‹ Sébastien Castellion et la réforme calvinisteChapitre 134 sur 155 · CONNUS · texte numérisé non relu

CONNUS

1 Comparer avec Gastellion.

des simples, qu'ils troublent la Société, qu'ils attaquent faussement la doctrine de l'Eglise ; et peut-être même qu'en évitant la communion de l'Eglise, ils scandalisent les bonnes âmes. Que chacun juge à quoi cela aboutira. 1 Je crois que moi et mes semblables, avons autant d'intérêt à nous opposer à ceux qui paraissent si zélés pour l'Eglise, qu'aux Espagnols, et je ne suis pas moins persuadé qu’il y a un nombre incroyable de personnes qui me ressemblent dans toutes les sectes de ce pays. Je ne consentirai jamais que tous ces honnêtes gens soient tourmentés par les Calvinistes.»

Il faudrait par la pensée, se représenter Calvin écoutant ce discours. D’autre part, que tout lecteur impartial, qui a lu le Traité des hérétiques et le Contra lïbellum Calvini dise s’il n’aurait pas immédiatement prononcé le nom de celui dont l’esprit et la pensée triomphent dans cette admirable manifestation oratoire.

A rapprocher de ces déclarations, une pétition que la minorité calviniste de l’Eglise Wallonne d’Amsterdam, faisait déposer, il y a 4 ans, sur le bureau du Gonsistoire. J e venais de publier une brochure intitulée : « Le Christianisme et les chrétiens modernes, » qui était un simple exposé du Christia- .nisme libéral; c’est de cette brochure qu’il s’agit:

« Les soussignés, membres de l’Eglise wallonne d’Amsterdam, profondément attristés et indignés de la pubbcation dans notre Egbse de brochures qui attaquent la foi évangüique dans ce qu’elle a d’essentiel, froissent la conscience d’un grand nombre de chrétiens et troublent la paix de l’Eglise,

prient respectueusement, mais instamment, le Consistoire qui est chargé de veiller à l’enseignement de la pure doctrine, de faire cesser un pareil état de choses. En adressant cette pétition au Consistoire, les soussignés sont assurés d’exprimer les sentiments de toute la fraction évangélique (sic) de l’Eglise. » Tout y est : attaquer la doctrine, froisser les consciences et troubler la paix ! Les Calvinistes n ont pas changé de mentalité. Le malheur pour eux

est qu il y a encore des « P. de Hooft » pour s’opposer à leur dessein !

Mais n’est-ce pas édifiant ? Et la question qui se débattait au XVIe siècle est-elle assez actuelle ?

LA RÉFORME DE LA RÉFORME

« Si l’opinion de Gamaliel, continue P. de Hooft (et on attendait presque ce nom qui avait fourni à Castellion un de ses plus émouvants arguments), si l’opinion de Gamaliel était, dans ce temps- là, fondée sur la Raison et l’Equité, comme nous en sommes persuadés, pourquoi ne l’approuverionsnous pas aujourd’hui ? Pourquoi persécuterions-nous ceux qui ne pensent pas comme nous sur la religion ? 1

Et après quelques conseils de sagesse, l’orateur terminait sur une invocation demandant à Dieu « de bénir » son dessein de tolérance mutuelle.

On ne peut résumer de façon plus heureuse la grande doctrine de Bellius et à chaque phrase on pourrait noter en marge une idée parallèle, prise dans les écrits de Castellion.

Mais si les Etats se montraient tolérants, les Calvinistes s’agitaient. En Frise un mouvement se produit contre les Anabaptistes. Des pasteurs de Haarlem demandent qu’on oblige les fidèles à signer tous les ans la Confession de foi.

Le Consistoire, inquiet des progrès que font les idées de Coornhert, demande à un jeune pasteur, qui a étudié à Genève, avec Théodore de Bèze, de réfuter l’hérésie naissante. Il s’agit de montrer aux magistrats que les idées de Coornhert dont ils font si ostensiblement profession, sont erronées et impies.

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