‹ Sébastien Bourdon, sa vie et son œuvreChapitre 3 sur 59 · IMP. J. MARTEL · texte numérisé non relu

IMP. J. MARTEL

l’enfance de bourdon.

Jeanne Bourdon, fille naturelle. — Le treize du mois née fille

naturelle de Marin Bourdon et de Carrède , par M. Peyrol

baptisée.

Ce Marin 1 Bourdon , dont le pasteur calviniste inscrit ici l’enfant illégitime , n’est autre que le futur père de Sébastien. Un modeste « peintre et vytrier2 » résidant dans la ville, mais qui, croyons-nous, n’en était point originaire , car impossible nous a été de retrouver dans les registres précédents , en remontant à plus de trente ans en arrière, son extrait de naissance. Il est à cette époque célibataire , mais ne le reste pas longtemps. En feuilletant le même livre, nous voyons un peu plus loin les deux déclarations suivantes:

DU IOme OCTOBRE 1 6 1 1 .

Jean Bourdon, né le pme octobre 1611, un pis à Marin Bourdon et Jeanne Gaultière , présenté par maistre Jean Junior, maistre en la Chambre des Comptes , et Marguerite de Guillermin.

DU 29 AOUST l6l2.

Françoise Bourdon, née le 22 du mois, fille à Marin Bourdon, vy trier, et Jeanne Gaultière , mariés , présenté à baptesme par Jean Cabill , peintre, et Françoise Aroloignat, baptisée par M. Peyrol.

1 . Sébastien Bourdon a peint magistralement de sa main le portrait de son père. M. Eudore Soulié signale ce tableau comme faisant partie des galeries de Versailles. La gravure fort rare et d’une exécution hâtive est signée « Hayard ». Après l’avoir cherchée longtemps infructueusement, nous avons eu la bonne fortune de la rencontrer dans la très-riche collection d’estampes d’un amateur d’art de la ville de Montpellier, M. Kühnholtz-Lordat. Nous lui adressons ici tous nos remerciements , pour avoir bien voulu nous autoriser à en donner une reproduction dans cet ouvrage.

2. Mémoires pour servir à l'histoire de l’Académie royale de peinture et de sculpture , depuis 1648 jusqu’en 1664, publiés pour la première fois par M. Anatole de Montaiglon, attaché à la conservation des dessins du Louvre. — Paris, 1853.

Première partie : « État de la peinture et de la sculpture en France , pendant tout le temps qui précéda l’établissement de l’Académie ».

Ceux qui dans les premiers temps s’introduisirent et s’établirent en France et particulièrement à Paris, sous les noms de peintres et sculpteurs , eurent à peine la première notion des deux arts qu’ils se vantaient de professer....

Les plus habiles d’entre ces prétendus peintres s’appliquaient à exécuter sur les vitrages des églises des dessins ou patrons qu’ils avaient apportés des pays étrangers , et de là l’origine de la jonction , qui subsiste encore dans plusieurs villes du royaume , des peintres et des vytriers en un même corps de communauté.

Le mariage dont sont issus ces deux enfants a dû être célébré dans les derniers jours de l’année 1610. On trouve , en effet, à la date du 21 novembre , dans le Recueil des promesses, sorte de livre où sont consignées les fiançailles , cette énonciation les concernant:

« Entre Marin Bourdon , maistre peintre et vytrier , d’une part , et Jeanne Gaultière ; Jîlle de feu Paris Gaultier, maistre orfèvre de la dite ville de Montpellier, d’autre. »

Jeanne est alors âgée de 26 ans, ayant été baptisée à Montpellier le 20me d’aoust 1584. Elle doit apporter à son mari, sinon de la fortune (ce que nous ignorons) , à tout le moins des amitiés puissantes, des relations précieuses, témoins le parrain et la marraine de leur premier-né.

C’est là, du reste, une union bien assortie , au point de vue de la position sociale , et parfaitement conforme aux idées du temps , où les mariages entre familles de même profession ou de professions similaires sont des plus fréquents. Comme résultat, elle est en tout cas très-léconde : le baptistaire N° 10 en fournit deux nouvelles preuves ; les voici :

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