté. Le souverain pontife est mort, mais cela ne suffit pas : sa mort ne met en liberté que ceux qui sont dans l'asile marqué. Attendez-y ce que vos frères n'espèrent et ne connaissent pas; et comprenez que je suis moi-même cet asile et ce lieu fojt, ei que je sois tout à la fois le pontife qui ai donné ma vie pour vous, et la ville de refuge où vous devez en attendre le fruit.

(3) « Je vous annonce aujourd'hui de grands biens, mais je vous en ferai encore de plus grands. > Oui , Sion , lu m'es encore chère : malgré ton indocilité et ton ingratitude , je le réserve des biens dont tu connaîtras un jour le prix. Je le les annoncerai d'une manière qui te persuadera, et je récompenserai au double tout ce que lu auras perdu dans le temps de ion incrédulité.

(4) i Car Juda est comme mon arc , que je, liens

(1) Tu qnoque in sanguine testamenti lui emisisti vinclos tuos de lacu iu quo non esl aqua. «C'est à Jésus -Christ que le prophète s'adresse, si l'on suit la version latine. Mais en suivant le texte (a) original, c'est Jésus-Christ qui parte a Sion, et il faut traduire ainsi » (b) : Eliam tu ( ù Sion) in sanguine testamenii, ou, l'œderis tui (c), emisi vincios tuos de lacu in quo non esl aqua.

(2) Coavei limini ad muniiiouein, vincli spei ( ou expectalionis}.

[ô) Hodie qnoque annuntians duplicia reddam tibi.

(i) (Juoniam exlendi rnihi Judam quasi arcum, impie vi Kphraïm ; et suscitabo tilios tuos , Sion, super lilios luus , Gracia; et ponam te quasi gladium t'ortium. (C'est le

(a) Les pronoms dans «e texte sont au féminin , et le verbe à la première personne.

(b) Etiam tu , n'a qu'un i,ens suspendu, comme en français, et vous, ru vero.

(e) Emisi, peut avoir le sens du futur : mais U a plus (Té- *erQw dans le passé.

DES SS. ÊC1UTERE& lit

déjà bandé (Ibid., 15); Épbraîm esl comme m< n carquois, que j'ai rempli de flèches. Je ranimerai l'ardeur de vos enfants, ô Sion, ei elle surpassera celle de vos enfants, ô Grèce; et je vous rendrai , ô Sion , comme l'épée des plus vaillants. » Je rassemblerai toutes les tribus. Juda et Épbraîm , autrefois les chefs de deux partis divisés, seront unis dans une même foi. Ils seront mon peuple et [«ion armée. Juda sera mon arc, Ephraïm sera mon carquois plein de flèches. Toi-même, lu seras mon épée ; et quelle épéu entre les mains du Tout-Puissant? Je remplirai tous 1rs enfants d'ardeur el de zèle pour mon service. Les Giecset les Gentils qui me demeureront fidèles auront moins de courage et d'activité qu'eux , et toutes les nations qui ne m'auront pas encore connu seront leur conquête.

(!) i Le Seigneur Dieu paraîtra en haut au-dessus d'eux , d'où il lancera ses dards comme des foudres (Ibid., 14); cl le Seigneur Dieu fera sonner de la trompette, et il marchera à leur secours parmi les tourbillons du midi. > Ton Seigneur et ton Dieu si longtemps ignoré, mais alors clairement dévoilé à tes yeux, combattra du haut du ciel avec les enfants et pour eux. Ses traits seront des éclairs; sa trompette sera le son éclatant de l'Évangile ; el le souffle de sou esprit également doux et efficace, semblable à un ve;.' impétueux, purifiera, pénétrera, renversera tout eu qui s'opposera au succès de ses nouveaux apôtres.

(2) < Le Seigneur des armées les prendra sous sa protection ; ils extermineront leurs ennemis, et ils se les assujettiront avec les pierres de leur fronde »(/&., 15). Ils trouveront des obstacles de loutes parts, et invincibles selon les apparences; mais le Dieu des armées, qui sera leur chef, sera aussi leur défense et leur bouclier. Il leur donnera un courage et une patience à toute épreuve, cl il rendra leur proie les Le; es les plus farouches. Ils se nourriront de leur foi après les avoir vaincues; el leur victoire, semblable à celle de David, qui n'employa contre Goliath que les aimes d'un berger, sera le fruit de leur confiance en Dieu, de l'humilité et de la prière.

i (5) Ils boiront et ils seront enivrés. > C'est ce qui a été expliqué dès le commencement , et qui reçoit , ce me semble , de ce que nous venons de dire , une nouvelle lumière.

Avant que de passer à un autre prophète , je ne puis m'em pêcher de rapporter quelques traits du chap. \II1 du même Zacharie. « Voici (i) ce que dit le

nom propre des Grecs, Javan, comme les Massorètes l'ont ponctué, ou ion, comme les Grecs eux-mêmes se sont appelés).

(î) Et Dominus Deus tous super eos vtdebilur, et exibit ut i'ulgur jaculum ejus ; et Dominus Deus in tuba canat, et vadet in turbine (a) austri.

(2) Dominus exercituum (b) proteget eos, et devorabuM, et subjicient lapidions fundae.

13) Et bibentes inebriabunlur.

(i) Houe dicit Dominus exercituum : Zelatus sum Sioa

zelo magno, et indignatione magna zelatus sum eain... Ke-

versus sum ad Sion, et habiiabo in medio Jérusalem, cî

« — « t~jp

fa) Turbinibns ou tempestatibus.

(b) scvto leget.

Seigneur des armées : J'ai eu pour

«nient el jaloux, ei je l'ai aimée avec une ardeur qui

m*a rempli d'indignation (Zachar. VIII, 2, 5). Je

suis revenu à Sion ; j'habiterai au milieu de Jérusalem, el Jérusalem sera appelée la vilie de la vérité; et la montagne du Seigneur des armées sera appelée la montagne sainte. » J'aime Sion d'un amour de jalousie, et d'une telle jalousie, que je suis irrité contre ceux qui pensent que je ne l'aime plus. Ma colère se tournera contre eux, et je reviendrai à elle avec une tendresse infinie, qui ne se bornera pas à des biens temporels. Je remplirai Jérusalem de vérité et de justice. La montagne que j'y ai choisie sera une montagne de sainteté : la vertu et la piété y seront dans nu éminenl degré; et je lui attirerai le respect et l'admiration de toute la terre. Mais je ne ferai ces prodiges que lorsque je rassemblerai ses enfants de toutes les parties du monde : car je réserve à ce tempslà à régner véritablement sur eux par la justice et par h vérité , à être leur Dieu , et à les rendre mon peuple, t Je vais faire revenir (1) mon peuple des pa\s de l'Orient et des pays de l'Occident. Je les ramènerai, et ils habiteront au milieu de Jérusalem : ils seront mon peuple, et moi je serai leur Dieu dans la vérité et dans la justice (Ibid , 7, 8). > Promesse nouvelle, générale pour tout le peuple, absolue, qui comprend tout , et qui est clairement attachée au retour de la dispersion ; promesse fondée sur la puissance cl la bonté de Dieu, et dont il ne faut ni douter ni demander les raisons. « Voici ce que dil (2) le Seigneur des armées : Si cela doit paraître difficile à ceux qui resteront de ce peuple en ce temps là, esl-il de même difficile pour moi, dit le Seigneur des armées » (lbid , G).

En peu de mots Sophonic dit tout; et de tels mots doivenl nous être infiniment précieux. « Ceux (3) qui resteront d'Israël ne commettront point d'iniquité et ne proféreront point de mensonges. Il n'y aura point île langue trompeuse dans leur bouche, parce qu'ils se laisseront conduire comme des brebis, et qu'ils se reposeront sans qu'il y ait personne qui les épou vante (Sophon. III, 15). > Ceux que je me réserve dans Israël seront justes, sincères, ennemis de tout artifice. Et pourquoi? C'est que je serai leur pasteur, el qu'ils seront devenus mes brebis, non pour uu temps, mais pour toujours; non en vivant dans la crainte d'être opprimés par le plus grand nombre de leurs frères ennemis de la vérité, el pleins d'orgueil et d'hypocrisie : mais pleinement rassurés par le changement gé-

\ocabitur Jérusalem civitas veritatis; et mens Domiui exercituum, nions lai sanetificalus.

lai sanclificalis.

(\) Ecce ego salvabo populum meum de terra orientis, et de terra occasus solis. El àdducam ecs, et habilabunt in medio Jérusalem; et erunt mihî in populum, et ego ero eis in Deum in veritate et in jusiilia.

(2) Haec dicil Doniinus exereituum : Si videbilur difficile in oeulis reliquiarum populi hujus in diebus illis, numquid in ocnlismeis di ficile erit, dicît Dominus exereituum.

(3) Reliquiae Israël non tacient iniquitaiem,nec Io,|ucritur mendacium, et non iuvenietur in ore eorum lingua dolosa : quoniam i; si pascentur. *»t 3ceubabunt, el non erit qui exlerreat.

Sion un amour néral de la nation : Non erit qui exterreau

lio

Je causerai ce changement en ne souffrant plus dans Israël ni fierté, ni orgueil, ni confiance en sa propre justice. Tous les Juifs présomptueux auront cessé de vivre. Tous ceux qui mettaient leur espérance dans la loi et dans les avantages extérieurs ne feront plus partie.de mon peuple. Je ne le composerai que d'humbles, de petits , de faibles à leurs propres yeux. La nation entière n'espérera qu'en moi. « J'exterminerai alors du milieu de vous (1) ceux qui par leurs paroles pleines de faste vous entretenaient dans voire orgueil; et vous ne vous élèverez plus à l'avenir de ce que vous êtes les maîtres de ma montagne sainte (Ibid., XI, 12). Je laisserai au milieu de vous un peuple qui sera pauvre et peu nombreux, el ils espéreront au nom du Seigneur, i

Il y a une prophétie et en même temps une figure admirable de ce changement de toute la maison de Jacob dans celui que l'Écriture nous fait observer dans les enfants de ce saint patriarche. Dans lenr premier état, et avant qu'ils s'humilient devant Joseph devenu le maître et le libérateur de l'Egypte, l'Écriture n'en raconte que les crimes. L'un souille le lit de son père; l'autre, par son penchant à l'incontinence, tombe même dans l'inceste; tous sont accusés par Joseph d'un péché si grand , qu'on n'a osé le nommer. Leur haine contre Joseph et contre Jacob qui le leur préférait, est connue. Leur volonté meur trière, leur perfidie, leur dureté el leur impénilence le sont aussi. Tous sont injustes el méritent de i'èire toujours.

Mais lorsque les moments arrêtés dans les décrets de Dieu sont venus , ils sont pleins de respect pour leur père, et ils craignent plus de l'affliger en le séparant pour quelque temps de Benjamin que toutes les autres disgrâces. Ils sont tous pénétrés d'un vif repentir de leur faute contre Joseph ; et cet ancien crime leur est aussi présent que s'ils venaient de le commettre. Ils sont pleins de sincérité et de candeur. Tout est exact dans leurs discours, et non seulement ils ne mentent point, mais ils n'exagèrent rien. lîs sonl justes dans le commerce, fidèles à rapporter des sommes qu'on ne leur redemande point. Leur charité mutuelle est sans bornes. Ils sont tous prêts à se rendre esclaves, et même à mourir pour sauver Benjamin. Il n'y a de dispute entre eux que sur la mutuelle préférence qu'ils oui les uns pour les autres, el leur second état est si parfait, qu'on ne peut y rien ajouter.

Ce second état d'une même famille , autrefois si vicieuse quand elle était ennemie de Joseph , cl si remplie de toutes sortes de vertus depuis qu'elle retourne à lui, est une prédiction claire de la haute perfection du peuple juif des derniers temps représenté par Benjamin.

(1) Quia tune auferam de medio tui magnilnquos superb\x, luœ : et non adjicies exaltari amplius in monle sancla meo ; el derelinquam in medio tui populum paupereiu et (a) egenum ; et sperabunt in nomine Domini.

(;i) ne!r., teiiuem.

117 POUR L'UNTELLIGEPsCE

Nous ne voyons maintenant que les crimes el la misère de ce peuple : mais nous admirerons un jour son changement, qui réunira ces deux prodiges, d'être général et d'être parfait, comme ces deux merveilles ont éié réunies dans les enfants de Jacob, chefs de toutes les tribus, et chargés de représenter tous leurs descendants.

Alors s'accomplira ce que nous avons déjà cité plus d'une fois de Baruch. Les enfants que pleure Sion, parce qu'ils sont arrachés de son sein par l'exil et la servitude, et indignes d'y rentrer, parce qu'ils sont aveugles et impénitents, reviendront à elle et à son époux avec des dispositions si sublimes et si parfaites, qu'un ne pourra faire aucune comparaison entre leur égarement et leur retour. < Comme votre esprit s'est égaré en vous portant à vous éloigner de Dieu (I), lorsque vous retournerez à lui, vous le chercherez avec dix fois plus d'ardeur. C;»r celui qui vous a fait souffrir ces maux, vous comblera lui-même de nouveau d'une joie éternelle, et vous sauvera (Bar., IV, 28, 29). »

Ce sera par le zèle et le courage des derniers Juifs que toutes les nations recevront la lumière de la foi.

XIIIe Vérité. Dans les mêmes endroits où rÉcrilure prédit quelle sera la sainteté des derniers Juifs, elle prédit aussi que ce sera par leur zèle et par leur courage que toutes les nations, sans en excepter aucune, recevront la lumière de la foi ; et que Dieu les leur assujettira, ou en les leur rendant dociles, ou en les humiliant, ou même en les exterminant par divers châtiments. Les prophètes Zacharie et Ézéchiel ont été principalement choisis pour annoncer ces merveilles ; mais je réserverai le dernier pour établir la vérité qui suivra celle-ci et qui en sera la pleine confirmation, et je ne ferai maintenant usage que de Zaelnrie. < En ce jour-là (2) , dit-il, je ferai que Jérusalem sera pour tous les peuples comme une pierre très-pesante. Tous ceux qui entrepiendronl de la lever, en seront meurtris et déchirés ; et tous les royaumes de la terre s'assembleront conlie Jérusalem (Zach., XII, 5). > Les Juifs marqués ici par Jérusalem, se rendront odieux à toute la terre peu de temps après leur conversion, parce qu'ils s'appliqueront de toutes leurs forces à établir partout un culte pur et sincère, et ennemi par conséquent de toutes les passions des hommes. Leur zèle brûlant leur attirera une contradiction universelle; el toutes les puissances se ligueront contre eux : mais ce sera sans succès. Les mains des hommes seront trop faibles contre des ministres affermis par une force invincible. Us ne céderont à rien, et tout sera contraint de plier.

< En ce jour-là, le prophète continue (3), je frap-

(1) Sicut fuit sensus vester ut erraretis a Deo : decies lanium Uerum convertenles requirelis eum. Qui eniu. iuduxit vobis mala , ipse rursum adducet vobis senqiiernam jucundilatem cum salute vestra.

(2) In die illa ponam Jérusalem lapidem oneris cunclis populis. Omnes qui levabiuit eam , concisione lacerabuntnr ; it colligentur adversus eam omnia régna terne.

l~>) lu die ilia perçut iam omuein equum in stuporem, e

perai d'élourdissemenl tous les chevaux, el defréné sie ceux qui les montent. J'aurai mes yeux ouverts sur la maison de Juda , et je frapperai d'aveuglement les chevaux de tous les peuples (Zachar., XII). » Je donnerai aux Juifs une bouche et une sagesse à qui rien ne résistera. Je les remplirai d'intelligence et de force. Je tiendrai sur eux ma providence allenlive , et ce sera ma main qui les conduira. Au contraire, je frapperai d'élourdissemenl tous leurs ennemis ; je rendrai vaines toutes leurs entrepris; et ce qu'ils regarderont comme des armes et des ressources, ne sera qu'enfance et folie.

« Les chefs de Juda diront alors du fond de leurs cœurs (1) : Que les habitants de Jérusalem soient remplis de force par le Seigneur des années, qui est leur Dieu. > Ce qui rendra les Israélites invincibles, sera la pleine confiance qu'ils auront en moi et en mon secours. Les chefs ne recommanderont rien tant au peuple que l'humilité et la reconnaissance. Et comme ils n'atiendront rien de leurs propres forces, ils oseront toui espérer de ma proieclion el de ma bonté.

« En ce jour-là je rendrai les chefs de Juda comme un tison de feu qu'on met sous le bois (2), et comme un flambeau allumé dans de la paille. Ils extermineront à droite et à gauche tous les peuples qui les environnent; cl Jérusalem sera de nouveau habitée dans le même lieu où elle a été bâtie la première fois. > Aussi je les remplirai si abondamment do mon Esprit, el ma grâce rendra leurs discours si pénétrants et si persuasifs, qu'ils seront comme des llambeaux allumés au milieu de la paille et du foin ; et que le feu dont ils seront eux-mêmes consumés, convertira tout en incendie. Voilà la prédiction : el les termes figurés qui paraissent la couvrir ne servent qu'à lui donner de la majesté.

Nous avons vu comment le même prophète disait ailleurs que les enfants de Sion seraient élevés audessus des Grecs, terme commun à lous les peuples qui ne sont pas Juifs; que Dieu se servirait de Juda comme d'un arc, et d'Éphraïm comme de flèches; que lui-même lancerait ses irails comme des éclairs ; qu'il marcherait à leur téie, en faisant retentir le son delà trompette; et que par sa proieclion ils consumeraient tous les peuples, et surmonteraienr leur résistance par une victoire miraculeuse. < Le Seigneur Dieu paraîtra en haut au-dessus d'eux (3), d'où il lancera ses dards comme des foudres. Le Seigneur Dieu fera sonner de la trompette, cl il

aseensorem ejus in amentiam ; et super domum Juda aperiam oculos meos, et oinuem equum popuiorum perculiam caecilate.

(1) Et dicent duces Juda in corde suo : Confortentur mihi habilatores Jérusalem in Domino exercituum Deo eorum.

(2) In die illa ponam duces Juda sicut caminum ignis in lignis, et sicut facem ignis in fœno; et devorabunt addexteram et ad sinistram omnes populos in circuilu; et habitabitur Jérusalem rursus in loco suo in Jérusalem.

(3) Dominus Deus super eos videbilur, et exibitut ftilgur jaeulum ejus; et Dominus Deus in tuba canet, et vadet m turbine austri. Dominus exercituum proteget eos, et devurabunl, et subjieienl lapidibus l'undœ.

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viendra au secours Je son peuple parmi les tourbillons du midi. Le Seigneur des armées les prendra sons sa protection ; ils extermineront leurs ennemis, ei ils se les assujettiront avec les pierres de leur fronde {Zach.t IX, 13, 14, 15). »

Ces mômes Juifs, qui durant leur dispersion et leur exil n'étaient dignes que de mépris et de haine; cl qui étaient regardés avec raison par tous les autres peuples comme frappés de la malédiction de Dieu, et connue ponant sur le front le signe de sa tolère, deviendront la bénédiction et le salut de toutes les nations. Ils porteront parmi celles qui sont encore dans les ténèbres la lumière qu'ils auront reçue, et ils apprendront aux autres à faire plus d'él.it de la foi qu'elles ont conservée. Et ce ne seront point quelques paniculiers choisis dans Israël, pendant que le corps entier demeurera inlidèle, qui annonceront dans toutes les parties du monde la \ éritc et la justice : ce sera la maison entière de Jacob qui sera chargée de ce glorieux ministère; et les richesses dont elle sera comblée deviendront celles de l'univers. < Alors (1), ô maison de Juda et maison d'Israël ! comme vous avez été uu objet de malédiction parmi les peuples (Zacli , VIII, 15, li, 15) ; ainsi je vous sauverai, et vous 'serez un exemple de bénédiction. Ne craignez point, et que vos mains s'arment de force. Car voici ce que dit le Seigneur désarmées : Comme je me suis appliqué à vous affliger lorsque vos pères oui irrité ma colère, et que je ne me suis point laissé toucher de compassion, de même je m'appliquerai en ces temps-là à combler de biens la maison de Juda et Jérusalem. Ne craignez donc point. »

Après les premiers combats le succès sera tel, et la protection de Dieu sera si visible, que tout le monde s'empressera pour recevoir de ces derniers venus quelque lumière et quelque secours; et quelque nombreuse que soit la nation des Juifs, eîlesuilira à peine à l'ardeur et au zèle qu'elle aura excité parmi les peuples de la terre, c En ces jours-là (2), dix hommes, de tontes sortes de nations différentes , prendront un juif par la frange de sa robe , et lui diront : Nous irons avec vous , parce que nous avons appris que Dieu e^l avec vous (Ibïd., v. 23) >

Les Juifs étant convertis, établiront dans toute la terre C unité d"un même culte ; et effaceront, du moine pour un temps, tous les vestiges de l'idolâtrie.

XIV Vérité. L'Écriture fait dépendre de la conversion des Juifs et de leurs travaux l'entière conversion de tous ies peuples. Elle assure que par leur zèle

(1) Sicut eralis maledictio in gentibus, domus Juda, et domus Israël; sic salvaho vos et erilis benediclio. Nolite limere ; confbrtontur manus vestrse. Ouia liaec dieil Dominus exerciluiun : Sicut cogitavi ut allligerem vos, cum ad ïracundiaui provocassent paires vestri me, et non suni migeruts : sic cogitavi indiebus isiis ut benefacerein domui Juda et Jérusalem. Nolite timere.

(2) In diebus illis appréhendent decem homines ex omnibus liuguis Pentium, et appréhendent fimbriain viri Jii'la'i , Tirenîos : ibiinus vobiscum; audiviums euiiu ifiKitiajn Deus vobls uni est.

et par leur patience ils établiront dans toute la tenu l'unité d'un même culte; et elle prédit, en termes clairs, qu'ils effaceront, au moins pour un temps, tous les vestiges de l'idolâtrie et de toutes les erreurs opposées à la religion et à l'unité.

« En ce temps-là, dit le Seigneur (1) par le prophète Sophonie, auquel je vous ferai revenir; en ce temps-là auquel je vous rassemblerai, je vous établirai en honneur et en gloire devant tous les peuples de la terre, lorsque j'auiii fait revenir devant vos yeux toute la troupe de vos captifs, dit le Seigneur» (Soplwn. 111,20). Voilà deux choses liées ensemble: le rappel général des Juifs et le respect général que tous les peuples de la terre auront pour eux.

Mais comment des peuples si divisés par la différence des cultes, par les hérésies , par le schisme et par une haine mutuelle, se réuniront-ils dans un même sentiment pour les Juifs devenus fidèles? C'est que Dieu , sortant pour ainsi dire du silence qui le fait paraître indifférent à sa propre gloire et insensible au mépris que les hommes font de la vérité, se déclarera tout à la fois contre eux comme témoin et comme juge, non pour les exterminer, mais pour exterminer l'erreur ; et qu'il fera cet honneur à la maison de Jacob, de se servir d'elle pour purifier la terre de toute impiété, et pour rétablir partout une seule religion et un seul culte. < Attendez-moi (2), dit le Seigneur, pour le jour auquel je me lèverai pour servir de témoin (ibid., III, 8, 9). Car j'ai résolu d'assembler les peuples et de réunir les royaumes , afin c*e répandre sur eux mou indignation et tout le poids de ma fureur, parce que toute la terre sera dévorée par le feu de ma colère et de ma vengeance. Ce sera alors que je rendrai pures les lèvres des peuples, afin qu'ils invoquent tous le nom du Seigneur et qu'ils se soumettent tous à son joug dans un même esprit. » Rien n'est plus précis ni plus clair.

Zacharie n'est pas moins formel. Il compare, coume Ézéchiel l'avait fait avant lui , la vérité annoncée par les Juifs, à des eaux pures et salutaires, qui sanctifieront tout le monde représenté par les mers situées à l'orient et à l'occident de la Judée. 11 dit que ces eaux seront perpétuelles et que leur source ne tarira ni dans l'éié ni dans l'hiver. : ce qui signifie le courage cl la patience des prédicateurs ; et il ajoute que ces eaux changeront toute la terre, où l'on ne connaîtra plus d'autie roi que le Seigneur, et où son nom seul sera respecté. < En ce jour-là (3) il sortira de Jéru-

(1) In tempore illo quo addueam vos, et in tempore quo congregabo vos, dabo vos in nomen et in laudem omnibus populis tenue, cum convrrtero caplivilatern vestram coram oculis vesiris, clicit Dominus.

(2) Exspecla me , dieil Dominus, in die resurreclionis meus in l'uturuin ; quia judicium meum ul congrogem geutes, et colligam régna ; et erïundam suj.er eos'indignalionein meani , omneni iram liiroris mei. In igné eniui zeli mei devu-abilur omnis terra, quia lune reddam populis labium elecium (puruni) ul invoceut on» nés in nomme Do* mini, et serviaul ei humero. [le mot hébreu signifie plutôt, in sternum , que in fulurutn. Mais on peut l'expliquer, lestis , ou , testimonium ; ce qui me paraît plus naturel , ei plus lié avec celui qui suit. In die qua exurga.n in lebieui].

[."»] h\ die illa exibunt aquœ vu» de Jérusalem. Mb-

galem des eaux vives , dout la moitié se répandra vers la mer d'Orient et l'autre moitié vers la mer d'Occident, qui est à l'extrémité du pays, et elles couleront l'hiver et l'été. Le Seigneur régnera sur toute la terre. En ce jour-là il n'y aura que lui de Seigneur, et son nom seul sera honoré {Zach. XIV, 8, 9).» Une telle évidence n'a besoin ni d'explication ni de preuve.

Mais pour empêcher qu'on ne soupçonnât de quelqu'exagération des expressions si fortes, le même prophète assure que tous les peuples et même toutes les familles qui ne se réuniront point au culte annoncé par les Juifs rétablis dans leur héritage, périront en diverses manières. Et pour couvrir de quelques voiles ces augustes vérités, il dit que tous les peuples viendront régulièrement une fois l'année à Jérusalem pour y célébrer la fêle des tabernacles, choisissant à dessein la seule fêle qui n'a aucune liaison directe avec la loi, qui conservait la mémoire des campements du peuple dans le désert, où la terre ne fournissait rien et où le ciel donnait tout , qui était une imitation de la vie des saints patriarches, Abraham, ïsaac et Jacob, qui s'étaient contentés d'habiter sous des tentes, dans le pays même qui lenr avait été promis, et qui était une excellente figure de la vie dé'achée et toute spirituelle que les chrétiens doivent mener.

(1) « Tous ceux, dit Zacharie, qui seront restés de loutes les nations qui se sont élevées contre Jérusalem ( lb. , v. 16, 47, 48, 19), viendront tons les ans adorer le Seigneur, le roi des armées, et célébrer la fête des tabernacles. Que s'il se trouve quelqu'un dans les familles de la terre qui ne vienne point adorer à Jérusalem le Seigneur, le roi des armées, la pluie du ciel ne tombera point sur lui. Si même quelque famille de l'Egypte n'y monte point et n'y vient point , la pluie ne tombera pas non plus sur elle : mais elle sera enveloppée dans la même ruine dont le Seigneur frappera toutes les nations qui ne viendront point célébrer la fête des tabernacles. C'est ainsi que sera puni le péché de l'Egypte et le péché de loules les nations qui ne viendront point célébrer la fêle des tabernacles, i

Les deux derniers versets qui finissent le chapitre et la prophétie de Zacharie sont très-difficiles quand on ne sait pas de quoi il s'agit. Mais ce qui a été dit ailleurs de l'admirable sainteté des derniers Juifs en doit faciliter l'intelligence.

Le prophèie assure, en termes figurés, que tout

dium earum ad mare orientale, et médium earnm ad mare novissimum. In rcstate et in hieme erunt. Et erit Dominus rex super omnem terram. lu die illa erit Dominus uuus; et erit nomen ejus unum.

(I) Omnes qui reliqni fuerint de universisgentibnsqua? venerunt contra Jérusalem, ascendent ab anno in annum, ut adorent regem, Dominum exercituum, et célèbrent festivitalem tabernaeulornm. Et erit, qui non ascenderit de familiis terrœ ad Jérusalem , ut adoret regem , Dominum exercituum, non erit super eos imbnr. Quod et si familia /Egypti non ascenderit , et non venerit , nec super eos srlt : sed erit ruina qua perçu lie t Dominus omnes gentrs pue non asceuderint ad celebrandam testivilaiem taber- .nnilortim. Hoc erit peccatum >£gypti , et hoc peceatum um iiuni geatîum quae non ascendèrint ad celebrandam fusiisiùtom lai einaculoium.

sera saint à Jérusalem, jusqu'aux mords des chevaux, jusqu'aux vaisseaux destinés aux usages ordinaire-. ; que les plus viles de ceux qui serviront au temp'e seront d'un grand prix ; et que les nations qui viendront à la solennité des tabernacles n'auront besoin d'y rien apporter, parce que tout y sera pur et que tout y sera gratuit. Grande parole , et qui dit bien des choses.

< En ce jour-là on écrira sur les bosselés (1) des chevaux (a) ( Zach., XIV, 20, 21 ) : La sainteté et au Seigneur ; et dans la maison du Seigneur les chaudières seront aussi saintes et (Pun aussi grand prix que les coupes de l'autel. Toutes les chaudières qui seront dans Jérusalem et dans Juda seront consacrées au Seigneur des armées. El tous ceux qui offriront des sacrifices les prendront {X>ur faire cuire la chair des victimes; et en ce jour-là il n'y aura plus de marchand dans la maison du Seigneur des armées. •

Ce qui est dans le dernier chapitre d'Isaïe a beaucoup de rapport à ce que nous venons de dire, et quoiqu'il y ait quelques expressions qui peuvent être communes aus premiers Juifs qui devaient cro rc : u commencement de l'Évangile , et le faire connaître ensuite aux Gentils, tout le fond et toutes les prit cipales parties de la prophétie ne conviennent exactement qu'aux derniers Juifs, à qui la gloire de convertir généralement loutes les nations et d'abolir t ut cuite étranger, est réservée. Je serais trop long, si je m'attachais à interpréter tout le chapitre. Je cJi'iti- ;ai quelques endroits , et j'espère qu'ils suffiront.

t Réjouissez vous avec (2) Jérusalem , dit le prophète dans le dixième verset, et soyez transportés d'.dlégresse à son sujet , vous tous qui l'aimez ; mêlez les sentiments de votre joie avec la sienne, vous lous qui pleurez sur elle (Isàic LXYI, 9, 10). > 11 n'est pas nécessaire d'avertir que Jérusalem tient ici lit u de lous les Juifs. Elle est, selon le prophète, dans uu état digne de larmes. Ceux qui la pleurent sont d'autres que les Juifs. Ils l'aiment et en ont compassion. C'est ce que font parmi nous ceux qui ont plus do lumière et plus de charité.

< Car voici ce que dit le Seigneur (3) : Je vais faire couler sur elle comme un fleuve de paix; je vais répandre sur elle la gloire des nations comme un terrent qui se déborde , et vous sucerez son lait. » J<j me réconcilierai avec Jérusalem, mais d'une manière

(1) în die illa erit quod super fraenum eau? : est Sanctum Domino; et erunt [on peut traduire plus conformément au texte : erit super tintinnabula, on, umbellos equi sanctitas Domini, ou, saucium, id est, consecralum Domino.] lebetes in domo Domini, quasi pfiialœ coram altari; et erit omnis lebes in Jérusalem et in Juda sanctificahu Domino exercituum. Et venient omnes immolantes, et sument ex eis, et coquent in eis; et non erit mercator ultra in domo Domini exercituum in die illo.

(2) Laelamini cum Jérusalem, et exullate in ea, omnei qui diligitis eam; guudete cum ea gaudio, universi qui lu» getis super eam.

(3) Quia lnec dicit Dominus : Ecce ego deeliuabo super eam quasi fluvium pacis , et qu.^i lorrenlem inundautew gJorhim geutium, quam suge.tis.

^a) Ornements de brides des chevaux.

si pK'ine, si abondante, si universelle, que je la noierai dans un fleuve de paix; et après eette réconciliation, je la rendrai U lumière de toutes les nations qui ne me connaissent pas, et la consolation de celles qui attendent le retour d'Israël.

c Connue une mère (1) caresse son petit enfant, de même je vous consolerai; et vous trouverez votre joie dans Jérusalem. > Ma mlsorfeufde n'exceptera pas seulement ivn petit nombre de citoyens de Jérusalem pendant que ma colère consumera toute la ville. Je l'ai fait ainsi dans le commencement; mais dans les derniers temps j'aurai pour Jérusalem une tendresse de mère. Je ne penserai qu'à la consoler de ses anciennes pertes, et la joie d'une partie de ses enfants ne sera plus troublée par le malheur des autres.

< Vos os (2) reprendront une nouvelle vigueur, comme l'herbe verte; et le Seigneur fera sentir à ses serviteurs la puissance de sa main, cl à ses ennemis les effets de son indignation (là:, LXVI, 14). > Jérusalem n'est maintenant qu'une campagne affreuse , semée d'ossements «le morts : mais un souffle de vie ra • nimera ces morts. Ces ossemens sont à mes yeux comme des grains semés dans une terre féconde; et je les ferai germer, par la même puissance qui tirera un jour du tombeau tous les hommes réduits en cendre. C'est moi qui promets, et c'est moi seul qui exécuL rai ce que je promets. Toute ma bonté sera alors tournée vers mon ancien peuple; et ma colère aura pour objet d'autres ennemis.

< Le Seigneur viendra (3) environné de feux , et armé de son glaive, pour juger toute chair; le nombre de ceux que le Seigneur frappera de mort se multipliera à l'infini (ibid., v. 10). > Je me servirai de ceux que j'aurai ressuscites dans Jérusalem pour porter mes jugements dans toute la terre. Je traiterai avec sévérité ceux qui seront rebelles à la lumière, ou qui demeureront dans l'iiiipéniience ; et le zèle pour ma gloire sera comme un feu dévorant qui purifiera touiela terre.

c Et ils feront venir tous (4) vos frères de toutes les nations, sur des chevaux , dans des chars, dans des litières, sur des mulets et dans des chariots, pour en faire un présent au Seigneur. Ils les amèneront à Jérusalem, sur ma montagne sainte, dit le Seigneur, comme lorsque les enfants d'Israël portent un présent à la maison du Seigneur, dans un vasepur(/M., v. 20)» Ce feu ne consumera que les inciédules et les impénitents. 11 épargnera dans toutes les nations ceux qui écouleront la voix de mes envoyés, sortis de

(1) Quomodo si cui mater hlandialur, ita ego consolabor vos, et in Jérusalem cousolahiinitii.

(2) Ossa vestra , quasi herPa , germinabunt; et. cognobeetur mauus Domini servis eju», et iiidiguahilur iniluicis suis. t

(5) Quia in igné Dominus di.judicabil , et m gladiO suo ad onmeia carnem ; et mulliplicabunlur interfeeli a Domino.

(4) Et adducent omnes fratres vestros de cunctis gemihus (loiiuiii Domino m equis, et in quadrigis, et in le< ii< îs, «t in mulis, et in carrucis, ad montera sanelum raeum Jérusalem, dicit Dominus; quomodo si olferanl iilii lsracl munus in vase nmndo, in duinuui Donnai,

Jérusalem pour rassembler tous leurs frères, c'est-àdire tous ceux qui sont à moi dans toute l'étendue de l'univers. Ils n'emploieront pour les persuader que la vérité, la charité et la patience. Ils leur fourniront avec soin tous les moyens possibles de venir à moi; et ils auront pour les faibles une charité ingénieuse et infatigable, qui leur épargnera, autant qu'il dépendra d'eux, toute la peine du chemin. Mais leur charité pour les faibles n'aura rien de faible elle-même. Elle ne se contentera pas d'une vaine apparence de conversion et de vertu ; et tous ceux qu'ils m'offriront comme le fruit de leurs travaux seront dignes de m'êlre offerts. Ils seront purs; et les mains qui me les présenteront seront pures.

« Une fête du premier jour (1) du mois succédera à une autre fôle du même jour, et un sabbat à un autre sabbat ; et toute chair viendra adorer en ma présence, dit le Seigneur (Is,, LXVI. 25).» Le succès de leurs prédications et de leurs soins sera tel que tous les peuples du monde me reconnaîtront et m'adoreront comme l'unique Dieu; et qu'ils s'assembleront à Jérusalem à claque néoménie et à chaque jour du sabbat.

Il faudrait être bien slupide pour n'entendre pas sous ce langage figuré un culie .spirituel, mais uniforme, seul compatible avec un concours de toutes les nations à Jérusalem, le dernier jour de chaque semaine et le premier de chaque mois.

« Ils sortiront pour voir les corps morts (2) de ceux qui m'ont offensé par leurs prévarications. Le ver dont ils seront ronges ne mourra point; et le feu qui les consumera ne s'éteindra point. Us seront exposés à la vue de tous les hommes, qui se rassasieront par le spectacle de leur supplice (ibid., v. 24). Tous les impics seront alors consumés par le feu de ma colère. Leur jugement intimidera lous ceux qui auront été épargnés, et l'idée de leur supplice, qui se renouvelle à chaque moment, parce que le ver qui les ronge ne meurt point, et que le feu qui les dévore ne s'éteint point, les remplira de saisissement et d'horreur (3).

C'est ainsi que finit la prophétie d'isaïe, par la prédiction de la plus grande gloire d'Israël et de la plus auguste circonstance de son rappel.

Ézéchicl ne se contente pas de prédire ces grands événements: il les rend encore sensibles par des images dont l'application est aisée, parce qu'il est impossible de leur donner un autre sens que le figuré, ni un autre objet que celui que nous traitons mainte* liant.

11 faut seulement observer les différentes choses

(1) Et evit mensis ex mense, et sabbalum ex sabbat o. Véniel omnis caro ut adoret coram l'acie me a , dieil Domi ms.

(2) Et egre-dientur, et videbuut cadavera virorum qui I raîvaricati sunt in nie. Vermis eorum non inorietur, et jgnts connu non exliuguetur ; et erunt usque ad satielaloin vihio.iis omni carni.

(5) Jésus-Christ a cité ces paroles pour marquer l'enfer; el c'e^t eu elLl leur sens littéral-

m POUR L'INTELLIGENCE

que dit le prophète, le suivre à mesure qu'il avance, et réunir, dans un dernier point de vue tout ce qu'il nous montre séparément.

Il commence par représenter, dans le chapitre XXXVII, la résurrection miraculeuse de la maison f Israël, dont nous avons parlé ailleurs. Il lui donne ensuite pour roi et pour pasteur le véritable David, et il la rétablit tout entière dans son ancien héritage, et pour lonjours. < David mon serviteur (1) régnera sur eux; et lisseront tous conduits par un seul pasteur. Ils marcheront dans la voie de mes ordonnances ; ils garderontjmes commandements, et ils les observeront. Ils habiteront sur la terre que j'ai donnée à mon serviteur Jacob, et que vos pères ont babiiée (Ézéck., XXXVII, 24, 26, 28). Il y habiteront, eux et leurs enfants, elles enfants de leurs enfants jusqu'à la fin des siècles ; et David mon serviteur sera leur prince pour jamais.' Je ferai avec eux une alliance de paix; mon alliance avec eux sera éternelle... El les nations connaîtront que c'est moi qui suis le Seigneur el le sanctificateur d'Lraël.»

Tous ces caractères ne peuvent convenir qu'aux derniers Juifs , à leur reloor général à la foi de leurs pèiesa» Messie, el à leur solide établissement dans une véritable justice.

Dans le chapitre suivant , le prophète adresse la parole à un prince puissant qu'il appelle Gog , suivi d'une multitude infinie de peuples, et il lui prédit qu'il viendra avec toutes ses forces contre le peuple d'Israël, rétabli nouvellement dans son pays après un long exil. « Dans les dernières années (2) vous viendrez en une terre qui a été sauvée de l'épée; qui a été tirée d'entre plusieurs peuples, et rassemblée sur les montagnes d'Israël, qui avaient toujours été désertes et abandonnées. Les habitants de cette terre ont éé tirés d'entre les peuples, et ils y demeureront tous avec une pleine assurance.... El vous direz : Je vien • drai dans un pays qui est sans murailles; j'attaquerai des gens qui sonl en paix , qui ee croient en sûrelé , et qui habitent tous dans des villes sans murailles, et où il n'y a ni barrières , ni portes. Vous ne penserez qu'à vous enrichir de leurs dépouilles et à vous rassasier de pillage ; et vous porterez votre main cruelle contre ceux qui, après avoir é;é abandonnés, avaient été rétablis ; el contre un peuple qui avaii été ras-

(1) Servus meus David rex super eos, et pasior unus eril omnium eorum. lu judiciis nieis amhulabunl , et mandata mea euslodienl , et lacient ea. Et habiiabunl super terrain quani dedi servo meo Jacob , in qua babilaveninl paires vcslri; et habiiabunl super eam, ipsi et tilii eorum, el lilii fi lion un eorum usque iu seiiipiiermim. Et David servus meus prineeps eorum in perpeluum ; et percutiam

illis l'œdus pacis; paclum sempiteruum erit eis El scient

génies quia ego Dominus sanctilieator Israël.

(2) In novissimo annoruin venies ad terram, qua? reversa est a gladio, et congregata est de populismultis ad montes Israël , qui tuerunl deserti jugiter. Ha?c de populis educta

est; et habiiabunl iu ea coulidt»nler universi El dices :

Ascendam ad terrain absque mure»; veniam ad quiescentes, babitaniesque secure. Hi omnes habitant sine muro; veues ac portas non sunl eis. Lit diripias spolia, et iuvadas praedam ; ut inféras maiium tuuin super eos, qui deserti ïuérant, el posiea resiimii; cl super populum qui est congregaïus ex gentibus.

des ss. EnnrrùiiES. ro

semblé des nations {Ezeoh. XXXVIII, 8, \ !,M2).> Description admirable d'un peuple riche en biens spirituels, qui ne s'appuie que sur la protection de Dieu, et qui n'emploie aucun moyen humain pour défendre Thérilage où la seule miséricorde de Dieu l'a fait rentrer.

Le prophète joint à Gog dans son expédition contre la terre d'Israël qui n'a aucune place forte, ni même aucune ville qui ail des portes et des murailles (ce qui ne peut être vrai que dans le figuré) , il lui joint les chefs des plus nombreuses nations du Nord (Mosoch, Titubai), les Perses, les Éthiopiens, Lybiens ou Français?, les peuples del'Asie Mineure (Corner, Thogortna), les Arabes (Saba) et d'autres nations mai iliines (Les marchands de Tharsis et tous ses lions). En un mot il lui unit, ce semble, toute la terre, ce qui narque une conspiration générale des nations ou idolâtres, ou séduites par un faux prophète qui a infecté de ses erreurs presque tous les pays nommés, ou séparées de l'Église par l'hérésie ou par le schisme. El une telle conspiration contre un peuple d'ailleurs si pacifique el si peu préparé à la défense, est une preuve que ce peupleseulemeni atleniil à l'héritage de la foi dans lequel il est nouvellement rentré , sera plein de zèle pour communiquer les mêmes biens à ceux qui ne les connaissent pas ou qui les ont perdus, et qu'il excitera contre lui parce zèle un soulèvement presque général. Mais que deviendra celte formidable armée contre des hommes en apparence si faibles et si destitués de tout secours (ld. XXXVIII. 22; e* XXX1X.40)? Dieu la fera périr par des voies extrordinaires. Il fera descendre sur elle le feu el le soufre. 11 l'accablera par une grêle de grosses pierres, et il la donnera lont ent ère en proie aux vautours et aux bêles de carnage. < Je signalerai (1) ma grandeur, je ferai éclater ma sainteté, et je me ferai connaître aux yeux de plusieurs peuples , el ils sauront que c'est moi qui suis le Seigneur (ld. XXYI1I, 25). » Après une telle défaite on connaîtra qui je suis , dit le Seigneur. Je serai seul grand , seul saint , seul redoutable aux yeux de tout ce qui restera de peuples sur la terre ; car tous les ennemis d'Israël seront exterminés ou convertis.

Alors les Juifs n'ayantplus rien à craindre, s'appliqueront à ramasser les armes des morts , el ils s'en serviront pour brûler au lieu de bois pendant sept années, t Ils les consumeront (2) par le feu durant l'espace de sept années (ld. XXXIX, 9, 10), et n'auront pas besoin d'apporler du bois de la campagne, ni d'en couper dans les forêts, parce qu'ils feront du feu avec ces armes. >

Us ne souffriront pas que les corps morts demeurent sur la terre; mais il travailleront tous en commun à les enterrer et à abolir leur mémoire , en cachant jusqu'aux moindres vesliges qui en resteront, el toute la maison d'Israël sera occupée de ce soin

(1) Et rnagnificabor, et sanctifieabor, et notus ero in ocnlis mullaruin genlium ; el scient quia ego Dominus.

(2) Et succeudent ea igni sepiem anuis; et non [orlfcbunl ligna de regiouibus, neque succideulde saltibus, (niùniaui arma succeudent igni.

RÈGLES POUR I/irvTFXUGENCE DIS SS. F.CMTUHES.

pmul-nt sept mois entier» : (1) La maison de Jacob les ensevelira durant sept mois, pour purger ta terre (Ezech. XXXIX, 12).

Après cet intervalle, on continuera la recherchedes morts en commettant à ce soin des députés qui feront sans cesse la ronde dans tout le pays, et qui enterreront eux-mêmes ce qui sera resié , ou qui mettront auprès des ossements qu'ils rencontreront une marque élevée et visible pour avenir ceux qui seront chargés d'office de le faire. « Ils établiront (2) des hommes pour parcourir sans cesse le pays , a(in de rechercher ceux qui seront restés sur la face de la terre , de les ensevelir et de purifier par ce moyçn la terre (Ibid., \bet 15). Or ils commenceront à faire celle recherche et à parcourir la terre après sept mois, et lorsqu'ils auront trouvé l'os d'un homme mort, ils mettront une marque auprès, jusqu'à ce qu'il soit enseveli par ceux qui seront chargés de ce soin. >

Par ce langage figuré , le prophète prédit que les Israélites surmonteront par le secours du ciel tout ce qui s'opposera à leur zèle et à l'unité du véritable culte ; qu'ils imposeront silence à toutes les erreurs, et qu'ils les désarmeront; quMs convaincront de faiblesse et (f impuis ance tout ce qu'une fausse sagesse et une vaine superstition soutenues de la puissance temporelle auront employé pour se défendre, que toutes les corruptions seront ôlées, que la terre deviendra pure, que les scandales publics seront abolis, qu'il y aura des surveillants attentifs à prévenir ou à reformer les abus , que les pasteurs seront éclairés et pleins de zèle, que la discipline sera en vigueur et que le \ice devenu rare et par conséquent honteux, attirera une note d'infamie sur ceux qui le commettront, et une dernière puuilion s'ils demeurent incorrigibles.

Ce sens, quoique figuré, est néanmoins le sens immédiat et l'unique , et l'on ne peut en disconvenir qu'en prenant l'un des deux partis , ou de soutenir que celle prcmViie a eu son accomplissement réel dans toutes ces circonstances, ou qu'elle l'aura un jour tel qu'il est marqué dans la lettre.

Dans le premier parti on n'a pas à choisir pour placer cet événement dont chaque circonstance est un prodige. Car il faut nécessairement le mettre après le retour de Babylone et sous Antiochus qui doit alors être Gog suivi de toutes les nations marquées en détail, périr dans la Judée avec toute son armée par le feu, le soufre , une grêle de pierres , et y être enterré avec toutes ses troupes. Il faut qu'après lui les Juifs n'aient plus eu d'ennemis. Il faut que pendant sept ans ils n'aient brûlé d'autre bois que celui de ses armes. Il faut que pendant sept mois il n'aient eu

(1) Et sepelient eos dormis Israël, ut mundent terram, çeptem mensilms.

(2) Et viros jugiter .constituent lustrantes terram, qui sepeliant, et requirant eos, qui reinanserant super f'aciem leirae, ut emundent eam. Post menses aulem sepleni qiuerere inci[ ienl. Et circuibunt pera^antes terram ; cuuique viderint os hominis, statuent juxla illud liluluin, douce scia liant illuJ pollincloies.

d'autre 6oin que d'enterrer les morts , et que dan* les autres temps ils n'aient pu souffrir dans leur pays un ossement sans le couvrir, il faut que la Judée au temps d'Antiochus n'ait eu aucune place forte ni aucune ville murée. Il faut enfin qu'on montre dans la Judée une ville fameuse par la sépulture de Gog et de ces troupes innombrables appelées Amena, comme le dit le prophète ( Ezéch. XXXIX, 10, 11, 15, 16) : tous faits contredits par l'histoire.

Pour le second parii , on risque moins à le choisir, parce qu'il faut attendre que l'avenir en découvre la fausseté. Mais une médiocre atteniion suffit pour faire comprendre qu'un événement où rien n'est possible naturellement, et qui est nécessairement lié avec les promesses spirituelles qui le précèdent et qui le suivent, et qui sont faites au peuple d'Israël, quand il sera rappelé, doit être enteudu comme les promesses, et signifier la même chose que ce que nous avons vu dans d'autres prophètes, t II n'y aura en ce jour-là que Dieu seul de Seigneur (1), et son nom seul sera honoré... {Zaçhar. XIV, 9, 16). Tous ceux qui seront resiés de toutes les naiions qui auront combattu contre Jérusalem, viendront tous les ans adorer le Seigneur, le roi des armées > < Ce sera alors (-2) que je rendrai pures les lèvres des peuples afin qu'ils invoquent tous le nom du Seigneur (Soplion., III, 9).> < Seigneur (3), les nations craindront votre nom et tous les rois de la terre révéreront votre gloire (Psal. CI, 16). >

En finissant ces réflexions sur le retour des Juifs, je ne puis m'empêcher d'y joindre une célèbre prophétie qui est dans le 56* chapitre de l'Ecclésiastique, parce qu'elle éclaircit et qu'elle justifie tout ce qui a été dit, et qu'étant divisée en deux principales parties, celle qui a déjà été accomplie devient la preuve de celle que nous attendons.

« Miserere nostri (4), Deus omnium, et respice nos, et oslende nobis lucem miserationum tuarum : et immilte timorem tuum super génies quœ non exquisiverunt te, uteognoscant quia non est Deus nisi lu , et enarrent magnalia tua. {Ecoles. XXXVI, 9., 3, 4, 5, 6, 10.) Alleva manum luam super génies aliénas, ut videant polenliam tuam. Sicut enim in conspeclu

(1) lu die illa erit Dominus unus; et erit nomen eîus unum... Et omnes qui reliqui fuerint de universis^enlibus quae venerunt contra Jérusalem, ascendent ab anno in annum, ut adorent regem Dominurn exercituum.

(2) Quia tune reddam populis labium electum, ut invocent omnes in nomine Dumini.

(3) Timebunt geutes noinen tuum, Domine ; et omnes reges terra gloriam tuam.

(4) 0 Dieu, Seigneur de toutes choses, ayez pitié de nous, regardez-nous favorablement, et faites nous vo:r la lumière de vos miséricordes. Répandez votre crainte sur les nations qui ne se mettent ooint eu peine de vous rechercher, afin qu'elles reconnaissent qu'il n'y a point de Dieu que vous seul, et qu'eïiys publient la grandeur de vos merveilles. Etendez votre main sur les peuples étrangers, et faites leur sentir votre puissance. Comme ils ont vu de leurs yeux que vous avez été sanctifié parmi nous, i'aitet que nous voyions aussi éclater votre grandeur parmi eux : afin qu'ils vous connaissent comme nous vous avons connu. Opérez de nouveaux pn.diges, et laites des miracles qui n'aient point encore été vus. Pressez le temps et hàt< ? la ll.i, et faites que les hommes publient vos merveilles.

!?o VIE DE CONTANT

eorum uanetificatus es in nobis, sic in conspee.ni nostro magniùcaberis in eis , ut cognoscant te, sicut et nos cognovimus... Innova signa, et immuta mirabilia... Festina tempus, et mémento finis, ut enarrent mirabilia tua. >

Voilà la première partie. C'était une prophétie lorsque le Saint-Esprit instruisait l'auteur de l'Ecclésiastique; et une prophétie qui n'avait aucune vraisemblance selon la sagesse humaine , touics les nations étant alors plongées dans l'idolâtrie, et ne regardant les Juifs qu'avec mépris. Mais le prophète est si certain quelle aura son accomplissement, qu'il ne pense qu'à le hâter par ses prières.

Faites miséricorde à voire peuple, dit-il à Dieu, en vous servant de lui pour vous soumettre tous les autres. Ne vous contentez pas d'èlre connu parmi nous : faites que tomes les nations vous connaissent. 11 y a longtemps qu'elles sont témoins de notre bonheur sans y avoir part. Rendez-nous témoins à notre tour de leur gloire. Changez les miracles extérieurs que vous avez prodigués pour nous en des miracles plus secrets sur les esprits et sur les cœurs des infidèles. Hâtez-vous de dissiper la longue nuit qui les couvre- Souvenez-vous que vos délais leur sont funestes, et remplissez-les de reconnaissance, en les comblant de biens.

C'est ainsi que ce saint homme priait pour nous lorsque nous en étions si indignes. Il est juste que nous apprenions de lui à prier pour Israël, quoiqu'il imite notre ancienne infidélité par son aveuglement.

c Congrega omnes tribus Jacob (1) : ut cognoscant quia non est Deus nisi lu, et enarrent magnalia tua, et haereditabis eos sicut ab initio (Jbid.t 13). i

Voi'à le peuple Juif après la conversion des Gentils réduit à notre premier état. Il ne connaît plus Pieu ni ses merveilles. 11 n'est plus son peuple. 11 est déchu de ses privilèges, il a renoncé à la gloire d'avoir instruit les nations , et de leur avoir porté

(1) Rassemblez toutes les tribus de Jacob, afin qu'ils connaissent qu'il n'y a point d'amre Dieu que vous; qu'ils racontent la grandeur de vos merveilles, et qu'ils deviennent votre héritage comme ils l'ont été au commencement.

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