DÉNONCE
i’dblkjttem ent ^ ^ohhêi libro cours a sou indignation : aPêiiiI l’attitude des «était serviteur de Dieu, dit-il, 3 nous le sommes Genève « de nous-mêmes ; il était très pa tient, nous, très «impatients. Il passait les nuits pour se consacrer «à l’édification de l’Eglise, nous passons la nuit «au jeu; il était sobre, nous, ivrognes; il était «menacé par les séditions, c’est nous qui les exci- «tons; il était chaste et nous débauchés; il fut «enfermé en prison et nous y faisons enfermer «quiconque d’un mot nous a blessés. Il a usé de «la puissance de Dieu, nous de celle d’autrui. «Il a souffert de la part des autres, nous persé- «cutons des innocents».
1 II y avait environ une soixantaine de personnes. 3 II Cor, VI.
a Extrait d’un récit de Cat,ytn*
castellion i oeîtève
Castellion aurait pu illustrer ces généralités d’exemples précis, mais tons savaient ce qu’il voulait dire, et ses paroles devaient faire une impression profonde*
Luther, jadis, s’était élevé contre les mœurs des moines de son temps. Castellion s’élevait contre l’attitude, les mœurs des ministres de Genève, et il lui fallait d’autant plus de courage que c’est devant eux qu il parlait ; mais il s’était trop ardemment donné a l’œuvre de la Réforme pour se taire ! C’était une obligation impérieuse. Il fallait que quelqu un osât dénoncer les dangers de la voie où s’engageait la Réforme et ceux qui, à Genève, s’en faisaient les organisateurs.
Sa protestation serait entendue. Elle atteindiait les consciences. Il y aurait un revirement. Calvin lui-même, qui savait combien tout cela était vrai, comprendrait la gravité de l’heure. Oui, certes, Calvin savait tout cela, et c’est probablement pour cette raison qu’il garde le silence.
Après avoir raconté à Earel cette «attaque sanglante », Calvin écrit : «Oui, je me suis tu, pour le moment, afin de ne pas allumer devant tant d étrangers une vive discussion. . . . mais je suis allé porter plainte au syndic. » C’était, en effet, plus simple que de discuter. Le syndic ! Voilà un argument que nous n’avions pas encore rencontré et dont il convient de souligner l’apparition.