‹ Scripturae sacrae cursus completus -- plurimis annotantibus presbyteris ad decendas levitas -- ann. simul et ed. J.-P. MigneChapitre 36 sur 157 · EXPLIQUÉS · texte numérisé non relu

EXPLIQUÉS

anttotattîott.

Il n'est pas de livre qui ait été si souvent expliqué que celui des Psaumes , et il n'en est pas qui soit encore si difficile à entendre. De treize cents écrivains nui se sont exerces sur ce sujet, aucun n'est capable de satisfaire entièrement un critique. Les uns ont travaillé sur le latin, les autres sur le grec, les autres enfin sur l'hébreu ; peu ont été plus loin. Ils se sont contentés la plupart d'interpréter le texte imprimé d'après la langue à laquelle ils se bornaient ; d'où il lésulte que leur travail est souvent imparfait. Car, pour ne pas parler des fautes de traducteurs, les copistes latins, grecs ou hébreux, se sont mépris plus d'une lois; il leur est arrivé, en transcrivant la Bible, d'oublier un mot, de le transposer, de mettre F un pour Fautre, ou du moins de confondre des lettres semblables. On verra, par la lecture de cet ouvrage,

{1} Le P. le Long, très-curieux et très-exact clans la recherche de ces sortes de détails, nous a fait connaître douze eent treize écrivains sur les psaumes, dont voici le catalogue:

Ecrivains en prose sur tout le psautier. 502

Ecrivains en vers 100

Ecrivains en prose sur une partie du

psautier 181

Ecrivains en vers 45

Ecrivains en prose sur les VII psaumes

péniteutiaux 93

Ecrivains en vers 26

Ecrivains en prose sur un seul psaume. 192 Ecrivains en vers H

Total 1213

Pour aller de douze cent treize à treize cents, reste quatre-vingt-trois ; or il est lrès-!acile de remplir ce nombre ; il suffît pour cela, de taire entrer eu ligne de compte, soit les auteurs qui ont écrit généralement sur toute l'Ecriture, soit ceux qui ont travaillé sur les psaumes depuis 1725, que parut à Paris en 2 volumes in-folio, l'ouvrage du savant oratorieu sous le litre de i.ibliotheca sacra; car ni los nus ni les autres ne sont compris dans la liste que nous donnons. Ainsi l'on voit que notre calcul n'a rien d'exagéré.

qu'il y a dans le corps des psaumes plus de six cents contre-sens qui ne coulent que de celle source. Le changement d'une seule lettre peut, en hébreu, du sens le plus vrai et le plus sublime, faire le sens le plus faux et le plus ridicule. Il n'en est pas de cet ancien idiome comme de nos langues modernes, où les termes sont communément d'une longueur raisonnable, et où une lettre corrompue peut aisément se corriger par l'analogie des autres. Lu hébreu, au contraire, les mots primitifs n'étant ordinairement composés que de trois lettres, la corruption d'une seule est de la plus grande conséquence. Si, pur exemple, dans le mot français, don, qui n'est que de trois lettres, l'on change la première ; l'on aura bon, mon, ton, son ; ce qui fournit tout autant d'idées disparates (1). Mais il est rare que le changement d'une lettre dans un terme qui en renfermerait une dixaine, comme familièrement, puisse induire en erreur, même abstraction faite de l'ensemble du discours. L'orthographe pourrait être estropiée, mais le sens ne serait pas divers.

D'ailleurs, les caractères hébreux , bien différents des nôtres, sont figurés de façon à faciliter la méprise. On en peut juger par le tableau que voici des lettres qui se ressemblent. Le betli -L, et lekapliD; le gliimet 3, et le noun 3 ; le daletli 1, el le resch "1; le lié H, le cheih n, et le lliau n ; le zuïn 7, et le noun final

(l) En prenant la liberté de changer à son gré l'une des trois lettres radicales, on rapproche aisément les choses les plus opposées. C'est la marche qu'ont suivie quelques critiques audacieux, dans les étymologies hébraïques qu'ils ont employées pour expliquer l'histoire ancienne ou la fable. Mais quelles illusions n'a pas enfantées une méthode aussi pleine de licence! On a donné des jeux d'imagination pour de solides vérités. Rien n'est plus ruineux que la science des élymologies, surtout lorsqu'elle est fondée sur des principes purement arbitraires.

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