‹ Sébastien Castellion et la réforme calvinisteChapitre 46 sur 110 · SÉBASTIEN CASTEL-LION · texte numérisé non relu

SÉBASTIEN CASTEL-LION

g Serve tj disent- iis, est des plus audacieux téméraires et pernicieux hérétiques qui furent jamais, attendu qu'il veut, . . . ôler le glaive et le droit de 'punir aux magistrats qui lew a été donné de Dieu, , . . Sa conscience même le condamne et argue digne de mort, et pour éviter cela, il a voulu prévenir en mettant en avant sa fausse doctrine qui consiste à ne point punir les criminels à morL II fait une injure intolérable à toute V Eglise chrétienne et à Constantin. Il se moque de Dieu, de sa parole, quand il dit que si r intention est bonne le fait sera réputé bon , , . , s'il en était ainsi, tous les hérétiques idolâtres se pourraient excuser de leurs bonnes intentions,^1

1 Est-il possible, sans être aveugle ou inconscient^ de nier après cela que S REVET était un initiateur de la liberté de conscience et qu'il ait proclamé que les hérésies dont on V accusait ne devaient pas entraîner sa mort ? Eli bien, M. Boümeegue écrit à la page 03 de son volume, calomnies anti-ptoteslanteS; Les admirateurs de Seevet * voient en lui l'initiateur de la liberté de conscience. Encore une fois-, rétablissons la vérité historique.^.) Le 12 septembre 1553, dans une requête de la Seigneurie, Seevet ne dit pas: les hérésies dont on m’accuse ne sont pas dignes de mort ; il dit; Je ne les enseigne point. Voici comment il s'exprime ; * Si j’avais dit cela, non seulement dit, maie écrit publiquement pour corrompre le monde, je me condamnerais moi-même à mort. * Et, au fond, pour lui toute la question est de savoir qui doit être condamné à mort, ou Seryet ou Calvin*, i Non, la conclusion de M, Dovmebgue est par trop rapide. D’abord, la citation est incomplète et ce qui la précède est essentiel. Repoussant d'abominables accusation^ Servet, indigné, s’écrie: < Qui dit eda ne croit point qu'üy ait Dieu, ni justice, ni résurrection, ni rient sinon que tout est mort ♦ * . * Si j’avais dit eda je me condamnerais moi-même à mort* * Et eda est très clair, car 1® cc sont la des doctrines anarchistes qui nient tout, même la justice ; 2° il ne les professe pas; 3* il les repousse avec tant d’indignation qu’il Be condamnerait lui-même à mort s'il les avait enseignées* 4° L n'a pas dit qu’il condamnerait les autres pour des doctrines qu’il n’approuvait pas, H n’a pas dit davantage que les autres ont le droit de le condamner. Il a dit précisément le contraire , mais Mr. DomrEBornsi se fait un devoir de le passer sous silence, pour rétablir tla vérité historique *. Et Mr. Doumerque a écrit tout un chapitre sur » trois manières de falsifier rhistcdre.> (Calomn. anti pr* Page 45} Il y en a une quatrième dont il ne -parle pas.

Voici d'ailleurs qui doit dore le débat : C’est l’opinion de Calvin lui-même: À la page 12 de son livre (Déclaration pour maintenir la vraie foi) Calvin fait une longue citation des arguments de Seryet qu’il réfute à la page 14:

LA RÉFORME CALVINISTE À l’ ŒUVRE

Tolérer l’hérésie !

Voilà, le grand crime. Et ce grand crime est précisément celui que l’Eglise de Rome reproche à la Réforme protestante. Mais à Genève, Calvin se substitue délibérément au Pape et, se faisant pourchasseur d’hérésie, c’est le principe même de la Réforme qu’il dénonce, c’est la foi personnelle qu’il traque, c’est le libre examen qu’il poursuit à mort en poursuivant Servet.

les hésitations Cependant le Petit Conseil éprouve quelque dif-

AU sEirr

nu conseil h011™ a suivre Calvin. Il exige une consultation des Eglises suisses.

Calvin qui s’est opposé à cette démarche, qui risque de compromettre ses projets, ne dissimule pas son mécontentement: «C’est malgré nous, écrit-il à Bullinger, que nos magistrats vous causent cet ennui ; mais ils en sont venus à tenir pour suspect tout ce que nous leur disons. Si j’affirmais qu’il fait jour en plein midi, ils commenceraient par en douter ». 1 Calvin exagère à dessein, mais ü est établi qu’il se manifestait dans le Conseil une certaine résistance. «Perrin, écrit-il à Farel, est venu au Conseil pour tirer d’affaire ee scélérat. Il n’a pas rougi

* Voilà, écrit-il, les propres mots de Servet auxquels, en premier Ueu,(com- Die od voit) il nie que FEsprit ordonne de mettre à mort, puisqu’il déclare ouvertement que,. . , la rigueur de faire mourir a été abolie k la venue de notre Seigneur Jésus. » Voilà qui est clair. Et voici qui ne Test pas moins : Calvin, à la page 14, réfute cette thèse de Servet <pour montrer Fanerie de Fhomme» qui ose soutenir la doctrine de la tolérance, — - Cuique eumn.

1 Qpp* CALverr XIV, pago 0ÏL

de demander que sa cause fût portée du Petit Conseil au Conseil des deux cents ». 1 Cependant Calvin n’avait rien à craindre. La majorité du Conseil ne voyait que par ses yeux 2 et les chefs des Eglises suisses, façonnés à son image, travaillés, depuis longtemps, par ses dénonciations indignées, devaient confirmer son point de vue. IV ailleurs, malgré le soin que prend Calvin de se réfugier derrière le Conseil impératif des Eglises, il laissera, plus tard, échapper un aveu qui ressemble fort à une glorification de son attitude : « Surtout, écrit-il au grand chambellan du roi de Navarre, ne faites pas faute de défaire le pays de ces zélés faquins qui excitent le peuple à se bander (liguer) contre nous.

Pareils monstres doivent être étouffés, comme j’ai fait de Michel Servet, Espagnol. » 3 A dire vrai, les réponses des Eglises suisses sont cèSsunAiMK moins catégoriques qu’on l’a affirmé. Elles conclu- EES É0LI‘

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