‹ Scripturae sacrae cursus completus -- plurimis annotantibus presbyteris ad decendas levitas -- ann. simul et ed. J.-P. MigneChapitre 94 sur 157 · DISCOURS PRELIMINAIRE · texte numérisé non relu

DISCOURS PRELIMINAIRE

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DE LA RÉVÉLATION ET DES CARACTÈRES D'AUTHENTICITÉ ET DE VÉRITÉ DES TITRES PRIMITIFS QUI EN CONSTATENT L'EXISTENCE.

Nous avons les oracles des prophètes, dont la certitude est plus affermie, et auxquels vous faites bien d'être attentifs...; car ce n'a point été par la volonté des hommes que les proj héties nous ont été anciennement apportées, mais c'a été par le mouvement du S.-Esprit que les saints hommes de Dieu ont parlé. (II Pierre, 1,19,21.)

De toutes les matières qui louchent intimement à la religion, il n'en est aucune qui soit d'un aussi grand intérêt que l'intégrité du corps des divines Ecritures. Tout est uni, liér parfaitement soutenu, dans la religion ; les vérités les plus sublimes , les plus abstraites comme les plus simples, qu'elle nous enseigne, te tiennent les unes aux autres par des liens indissolubles. Tout y est digne de la majesté de l'Etre suprême : tout s'y trouve assorti aux besoins de l'homme. L'existence et la souveraine perfection de Dieu, la manifestation de ses attributs, la divinité, l'inspiration , la certitude, l'authenticité des litres sacrés et leur intégrité, la conservation de ces monuments primordiaux du culte religieux, en un mot, le dogme et la morale d'où découlent tous nos devoirs par rapport à Dieu, rémunérateur de la vertu et vengeur du crime : tout cela forme une chaîne qu'un ne peut rompre sans ébranler et saper la révélation divine par ses fondements.

-, S'il est incontestable que les hommes ont des devoirs à remplir envers l'Etre suprême, il leur importe infiniment de connaître leur principe et leur fin, ainsi que la manière dont ce souverain Maître de la nature veut être servi. Sans celte connaissance ils ne sauraient s'acquitter dignement de tout ce qu'ils doivent à l'auteur de leur existence. Mais la Divinité s'est-elle manifestée aux hommes pour leur déclarer ses volontés? Celle révélation a-t-elle été et est-elle encore revêtue de toutes les marques de certitude que nous puissions raisonnablement exiger? La Providence nous a-t-elle enfin ménagé des voies pour nous conserver sans altération les mêmes doctrines, les mêmes lois révélées anciennement à nos pères ?

Ces questions qu'on ne peut trop méditer, ni trop approfondir, dépendent étroitement de l'intégrité et de l'authenticité des monuments de la révélation divine, consignée dans les saintes Ecritures.

Nus considérations sur la pureté du texte primitif

des livres de l'Ancien Testament serviront d'appui à ces questions intéressantes. Si l'homme a des devoirs indispensables par rapport à l'auteur de tous les êtres; si Dieu les lui a manifestés, ce serait faire outrage à sa sagesse et à sa bonté de prétendre qu'il ne lui a point laissé dans toute sa conservation le dé^ôt des litres de son culte.

Pour donner plus de poids aux différentes remarques qui nous occupent dans ces considérations et qui concourent toutes à assurer la vérité et l'authenticité des monuments de notre foi, tentons de poser d'abord quelques principes analogues à la nécessité de la révélation. Essayons aussi d'en constater l'existence, en établissant l'autorité de ces lilres primordiaux par certains caractères frappants de vérité et de divinité qui en sont inséparables. Les bornes que nous devons nécessairement nous prescrire dans ce discours ne permettent pas de discuter celle matière selon toute l'étendue dont elle est susceptible : ainsi nous ne nous attacherons qu'à des vues générales, en nous appesantissant le moins qu'il nous sera possible. C'est un préliminaire d'où nous croyons devoir partir, afin de mettre sous un certain point de vue ce que nous avons supposé comme incontestable, ou que nous n'avons louché que rapidement dans nos mémoires sur l'intégrité du texte hébreu. Delà nous passerons à l'objet cl au plan de nos considérations.

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