DES REGLES PRECEDENTES AU RETOUR DES JUIFS
Comme te retour général des Juifs et leur rappel à la foi, tant de fois prédit et figuré dans l'Ancien Testament, cl attesté d'une manière si authentique par saint Paul dans l'Épi ire aux Romains (Ch. XI), esi une matière très importante cl qui embrasse diverses parties des Ecritures, on a cru qu'il serait utile d'en réunir les principes sous un seul point de vue, et de repré enter avec ordre certaines vérités qui en sont le fondement cl la preuve , et qui fourniront une nouvelle occasion de mettre en usage la plupart des règles précédentes.
Dieu a promis ae conserver le peuple d'hrail jusqu'à la fin des siècles par une protection miraculeuse.
Y' vérité. Il est clairement prédit dans les Écri tores que le peuple d'Israël .subsistera toujours au milieu de ses châtiments et de sa misère , et «pie Dieu le conservera jusqu'à la fin des siècles par une protection miraculeu-e. (I) < Voici eequedit le Seigneur,
(l) lîsuc dicit Dominus creans te , Jacob, et formanstt\ Israël : iS'oli limëre, quia reueuii te, et vocaii le uoinind luo : meus es» lu. Cum Uriusieris per au4uas, iccum cru, et
qui tons a t réc, 6 Jacob, et qui vous a forme, 6 Israël : Ne craignez point, parce que je vous ai racheté, et que je vous ai appelé par votre nom : voiis êtes h moi. Lorsque vous marcherez au travers des eaux je serai avec vous, et les neuves ne vous submergeront point. Lorsque vous marcherez dans lu feu vous n'en serez point brû é, et la (la mine sera sans ardeur pour "vous.... Ne craignez point, parce que je suis avec vous. Je ferai venir vos enfants de l'Orient, cl je vous rassemblerai de l'Occident, i [liai. XLîll, 1, 2, 5.) «l'est ainsi que parle l'Esprit de Dieu dans le prophète Isaïe.
Il ajoute dans le prophète Jcrémic la comparaison des lois-immuables de la nature, et il assure qu'elles cesseront plutôt d'être observées que le peuple d'Israël cesse d'être un peuple, malgré sa dispersion (t), « Voici ce que dit le Seigneur, qui fait lever le soleil pour être la lumière du jour, et qui règle le cours de la lime et des éioiles pour éclairer durant la nuit; qui agile la nier, et qui fait retentir le brut de ses flots. Son nom est le Se gneur des armées. Si ces lois de l'ordre du inonde peuvent cesser devant moi, dit le Seigneur, alors la race d'Israël pourra aussi cesser d'être mon peuple pour toujours, i \Jerem. XXXI, 55 et 5G.)
Le même prophète joiiy. à cette prédiction une autre qui n'est guère moins étonnante : Que le peuple juif, dispersé parmi toutes les nations, y subsistera »»aus s'y mêler et sans s'y confondre , et qu'.l pourra toujours remonter d'âge en âge jusqu'à ses premiers lêrcs : au lieu (pie tous les autres peuples perdront Ji trace de leur origine, et se confondront mulue lemfiîil les mis avec les autres. (2) « Ne craignez point, 0 Jacob, qui êies mon serviteur, dit le Seigneur, <:.<r je suis avec vous , et j'exterminerai tous les peupls parmi lesquels je vous ai banni. Et pour vous, je ne vous ferai point périr, mais je vous ehâieirai seulement dans ma justice. » [Serein. XLYI, 23 )
Moïse* avant tous les autres prophètes avait prédît les menus choses, et en termes aussi forts. (3) t Le Seigneur votre Dieu vous fera revenir de voie eaptivjié; il aura compassion de von»; et il vous ras-
flumina non operient te. f.um ambuîavoris in igné , non uoumureris , et flaimna non ardebit in le... ÎSoli muere, quia ego lecum suni. An Oriente addueani senteu luum, et ab Oeeidenle cuugregabo le.
(1) Hte dieii Doini.uis, qui dat solein in hunine diei , orUiiiem limae et steliartnii iu lumine noetis; qui lurhat marc , el su.iaut llu lus eais, Domiuiis rxeicium u ijoiufiu mi. Si defeeerml leges i.->i;e eoram me, dtcil Don. in us, mue et s .'iiieu Israël ddiuel , Ut noa Sll gens cpi&ui me tondis diebus.
{i) El iu noli ti nere , serve meus J .col) , ait Domines, ijina lecum ego siuu, quia e,go eouauinaui Bunulas génies ad quas ejeci le : te vero uou eousuin an , seil eat-li^a^o ie ui \ndicio.
(ô) rïeducel DoniJuUS Deus tuus capthllalein inam , ae niUerebiuir mi , et ruismn cougieganit le de euiu lis |.opuhs, lu ijuos le anle dispersil. ."?i ad cardia. 's co'ti t'ueftS dissipalus. i ide le renueel Doniiuiis De us LUUa,.,, l.iieurnc» tel Dominas Deus tous cor luum, cl eor seiulais lui, ul m ligas Duuitnum Demii .luiitn in loio cordé luo, cl in loia a.àiiîia tua, ul pnssia vivere. Onines maledictiOnes haseonyerlel super iniuheos (Uns.... Tu auiem revertei'is , el imdiés VtMîem Domini Dei un ; tociesqne iïnitfersa tnaod ta «yaj «jjo pia:Cq.io Uoi UotUe.
semblera de nouveau, en vous retirant du milieu de tous les peuples, où il vous avait auparavant dispersé. Quand vous auriez été banni jusqu'aux extrémités du inonde , le Seigneur votre Dieu vous *n
fera revenir Le Seigneur votre Dieu circoncira
votre cœur et le cœur de vos enfants, afin que vous aimiez le Seigneur voire Dieu de tout votre cœur et de tome votre âme, cl que vous puissiez vivre. II fera retomber toutes ses malédictions sur vos ennemis.... El pour vous, vous reviendrez, et vou> écoulerez la voix du Seigneur votre Dieu : et vous observerez ti-us les cotnmmdemenls que je vous fais aujourd'hui. » {Deuter. XXX, 5, 4, C, 7, 8.)
Celle promesse absolue el immuable est toujours jointe à aile de sou rappel.
II" vérité. La promesse absolue cl immuable cîo conserver Israël est toujours jointe dans les Écritures à celle de sou retour et de son rappel. On a pu l'observer dans les paroles d'fsalè et dans celles de Moïse : (I) i Je ferai revenir vos enfants de l'Orient, cl je vous rassemblerai de l'Occident, i [îttâ. XLlîi.) « Quand vous auriez été banni jusqu'aux extrémités du monde, le Seigneur voire Dieu vous en fera revenir. » [Dcut. XXX.) Le prophète Éfaruch le dit en termes aussi précis ' (2) « Voici vos enfants que a\iez vus sortir pour être dispersés en plusieurs eudroits, qui reviennent à la parole du Saint, depuis rOr.enl jus ju'à l'Occident ; et qui pleins de joie en rendent gloire à lùcu. » [Baruch. IV, 57.) Je commanderai, dit le Seigneur dan> Isaïe, à toutes les parties du monde de me restituer mes enfants, do mettre en liberté le peuple aveugle qui ne m'a pas connu, cl le peuple sourd qui ne m'a pas écoule*. J'en prends à témoin les nations qui seront un jour attentives à ce prodige , el qui connaîtront à celte nouvelle preuve que c'est moi seul qui Miis, el qu'auciii e amie divinité ne n.e précède el ne me suit. « Dicam aquiloni : Da ; et anslro : Noli prohibere. Aller lilîos meos de longinquo, et lilias meas ab
extermis ter rue Educ foras populuiu c.icum, et
oculus habeuleiii , surdum , el aures ei sunt. Omnes génie- cong regal;e suni simul.... vos testes mci,dicit Doininus, <.l servusmeus quein elegi, utsciatis, ut crcdalU mini, el inlelligatis quia ego ipse sum. Anle me non est furmalus Dcus, et posi me non erii. » [hai. XLIIL 6, 7,6,9, 10.)
Ce rupp< l esl le rappel à lu foi et à la vraie piété»
111° vÉiUTÉ. Ce retour et ce rappel du peuple d*I*mçl sont le retour à la foi ei à la vraie piété, contraires à son aveuglement el à ses préjugés. C'est la circoncision de s<>n cœur, qui en guérit la corruption et en amollit la dureté; ci Dieu , qui lui promet cette
(1) Ab Oriente adducain semen luum, et ab Occidente congreguno le.
Si au eardiiies co'h fueris dissipalus, inde te reducet poiuhan» Deus luus.
(2) Eceê veniuul fil i i tuf, nuos diniisisti dispersas; vo.nunl eolleeli ..b Oriente usquè ad Orcideuiem, in wrlw rancit }{audeui,es in lionjrein lici.
77 POUh L'INTELLIGENCE
grâce, lève par celle promesse tous les obstacles que .'impénileuee avait formés. < Le Seigueïir (!) votre Dieu circoncira votre cœur et le cœur de vos enfants, afin que vous aimiez le Seigneur voire Dieu de tout voire cœur.... Vous reviendrez et vous écouterez la voix du Seigneur. Car le Seigneur reviendra à vous, pour mettre sa joie avons combléf de biens, comme il a fait à l'égard de vos pères. > (Deut.t XXX, 6, 8, 9.)
« Je dirai à i'àquilon : Donnez-moi (2) mes entants, dit le Seigneur dans Isaïe (XL1II, G, S, 21, 22, 25 el 26); et au midi : Ne les empêchez point
de venir Faites sortir dehors ce peuple qui
était aveugle et qui avait cependant des yeux ; qui
était sourd, et qui avait cependant des oreilles
J'ai formé ce peuple pour moi-même; et il publiera mes louanges. Jacob, vous ne m'avez point invoqué; Israël, vous ne vous êtes point appliqué à me servir C'est moi, c'est moi-même qui efface vos iniquités pour l'amour de moi, et qui veux bien oublier vos péchés. Faites-moi ressouvenir de ce que vous avez l'ail, afin que nous plaidions chacun noire cause. » L'aveuglement, la dispersion, le retour, la conversion «l'Israël, et la promesse dune miséricorde purement gratuite sont ici dans une entière évidence.
i Voici ce que dit le Seigneur, (5) (c'est le prophète Jéiémie qui parle en son nom) : Si je n\»i pas fait une alliance durable entre le jour et la nuit ; etst je n'ai pas prescrit des lois inviolables au ciel cl à la (erre : pour lors je pourrai abandonner la race de Jacob et de David , mon serviteur, pour ne prendre point de ses descendants pour les faire régner sur lesenfants d'Abraham, d'Isaac et de Jacob. > (Jerenu XXXlll, 25, 2ô.) Rien n'est plus absolu, ni plus magnifique qu'une telle promesse; et voici sur quoi elle est fondée : Car je ramènerai ceux que j'avais dispersés ; et je leur ferai miséricorde.
(4) < Je sais que ce peuple ne [«"écoulera point :
(1) Circumcidct cor tuum , et cor seminis lui , ut diligas Demi nu m Deum tuum in loto corde luo.... lu reverieris, cl audies vocem Domiiii.... Rev'i rletur euim Doiniuus, ut gaudeat super le in omnibus bonis, sicul gavrsus est iu l.alribus luis.
(2) Dicarn aquileni : Da ; et auslro : Noli prohibere.... Edue foras populum caecum, et oeulos hahentein : surdum, el aures ei suut.... Populum islum formavi mini , Ludern meam narrabil. Non me invocasli, Jacob, née laborasii in me , Israël.... Ego suai, ego sum ipse qui deleo iniquitates tuas propter me ; et peccatorum luoruin non reeoidabor. Reduc me in memoriam , et judicemur simul.
(3) Hajc dicil Dominus : Si paclum raemn inler diem et nociem, et leges cœlo el lerree non posui : equijdiem et senien Jacob et David servi mei proiieiam, ut non assumam de semine ejus principes seiniuis Abraham, Isaac, et Jacob. Reducam enim aversiouem (a) eorum, el niiserebor eis.
(i) Scio quod me non audiet populus : populus est enim dura cervice. Et converlelur ad cor suum iu lerra eaplivitatis suac ; et scient quia ego sum Dominus Deus eorum : el daho eis cor , et intelligent ; aures, et audieut. Reminisceulur viaui pairuni suorum , qua peccaverunt in nie ; et revocabo illos in terrain quam juravi patribus eorum , Abraham , Isaac, et Jacob. Et siaïuam iliis lestameutunj
car c'est un peuple qui a la tête dure. > Voilà la crime et l'endurcissement du peuple juif. < Mais i! rentrera enfin en lui-même dans la terre où il aura été mené capiiT; et ils connaîtront que c'est moi qui suis leur Seigneur et leur Dieu. > Voilà «a punition et son repentir. < Je leur donnerai un cœur, cl ils comprendront; des oreilles, et ils entendront. > Voilà le principe de sa pénitence, i Ils se souviendront de la voie dans laquelle ont marché leurs pères , en péchant contre moi ; el je les ferai revenir dans la lerru que j'ai promise avec serment à leurs pères, Abraham, Isaac el Jacob..-» Ce peuple renoncera à l'infidélité de ceux qui ne m'ont pas connu; et je Li ferai rentrer dans fi éritage promis à Abraham, non celui que le Juif charnel s'imagine, mais celui qui esl élern I. > El je ferai avec eux une alliance nouvelle pour jamais, afin que je .sois leur Dieu, et qu'ils soient mon peuple; e! je ne ferai plus sortir les enfants d'Israël, qui sont mon peuple, de la terre que je leur ai donnée, i (Baruclt. Il, 50, 31 etc.) Celle promesse n'a point élé accomplie par le ritour
des Juifs de liulnjlone, ni par la conversion de ceux
qui en sortirent.
IVe vérité. On ne peut entendre ni du retour de la captivité de Babylone, ni de la conversion de* Juifs qui sortirent de celle ville et de la Ghaldée, ca« que les prophètes viennent de nous dite.
Le retour dont ils parlent esl général, commun à tous les Juif , aussi universel que leur dispersion, et d'une exlrémié du monde à l'autre. C'est un retour suivi d'une pleine el perpétuelle liberté. C'est un relour qui ré.ablit la nation dans lous ses droits, et pour toujours.
Rien de tel ne convient à la petite troupe qui sertit de Babylone, d'abord sous Z robabel, cl ensuite sou* Es dr a s. Les dix tribus aimèrent mieux leur exil; et plusieurs de celles de Juda el de Benjamin le préférèrent à leur pairie. Quand elles seraient toutes revenues dans la Palestine, il y a seize cents an* qu'elles en sont bannies. Elles sont dispersées d'une extrémité du monde à l'autre; et si les prophétie* n'ont aucun rapport à leur étal présent, ni à leur délivrance future, parce qu'elles ont élé accomplies sous Cyrus el ses successeurs, elles sont pleii es d'exagérations par rapport à un si pelit objet; et elles sont absolument fa u ses par rapport à la promesse, qus Je peuple ne sera plus inquiété. Mais cet article, que je touche légèrement, sera traité dans un autre lieu avec plus d'étendue.
A l'égard de la conversion cl du retour sincère à la piété dont parient les prophètes, il n'est pas moins évident qu'on n'en saurait faire l'application aux Israélites qui retournèrent dans la Palestine au temps de Cyrus. Les prophètes leur reprochent de grands crimes, communs à tous les éiats et à toutes les co;.-
(a) // u a dans la vulanie eonvcrsionem ; mais il te faut entendre dam le même sem* ^u'aversio, le mot hébreu sùjnifijui cela, ci t^on pas cagtiutas.
alterum sempiternum , ut sim illis in Deum , et îpsi eru ,| mihi in | opulum : et non movebo amLlius populuu uieuuit iilios Israël , a lerra «piain d<di illis.
•titions {Esd. IX, 6 cl suiv.) ; et semblables à ceux qui avaient aitiré sur eux et sur leur pairie lanl de malheurs. Ils ne furent touchés ni des ruines du temple, ni de l'état où était tombé le culte public par sa désolation (Agg I, 4, 9, 10 ). (1) Us ^empressèrent à bâtir pour eux des maisons, non seulement commodes, mais superbes. ("2) Ils s'occupèrent uniquement à faire valoir leurs terres et à augmenter leurs revenus par tonte sorte de moyens; et ils méritèrent que Dieu les punît par In scelierossç fit par la famine, et par une secrète malédiction £ Jr tous leurs travaux, sans qu'aucun profitât de ces châtiments : (5) c El pas un seul devons tous n'est revenu à moi, dit le Seigneur (Agg. II, 18).
(4) Plusieurs d'entre eux s'allièrent avec les nations infidèles; et en épousant des femmes idolâtres, ils leur permirent l'exercice d'un culte profane, et ils y priient eux-mêmes beaucoup de part. Les prêtres et les lévites, les chefs du peuple et les magistrats se souillèrent comme les autres par ces abominai ions; et se rendirent ainsi coupables du plus gr.uid de tous les frimes,
Leurs enfants (5) furent instruits èî l'erreur et «le la vérité, et en firent un honteux mélange (Nehem. XIII, 24); et jusqu'au langage, tout fut altéré dans de certaines familles, où l'on parlait la langue des infidèles , plutôt -pie celle des Hébreux. (G) Le sabbat fut négligé à tel excès par quelques uns , qu'ils foulaient publiquement la vendange en ce saint jour (Ibid, XV.)
L'usure, si défendue (7) par la loi, devint un vice commun. Elle fut exigée avec inhumanité ; et plusieurs d'entre le peuple, après avoir vendu leurs Héritages pour acquitter les intérêts, furent encore obligés de vendre leurs enfants.
Esdras et Néhémie, témoins oculaires, attestent ions ces faits: et l'on ne peut reconnaître dans les justes plaintes que le premier fait à Dieu des crimes eldeJ'impéniicnce de son peuple les vestiges de cette éminenle vertu promise aux tribus d'Israël raj pelées à leur ancien héritage, après l'exil et la cauiivité. ( Voyez tout le cliap. IX d'Esdras.)
(1) Numquid tempus vobis est ut habitetis in domibus laqnealis, et doinus isla déserta ?
[2] Kespexislis ad an», lins, et ecce t'aclum est minus; et iiitulistis iu domuiii, et. exsulllavi illud.... Propter hoc supervos prohioîii suut eœli ne dareni rorem , et lena prolmila est ne daret gennen suum.
(5 Kl Ban fuit in vobis qui reverleretur ad me , dicit Do;iii'iiis.
(i; Non est separatus populus Israël, sacerdol es et levitœ, a i opnlialerrarutn,el aboinhialioni. u* eoium,Clian ma i videlieel, et Heilnei, et Hierezai , et Jebusjei, et Amnioniiaruni, et Moabi annn,el /Egypiioruim hI Amorrlneoriun. Tuteruut euiai de fihabus eoruui sil.i et tiliissuis: et eomgruscuenml seuien saiiclum cum populis lenarnm. Map us eliain | riucipuui et m gistraluum luit iu transgressiune hae prima. 1 Esd. IX, 1 et ±
(5) Fil i eoruin ex média parte loquebantur azotice, et neseiehant luqui juduiee ; et loquebautar juxta linguani populo et popiili.
(6) Vitti ealeantes tnrcularia in sabbalo.
(7) Pour l'usure portée jusqu'aux excès, voyez le chnp. V de NebémiH. depuis le veriot I** jusqu'au 13*.
Elle ne t'a point été non plus du temps de Jésus-Christ.
Ve vérité. Il y a beaucoup de choses dans l'Écriture, qui sont communes aux Israélites qui crurent au temps, de Jésus-Christ et de ses apôtres, avant que le corps de la nation fût rejeté, et aux Israélites qui croiront à la fin des temps, lorsque celui de leur rappel sera, venu.
Les uns et les autres sont appelés du nom de restes ou de réservés : lieliquiœ Les uns et les autres sont regardés comme mis en liberté, après une longue servitude. Les uns et les autres retournent à leur patrie après un long exil. Les uns et les autres sont la lumière des Gentils. Les uns et les autres sent pleins de zèle et de force ; et tous ont pour caractère une piété et une vertu très-sublime. Quiconque a uu peu d'usage des Écritures ne doute point de ce qui est dit ici ; et ce serait, ce me semble, un travail inutile que de le prouver.
Ne pas confondre les prophétie* qui marquent la première vocation des Juifs avec celles qui prédisent la seconde.
Il y a beaucoup d'inconvénients à confondre ces prophéties, quoiqu'on soit d'ailleurs bien persuadé que leurs objets sont distincts. Non qu'il soit possible de marquer toujours précisément celles qui regardent, les premiers réservés et celles qui regardent les seconde il y aurait souvent de la témérité à l'entreprendre ; et ce travail n'est pas nécessaire, il suffit qu'il y ait des prédictions claires pour le premier temps , et qu'il y en ail d'aussi claires pour le dei nier, pu laissant les autres qui paraissent communes dans un sens moins limité et moins précis, on ne risque rien.
Mais ce serait tout confondre et rendre tout incertain, si Ton détournait à un sens unique un grand nombre de prop éiies qui en ont certainement un autre. Ce serait éteindre l'espérance d'Israël, et rendre inutile à notre égard le miracle continuel que Dieu fait pour le conserver, malgré une inimité d'obstacles, jusqu'au temps de sa promesse. Ce serait ôter à l'Eglise la solide consolation que Dieu lui a | réparée pour les temps où elle en aura besoin; et ce serait la priver de la gloire d'enfanter un jour tout Israël, et de rendre la vie à ceux qui ont été ses pères dans le commencement.
Car le privilège de l'Église, qui depuis plusieurs siècles n'est composée que de Gentils, est non scu'ement de ne pouvoir périr, parce qu'elle est fondée sur des promesses éternelles , mais de devenir en core plus féconde dans sa vieillesse, et de réunir dan* sou sein toute la postérité d'Abraham avec tous les peuples de la terre.
Les règles pour distinguer ces prophéties sont près* crues dans les vérités suivantes.
11 y a plusieurs moyens fort sûrs pour distinguer les prophéties qui ont rapport à la première vocation des Juifs de celle qui regardent la dernière, et peur em-
$J POUR I/IOTELMGEPÇE
pocher qu\>n ne leur donne une interprétation arbitraire. Je les inarquerai par ordre; ci j'espère qu'en cria je n'établirai pas seulement de règles , mais qne j'aurai la consolation de diminuer en quelque chose le travail de ceux qui font de l'Écriture leurs ili isles délices.
Les promesses faites à Israël, postérieures à son
abandon, rcuardurJ son rappel.
VI* vérité. Les promesses faites à îsraéi , postérieures à son abandon, regardent certainement son rappel. La chose est claire par elle-même; on n'a besoin que d'exemples.
Je commence ? <r Osée, dont la prophétie ne peut être plus évidente ni plus précise. « Les fi) enfants d'Israël seront pendant un long temps sans roi , sans prince, sans sacrifice, sans autels, sans cplmd et sans ihéraphins. Mais après cela les enfants d'Israël reviendront, et ils chercheront le Seigneur leur Dieu, et David leur roi. El à la (in des temps, ils craindront le Seigneur, et il recevront avec respect les biens dont il les comblera, i (Oscœ lil, k, 5.)
L'abandon général où est le peuple juif depuis tant de siècles ne saurait être marqué d'une ma triera plu- circonstanciée. H e-a prisé de tout ce qui a fait autrefois sa gloire; ei il n'a pu, d jus aucun temps, ni se donner un roi, ni rétablir le temple, ni ressusciter !c sacerdoce. Mais aptes un long intervalle, in uovhsimo dierum, te même peuple retournera sincèrement à Dieu et à Jésus-Christ, à qui le prophète, comme beaucoup d'autres, donne le nom de David, pane qu'il en est le Fils. Il ne rétablira ni Jérus.deiu, ni le temple, ni b s sacrifices anciens : il n'en sera plus question : mais il sera plein de respect et d'une crainte religieuse pour des mystères et p >ur des biens qu'il n'avait pas connus : (2) « Ils chercheront le Seigneur leur Dieu, et David leur roi; et ils craindront le Seigneur, et recevront a\cc respeci les biens dont il les comblera. >
Ce peuple qui a tout perdu en rejetant le Sauveur, n'a plus ni de suc, ni de vie. il subsiste encore ; mais comme les ossements restent après la nuit; et la terre sur laquelle il est comme semé, n'e-t à son égard qu'une campagne, où des os sont epars sans sépulture (3). La dureté des Juifs et leur obstination invincible rendent leur conversion future ineropi le. Sans la révélation qu'il a plu à Dieu lVcw l'aire k ses prophètes, un tel prodige n'aurait pour eux-mêmes aucune vraisemblance. (4) < Fils de l'homme, cnyez-
(t) Dics multos sedebunt filii Israël sine rege, et sine pjimi, e, et sine aacftficio, et sine allari, ei sine epbod, - t 6ine llieraphiin (a). £t post baec revertentur tilii [amel, et qiuereni Domiuuiu l>eum Simm, et David regem suurir; et pdvelmut ad Domiuum , el ad bonum ejus ni ucvissin.o ctiorum.
(2) Qua?rent Dnminum Deum suum , et David regem suuai; et pavebuntad Daminum, et ad bonum ejus
(ô) Era il milita valde super facieni campi , siccauue vehcmeiiier. Ezcdi. XXXVII, 2.
l-t) Fili houùuis, pu las je vivent ossa ïsla ? — Domine, tu
î*} Les riuVul -ins et IVcIjv.
DES SS. ÉCRITURES. f§
vous que ces os puissent être ranimés? — Seigmwr mon Dieu, vous le savez t(Ezech. XXX Vil, 3). Elceu* qui ne savent pas avec quelle facilité la grâce ressu^-. cite les morts regardent l'e-pérance que consens l'Eyjise pour Israël, comme une vaine attente. (JJ Nos os se sont desséchés, disenl-ilr< au nom des Juif*; notre espérance s'est évanouie, ei nom avons été re tranchés. (Ibid., il,)
Mais ces ossements si secs, cl depuis si longtemps, entendront un jour la voix de Dieu ; cette puissant» voix qui anime les cendres et qui ouvre les tombeaux; ils s'approcheront les uns des autres, ci s'uniront par les articles et les jointures ; les nerfs et les veines, qui sont les canaux de la vie, se placeroul dans les lieux qui conviennent ; la chair el la peau renaîtront ; et tout sera préparé pour le moment où l'cspril de vie, en soufflant sur ces morts, leur tiendra lieu dame, elles convertira en une puissante et nombreuse armée {!bid., 9). < Ils se tinrent (2) loul droits sur leurs pieds ; et il s'en forma comme une ara ée extrêmement nombreuse ; * {Ibid., 10) c'est à dire que la divine Providence, avant le dernier coup d'éclat qui ébranlera toute la nation, et avant la descente de l'Esprit de Dieu sur elle, disposera toutes choses à s* conversion; la préparera à la foi, à l'unité, à l'inleiligenccdes Écitures, par la docilité el par l'amour de la vérité; cl par de secrètes miséricordes la disp.*-. scra à celle qui y mettra le comble.
Alors toutes les tribus d'Israël seront réunies. L'ancienne jalousie entre celles qui étaient autrefois divi» sées sera éteinte. (5) Leurs noms écrits sur des tablettes que le prophète lient dans sa main en seront lo gage; el mules ensemble seront soumises au véritable David, leur unique roi et leur unique pasteur. (4)« là ne ferai d'eux tous qu'un seul peuple... el un seul roi les gouvernera tous. Ils ne composeront plus à l'avenir deux peuples, et ils ne seront plus divisés en deux royaumes... Men serviteur David régnera sur eux , cl ils seront tous conduits par un seul pasteur, lis marcheront dans la voie de mes ordonnances ; il* garderont mes commandements, el ils les observeront... El David mon serviteur sera leur prince dans la suite de tous les âges. i(/6nl,22, 23, 24 fi 25).
(I) Aruerunt ossa uosira ; el periit spes noslra; et ahscissi sumus.
(-2) Sleteruutque super pedes suos ex ercilus grandi* . nimis val. le.
(3) Somê libi ligr.um umim, et scribe super illnd : Ji dsB, et sociorum ejus : el lolie lignum allerum, el scribe super illud : Joseph ligno Ephraim; et adjunge llia ununi ad alteruiutibi in lignumunum; el eruut in unioncm tti ma, m tua; Ezech. XXXVII, 16, 17. Prenez un morceau de bois, et écrivez dessus : Pour Judj, et pour ceux qui lui sont unis. Prenez encore un autre moreeau de bois, et écrive» dessus : Ce bois est pour Joseph et pour Ephraïm. Puiaf anproelu z ces deux morceaux de bois l'un contre i'aulre, pour les unir ensemble , et ils deviendront en voire maij comme un seul morceau de bois.
(I) Facianl eos in gciiiem unam.... et :ex unus crk omnibus iniperans; et non eruut ultra duae génies, nec d:~ videnlur amplius in duo régna ... El servus meus David rex super eos, ei paslor unus eril omnium eorum. Iù judi* ciis meisambulabunt; et mandata meacustodient, elfacieM ea.... Et David servus meus prmeei s eorum in \mi eiuu»v .
es
RECi.
Il faudrait être plus svéûgië quêtes Juifs, et aussi insensible que les ossements qui en sont la ligure , pour ne pis voir , dans une telle prophétie , leur relour à Jésus-Christ et a Pu ni lé de P Église, aussi clailemcnl marqué que leur abandon et leur moi!.
Dieu répond à Isaïe , qui venait de lui offrir une ardente prière pour son peuple éloigné du salut et de la vie : « Vivent morlui lui » (Isai- XXIII, 19). Ceux que vous pleurez comme morls ressusciteront. < lu— lerfecti mei résurgent t{cadavermeum selon l'hébreu). Us ne sont à mes yeux, par leur infidélité, que comme un cadavre étendu sur la terre : mais je leur redonnerai la vie. Elle prophète, aussitôt rempli d'espérance, compte ec prodige, non seulement comme certain, mais comme présent, t Réveillez-vous (i) de votre sommeil, et louez le Seigneur, vous qui habitez dans la poussière , parce que la ro^ée qui tombe sur vous est une rosée de lumière. » Sortez de la poussière du tombeau ; ouvrez les yeux à la lumière, vous qui è:es dans les mêmes ténèbres que les morts. 0 Dieu plein de bonté, quelle douce rosée répandezvous sur nous ! Avec quelfe suavité et quelle force guerissez-vous notre aveuglement î < Ros lucis , ros tous».
(2) « Ne craignez point, ô Jacob, qui êtes devenu semblable à un ver de terre, dit le Seigneur par le même prophète (hui. XL!, 14, 17, 18, 20); ni vous, qui êtes comme morts dans Israël. Je viendrai à votre secours, dit le Seigneur ; et ce sera le Sainl d'Israël qui vous rachètera.... Les pauvres et. les affligés Cherchent de l'eau , et ils n'en trouvent point; leur langue est toute desséchée par l'ardeur de leur soif. Mais moi qui suis leur Seigneur, je les exaucerai ; moi qui suis le Dieu d'Israël, je ne les abandonnerai point. Je ferai sortir des fleuves du haut des collines, et des fontaines du milieu des champs. Je changerai les déserts en étangs... afin qu'ils connaissent, qu'ils sachent, qu'ils considèrent et qu'ils comprennent que c'est la main du Seigneur quia l'ait celle merveille ; et que c'est le Saint d'Israël qui en est l'auteur. > Ces morts sonl les mêmes que ceux qui périssent ile soif ; cl celle soif est celle que l'infidélité a causée. Mais Dieu promet d'ouvrir partout des sources et des fontaines. Agar et Ismaël y boiront, après que l'ange leur aura dessillé les yeux ; et le désert , où ils expirent faute d'eau , se changera en un pays fertile et arrosé par beaucoup de ruisseaux [Ceii. XXI, 15, 19).
(1) Exnergiscimini et laudate, qui habitatis in pulvere, quia ros lucis (a) ros tuus.
(2) Noli liunve , verrais Jacob, qui morlui eslis ex Israël. Ego auxiiialus (h) suni libi , dicit Dominas ; et redeniptor tuus sanclus Israël.... Egeni el pâuperès quajruut aquas, et non surit; lingua eorum sili aruit. Ego Dominus, exaudiam eos; Deus Israël, non dereliuquam eos. Aperiaiu in collibus Oumina , et in niedio campoiun» fontes. Ponam deserium in stagna aquarum.... ut videant, et sciant, et rveogitent, ei uitelligant quia inanus Doinini fecil hoc ; et sauçais Israël créa vil illuo.
(a) Ileb. luminum.
(b) Auxiliabor , comme la suite le démontre.
Dieu aura piiié de son peuple , dit M ïse dans le célèbre cantique , où tout ce qui devait arriver aui Juifs est prédit. Il se le réconciliera après l'avoir abandonné, et, après lui avoir préféré les Gentils, pour le punir de ce qu'il avait préféré à son Seigneur une fausse idée de messie; el les Gentils euxmêmes, étonnés et attendris d'une telle miséricorde , cji rendront de publiques actions de grâces au libérateur commun des nations et d'Israël : (1)« Je leur cacherai mon visage.... Car ce peuple est une race corrompue ; ce sonl des enfants infidèles. Us m'ont voulu comme piquer de jalousie, en adorant des idoles qui n'étaient point dieux ; el ils m'ont irrité par leurs impiétés. Et moi , je les piquerai aussi de jalousie, en aimant ceux qui n'étaient point mon peuple ; el je les irriterai , en substituant à leur place une nation insensée. Ma fureur s'est allumée comme un feu ; elle pénétrera jusqu'au fond des enfers ; et elle dévorera la terre avec tout ce qu'elle produit Je les
accablerai de maux , et j'épuiserai contre eux loules mes flèches. Us seront consumés par la faim : les
oiseaux les dévoreront j'armerai contre eux les
dents des bêtes sauvages. i {Dent. XXXII, 20 et seqq.) Voilà leur état depuis que nous leur avons été substitués. Voilà le temps de la colère. Tout est navale. La terre est brûlée jusque dans ses fondements. Elle n'est couverte que de morts abandonnés aux oiseaux, de proie et aux bêtes de carnage.
Mais cet affreux étal ne durera pas toujours. La môme main qui écrase celle malheureuse nation la relèvera. Dieu aura pi lié d'elle , dans le temps que tout sera désespéré, el qu'aucune ressource ne parai- Ira postule ; el il enlrera même dans une espèce d'indignation contre ceux qui l'auront cru rejetée pour toujours. (2) « Le Seigneur jugera son peuple , et il fera miséricorde à ses serviteurs. II verra que la main qui les défendait n'est que faiblesse; que ceux mêmes qui s'étaient enfermés dans les places fortes sont péris; et que ceux qui restaient on! été de même consumés C'est moi qui fais mourir, et c'est moi qui
redonne la vie ; c'e*,l moi qui blesse, et c'est moi qui guéris, i (Ibid., oô, 59.)
Nous serons témoins de cette merveille qui excitera noire admiration et notre jalousie. Car Israël ne nous sera pas substitué , comme nous l'avons éié pour un temps à Israël. Il enlrera dans l'Eglise sans que nous en sortions; el ce sera même par notre ministère qu'il y enlrera : loule la colère de Dieu étant alors tournée contre les incrédules, et sa miséricordesc répandant sans bornes sur les deux peuples
(1) Abscondam fariem meam ah eis.... Generalîo enfui perversa est, et iulideles filii. Ipsi nie provocaverunt in eo qui non erat deus , el irritayerunt in vanitaiibus suis : el ego provocabo eos in eo qui non est populus , et in gente slullu irritaho illos. Iguis succensus est in furore meo, el ardebil usque ad inierni novissima; devorabilque terrani cura gerraine suo.... Congregaho super eos mala, el sagit» tas raeas coniplebo in eis. Coiisumentur lame... devorabuul eos aves.... dénies besliarum iinmiitun in eos.
(2) Judiealit Dominus populum suuui , et in servis suu misereliitur. Yidebil quod inuïmata si. manus, ejt clan* quoque defeceruut, residuique consumpli sunt... Egoocei dam, et ego viverc faciam; pcrculiam , et ego saiiabo.
rOim L'INTELLIGENCE
réunis. (1) < Nalions , louez le peuple du Seigneur,
parce qu'il vengera ie sang de ses serviteurs et
ttu'il se rendra favorable à la terre de son peuple. > (i^eL, 45.)
C'est donc avec beaucoup de raison que les prophètes nous défendent de regarder Sion comme abandonnée et comme détruite pour toujours. Ils ne nient pas qu'elle ne le soit ; et son état présent les pénètre de douleur. Mais le plan de ses futurs édifices , d sent-ils, est entre les mains de Dieu. 11 le considère avec corn-plaisance ; et les ruines qui s'offrent à nos yeux n'empêchent pas qu'il n'ait pour Sion une tendresse qu'aucune mère ne peut imiter. (2) < Sion a dit : Le Seigneur m'a abandonnée ; le Seigneur m'a mise en oubli. Une mère peut-elle oublier son enfant et manquer de tendresse et de compassion pour le fils qu'elle a porté dans son sein ? Mais quand même elle l'oublierait, pour moi je ne vous oublierai point. Je vous porte gravée sur mes mains ; vos murs sont continuellement devant mes yeux. Ceux qui vous doivent rebâtir sont venus. Ceux qui vous ont détruite et renversée sortiront de vous. (ls. XLYI, 14, 15, 1G, 17).
Les prophéties qui prédisent que l'aveuglement du peuple d'Israël cessera, ne peuvent s'appliquer qu'à son retour.
\'1P vérité. L'aveuglement d'Israël , par rapport au Messie, est prédit. Il esl aussi prédit que cet aveuglement cessera. La première de ces prophéties est accomplie ; et nous en voyons les redoutables suites. La seconde s'accomplira de même ; cl il ne s'agit que d'examiner si une telle promesse esl dans les Écritures.
II nous a élé révélé , dans l'Évangile , que c'était de la gloire de Jésus-Christ qu'haïe était spectateur, lorsqu'il vit Dieu assis sur son trône , dont les séraphins célébraient avec tremblement la sninlelé(Jomz. XII, 41) : et il nous a aussi élé (3) révélé que c'était pur rapport à son incarnation , à son ministère public, à ses miracles et à ses souffrances, que ce proplièie reçut ordre d'en parler avec obscurité, et d'aveugler un peuple qui haïssait la lumière. (4) «Allez, et dites à ce peuple : Prêtez l'oreille, et écoutez, mais sans comprendre ce que je vous dis : voyez ce que je vous fais voir, mais sans le pénétrer et le connaître. Aveuglez le cœur de ce peuple ; rendez ses oreilles sourdes, et fermez-lui les yeux, de peur qu'il ne voie
(1) Laudate, gentes, populum ejus, quia sanguinem servorum suorum ulciscelur, et propitius erit turrae populi soi.
(2) Dixit Sion : Dereliquit me Dominus, et Dominus obliius esl mei. Numquid oblivisci potest nmlier infantem suuin , ut non misereatur filio uteri sui ? Et si iila oblila fuerit : ego lanien non obliviscarlui. Eecehimanibusmeis uescripsi le; mûri lui coram oculis meissemper. Venerutit blructores tui ; deslrueules te el dissipantes a te exibuut.
(3) Par les qualre évaugélisles, et par S. Paul eu deux endroits.
(i) Vide et dic*»s populo huic : Audile audientes , et nolite inlelligere ; et videte visionem , et noble cognosc.ere. Excajca cor populi hujus, et aures ejus aggrava , et oeulos ejus claude, ne forte videal oculis suis, el aurions suis audiat , et corde suo intelligat , et convertatur, et sa- «eu'i euia.
DES SS. ÉCRITTRES. 80
de ses yeux, qu'il n'entende de ses oreilles, que son cœur ne comprenne ; qu'il ne se convertisse à moi , cl que je ne le guérl-se. > (Js. VI, 9, 10.)
Le prophète, chargé d'une si triste commission, demande combien de temps durera l'aveuglement dont l'obscurité de ses discours sera l'occasion indirecte :« Jusqu'à quand, Seigneur?>(//>id., il.) Et Dieu lui répond qu'il durera jusqu'à ce que tout périsse et soit désolé, et qu'il ne reste plus ni maisons ni habitants : « Donec desolenlur civitates absque habitatore, et domus sine homme. > Cela est arrivé, el nous en sommes témoins.
Ce peuple , frappé d'aveuglement , s'est heurté et brisé contre la pierre fondamentale et angulaire : i OlTendent ex eis plurimi, el cadenl, et conlereatur (Js. VIII , 5). Un petit nombre, à qui le secret, a élé découvert, n'a point pris de part à l'erreur publique. « Liga lestimonium, signa legem in discipulis ineis. > (Ibid.t 1G.) Le reste s'est perdu dans la nuit el dans les ténèbres.
Mais outre ceux qui en petit nombre ont vu la lumière, au temps du Messie et de ses disciples, les prophètes n'allendent-ils rien et ne voient-ils rien dans l'avenir ? « Expectabo Dominum, qui abscondit faeiem suam a domo Jacob, et pracstolabor cum.» (Ibid., 17.) J'attendrai, dit Isaie, que le visage du Seigneur se découvre. Il est caché : il se dévoilera. Je conserve cette espérance pour les derniers restes de ma nation, et mes enfants, dont l'un a pour nom, Les restes se convertiront (1) , en sont un gage que le Seigneur m'a donné, i Ecce ego, et pueri mei quos dédit mihi Dominus in signum , et in portentum Israël, a Domino exerciluuni , qui habitat in mo:.ie Sion [Ibid., 18).
JNous avons marché à tâtons, dit encore Isaïc, en déplorant l'aveuglement volontaire de toute sa nation. En plein midi, el au milieu de la plus vive lumière, nous n'avons fait aucun usage de nos yeux. « Palpa virnus sicut caeci parietem, et quasi absque oculis a'.lreclavimus : impegimus meridie quasi in ieuebris, in caliginosis quasi morlui » (liai, L1X , 10). La vérité esl perie parmi nous. Corruit in plat eu verilas , el œquilas non potitil ingredi (Ibid., 14). Il n'y a plus personne; et selon les apparences humaines , c'est pour toujours. El vidil Dominus quia non est vir. (Ibid. y 16.) Mais son bras suffit seul pour tout rétablir. Salvabit sibi bracldum sinon (Ibid.). Et les nations dont la foi a été si prompte el si générale admireront noire retour à la lumière et à la vérité, encore plus universel el plus prompt , lorsque l'Esprit de Dieu se répandra sur nous comme un torrent impétueux, et que le rédempteur de Sion nous fera retourner de
(1) L'aîné des enfants d'L>aïe s'appelait, Peliquiœ convertentnr , ou revêt tenlur , Les restes se convertiront , ou reviendront ; et il élaii le gage du relour des Juifs a Jésus- Christ ; lsui. VII, 3. Le second s'appelait de deux noms , t qui avaient le même sens : Accéléra spolia delruliere , / estina prœdari : Hâtez-vous d'enlever les dépouilles , Prenez me le butin ; et il était le ga >e de la prompte conquête des nations et de leur obéissance a PEvangik. lsui, VIJI, 3.
IlkGLES
l'iniquité à la justice. « El timebnnt, qui abOccidenîe, nomen Domini ; et qui ab orlu solis, gloriam ejus : cnm vencrit quasi fluvius violent us, quem spirilus Domini cogii ; et voneril Si on rodemplor , el eis qui recleiim ab iniquilate in Jacob. » {Isai. LïX, 19, 20.)
Le S. Esprit a révélé à ce prophète très distinctement que les Juifs au temps du Messie seraient aveuglés , et qtw leur aveuglement sérail la juste punition de la corruption de leur cœur, couverte au dehors par une vaine apparence de pieté : que d'autres aveugles recevraient la lumière que les premiers auraient rejelée : mais que les anciennes promisses faites à Ahraham seraient accomplies enfin sur toute la maison de Jacob, qui deviendrait aussi docile qu'elle avait été ingrate et rebelle. La pmpbéiic est un peu longue, mais c'est ce qui la rend plus claire, le la diviserai selon ses trois temps , cl je n'y ferai que de courtes réflexions.
(1) < Le Seigneur répandra sur vous un esprit d'assoupissement qu'il vous a préparé, il vous formera les yeux, il aveuglera vos prophètes et vos princes qui avaient des visions. » ( 1s. XXIX , 10. ) Tout le peuple sera dans les ténèbres , el ceux qui devraient l'éclairer contribueront à l'aveugler, c Les visions de tous les prophètes seront comme les paroles d'un livre fermé avec des sceaux , lequel ayant é é donné à un homme qui sait lire, el à qui on dira : Lisez ce livre, il répondra : Je ne puis le lire, parce qu'il est fermé avec des sceaux. El on le donnera à un homme qui ne sait point lire , et m lui dira : Lisez, mais il répondra : Je ne sais point lire. C'e>l pourquoi le Seigneur a dit : Parce (c2) que ce peuple s'approche de moi de houche et me glorifie des lèvres pendant que son cœur e>i éloigné de moi, el que le culte qu'il me rend ne \ientquede maximes et d'ordonnantes humaines, je vais faire encore une merveille aux yeux de ce peuple, un prodige éclatant et inouï; c'est que ses sages seront privés de leur sagesse, et que ceux qui sont prudents parmi eux . n'auront plus d'intelligence. » (/6/d., 11-14.) Les Écritures qui regardent l'avènement du Messie, et qui l'annoncent d'une manière très-claire pour ceux qui auront l'esprit droil et le cœur pur, seront un livre fermé pour les docteurs et les c.els du peuple, qui devraient en avoir l'intelligence, el qui n'auront pas ass z de discernement pour découvrir qu'ils n'en louchent que le dehors, el qu'd est scellé pour eux. Le simple peuple, qui ne peut entendre par lui-même les Ecritures,
(I) Misit vobis Dominus spiritum soporis; claudet oculos veslros; prophelas et principes veslros qui vilont visio.ies, 0|.eriet. Eril visio omnium sicul verba hhri siy:iuli , quem cuiu dederint scienii lilleras, dicent: Loge isïum. Et respondebit : Non posMiui ; signants est enitn. El dabilur liher neseieuti liCeras , diceturque ei : Loge. Et respondebit : Nescio liiteras. Et dixit Dominus : Eo quod upproj inquat po| ulus îsle ore suo, et labils suis glorifient nie , cor aulem ejus lon^e est a me ; et tiinuerunt me mandate homiuum el doct'inis : ideo eccc ego addain ut admira! ionem t'aciam populo bille miraculé grandi el sln-
f tende. Peribit enhn sapieulia a sapteulibus ejus, el iulelecius prudenlium ejus abscondelur.
(i*) Tout le mondé sait que Jésus-Christ a expliqué ces paro'e* des Juifs, auxuuels il prêchait.
s'en rapportera à se» maîtres pîus aveugles que lui, parce quMs seront plus corrompus. El il arriver.! ainsi par un prodige étonnant, incroyable avant qu'il arrive, mais très-digne de la justice de Dieu, que le seul peuple à qui les Écritures ont été confiées, n'y comprendra rien sur le sujet le plus important, el (psi devrait le plus l'intéresser, parce qu'il n'aimera ni le salut, ni le Sauveur, ni la jus'.ice, ni te Messie, qui peut seul la donner. Voilà pour les Juifs. Ce qui suit regarde les Gentils.
« Le Liban (I) ne sera-t-il pas bientôt et dans très-peu de temps changé dans le Carmel, el le Carmel au contraire ne deviendra l-il pas semblable à une forêt? En ce jour-là les sourds entendront les paroles de ce livre, les yeux des aveugles sortant de leurs ténèbres el de leur obscurité verront la lumière. Ceux qui sont doux et humbles se réjouiront de plus en plus dans le Seigneur, el les hommes pauvres el msérahles seront ravis de joie dans le Saint d'Israël i (Is. XXIX, 17-19 ) Dès que la synagogue se sera ohsli ée à fermer les yeux à la lumière, cette lumière ira éclairer ceux qui sont depuis longtemps dans les ténèbres. Elle leur fera voir dans toutes les Écriture* le Sauveur que le Juif n'y aura pas reconnu. Ils liront sans p ine ee que les sages d'Israël n'avaient pu lire. Ils entreront avec joie et avec reconnaissance dans des mystères fermés et sce.lés pour les orgueilleux. Ils seront alfamés de la justice , et ils en seront rassasiés; el il arrivera ainsi que les pauvres el les étrangers seront admis au festin des noces que les premiers convié> auront méprisé; et que les nations infidèles, négligées et stériles comme les forets du Liban (2), prendront la plaee du Carmel et du peuple juif, oui sera à sou tour inculte et sauvage comme les rochers couverts de hois et d'épines.
Il ne reste plus qu'à savoir si celte punition durera toujours, el si Dieu oubliera jusqu'à la lin un peuple dont les pères lui ont été si chers.
« C'est pourquoi (5) voici ce que le Seigneur, qui a racheté Abraham, dil à la maison de Jacob : Jacob ne sera plus désormais dans la confusion, son vi-a^e ne sera plus désormais couvert de honte. Lorsqu'il aura vu ses enfants, qui sont les ouvrages de mes mains, rendre au milieu de lui gloire à mon saint nom,
(!) Nonne adhuc in modico et inbrevi converlclur LibanuSin Carmel, el Carme] in suit uni reputabilur ?.... Et aùdie'nï in die illa surdi verba lihri, et de tenebrîs eleaîijfine oculi cacoruni videhuul ; et addent miles in Domino iajliliam, et patiperes h «mines in saneto Israël exultahuul.
(2) On sait que le Liban était d ms le territoire deTyr, el (pie le Carmel était dans la Judée.
(3) Profiter hoc, haec dieil Dominus ad domum Jacob, qui redemit Abraham : Non modo con undelur Jacob, nec modovulius ejuserubescel. Sed (a) cum vident films suos, opéra manunin mearum , in medio sut sanclilicanles nonien meum . et sanclifieabunt Sanclum Jacob , et Dentn Israël praedicabunt , el. scient errantes spirilu inlellecluin, el mussitatores (b) discenl legem.
(a) sed n'est pas du texte , el il ne f,ert pas a l'érlaircir.
(h) Mtinnuraiores, ofatrepentes sertîioniuus indociles. IV mol hébreu signifie tout cola. Caractère des Juif? an temps dtj Jésus- Christ.
|9 rOL'R ^INTELLIGENCE
ils béniront tous ensemble le Saim de Jacob, et ils glorifieront le Dieu d'Israël; ceux dont lVsprit était égaré recevront l'intelligence, et les murmurateurs apprendront la loi du Seigneur > (Is. XXIX, 22-2 i.) Rien n'est plus consolant ni plus clair. Les mêmes qui auront été longtemps livrés à un esprit d'erreur recevront une pleine intelligence des Ecritures. Le même peuple qui aura perpétuellement contredit le Messie se soumettra à lui avec amour. Il ado era le Saint de Jacob et le Dieu d'Israël qu'il aura méconnu. Il comprendra que c'est de lui seul qu'il doit attendre sa réconciliation et sa justice. Il se réunira à la foi d'Abraham duquel il s'était séparé. Et les anciens patriarches oublieront la boute et l'ignominie que l'apostasie de leur postérité faisait comme rejaillir sur eux. Mais cette conversion sera l'elfe t d'ut;e grâce toute-puissante : Ils seront l'ouvrage de mes mains ; et la gloire n'en sera due qu'à celui qui a prévenu les mérites d'Abraham, et qui a été son rédempteur.
Il y a une autre prédiction dans Isaïe, qui n'est pas moins évidente ni moins pleine de consolation pour ceux qui s'intéressent avec les prophètes «à la rédemption d'I-racl. Elle est comprise dans les chapitres LX1Î et LXU1 dont je ne rapporterai ici que le plus nécessaire.
< Je vous ai établi (i) (moi qui suis le Seigneur) pour être le minisire de l'alliance que j'ai faiie avec mon peuple, et la lumière des nations ; pour ouvrir les yeux aux aveugles... et pour faire sortir de prison ceux qui étaient assis dans les ténèbres. > (h. XLII , 6, 7. ) Le Messie est trop clairement marqué par sa mission et par son double caraeière de ratifier l'alliance faite avec le peuple juif, et d'être la lumière des Gentils pour n'être pas reconnu dès l'instant.
i Ecoutez , vous qui êtes sourds (2) ; ouvrez les yeux pourvoir, vous qui êtes aveugles. Qui est l'aveugle, sinon mon serviteur? Et qui est le sourd, sinon celui à qui j'ai envoyé mes prophètes? Qui est l'aveugle, sinon le serviteur du Seigneur? Vous qui voyez tant de choses, n'en conserverez-vous point le souvenir? Vous qui avez les oreilles ouvertes, n'entendrez-vous point? (Ibid., 18, 19, 20, 21, 22, 25.) Le Seigneur a voulu sanctifier son peuple, il a voulu rendre sa loi célèbre et la re lever, mais son peuple a e^é ruiné et ravagé- Ils ont tous éié enveloppés dans les lileis des jeunes gens, et ils se sont tenus cachés dans le fond des luisons. Us
(1) Dedi te (ego Dominus] in fœdus populi , in lucom
§eniium; ut aperces oculos cœcorum.... et educeres de omo cureeris sedenies i i lenebris.
(2) Sunii, audite, et Cifici, intuemini ad videndum. Quis caeeus, nisi servus meus? Et surdus, uisi ad queui muilios meos tutsi ? Quis ca3cus , nisi servus Domiui ? Qui vides milita, nonne custodies ? Qui apertas habes aures , nonne auches? Dominus voluil ut sanciilicaret eum, et maynilicamè tegeui . et extolleret : ipse auteu» populus dire, tus et vaslatus. Laqueusjuvenumomnes; et in dominus carcerum abseoiidui sont. Facli suut in rajti.iam, née. est qui erual ; m uireptionem, née est qui dirai : Redde.... Quis deuil in 'iireptionem Jacob, et Israël vastantibus ? Nonne Dommus ipse, eui peecavimus?.... Et ell'udii super eum iudignalionam forons soi; et comtmssit eum in cireuilu, et non cogijovit; et suceeiKiit eum, et non intellexit [ neb. Et non poMut super cor]
ont éé enlevés, et il ne s'est présemé personne pour les délivrer; on les a pillés, et il ne s'est trouvé personne qui ait dit : Rendez le butin... Qui a ainsi livré Jacob en proie? Qui a abandonné Israël au pillage? N'esi-ce pas le Seigneur iui-même contre lequel nous avons péché?... Il a répandu sur lui son indignation et sa fureur.... il a allumé un feu autour de lui >ans qu'il s'en soit aperçu, il l'a brûlé dans ses flammes et il ne l'a point compris, i (h. LU, 18-22, 21, 25.) Il n'y a pas un mol dans ce qui vient d'être dil, qui ne serve à rendre parfait le tableau du peuple juif. Le Messie éiait venu pour sa gloire et pour sou bonheur, et pour donner à la loi qu'd avait reçu^ une dernière perfection. Mais ce peuple , qui se regardait comme la lumière des autres et qui croyait tout savoir, n'a rien compris dans les my-dères de son salut. Il s'est livré à des guides aveugles qui ont été suivis par d'autres séducteurs, et qui sont devenus un p ége pour toute la na:ion. Les ehâ imeols sans nombre sont tombés sur elle, dont les plus visibles ont été ia dispersion et la servitude, mais dont les plus redoutables ont été l'endurcissement et rimpéuitence ; en sorte qu'elle a également abusé de la lumière qui lui a été offerte et des ténèbres auxquelles elle a éié condamnée; et qu'elle n'a connu m ses biens, ni ses maux. Ce déplorable état dure encore, et paraît sans remède.
Mais immédiatement après ce que je viens de citer, le prophète ajoute: (I) c Voici ce que dit le Seigneur qui vous a créé , ô Jacob, et qui vous a formé, d Israël. Ne craignez point , parce que je vous ai racheté, ei que je vous ai appelé par vore nom. Vous è es à moi. S'il arrive que vous passiez au travers des eaux , vous n'en serez point submergé. Si vous marchez au milieu des flammes , vous n'en serez point brûlé... Je ferai revenir vos enfants de l'Or eut, et je vous rassemblerai de l'Occident. Je dirai à l'Aquilon : Donnez-moi mes enfants, et au Midi : Ne les empêchez point de venir. Amenez mes (ils des lieux les plus éloignés et mes filles des extrémités de la terre... Faites sortir dehors un peuple qui était aveugle quoiqu'il eût des yeux, et qui était sourd quoiqu'il eût des oreilles... Je suis le Seigneur, le Saint qui est parmi vous, le créateur d'Israël et voire roi.» (Ibid., i, 2, 5, G, 8, 15.) Il n'y a dans l'Ecriture aucune promesse plus solennelle, plus ab>olue, ni plus magnifique. Elle regarde certainement le même peuple rejeté, dispersé, impénitent, frappé de toutes sortes de chàlimeuis pour n'avoir pas connu son Sauveur. El cette promesse n'est mise si immédi ilement après tout ce qui servait à la rendre peu vraisemblable , que pour nous faire sentir combien elle est graïuite, et par
(I) Et nunc luec dicit Dominus creanste, Jacob, et formans te, Israël : Noli Ihîiere , quia redemi le, et vocavi te nomme tuo : meus es ti:. Cum transieris per aquas , tecuni ero; et flmniua non operieni te. Cum ambula.cris in igné, non eomburerb.... Ab Oriente adducam semea luuui.el abOceideute ^ongregal^ote. Dicam Aquiloui: Da; et Ausiro : Noli prohibere. Atfer lilios meos de longiuauo, et fitias meas ab extremis terra?.... Educ foras populum eœcum, et onnlos habentem; surdum , et aures ci suiu... Ego Dominus s'mctus vester, creans Israël, rex vcsler.
01 KÉGl
conséquent combien son accomplissement eot certain.
Le psaume CI contient une preuve complète de la même vérité. II s'adresse à Jésus-Christ , comme il est démontré et par l'autorité de S. Paul et par loute la suite du psaume. Il contieni des sentiments de péniienec très-vifs pour le crime commis conire lui, et ii déplore pour Israël l'état où est réduite Jérusalem, c'est-à-dire toute la nation, en punition d'un tel crime. L'espérance du pardon est aussi clairement marquée que la pénitence, et le rétablissement futur de Jérusalem , avec les suites heureuses que ce changement doit avoir pour tous les peuples de la terre, est prédit eu termes magnifiques. Ainsi ce psaume est un abrécé de toutes les Écritures par rapport au peuple juif, et il est au moins une prophétie très-claire que l'aveuglement où il est ne sera pas éternel, puisque les merveilles qui en Supposent la fin sont si clairement annoncées.
Ou découvrira dans la suite beaucoup d'autres preuves de celle vérité , parce que toutes celles qui regardait le retour des Juils sont dépendantes les unes des autres p.r une étroite liaison, et qu'elles •éclairassent mutuellement. Et je me contente d'ajouter la célèbre prophétie de Baruch, qui ne prédit pas Seulement que l'aveuglement d'Israël cessera, mais que sa lumière et sa loi seront beaucoup plus étonnantes que son obstination et son incrédulité ne le sont aujourd'hui , quoiqu'elles durent depuis tant de siècles et qu'elles paraissent invincibles. (I) < Celui qui vous conduit se souviendra de vous. (C'est l'Eglise héritière des promesses faites à Abraham qui parle ainsi à sa postérité aveugle et dispersée.) Car si voire esprit vous a égarés en vous portant à vous éloigner de Dieu, en revenant à lui vous le chercherez avec dix fois plus d'ardeur, parce que celui-là même qui a fait tomber ces maux sur vous vous comblera de nouveau d'une joie éternelle et vous sauvera. > (Baruch IV, 27-29.)
Les promesses [ailes aux Juifs, postérieures à la vocation des Gentils et à la conversion de touts la terre , regardent leur seconde vocation,
VIIIe vérité. Il y a dans l'Écriture des promesses faites aux Juifs, postérieures à la vocation des Gentils, postérieures à la conversion de loule la terre, postérieures par conséquent à la substitution des autres peuples à celui d'Israël. De telles promesses ne peuvent être confondues avec celles qui ont eu leur effet dans les premiers temps de l'Évangile, et elles supposent nécessairement que la maison de Jacob sera rappelée dans un temps où il paraîtra que les nations ont pris sa place.
(2'j 11 sortira un rejeton de la tige deJessé (Isai. XI, I), dit Isaïe. qui décrit dans la suite l'infinie sainteté
(1) Erit memoria veslra ab eoqni duxil vos. Sicutenim fuit sensus vester ut errai etis a Deo : decies lanlum iterum eonvertentes requiretis eum. Qui eniin vobis induxit mala, ipso rursum adducel vobis sempilcrnam jucundilatem eum snlule veslra.
(2) Egredielur virga de radice Jcssc.Non noceb'mt. cl